Quincy-Voisins
Histoire de Quincy-Voisins
Quincy-Voisins est une commune de Seine-et-Marne, en Île-de-France, qui compte 5 435 habitants. Quincy est mentionné sous les formes Villa Quinci en 1165; Quinciacum en 1169; Quinci en la chatelerie de Miauz et La fort meson et le porpris de Quinci en 1275; Le fief de Quincy en 138; Quincy lez Meaux en 1448; Quincy en Brie en 1541. En 1807, l’ancienne commune de Segy est rattaché à Quincy, et la commune prend alors l’appellation de Quincy-Segy. Un décret du donne le nom de Quincy-Voisins à la commune.
Voisins est un ancien hameau de Quincy-Ségy, son nom est mentionné sous les formes Villa de Visines en 1439; Voisins, en la parroisse de Quincy au; Voisin en 1757 (Cassini).
Voisin (vicinus), comme toponyme, est un dérivé du latin vicus (bourg, village).
Comme pour l’ensemble de cette partie du plateau briard, l’occupation humaine du territoire de Quincy-Voisins est ancienne. Plusieurs fouilles archéologiques sur l’espace de la commune ont permis de découvrir des éléments datant de la préhistoire, des restes de structures, de routes et d’habitats gallo-romains, ainsi qu’une nécropole du haut Moyen Âge. Toutefois, il faut attendre l’an mil pour que les sources écrites mentionnent le village. En 1005, une charte d’un évêque de Meaux cite le hameau de Ségy, alors paroisse indépendante. Au milieu du, le toponyme de Quincy est cité dans plusieurs actes alors que la seigneurie passe dans les mains d’un puissant lignage, les Cornillon qui contrôlent la ville de Meaux pendant tout le siècle. Dans la première moitié du, c’est sous l’impulsion de Pierre de Cornillon, mort vers 1250, que Quincy connaît de profonds changements.
Les habitations se regroupent autour de l’église Saint-Denis qui vient d’être construite en même temps qu’une maison forte. L’économie du village est agricole: céréaliculture et viticulture assurent les revenus seigneuriaux. Les diverses donations effectuées par Pierre de Cornillon montrent que le terroir produit alors aussi bien du vin blanc que du vin rouge. À partir du, la prospérité du village décline. Les différents partages de succession ont fortement divisé la seigneurie et plusieurs hôtels seigneuriaux voient le jour, notamment celui toujours en place de Charny. La guerre de Cent Ans, dont la région de Meaux a beaucoup souffert, ravage le village.
Le seigneur de Charny doit se réfugier dans la ville forte voisine de Crécy. La reconstruction s’étale sur toute la seconde moitié du et l’économie, essentiellement basée sur la viticulture, reprend son essor. Au, Quincy vit la montée du protestantisme dans la région. François Vatable, érudit reconnu et futur professeur au Collège de France, est nommé curé de la paroisse en 1521. Il est alors membre du cénacle de Meaux, un groupe évangélique dirigé par l’évêque Guillaume Briçonnet et Lefèvre d’Étaples. Comme les autres membres du cénacle, il prépare sans doute les esprits à la Réforme protestante qui connaîtra un grand succès dans le pays meldois et notamment à Quincy.
En 1685, la révocation de l’édit de Nantes provoque le départ des réformés qui refusent d’abjurer leur foi. L’un d’eux, Étienne Robert, ancien forgeron de Quincy, fonde la ville de Neu-Isenburg, près de Francfort, avec ses compagnons. Il en devient le premier maire en 1701. Au cours du, la famille Sévin fait bâtir le château, qui est plusieurs fois agrandi ou remanié jusqu’à nos jours. En 1712, François Boula rachète la seigneurie à Charles Sévin, dit le Marquis de Quincy. Trois ans plus tard, le nouveau seigneur finance la reconstruction de l’école.
Son petit-fils, Antoine François Alexandre Boula de Nanteuil est nommé intendant de Poitiers en 1784. Lors de la Révolution française, lorsqu’il est arrêté au château de Quincy en 1794, l’assemblée communale intervient en sa faveur au nom des services rendus par sa famille et obtient sa libération. Son fils, ultraroyaliste convaincu, est maire du village jusqu’en 1830. Le curé de Ségy, Jacques Hébert, a moins de chance pendant la Révolution: il est tué dans la prison de Meaux lors des massacres de septembre 1792. Au cours de l’époque moderne, Quincy s’est véritablement développé, économiquement et démographiquement. La population passe d’environ en 1599 à en 1800.
entre Montmirail et Montereau. Le roi de Prusse et le tsar de Russie passent une nuit au château de Quincy, quelques jours avant d’entrer dans Paris. Vingt ans plus tard, le temple protestant est inauguré.En 1844, la distribution postale est ouverte. Lors de la Guerre franco-allemande de 1870, les Prussiens reviennent et le pasteur Chottin, nommé maire intérimaire, tente de limiter les dégâts tout en organisant une certaine forme de résistance. Le 22 octobre 1870, le ballon Garibaldi, monté par le député d’opposition Paul de Jouvencel, s’envole du jardin des Tuileries dans Paris assiégé. Atteint par les tirs prussiens, il termine sa course à Quincy-Ségy après avoir parcouru. Le hasard fait atterrir Paul de Jouvencel à la Demi-Lune, à un ou deux kilomètres de sa maison. À la fin du, les vignes, touchées par le phylloxéra, sont arrachées.
La viticulture ne reprendra plus. Toutefois, au même moment se développe la culture du cassis à Ségy, et celle de la prune. Pendant la première moitié du, Quincy-Ségy attire des personnalités parisiennes, intellectuels et artistes, qui trouvent là un lieu de villégiature dont témoignent encore quelques maisons bourgeoises. Séjournent alors dans le village la journaliste américaine Mildred Aldrich, le critique d’art Maurice Raynal, le sculpteur Constantin Brâncuși ou encore le peintre américain Emil Ganso. Pendant la Première Guerre mondiale, lors de la première bataille de la Marne en 1914, des soldats traversent les rues presque entièrement vidées de leurs habitants, qui se sont enfuis. L’année suivante, le château est transformé en hôpital militaire auxiliaire.
La Seconde Guerre mondiale touche plus durement le village: l’église est bombardée en 1940 et, en 1944, la résistance s’organise au maquis de la Rouette, qui connaît une fin tragique. Une plaque est apposée près du portail de la ferme de Charny, dont les occupants assuraient le ravitaillement des résistants. À partir des années 1970, le village connaît une croissance démographique, accélérée par le lotissement de nouvelles zones pavillonnaires. La population passe alors de en 1968 à en 1990. Quincy-Voisins a aujourd’hui dépassé les.