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Roye (80)

Somme · Hauts-de-France

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La commune et son patrimoine religieux

Histoire de Roye

Roye, commune de la Somme en Hauts-de-France, compte 5 662 habitants. À l'époque gallo-romaine, un vicus existait à Rodium, à l'intersection de la via Agrippa de l'Océan reliant Lugdunum à Gesoriacum et de la voie romaine reliant Caesaromagus à Bagacum Nerviorum. La localité dépendait de la civitas Viromanduorum, en Gaule belgique, dont la ville principale était Augusta Viromanduorum.

En 486, Clovis traverse Roye en se dirigeant vers Soissons. En 891, les Vikings incendient la chapelle Saint-Firmin et le faubourg de Thoule. À la suite du traité de Boves signé en juillet 1185, Philippe Auguste obtient la possession des places vermandoises de Roye et de Montdidier. En 1214, le seigneur de Roye et les milices communales s'illustrent lors de la bataille de Bouvines. Le 21 janvier 1330, la reine Jeanne II de Bourgogne meurt à Roye, soit par excès de libation soit par le poison.

Durant la guerre de Cent Ans, la ville est dévastée en 1369 par Robert Knowles puis détruite en 1373 par le duc de Lancastre. En 1472, Charles le Téméraire s'empare de la ville sans combattre. En 1473, après reddition le 6 mai, Louis XI fait démanteler le château-fort et incendier la cité. Pendant la guerre de Trente Ans, en 1636, les Impériaux et Espagnols s'emparent de la ville. Le 7 août 1653, elle est investie par les Espagnols conduits par Condé.

Toponymie de Roye

La localité a été mentionnée sous les formes Rodium sur la table de Peutinger, Rodrina vers 150 sur le Manuel de géographie de Ptolémée, Roudium vers 200, Rauga en 933, Rogia, Regia et Rugia vers 1190, Roya en 1103, Roga en 1149, Roye en 1175, Roye en Vermandois en 1373, Roye en Senterre en 1420. Selon l'hypothèse de Hermann Gröhler, Roye pourrait représenter la fixation du nom de personne gaulois Roudios. Les habitants s'appellent les Royens.

Patrimoine religieux à Roye

L'organisation ecclésiastique médiévale est dense : aux XIIe-XIIIe siècles, les paroisses de la ville et de ses faubourgs forment un doyenné particulier. Outre la collégiale de Saint-Florent, la ville est divisée en plusieurs paroisses : Saint-Pierre dans l'enceinte de la cité, Saint-Georges dans le faubourg Saint-Georges, Saint-Médard de Toulle et Saint-Gilles. La collégiale est dotée d'un chapitre de chanoines fondé en 990 par Herbert III, comte de Vermandois, et sa femme Hermengarde, sous le vocable de Saint-Georges, pour 25 chanoines. La fondation est confirmée en mai 1184 par une bulle du pape Luce III. Au XIe siècle, la collégiale adopte le nom de saint Florent lorsque le corps de ce saint y est transféré le 25 mai 1077 par Hugues-le-Grand, comte de Vermandois. La ville a compté plusieurs couvents : les Cordeliers fondé au XIIIe siècle par Raoul Poultier, les Minimes fondé en 1633 et les Annonciades fondé en 1493.

L'église Saint-Pierre, reconstruite partiellement en béton en 1930 après les destructions de la Première Guerre mondiale, a conservé son chœur du XVIe siècle. L'église Saint-Gilles, édifice en brique du XVe siècle, succède à une première église de la fin du XIIIe siècle incendiée en 1475 ; restaurée en 1926, elle subit de graves dommages pendant la Grande Guerre. La chapelle Notre-Dame-de-la-Paix, en brique et pierre, est antérieure à 1600 ; vers le milieu du XIXe siècle, elle reçoit un pavage en marbre, et en 1994 le clocheton et sa croix de fer sont refaits.

Saints liés à Roye

Pierre Guérin (1596-1654), curé de Saint-Georges de Roye, fonde la communauté des Filles de la Croix ; après deux arrestations en 1630 et 1634, il est lavé de l'accusation d'avoir créé une secte hérétique. Antoine Daveluy, né à Amiens le 16 mars 1818 et mort le 30 mars 1866 à Syou-Yeng, fut curé à Roye puis membre des Missions étrangères de Paris ; il partit en Corée où il devint évêque en 1857, fait partie des 103 martyrs de Corée, béatifié par Paul VI et canonisé par Jean-Paul II.

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