Saint-Genis-Laval
Histoire de Saint-Genis-Laval
Saint-Genis-Laval est une commune de Rhône, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 20 929 habitants. Saint-Genis-Laval tire son nom de Saint-Genis ou Genest, comédien romain martyrisé sous Dioclétien. Au début du, pour le distinguer des autres villages du même nom, on lui ajouta le qualitatif de « de la vallée », qui au se transforme en « Laval ».
On ignorait tout des origines humaines sur le territoire de la commune jusqu’à ces dernières années. Des fouilles préventives menées en 2022 sur le chantier de la prolongation du métro ligne B de la gare d’Oullins jusqu’à Saint-Genis-Laval ont mis au jour des traces d’occupation remontant à l’âge du bronze, de part et d’autre de la rue Francisque-Darcieux: des trous de bâtiments sur pilotis, les restes de cinq à six corps humains et des fosses ayant servi de silos à grain. Deux d’entre elles, à la finalité très incertaine, contiennent des ossements d’animaux entiers (un cerf les pattes attachées et sept squelettes de cochons). Il faut attendre la fin du premier millénaire pour avoir quelques autres informations. La première mention de Saint-Genis date de 807: c’est une donation de l’archevêque Leidrade aux hôpitaux de Saint-Romain et de Saint-Genis. C’est en 984 qu’il est fait mention pour la première fois de la paroisse de Saint-Genis comme faisant partie des propriétés de l’archevêque de Lyon, dans le dénombrement des 52 paroisses de l’Église métropolitaine de Lyon. C’est précisément grâce à l’intérêt porté par les Lyonnais au territoire de Saint-Genis-Laval que nous sommes guidés dans l’histoire de la commune dès le Moyen Âge. La première mention vraiment significative remonte à l’an 1187.
A cette date, est attestée l’existence d’une obéance de l’Église de Lyon créée par le doyen Mallen, décédé en 1153. Il ne s’agit pas seulement d’un contrôle religieux de la paroisse mais de l’exercice de droits seigneuriaux. En 1234, nous apprenons que le doyen Pierre Bérard a clos la ville d’une enceinte. Il est donc possible d’en conclure qu’« au début du Saint-Genis est devenu une localité importante et bien organisée des possessions de l’Église de Lyon. C’est une petite ville nouvellement fortifiée et pourvue de bâtiments d’administration ». Il s’agissait tout au plus d’un quadrilatère d’une cinquantaine de mètres de côté centré sur une petite église située à l’emplacement du chœur de l’église actuelle. C’est à partir de ce noyau central que Saint-Genis va se développer mais seulement du côté ouest de pente très modérée. Cette croissance s’opère sous forme de demi-cercles concentriques jusqu’à un nouveau rempart érigé à partir de 1447, qualifié en 1552 de vingtain.
Désormais à la ville haute s’oppose le bourg marchand, traversé du nord au sud par une voie commerçante (l’actuelle rue de la ville). Mais, la nouvelle enceinte a été tracée très largement. Elle enserre non seulement les constructions des, mais encore de vastes espaces non urbanisés: à l’est de la rue de la ville la cité bourgeoise aux constructions de qualité, souvent à colombage; à l’ouest, un bas quartier de caractère encore semi rural où des jardins ont subsisté jusqu’au. Tel quel, Saint-Genis fait vraiment figure de ville. « Le passage et le commerce commandent un développement de type urbain. C’est aussi un centre d’administration et de services qui rayonne sur son petit pays avec ses auberges, ses médecins, ses notaires ». Ce qui lui vaudra d’être élu comme chef-lieu de district pendant la Révolution. Dans les temps modernes, les coteaux situés au sud de la métropole ont parfois été qualifiés de Toscane lyonnaise.
Le versant ensoleillé de Saint-Genis peut être inclus dans cette formule. Les premiers à en avoir apprécié les charmes en y construisant leurs maisons des champs sont les hommes d’affaires italiens qui ont en particulier fait profiter Lyon de leur expérience en matière bancaire. Un seul exemple nous en est conservé, mais il s’agit de l’illustre maison florentine des Gadagne. Le domaine de Beauregard, vaste de 15 ha, avait été acquis par Pierre en 1526 après le décès du chanoine comte détenteur de l’obéance. La famille devait exercer les droits seigneuriaux sur ce fief jusqu’en 1661. La commune l’a acheté à son dernier propriétaire en 1978. Parmi les événements qui ont marqué son histoire, on signalera la visite du roi Charles IX accompagné de sa mère Catherine de Médicis et de ses deux futurs successeurs Henri III et Henri IV. L’imagination peut encore se nourrir de quelques vestiges.
On accède à l’ensemble par le nord. Au bout d’une allée, par-delà un reste de douves, on parvient à la porte en plein cintre à bossage. On a consolidé ce qu’il reste des murs de la demeure elle-même. Vue du sud, se dresse l’imposante muraille qui soutient la terrasse supérieure avec ses deux escaliers convergents. Le muret de clôture s’agrémente de petites tourelles. Le coteau ensoleillé de Saint-Genis-Laval a su séduire, aux, les élites lyonnaises fortunées qui y ont construit à leur tour au milieu de jardins leurs maisons des champs « pour jouir en bonne compagnie des plaisirs de la campagne ». Certaines ont encore belle allure. Longchène, bâtie pour Octavio Mey, un de ces capitaines d’industrie, immigrés, fondateurs de manufactures, lui même inventeur de l’art du lustrage, devait vite changer de mains après sa faillite.
C’est sur une partie de son vaste domaine que sera fondé l’hôpital Sainte Eugénie à partir de 1866. Lumagne ou La Citadelle a été bâtie pour un banquier lyonnais et transmise à son neveu, échevin de la ville en 1663. Sa façade initiale, de facture classique, a été légèrement modifiée. On a conservé l’imposte grillagée au-dessus de la porte centrale avec l’entablement aux trois boules de pierre, mais les portes-fenêtres ont été habillées de frontons triangulaires et de balustrades en pierre. Le château de la Tour a pris sa forme imposante de quadrilatère cantonné de pavillons à quatre pans couverts d’ardoise au, lorsqu’il était la propriété de la famille dombiste des Villars. L’escalier monumental, avec sa niche centrale logeant la vasque d’une fontaine entre ses deux volées divergentes, a mérité à lui seul le classement aux monuments historiques. Pendant la Révolution, Saint-Genis-Laval prit le nom de Genis-le-Patriote. Elle a été reconstruite en 1857 et élevée en 1862 au rang de paroisse, sans doute, vu sa situation, pour les fidèles venus des bas de Chaponost comme cela avait déjà été le cas dans le passé.
Mais en 1884 des modifications ont été apportées par les architectes associés Claudius Jamot et Carret. Le style néo-byzantin était alors à la mode, en parenté avec la basilique de Fourvière. Faute d’un entretien régulier, sa visite est interdite aujourd’hui et, à défaut de pouvoir apprécier ses richesses intérieures, il faut se contenter de vanter le soin apporté à sa construction. Le porche comporte depuis l’origine trois arcs en plein cintre à claveaux bicolores (pierre et brique) appuyés sur deux colonnes. Mais le fronton initial a été surélevé en 1884 et agrémenté d’une enfilade de frêles colonnettes se détachant sur un fond de briques. Le campanile sommital en a été réhaussé d’autant. C’est à la même date qu’a été ajouté le transept avec ses deux absidioles semi-circulaires. Des 10 croix répertoriées dans le pré-inventaire, pour la plupart dans le bourg et à proximité, six sont en fer.
Celle érigée en plein centre en souvenir d’une mission de 1827 s’impose avec ses 4,4 mètres de hauteur. Les croix Louis et des Rameaux compensent leur modeste taille et leur frêle croisée par leurs hauts socles de pierre. En exemple de croix de pierre, celle de la Cassine compense sa faible taille de 0,60 mètres par sa robustesse. En dehors du classement du pré-inventaire il apparaît judicieux d’ajouter la croix des prêtres de la paroisse au centre du cimetière. On devrait plutôt parler d’un monument car elle est érigée au-dessus du caveau où ils sont inhumés. Elle est en calcaire de Tournus. Le célèbre sculpteur Fabisch a mis tout son art dans la représentation du Christ supplicié. Les familles Saint-Genoises ont été durement éprouvées lors de la Première Guerre mondiale.
La liste des soldats tombés au champ d’honneur remplit une stèle en pierre longue de 10 mètres érigée en 1922 à proximité de la mairie. Au centre la Victoire couronnée de lauriers déploie ses ailes. A ce triste sort, commun à la plupart des communes de France s’ajoute une singularité propre à Saint-Genis-Laval. Le nombre des hommes victimes des deux guerres mondiales qui y ont leur sépulture s’explique par des considérations sans rapport avec les conditions locales. Au cimetière, dans un imposant mausolée de 8 mètres de long reposent les dépouilles de 911 soldats. Les hôpitaux de la commune avaient, en effet, accueilli loin du front les blessés dont un grand nombre ne devait pas survivre malgré les soins qui leur étaient prodigués. Plus étonnante encore est la présence d’un monument en forme d’obélisque à la mémoire des « soldats serbes morts pour la France en 1914-18 ». Il faut se rappeler que la Serbie luttait aux côtés des pays de l’Alliance.
Elle avait été envahie par les troupes de l’empire austro-hongrois dès le début du conflit et après leur déroute bon nombre de ces combattants s’étaient repliés sur le front occidental aux côtés des poilus. S’agissant de la Seconde Guerre mondiale, après le débarquement des troupes alliées en Provence le 15 août 1944 les Saint-Genois s’attendaient à une libération sans histoire. La commune a pourtant été le théâtre de la plus sombre des tragédies. A la veille de leurs retraite, les Allemands, sous le commandement du fameux Klaus Barbie, se sont livrés à l’exécution des détenus de la prison militaire lyonnaise de Montluc de la manière la plus expéditive. Après 109 fusillades sur l’aérodrome militaire de Bron, le 20 août un convoi a amené 120 résistants jusqu’au fort de Côte Lorette où ils ont pu être massacrés avec plus de discrétion entre 9 et 10 heures du matin. L’identification des corps a été rendue difficile car arrosés d’essence, ils ont été brûlés. Ils ont d’abord été enterrés dans le cimetière de la ville mais 88 d’entre eux ont été transférés en septembre 1947 dans le tombeau monumental qui jouxte le fort. On y accède depuis le centre-ville par la rue des Martyrs.