Romans-sur-Isère
Histoire de Romans-sur-Isère
Romans-sur-Isère est une commune de la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 32 911 habitants. En occitan, la ville se nomme Rumans dans sa forme locale, ou Romans dans la forme panoccitane, orthographiée Roumans en graphie mistralienne; le toponyme Romans correspond à la forme attestée en ancien occitan. Le Dictionnaire topographique du département de la Drôme retient ces formes anciennes pour identifier la commune. Après la Première Guerre mondiale, la cité prit le nom de Romans-sur-Isère, conservé depuis. Antérieurement à cette époque, l’archiprêtré dont relevait la cité était dit archiprêtré d’Octavéon, ce qui rappelle l’ancienneté de l’organisation ecclésiastique du territoire.
La fondation de Romans est une conséquence directe de la création de l’abbaye de Saint-Barnard, établie au début du IXe siècle, qui en fut le premier seigneur. Les droits seigneuriaux étaient concentrés entre les mains du chapitre de Saint-Barnard, qui cumulait les pouvoirs spirituel et temporel sur la cité. Au Xe siècle, les moines de l’abbaye furent remplacés par des chanoines, qui constituèrent un chapitre placé sous la surveillance de l’abbé Léger, fils du seigneur de Clérieux et archevêque de Vienne. L’église devint alors collégiale. Vers 950, les moines furent sécularisés et le titre abbatial uni à l’archevêché de Vienne; le domaine fut désormais partagé entre les archevêques et le chapitre de Saint-Barnard. En 1138, les habitants obtinrent certains droits, puis en 1160 fut concédée la première charte de libertés municipales, par l’archevêque de Vienne et le chapitre, avec l’intervention du dauphin. Cet acte, connu sous le nom de traité de Romans, fut signé dans la demeure du dauphin, près du Pont Vieux, et suivi d’une cérémonie religieuse dans la collégiale Saint-Barnard. Un nouveau traité de 1450 transféra le haut domaine au dauphin, modifiant durablement l’équilibre des pouvoirs entre l’autorité ecclésiastique et l’autorité princière sur le territoire.
En 1504, la ville connut une terrible sécheresse de printemps. La population organisa une grande procession à laquelle succéda une pluie salvatrice, attribuée par les habitants à la prière de leurs saints martyrs Exupère, Félicien et Séverin, dont les reliques reposaient dans l’église de la cité. En leur honneur, les Romanais décidèrent de faire représenter en 1509, pour le cinquième anniversaire de l’événement, une œuvre poétique et théâtrale intitulée Le Mystère des trois Doms. Cette pièce fut jouée pendant trois jours, durant les fêtes de Pentecôte. En 1516, un riche marchand de la cité, Romanet Boffin, conçut et fit aménager dans la ville un chemin de croix qui aboutissait au calvaire des Récollets, intégrant la dévotion populaire à la trame urbaine.
La Réforme progressa fortement dans la région et de nombreux habitants de Romans s’y convertirent. En 1561, les protestants menacèrent d’expulsion les cordeliers de la ville. La crise religieuse s’accompagna d’une crise sociale et politique dirigée contre les chanoines. Elle atteignit son point culminant en 1562: le pays de Romans fut ravagé et la collégiale Saint-Barnard mise à sac. En février 1580, durant quinze jours, la ville se lança dans un carnaval qui dégénéra en tuerie; cet épisode complexe, mêlant guerres de Religion, crise économique, inégalités sociales et rivalité entre noblesse et bourgeoisie, fut analysé par l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie dans son ouvrage Le Carnaval de Romans publié en 1979. En 1642, le traité de Péronne fut signé entre Louis XIII et le prince de Monaco Honoré II, qui devint duc de Valentinois et reçut à ce titre des droits de justice seigneuriale sur Romans. En 1680, le bourg situé en face de la cité, sur l’autre rive de l’Isère, devint Bourg-de-Péage, communauté indépendante. Cette histoire institutionnelle longue, marquée par la coexistence d’autorités religieuses et politiques distinctes, façonna l’identité de la cité jusqu’à l’époque moderne.
Patrimoine religieux
Le patrimoine religieux de Romans-sur-Isère trouve son origine dans la fondation, au début du IXe siècle, de l’abbaye de Saint-Barnard, qui fut le premier seigneur de la cité et dont le chapitre cumulait alors les pouvoirs spirituel et temporel. Au Xe siècle, les moines furent remplacés par des chanoines placés sous la surveillance de l’abbé Léger, archevêque de Vienne, et l’église devint collégiale; vers 950, les moines furent sécularisés et le titre abbatial uni à l’archevêché de Vienne. La collégiale Saint-Barnard, lieu de signature de la charte de libertés municipales en 1160 sous l’intervention du dauphin, conserve la mémoire de ce double pouvoir religieux et temporel. Les reliques des saints martyrs Exupère, Félicien et Séverin, dont la dévotion s’exprima notamment lors de la procession de 1504 et dans Le Mystère des trois Doms représenté en 1509 pendant les fêtes de Pentecôte, en ont fait un lieu de pèlerinage local très suivi. Le chemin de croix conçu en 1516 par le marchand Romanet Boffin, aboutissant au calvaire des Récollets, marqua durablement le paysage dévotionnel urbain; la collégiale fut elle-même mise à sac en 1562 lors des troubles religieux opposant catholiques et protestants.