Roubaix
Histoire de Roubaix
Roubaix est une commune du département du Nord, dans la région Hauts-de-France, qui compte 98 892 habitants. Le nom de la localité est mentionné dès 897 et apparaît pour la première fois sur des cartes du Moyen Âge sous la forme latinisée Rusbaci au IXe siècle, puis Robacum vers 863 selon la carte de Nicaise Fabius. La graphie connaît plusieurs variantes médiévales, notamment Rosbais et Rosbacum, l’usage du nom Robeke étant rare en flamand. L’étymologie est discutée: Albert Dauzat et Charles Rostaing y ont vu un composé du germanique hros (« cheval ») et baki (« ruisseau »), tandis qu’Ernest Nègre propose les termes germaniques raus (« roseau ») et bach (« ruisseau »).
La ville fait partie de la Flandre romane et dépend du diocèse de Tournai. En 1202, Otbert de Roubaix participe à la quatrième croisade; son nom figure dans la deuxième salle des croisades du château de Versailles. Le passage du statut de simple bourgade à celui de ville s’opère sous le règne du seigneur Pierre de Roubaix. Le 1er mars 1579, la terre et seigneurie de Roubaix est érigée en marquisat, par lettres données à Madrid, pour Robert de Melun, vicomte de Gand. Roubaix devient française au traité d’Aix-la-Chapelle de 1668. En 1793, dans le cadre de la bataille d’Hondschoote, un combat oppose les Français aux Alliés coalisés contre la France le 16 août. La récession de 1847 frappe durement l’industrie locale. Du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe, Roubaix est une capitale mondiale du textile, abritant la bourse de la laine; son industrialisation forte vaut à la cité le surnom de « ville aux mille cheminées ». Pendant la répression de janvier et février 1894, la police y mène des perquisitions visant les anarchistes. En 1911, la ville accueille l’Exposition internationale du Nord de la France. La ville est desservie par des tramways dès 1894, et accueille des spectacles taurins dans ses arènes de 1899 à 1904. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Roubaix se trouve en zone occupée par les Allemands; une feuille clandestine, Le Journal des occupés… inoccupés, est créée et fusionne ensuite avec La Patience pour former L’Oiseau de France. Des rafles allemandes y conduisent à la déportation d’environ 2 500 personnes au 11 avril.
Patrimoine religieux
Au milieu du XVe siècle, Pierre de Roubaix fit bâtir un château-fort entouré d’une double enceinte de fossés; pendant trois siècles, cette forteresse servit de refuge aux habitants quand le territoire était envahi. Une rue traverse aujourd’hui l’emplacement de cet ouvrage disparu. La ville possédait également diverses chapelles dont il ne reste que le souvenir, témoignant d’un patrimoine religieux ancien aujourd’hui largement effacé. À ces ensembles s’ajoutent les châteaux d’industrie, les courées et le bâti industriel hérité de l’âge textile, ainsi que la Piscine, musée d’art et d’industrie André Diligent, qui occupe une ancienne piscine municipale. La trame paroissiale s’est déployée parallèlement à l’industrialisation: les usines réparties sur toute la ville ont entraîné, du milieu du XIXe siècle jusqu’au début du XXe, la construction de nouveaux édifices religieux pour suivre la croissance rapide de la population ouvrière, héritière d’une cité qui passa du statut de bourgade textile à celui de capitale mondiale de la laine. Les dernières cheminées d’usine encore debout, toutes protégées, voisinent désormais avec les clochers des paroisses. La mémoire des chocolatiers comme Éloy Droulers, des spectacles populaires de l’Hippodrome théâtre de 1882, des guinguettes où l’on chantait en patois du Nord, et de l’arrivée du tramway en 1894 dessine en creux le contexte dans lequel les paroisses ont accompagné la vie sociale roubaisienne. La déportation de centaines d’habitants en 1944 et la diffusion de feuilles clandestines comme L’Oiseau de France marquent également la mémoire ecclésiale locale. Le rattachement médiéval de Roubaix au diocèse de Tournai a façonné l’organisation paroissiale jusqu’à la Révolution, dans une Flandre romane où la frontière linguistique entre dialectes flamands et picards a influencé tant la toponymie locale (avec des graphies parallèles comme Robeke et Roubaix) que la liturgie. La participation d’Otbert de Roubaix à la quatrième croisade en 1202 illustre l’inscription précoce des seigneurs locaux dans les grandes entreprises chrétiennes médiévales: son nom figure dans la deuxième salle des croisades du château de Versailles. L’érection de la terre de Roubaix en marquisat en 1579 par lettres données à Madrid pour Robert de Melun, vicomte de Gand, confirmées par les archiducs Albert d’Autriche et Isabelle-Claire-Eugénie en 1600 en faveur de Lamoral de Ligne, comte de Ligne et de Fauquembergues, marque l’enracinement de la cité dans l’orbite politique des Pays-Bas espagnols avant son rattachement à la France au traité d’Aix-la-Chapelle de 1668. Ce passage tardif sous souveraineté française a laissé une empreinte sensible dans les modes de gouvernance locale et dans l’organisation des paroisses jusqu’à la Révolution.