Quéven
Histoire de Quéven
Quéven est une commune du Morbihan, en région Bretagne, qui compte 8 790 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Quetguen en 1387, Qaez ven en 1466, Queven en 1793 et Quesven en 1801. Son nom breton est Kewenn, prononcé localement avec une nasalisation. Les éléments koad ou ar c’hoad désignent en breton le bois ou la forêt, tandis que dans la seconde syllabe on peut voir l’adjectif guen, blanc, pris ici au sens de sacré. Le toponyme du lieu-dit Moustoir-Flamm signale par ailleurs la présence d’un ancien monastère sur le territoire communal.
Quéven possède plusieurs monuments mégalithiques datant du Néolithique: le tumulus et les dolmens de Kerroc’h, l’allée couverte de Kerscant dite dolmen du Triono, le menhir de Kerdehoret et le dolmen christianisé de Moustoir Flamm. Une stèle funéraire gauloise se trouve à Kermérien. Les fouilles menées en 2010-2011 sur la colline de Croizamus, préalablement à l’urbanisation de cet éco-quartier, ont révélé plusieurs millénaires d’occupation humaine en phases successives: une carrière exploitée dès le Néolithique, probablement pour l’édification d’un cairn; un enclos habité datant de l’âge du fer, vraisemblablement une exploitation agricole; une grande enceinte abritant un bâtiment maçonné, peut-être un sanctuaire, datant des premiers siècles de notre ère; et des vestiges épars datant de l’époque médiévale. De l’époque romaine il n’existe à Quéven aucun vestige connu, même si la région a été occupée par les Romains.
Un texte daté du XIVe siècle indique que le duc de Bretagne Jean IV fait alors don à la famille de Rohan du fief de La Roche-Moysan, situé à Arzano, et de la paroisse de Bihoué. Bihoué, dont l’église était dédiée à saint Bieuzy auquel le lieu doit également son nom, aurait été le centre de la paroisse, qui englobait également Gestel, jusqu’au XIVe siècle, avant de devenir une simple trève de Quéven, qui devint à son tour le siège de la paroisse au XVe siècle. La paroisse de Quéven faisait partie de la seigneurie de Kéménet-Héboé et du doyenné des Bois. À Quéven, le linteau de la ferme de Kerlaren porte, écrite en lettres gothiques, la plus ancienne inscription connue en Bretagne sur une maison rurale, datée de 1494. L’ancien fief de Kerruisseau est attesté dès 1464; ses seigneurs successifs, des familles Lopriac, Guimarho puis du Pérenno au XVIIe siècle, étaient vassaux de la principauté de Rohan-Guémené. Situé stratégiquement sur la voie reliant Quéven à Pont-Scorff par le pont de Frémeur sur le Scave, le domaine comprenait en 1710 un manoir, une chapelle privée, un colombier, deux métairies nobles, une vingtaine de tenures et un moulin sur le ruisseau de Kerrousseau. À la fin du XVIIIe siècle, le manoir fut remplacé par un château construit par la famille de Kerpaën, alors propriétaire, et inspiré de l’Hôtel Gabriel de Lorient.
En 1759, la paroisse de Quéven devait fournir chaque année 26 hommes pour servir de garde-côtes. À la veille de la Révolution française, soixante-cinq hameaux étaient recensés sur le territoire de la commune. En mai 1820, un incendie important frappa la commune, et son Altesse royale, Monsieur, émue par le nombre des malheureux, donna six cents francs pour les familles ayant le plus souffert du sinistre. Une épidémie de choléra partie de Lorient en octobre 1865 toucha 30 malades dont 17 morts en 1866 à Quéven. La variole fit 8 morts pour 50 malades en 1865, 27 morts pour 60 malades en 1866 et 19 décès pour 50 malades en 1870. En 1886, une épidémie de fièvre typhoïde causa 4 décès pour 15 malades. En 1869, le cimetière, qui entourait l’église, fut transféré à son emplacement actuel à la sortie du bourg. Les tensions étaient vives entre républicains et réactionnaires: à la suite des élections municipales de janvier 1881, le maire républicain réélu Joseph Le Léannec fut poursuivi en justice par des candidats hostiles. En 1882, un conflit opposa le même maire et l’abbé Daniel, recteur de la paroisse; le maire fut condamné par le tribunal des conflits pour avoir fait démolir une partie du mur entourant le jardin du presbytère et y être pénétré sans le consentement du recteur, afin d’y creuser en 1879 une tranchée destinée à alimenter en eau un lavoir public et une fontaine.
Patrimoine religieux
L’église paroissiale Saint-Pierre et Saint-Paul de Quéven constitue le principal édifice religieux de la commune. L’allée couverte de Kerscant, vestige mégalithique christianisé pour partie, témoigne de la longue histoire spirituelle du territoire. Comme dans les autres communes rurales, le remembrement a entraîné la disparition d’un certain nombre de mégalithes. Entre le 7 et le 14 août 1944, environ 85 pourcent de la ville fut dévastée par des bombardements alliés ainsi que par les combats entre les blindés américains et les avant-postes allemands; la reddition de la poche de Lorient n’eut lieu que le 8 mai 1945. Pour ces raisons, de nombreux monuments anciens furent détruits, ce qui a profondément modifié la physionomie du bourg et de son environnement bâti.