Rabastens

Histoire de Rabastens

Rabastens est une commune de Tarn, en Occitanie, qui compte 5 775 habitants. Attestée sous les formes Rabastens en 1109, Rabastengcz en 1185. Il s’agit d’un anthroponyme germanique Ratgast (les Wisigoths occupaient la région au ) suivi du suffixe d’appartenance -ing.

Dès l’Antiquité, les coteaux de Rabastens sont peuplés comme en témoignent les vestiges (découverts à de la ville) d’une ville gallo-romaine à Las Peiras. Une première campagne de fouilles, menée en 1840 par Gustave de Clausade livre une mosaïque et des tambours de colonnes en marbre sculptés de scènes hippiques (ceux-ci sont actuellement exposés au Musée Saint-Raymond de Toulouse). Les noms en « ens », dans la toponymie, laissent supposer une origine et une consonance germanique, et même wisigothique. L’hypothèse la plus vraisemblable sur la naissance de Rabastens est la suivante: les habitants de la villa gallo-romaine se seraient réfugiés sur l’éperon rocheux constitué par le ruisseau appelé depuis le Rotavolp et le Tarn au moment de l’arrivée des Wisigoths et la destruction de la villa. Le refuge constitue petit à petit le premier castrum, quartier appelé aujourd’hui le Château.

Le castrum permet de contrôler un gué sur la route de Toulouse-Lyon. Au début du, la cité est dirigée par une co-seigneurie. La famille de Rabastens est proche des comtes de Toulouse: Raymond de Rabastens est évêque de Toulouse de 1200 à 1205 et Pierre Raymond fait partie du conseil de Raymond VI. En 1210, les co-seigneurs abandonnent leurs droits de justice au comte de Toulouse qui protège les habitants. Il leur attribue libertés et privilèges. Situé à proximité du Lauragais, épicentre du catharisme, Rabastens a la réputation d’être un.

La fidélité de Rabastens envers les comtes de Toulouse, surtout de Pelfort de Rabastens, va lui coûter cher. En application du traité de Paris de 1229, la cité est contrainte de détruire ses fortifications à la suite de la Croisade des albigeois. La cité devient un consulat au cours de cette période. La paix revenue, Rabastens connaît une fin du prospère grâce à son vignoble, alors le plus vaste du Gaillacois. La qualité du vin de Rabastens est estimée. Les gabares, bateaux à fond plat, descendent le Tarn avec des tonneaux de Rabastens jusqu’à Bordeaux.

À cette époque, l’urbanisme se développe selon le plan des « bastides ». La cité de Rabastens s’organise donc autour du Borg Meja (Bourg Moyen). L’église Notre-Dame du Bourg est édifiée entre 1230 et 1260 à l’initiative des moines bénédictins de Moissac, présents au prieuré. Elle comporte une vaste nef unique, rectangulaire, à quatre travées voûtées d’ogives et entièrement en briques selon le modèle de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse. Au, le prieur Bernard Latour décide d’ajouter à la nef un chœur polygonal. Étant située sur la route des pèlerinages du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle, l’église va s’embellir.

La ville de Rabastens était une ville étape pour les pèlerins comme en témoignent l’hôpital Saint-Jacques et le patrimoine jacquaire de la ville. Quelques années avant le début de la guerre de Cent Ans (1337), les pastoureaux s’en prennent aux communautés juives. En 1381, plusieurs milliers d’hommes sont massacrés dans les murs de Rabastens par Gaston Febus, comte de Foix et du Béarn. C’est cette vision qui aurait déclenché les révélations de Constance de Rabastens. Les ravages de la peste noire en 1348 vont s’ajouter à la guerre. En 1450, c’est la fin de la guerre de Cent Ans.

La culture du pastel, plante tinctoriale, permettant d’obtenir des bleus très stables, fait la prospérité de l’Albigeois et du Lauragais. Le pastel fait l’objet d’un commerce important en Europe et fait la fortune des négociants albigeois qui se font construire de beaux hôtels particuliers. L’indigo, plus économique, le remplace. En 1561, lors de la première guerre de religion, les protestants s’emparent de Rabastens et tuent plusieurs franciscains. En juillet 1570, les troupes de Blaise de Montluc massacrent la garnison protestante. Le massacre de la Saint-Barthélemy ( à Paris) se répète à Rabastens bien après le et des protestants sont massacrés le.

Une épidémie de peste affaiblit la population en 1631. Pour isoler la ville, les pestiférés sont logés dans le faubourg de Murel, ou quartier des pestiférés. Au cours des siècles, les riches marchands ont gravi l’échelle sociale. Aux, ils deviennent « avocats et conseillers du roi » au Parlement de Toulouse et parfois capitouls. Ils sont anoblis et entretiennent ou construisent de riches demeures à Rabastens. Au début du, Rabastens prend son aspect actuel: les fossés sont comblés progressivement pour constituer la promenade des Lices, un pont suspendu est construit sur le Tarn en 1835 et la façade de Notre-Dame du Bourg est achevée avec l’adjonction d’une deuxième tour.

La tradition artisanale demeure avec les tisserands et cordonniers du Moyen Âge. Ils cèdent la place aux ébénistes et fabricants de meubles. La cave coopérative créée en 1953 dynamise l’économie de Rabastens. Un camp de rassemblement situé à 1 ou au nord de la ville a abrité des réfugiés polonais déportés de la Pologne en Alsace par les Allemands après la Libération. Plus de 270 personnes dont 150 enfants étaient logés dans une douzaine de baraques.

Patrimoine religieux

La commune, vu son étendue, regroupe de nombreuses paroisses de l’ancien régime, avec celles de l’actuelle commune de Grazac, dont certaines ont aujourd’hui disparu.

Informations Clés

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Population

5.775 habitants

Région

Occitanie

Département

Tarn
(81)

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