Saint-Étienne
Histoire de Saint-Étienne
Saint-Étienne, préfecture de la Loire (Auvergne-Rhône-Alpes, 172 718 habitants), est un hagiotoponyme issu de la dédicace d’une « chapelle haute » dont la localisation est aujourd’hui inconnue (peut-être l’ancienne chapelle Sainte-Barbe). Les premières mentions donnent Sanctus Stephanus de Furano (Saint-Étienne de Furan) vers l’an mil et Willelmus de Furano en 1125. Il est probable que la rivière Furan ait servi initialement à dénommer la localité, avant d’être adjointe au nom du patron de la chapelle haute, le protomartyr Étienne. Connue pour ses fabriques d’armes, la ville fut momentanément renommée Armeville pendant la Révolution.
Peu de traces d’occupation précoce sur la vallée du Furan ont été mises au jour. Trois routes anciennes sur la ligne de partage des eaux ont été identifiées: une transaction de 1243 fait mention d’une voie importante — la via romipedum a Lugduno ad Podium (voie des pèlerins de Lyon au Puy) — toujours visible aujourd’hui de part et d’autre de la ligne de partage des eaux. À proximité des vestiges de la briqueterie romaine du Janon, elle longeait au sud le lieu-dit Brutéon. Les archives de la ville ayant été détruites au moins à trois reprises (1359, 1569 et 1793), le fonds documentaire permettant de retracer l’histoire médiévale est très réduit. La mention de la cure de Saint-Étienne de Furan dans les pancartes et pouillés atteste d’une fondation antérieure au début du XIe siècle.
Patrimoine religieux à Saint-Étienne
Le patrimoine architectural de Saint-Étienne lui a valu le label Ville d’Art et d’Histoire en 2000. Depuis le 22 novembre 2010, la cité est la première ville française et la deuxième européenne après Berlin à avoir intégré le réseau des villes créatives design UNESCO. La Demeure Chamoncel, dite Maison François Ier, construite en 1547 dans le centre médiéval, est la mieux conservée des maisons du XVIe siècle de la cité. Sa façade gothique est ornée de médaillons Renaissance. Édifice classé monument historique depuis 1998. La Maison « Le Mouton à cinq pattes » (rue du Théâtre) est une maison à colombage du XVIe siècle. La Tour de la Droguerie (place du Peuple) fut construite au XVIe siècle, à proximité des anciens remparts.
L’hôtel particulier de Jullien-Chomat de Villeneuve, rue Gambetta, du XVIIe siècle, abrite aujourd’hui le musée du vieux Saint-Étienne. La Manufacture d’armes de Saint-Étienne, rue Bergson, construite en 1864 sur 12 hectares, est conçue dans l’esprit des architectures rationalistes du XVIIIe siècle, dans la lignée des Salines de Ledoux et du Grand Hornu — palais industriel et militaire en briques rouges et pierres blanches. L’hôtel de la Préfecture (place Jean-Jaurès), construit par l’architecte Huguet et inauguré en 1902, est orné de sculptures dont le buste casqué d’Athéna et les blasons de Saint-Étienne, Roanne, Montbrison et la Loire. Le pont du Bois Monzil à Villars, le plus ancien pont ferroviaire d’Europe continentale (1827), est classé monument historique. Saint-Victor-sur-Loire, village-quartier excentré, possède un port de plaisance et une plage. Le tissu paroissial moderne est structuré autour de la cathédrale Saint-Charles-Borromée (paroisse Saint-Étienne et Saint-Benoît) et des églises Saint-Ennemond et Saint-Louis. L’église Sainte-Thérèse (Saintes Marthe et Marie), Saint-André de Côte Chaude, Saint-François, Saint-Jean-Baptiste, Sainte-Barbe (Saint Vincent de Paul) complètent ce maillage. Maurice Montuclard (1904-1988), écrivain et prêtre-ouvrier, est lié à la cité, ainsi que le compositeur Denis Joly (1906-1979), organiste et directeur du conservatoire.