Saint-Avold

Histoire de Saint-Avold

Saint-Avold est une commune de la Moselle, en region Grand Est, peuplee de 15 045 habitants. Au cours du Moyen Age, une petite ville s’est developpee autour de l’abbaye de Sankt Nabor, en latin Monasterium Sancti Naboris, qui a ete frequentee comme centre de pelerinage; cet endroit a pris le nom de l’abbaye. Le dialecte francique rhenan de Lorraine a forme Santerfor a partir de Sankt Nabor, et l’administration francaise a ensuite ecrit Saint-Avaux. A partir de 1750, la graphie officielle est Saint-Avold.

L’erudit benedictin Dom Calmet ecrivait au XVIIIe siecle que Saint-Avold a joue un role de premier plan dans l’histoire lorraine, abritant dans ses murs des ducs de Lorraine, des rois de France et des empereurs d’Allemagne. Un moine irlandais du nom de Fridolin de Sackingen, venu de Poitiers en 509, cree un oratoire nomme Hilariacum a l’emplacement de Saint-Avold, avant de fonder le monastere de Sickingen. Saint Sigebaud, eveque de Metz, fait construire vers 720 une abbaye sous le vocable de Saint-Pierre. Saint Chrodegang, eveque de Metz, ministre de Charles Martel et de Pepin le Bref, y introduit la regle benedictine de saint Benoit. Lors d’un voyage a Rome, il permet le transfert des reliques de saint Nabor. La date de ce transfert demeure la date de veneration et de pelerinage. Une bourgade se developpe extra-muros a l’ombre du monastere, renomme abbatias Sancti-Naboris, l’abbatiale Saint-Nabor, reputee pour son scriptorium et placee sous la protection des eveques de Metz. Angelram, trente-sixieme eveque de Metz de 766 a 791, y aurait vecu comme simple moine.

Aux siecles suivants, les habitants de Saint-Nabor se placent sous la protection d’un seigneur laic appele avoue, charge de les proteger. Les avoues hereditaires des eveques de Metz sont d’abord les comtes episcopaux de Metz. Etienne de Bar, qui fut eveque de 1121 a 1162, confie vers 1160 l’avouerie de Hombourg-Saint-Avold, c’est-a-dire la ville et une vingtaine de villages, aux comtes de Sarrebruck et de Crehange. Sous la protection de l’eveque, Saint-Avold se developpe. Renaud de Bar l’affranchit en 1302. Elle devient le chef-lieu politique de l’avouerie, siege d’une justice particuliere, la mere-cour, et de l’administration civile. Un droit de bourgeoisie est institue, avec la possibilite pour ses habitants d’elire un conseil de ville et de prelever des impots. La ville se dote d’un coutumier, ou Stadtrecht, definitivement codifie en 1580, qui precise le fonctionnement de l’institution municipale. Un premier hopital est fonde en 1313 par l’abbe Jean de Saint-Nabor. Une deuxieme institution est creee en 1426 par le couple Elkine von der Linden et Anselm, greffier. En 1534, son administration passe a la bourgeoisie.

La ville est un centre commercial actif, servant de relais pour les marchands francais et lorrains qui se rendent vers le Rhin, Nancy et Vaudrevange, capitale du bailliage d’Allemagne. De grandes corporations de marchands se creent: tanneurs, tisserands, bouchers. Elles exportent leurs produits dans tout le monde rhenan. Six foires animent chaque annee l’economie locale au XVIe siecle. Elles attirent des marchands hollandais, allemands, francais et lorrains. On y echange du cuivre, du chanvre et de la laine. Ce developpement attire la convoitise d’autres seigneurs territoriaux. Les eveques decident alors de fortifier Saint-Avold en 1327. L’entretien des remparts se fait grace a un impot sur les marchandises, l’octroi accorde par l’eveque de Metz Adhemar de Monteil en 1360.

La ville est une paroisse unique. Elle possede une eglise construite en style gothique vers 1300, dediee aux saints apotres Pierre et Paul, agrandie vers 1500 par l’abbe Adam de Roupeldange. Cette eglise sert au culte paroissial jusqu’en 1792, date a laquelle elle est desaffectee et remplacee par l’eglise abbatiale, apres la suppression du monastere des benedictins. Le cardinal Charles Ier de Lorraine, eveque de Metz, cede l’avouerie a son neveu Henri Ier, duc de Guise, contre une avance en florins d’or. A son tour, le duc de Guise cede par traite le nouveau fief au roi de France, puis, revenant sur la decision, le vend a son cousin Charles III, duc de Lorraine. La ville est alors integree dans le duche de Lorraine, Etat independant qui connait son age d’or. Elle forme une seigneurie d’une trentaine de localites, geree par un bailli ducal etabli au chateau de Hombourg. Son lieutenant s’installe a Saint-Avold, capitale economique de la seigneurie. La ville participe ensuite au developpement du duche.

L’identite de Saint-Avold est ainsi marquee de bout en bout par la presence monastique et episcopale: depuis l’oratoire de Fridolin et l’abbaye fondee par saint Sigebaud, en passant par le scriptorium reputé de l’abbatiale Saint-Nabor, jusqu’au statut de paroisse unique organisee autour de l’eglise gothique des saints Pierre et Paul. La position de carrefour commercial entre Rhin, Nancy et Vaudrevange, ainsi que l’integration tardive au duche de Lorraine, ont fait de la cite un foyer culturel et religieux durable, ou la veneration de saint Nabor a structure le calendrier des pelerinages et les rythmes de la vie locale.

Informations Clés

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Population

15.045 habitants

Région

Grand Est

Département

Moselle
(57)

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