Rive-de-Gier

Histoire de Rive-de-Gier

Rive-de-Gier est une commune de 15 214 habitants située dans le département de la Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes, sur le cours du Gier. La forme française du toponyme diffère de la forme locale en francoprovençal. Le poète Guillaume Roquille (1804-1860) emploie à plusieurs reprises la graphie Var-de-Gi, dans laquelle le terme Var pourrait dériver du latin versus, « versant », et donnerait en francoprovençal supradialectal Vèrs-de-Giér. Une autre hypothèse fait remonter Var au latin vallis, « vallée », ce qui aboutirait à la forme orthographique de référence Var-de-Giér. La commune occupe les deux rives du Gier, mais s’écrit sans s, et la rivière elle-même a été couverte sur la majeure partie de sa traversée du centre-ville, où elle n’est plus visible.

Le nom de Rive-de-Gier est employé pour la première fois au Moyen Âge. Sous le règne de Philippe Auguste (1165-1223), Renaud de Forez fait entourer la cité de murs et de fossés. En 1447, un livre terrier mentionne l’existence d’un hôpital. À la fin du XVIe siècle, on estime la population de la ville entre quelques milliers d’âmes. Entre 1562 et 1864, des affrontements opposent à plusieurs reprises protestants et catholiques. Le roi Henri IV (1553-1610) y serait passé. La cité subit la peste de 1629, qui suscite la création de la confrérie des Pénitents blancs, puis une crue catastrophique du Gier en 1684 et la famine de 1694. Le XVIIe siècle voit également l’essor de l’extraction de la houille, exportée vers la vallée du Rhône par une navette quotidienne de muletiers. Pendant le soulèvement de Lyon contre la Convention nationale en 1793, treize Lyonnais sur les douze cents qui revenaient de Saint-Étienne où ils étaient allés chercher des armes périrent, massacrés par les habitants de Rive-de-Gier au lieu-dit du Grand-Pont. Ni le château ni l’église romane d’origine ne subsistent aujourd’hui.

Le Gier n’étant pas navigable, un canal vers Givors est ouvert en 1779 pour assurer le transport du charbon; il n’en reste plus aujourd’hui que quelques vestiges. Malgré les tarifs jugés prohibitifs, des usines s’installent au pied des mines, d’abord des verreries entre 1800 et 1820, puis des forges. La première verrerie ripagérienne est érigée vers 1780, suivie de deux autres. La famille Robichon rachète une verrerie en 1814 pour y introduire le verre à vitre, et est rejointe par les Lanoir puis par les Richarme en 1834. Le canal est remplacé par la première voie ferrée pour voyageurs construite en France à partir de 1827 par la Compagnie du chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon. Rive-de-Gier abrite le premier tunnel ferroviaire sans doute réalisé en France, au lieu-dit Couzon. Le charbon trouve alors de nouveaux débouchés, ce qui permet d’investir et de réaliser des économies d’échelle: en 1830, vingt pour cent de la production locale alimentent les verreries. La profession verrière a la réputation de fortes valeurs familiales et catholiques, au point que le poste d’aumônier des verriers est l’un des plus convoités du clergé local. En 1844, un auteur observe que la population a doublé deux fois en trente ans et que le nombre de verreries est passé de cinq à quarante. Toutes fusionnent en 1853. En 1856, la voisine Saint-Étienne, septième ville de France, est promue préfecture. En 1837, les compagnies minières de Rive-de-Gier s’associent pour fonder la Compagnie générale des mines de Rive-de-Gier afin d’acquérir les pompes nécessaires à l’exhaure; voyant ses réserves de charbon s’épuiser, elle tente de s’implanter à Saint-Étienne vers 1840 et devient la Compagnie générale des mines de la Loire, puis, après absorption des compagnies stéphanoises, la puissante Compagnie des mines de la Loire. En 1840, le bassin forézien, qui regroupe Firminy, Saint-Étienne, Saint-Chamond et Rive-de-Gier, est le plus important de France.

Patrimoine religieux

Rive-de-Gier illustre le type de la ville industrielle du XIXe siècle, dont les infrastructures conservent la mémoire. L’église Notre-Dame est inscrite à l’inventaire des monuments historiques et conserve des fresques notables. La construction d’une vingtaine de ponts sur le Gier et le canal a permis de relier les deux rives, dont une partie a aujourd’hui disparu, certains étant recouverts. Le bâtiment des bains, qui contenait une piscine d’eau chaude destinée aux mineurs, fut le premier de tout le bassin stéphanois et cessa de fonctionner en 1953. Le chevalement du puits Combélibert, déplacé sur le site de Gourd-Marin, est inscrit aux monuments historiques: il s’agit probablement du seul chevalement en bois de cette période conservé en Europe. La cité conserve également quelques décors intérieurs marquants, comme le petit salon orné d’une cheminée blanche de style Louis XV, le grand salon paré de boiseries et d’une cheminée noires, et les plafonds peints de roses en trompe-l’œil hérités du XIXe siècle bourgeois. Cette double mémoire industrielle et religieuse, marquée par la peste de 1629 et la création de la confrérie des Pénitents blancs, par les épisodes de violence religieuse entre catholiques et protestants entre 1562 et 1864, et par la forte présence catholique au sein de la corporation des verriers, qui considéraient l’aumônerie comme l’un des postes les plus prestigieux du clergé, inscrit Rive-de-Gier dans le sillage des cités industrielles foréziennes que l’essor du charbon, du verre et du chemin de fer a profondément transformées au XIXe siècle.

Informations Clés

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Population

15.214 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Loire
(42)

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