Saint-Calais

Histoire de Saint-Calais

Saint-Calais est une commune de Sarthe, en Pays de la Loire, qui compte 3 054 habitants. La ville tient son nom de l’ermite Carileph, Karilef ou Kalès, compagnon de Saint-Avit, qui serait venu s’installer sur les bords de l’Anille au pour fonder une communauté religieuse, à la demande de l’évêque saint Innocent du Mans (532-543) et avec l’accord du roi franc Childebert. Le bourg qui s’y développe est alors appelé Anisole, du nom de la rivière Anille. La commune est appelée Saen-Câlé en parler sarthois.

Durant la Révolution la commune porte le nom de Calais-sur-Anille.

L’implantation humaine à Saint-Calais n’est véritablement attestée qu’à partir de l’époque gallo-romaine, avec la mention dans les textes d’une villa, la villa Gajani. Mais la fondation de la ville devient effective. Carileph, un ermite, ancien moine à l’abbaye Saint-Mesmin de Micy près d’Orléans, s’installe sur les bords de l’Anille, sur le site de la villa gallo-romaine, pour fonder une communauté religieuse. Le roi mérovingien Childebert († 558, fils de Clovis) lui attribue un domaine qui permet la fondation d’une abbaye, le monastère d’Anisole. Un bourg se développe autour de cette abbaye qui reçoit de nombreux pèlerins. Dès 616, l’abbaye d’Anisole puis de Saint-Calais, est considérée comme l’une des plus importantes et l’une des plus anciennes fondations monastiques du Vendômois.

Vers 865, l’abbaye et le bourg sont détruits par les Vikings du roi Hasting, alliés au roi breton Salomon, arrivés depuis la Loire. Deux siècles plus tard, la ville possède deux bourgs, l’un autour de l’abbaye, sur la rive droite, et l’autre autour de la motte castrale édifiée pour faire le pendant seigneurial de l’abbaye, construite par Guillaume de Saint-Calais en 1026, sur la rive gauche. En 1365, le roi de France, Charles V, autorise l’abbaye à construire une enceinte fortifiée pour se défendre des bandes anglaises et des pillards. L’abbaye devient alors l’une des plus puissantes du Maine. Pourtant, en 1424, après la prise du Mans, des troupes anglaises prennent d’assaut les remparts de l’abbaye, pillent et détruisent tout. Les ravages de la guerre de Cent Ans n’épargneront pas l’abbaye et le bourg.

À la fin du, de nouvelles fortifications sont construites. Depuis le XIe siècle, une première famille de châtelains ou de seigneurs est signalée, dans la vassalité du comte du Maine: ainsi, en 1026, Guillaume élève le château fort, avec l’accord du comte Éveille-Chien. Un siècle après, Marguerite, fille héritière du seigneur Sylvestre (actif dès 1109, 1114), fait passer Saint-Calais dans le domaine de la Maison des vicomtes de Châteaudun, en épousant, avant 1154, Hugues IV (vicomte en 1150-80). Les vicomtes de Châteaudun, poursuivis jusqu’au XVe siècle dans les Maisons de Dreux-Beu, Clermont-Nesle, Flandre-Dampierre-Termonde et d’Amboise (cf. les articles Raoul, Guillaume et Nesle pour un schéma généalogique), avaient aussi le fief de Mondoubleau, dès le mariage de Geoffroy III (père d’Hugues IV; vicomte dans la première moitié du XIIe siècle, † en 1150), avec Helvise de Mondoubleau. Puis, Saint-Calais est cédé, vers 1395, à Jean III de Bueil et à son fils Jean IV († 1415 à Azincourt), par Olivier d’Ussé, époux de Marie d’Amboise, dame de Saint-Calais (fille d’Ingelger d’Amboise et de la vicomtesse Marie de Dampierre-Termonde-Châteaudun-Nesle).

En 1491, Antoine de Bueil (petit-fils de Jean IV et fils de l’amiral Jean V de Bueil, comte de Sancerre, † 1506; gendre de Charles VII et d’Agnès Sorel, et donc beau-frère de Louis XI) vend Saint-Calais au comte François de Bourbon-Vendôme, dont le grand-père Louis avait déjà acquis Mondoubleau en 1406. Ainsi Mondoubleau et Saint-Calais se trouvent intégrés au domaine des comtes de Vendôme, puis à la Couronne quand le duc de Vendôme, arrière-petit-fils de François ci-dessus, monte sur le trône de France, sous le nom d’Henri IV, en 1589. En 1457, l’abbaye et le moulin Ars (arsus = brûlé) sont occupés et incendiés par les Anglais. En 1562 (28-): un massacre de protestants a lieu à Saint-Calais, illustrant le début des guerres de religion, à la suite du massacre de Wassy. Les moines étant complices de ce massacre, le seigneur de Cogners, protestant, enlève le prieur et quelques moines, fait pendre le prieur, et l’abbaye est touchée une seconde fois par le feu, incendiée par les Calvinistes. La restauration sera lente, à cause de difficultés économiques.

De juin à: la ville est touchée par une terrible épidémie de dysenterie qui décime les deux-tiers de la population. Afin de venir en aide à ses habitants, et selon la légende, la châtelaine de Saint-Calais distribue aux nécessiteux un brouet de farine et de pommes. De ces ingrédients sommaires, naît « le pâté aux pommes », appelé aujourd’hui « chausson aux pommes ». En souvenir de ce geste et de la grande procession organisée pour implorer Dieu, la fête du chausson aux pommes est célébrée le premier week-end de septembre, depuis presque. À la Révolution française, l’abbaye est pillée et partiellement brûlée. Elle est cédée à la ville et au domaine public.

Finalement, les bâtiments disparaîtront au XIXe siècle. Durant la période révolutionnaire, la commune est rebaptisée Calais-sur-Anille. Un nouveau centre urbain moderne apparaît à partir d’un schéma de voirie neuf. Tous les équipements traditionnels d’une ville du se concentrent dans cette zone: le tribunal et les halles, ces bâtiments sont édifiés sous les plans de l’architecture Eugène Landron. Le théâtre – musée – bibliothèque est inauguré en 1889 en présence de Charles Garnier, dont la famille est originaire de Saint-Calais. La prison de la ville se trouve sur la rive droite et la sous-préfecture sur la rive gauche.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795 et sous-préfecture de 1800 à 1926. Le voit la fermeture de la sous-préfecture en 1926 et la fermeture de la ligne de chemin de fer Mamers – Saint-Calais en 1976. Création d’une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) en 1999 pour revitaliser le cadre de vie. En 2010, le tribunal d’instance et de police ferme ses portes à la suite de la réforme de la carte judiciaire.

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Population

3.054 habitants

Région

Pays de la Loire

Département

Sarthe
(72)

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