Saint-Georges-de-Didonne
Histoire de Saint-Georges-de-Didonne
Saint-Georges-de-Didonne est une commune de Charente-Maritime, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 5 170 habitants. L’origine du nom de la commune est dérivée de saint Georges, et du nom des seigneurs de Didonne, qui dominèrent longtemps la région. Ceux-ci avaient établi leur château à l’est de la commune, avant de s’établir dans le village voisin de Semussac. Il est possible que le nom de Didonne dérive de la langue celtique, Dit signifiant jour et Don, élévation.
Pendant la période révolutionnaire, Saint-Georges-de-Didonne est rebaptisée Cana. Le hameau de Boube est dérivé de l’occitan bolbena (terre argileuse, boueuse), devenu boulbène en français. Ce toponyme, ou des variantes de ce toponyme (Boubée, Boubées), se rencontrent dans d’autres régions du midi de la France, principalement dans le Gers ou encore en Tarn-et-Garonne.
Comme dans la plupart des autres communes du pays, le nom des rues, avenues et places de Saint-Georges-de-Didonne a évolué au fil du temps. La rue du général de Gaulle portait auparavant le nom du général Percin, qui lui fut attribué au sortir de la Première Guerre mondiale; elle s’appelait avant cette période tout simplement route de Royan. La rue de la République était la rue de Didonne, et portait à l’origine le nom de Grand’Rue.
La rue Carnot était la rue du couvent (un monastère, puis une école religieuse s’y trouvant jusqu’au milieu du XXe siècle), et la rue du maréchal Leclerc était la rue de la Liberté.
Les premières traces d’occupation humaine sont très anciennes, comme en témoignent les vestiges d’un camp fortifié daté du Peu-Richardien (Néolithique tardif, il y a environ 5000 ans) de Boube, au nord de la commune. Caractéristique de cette civilisation, il occupait un site stratégique en surplomb des marais de Belmont (formant alors un vaste golfe marin) et comprenait une série de fossés, des portes fortifiées « en pinces de crabe » et une enceinte, à l’image des camps voisins de Semussac, de Cozes ou de Barzan. Des traces de villæ gallo-romaines ont été relevées au XIXe siècle au niveau de la pointe de Suzac et à Vallières, lors d’un effondrement partiel de la falaise en 1840. Les vestiges collectés indiquent une occupation au moins jusqu’au IIIe siècle de notre ère. telle qu’elle apparaît jusqu’au milieu du XIXe siècle. Gravure de Louis-Benjamin Auguin en 1839. Au cours du Moyen Âge, l’habitat se développe autour de deux pôles urbains distincts, regroupés au sein d’une même paroisse. En bord de mer, le bourg de Saint-Georges s’organise autour de son prieuré clunisien, dépendance de Saint-Eutrope de Saintes, mentionné dès 1075 (« Monasterium sancti Georgii juxta Castrum Didonium ») dans une bulle du pape Grégoire VII, et de sa petite église romane, qui sert de halte aux pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
Un peu en marge du littoral, sur une hauteur surplombant un petit bras de mer (actuels marais de Chenaumoine et de la Briqueterie) servant de havre naturel, le bourg de Didonne s’articule autour d’un puissant château-fort, dont seul le toponyme actuel « le Châta » en conserve la trace. Son existence est attestée dès 1047 dans un acte de l’abbaye de La Trinité de Vendôme, ainsi que le nom de son propriétaire, Pierre de Didonne: « Ego Petrus, Dei clementia Didonensis castri dominus » (Moi Pierre, par la grâce de Dieu seigneur du château de Didonne). Il est le fief des seigneurs de la Maison de Didonne, dont l’influence demeure longtemps très grande en Saintonge maritime: portant le titre de « princeps » (prince de Didonne), ils contrôlent non seulement une bonne partie de la presqu’île d’Arvert entre La Coubre et Meschers, dont Royan, Arvert et Semussac, mais possèdent également des alleux dans la presqu’île de Marennes et sur l’île d’Oléron. Ils ont autorité sur plusieurs châtellenies saintongeaises, jusqu’à Tonnay-Charente et même aux portes du Bordelais avec la seigneurie de Montendre. Leur prospérité est due en partie à la collecte de taxes, pratique avérée dès le haut Moyen Âge et codifiée au XIIIe siècle sous le nom de Costuma de Roian (« coutume de Royan », en ancien occitan), prélevées sur les navires voulant remonter l’estuaire jusqu’aux ports de Bordeaux ou de Libourne. Le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt et l’accession au trône d’Angleterre de ce dernier fait passer Saint-Georges-de-Didonne dans l’Empire Plantagenêt, vaste domaine sous influence anglaise allant de l’Écosse aux marches des Pyrénées. L’Aquitaine y gagne une certaine autonomie et une grande prospérité, due en partie aux échanges commerciaux avec les Îles Britanniques. Les princes de Didonne rendent désormais l’hommage féodal aux ducs d’Aquitaine.
Didonne et Montendre passent aux princes de Tonnay-Charente, par le mariage de l’héritière Aumode de Didonne — ou Almodis, Alénodis — avec Geoffroy III de Tonnay (fl. après 1200): leur fils Geoffroy IV, prince de Tonnay, Didonne et Montendre, héritier de Broue vers 1260, marié à une fille de Savary de Mauléon et Belle-Assez de Pareds, † vers 1269, a ses possessions partagées à sa mort entre ses sept filles et gendres. Tonnay — au nord de la Charente avec St-Hippolyte en partie, en tête de pont au sud — est hérité par la postérité de l’aînée, Jeanne, femme du vicomte Aimeri IX de Rochechouart; la troisième fille, Marguerite, mariée à Chales de Rochefort, reçoit des fiefs au sud de la Charente, avec Broue, la Bergerie et St-Hippolyte en partie; Montendre va à la quatrième fille, Aumode de Tonnay, épouse du vicomte Guy de Comborn; Royan échoit à la cinquième fille, de nom inconnu, femme de Robert de Matha; la sixième fille, aussi de nom inconnu, épouse de Guillaume V Chenin sire de Morthemer et Lussac, est dame de la Barde; la septième fille, encore de nom inconnu, mariée à Humbert Guy, a les Fontaines de Beurlay entre Echillay et Geay; et Didonne, avec Meschers, Médis et Semussac, passe au mari de la deuxième fille, Aline de Tonnay: Barthélemy de La Haye. Ce dernier cède Didonne à Bartholomé de La Brosse vers 1276. En 1313, Pierre de la Brosse échange Didonne avec le soudan de La Trau, Arnaud-Bernard II de Préchac/Preissac, neveu du pape Clément V par sa mère Vitale/Gaillarde de Goth: ses héritiers, trois générations après, seront les Montferrand; entre-temps, en 1365, les Préchac de La Trau ont reçu Montendre du Prince noir. Lorsque la guerre de Cent Ans éclate en 1337, Saint-Georges reste essentiellement fidèle au roi-duc d’Aquitaine, mais son château est pris une première fois par les armées du roi de France en 1350 (Philippe VI puis son fils Jean le Bon; Didonne est alors donné à Foulques de Matha, dont les descendants — notamment, par mariage, les Montbron: cf. le maréchal Jacques de Montbron, † 1422, fils de Yolande de Matha — l’ont jusqu’en 1446: alors les Montbron le restituent aux Montferrand), et une seconde fois, sous Charles VII (arrière-petit-fils de Jean le Bon), qui l’attribue dès 1447 à l’amiral Prégent VII de Coëtivy, qui reçoit aussi Taillebourg; puis, faute de descendance de ce dernier († en 1450), à Jean II et Guy La Personne (des fidèles des rois Valois) en 1453-vers 1457; enfin en 1461, au frère cadet de l’amiral, le chambellan et sénéchal de Guyenne Olivier de Coëtivy († 1480; aussi baron de Royan, Saujon et Taillebourg), gendre de Charles VII par sa femme Marie de Valois. Enfin Didonne passe aux La Trémoïlle par le mariage de Louise de Coëtivy (fille de Charles de Coëtivy et Jeanne d’Orléans-Angoulême; petite-fille d’Olivier de Coëtivy) avec Charles de La Trémoïlle: parents de François de La Trémoïlle (les La Trémoille gardent Didonne jusqu’au, le cédant alors au maréchal Jean-Charles de Saint-Nectaire-Brinon (1685-1771), qui acquiert vers 1730-1764 une foule de fiefs saintongeais: Didonne, Arvert, Saujon, Pisany, le Chay.
dont héritèrent son fils Henri-Charles (1714-85) et sa petite-fille Marie-Charlotte (1750-guillotinée le 26 juillet 1794/8 thermidor an II), épouse du maréchal Louis de Brienne-Conflans marquis d’Armentières). La Réforme s’implante à Saint-Georges-de-Didonne comme dans toute la Saintonge maritime dans le courant du XVIe siècle, sous l’influence des nombreux marchands étrangers qui fréquentent les ports de la région (notamment ceux de Royan ou de Ribérou). Les vexations et persécutions dont sont victimes les Protestants causent un climat délétère. La tension entre communautés catholiques et protestantes culmine au moment des Guerres de Religion. L’église est en partie détruite et les terres du prieuré sont saisies au profit de chefs protestants. Un accord est finalement conclu avec le prieur, qui accepte d’aliéner une partie de son temporel. Deux seigneuries émergent à la suite de cette « redistribution des cartes »: Boube (1571) et Lussinet (1595), la seconde au profit d’un gentilhomme médocain, Corberan Dahons. L’édit de Nantes consacre le retour à la paix, de nouveau troublée en 1622 devant la menace de l’instauration d’une république protestante en Saintonge et la réaction du roi Louis XIII, qui vient mettre le siège devant Royan et dont les troupes (régiment de Burie) cantonnent à Saint-Georges.
montrant la région de Saint-Georges-de-Didonne au XVIIIe siècle. Le XVIIIe siècle est l’âge d’or des pilotes lamaneurs, dont les principales missions sont de guider les navires empruntant l’estuaire « hors des brisants, des sables et des rochers » et de venir en aide aux bâtiments en difficulté. D’abord établis principalement à Saint-Palais, ils doivent se replier sur Saint-Georges à la suite de l’ensablement et de l’abandon du port à cause des mouvements de dune sur la Grande-Côte. C’est aussi, depuis la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV en 1685, une époque de répression contre les protestants, qui émigrent en masse vers les pays dits « du refuge » (Hollande, Angleterre, Amérique anglaise, Prusse) ou pratiquent leur culte en secret, dans des granges ou dans les bois et marais, sous la houlette de pasteurs au fort charisme comme Louis Gibert et Jean Jarousseau: on parle dès lors de l’Église du désert. Ils retrouvent leurs droits peu avant la Révolution, qui consacre la transformation de la paroisse en commune, brièvement rebaptisée « Cana ». La grande mode des bains de mer, importée d’Angleterre, change radicalement le visage de la région dans le courant du XIXe siècle. De plus en plus de curistes, bourgeois ou notables séduits par les vertus thérapeutiques de l’eau de mer et du climat doux de la Saintonge maritime, réputé pour sa salubrité, prennent l’habitude de venir « prendre les eaux » à Royan. Saint-Georges reste d’abord un peu en marge, du fait du petit désert de sable parcouru de mauvais chemins qu’est alors Vallières.
Peu à peu cependant, ceux qui désirent s’éloigner des mondanités royannaises prennent l’habitude d’une excursion à Saint-Georges, et certains tombent sous le charme. Eugène Pelletan, enfant du pays, contribue largement à faire connaître le village à des investisseurs, qui ne tardent pas à y faire bâtir des villas cossues. Sous l’action d’édiles ambitieux, le bourg se dote d’équipements modernes. Le cimetière entourant l’église est déplacé en 1839 au profit du nouveau cimetière des Bois. L’espace ainsi retrouvé est aménagé en champ de foire. Le front de mer commence à être aménagé vers 1875 (promenade du Trier). De nombreuses maisons sont alignées et les principales rues sont baptisées en 1892. Les dunes entre Royan et Saint-Georges sont progressivement loties et plantées de pins maritimes (bois de Vallières), ce qui permet de les fixer: ainsi naît le quartier du Parc.
Le procédé est repris entre Saint-Georges et Suzac, donnant naissance à la forêt de Suzac. Des arènes sont édifiées en 1902, où sont données des corridas et des courses landaises. Le téléphone est installé en 1889, le tramway royannais arrive en 1891, et l’éclairage public à l’électricité est mis en place en 1912. La Première Guerre mondiale a des répercussions directes sur la commune. Vingt soldats saint-georgeais tombent « au champ d’honneur » au cours des différentes offensives dans le nord et l’est de la France; beaucoup d’autres reviennent affligés de blessures ou de mutilations. Plusieurs bâtiments sont réquisitionnés afin de servir d’hôpitaux ou de maisons de convalescence pour les « Poilus ». Le développement de la commune se poursuit après-guerre avec l’arrivée de l’eau courante, de l’électricité et du gaz. Des hôtels luxueux sont bâtis (Grand Hôtel de l’Océan en centre-ville, hôtel Océanic à Vallières…).
La Seconde Guerre mondiale met brutalement un frein aux plaisirs balnéaires. Le 24 juin 1940, à l’issue de la désastreuse campagne de France, deux détachements de la « Heer » (armée de terre) de la de la Wehrmacht prennent possession de la ville. La kommandantur est installée dans la villa Le Rafale, sur le boulevard Garnier (aujourd’hui, boulevard De Lattre de Tassigny). Les premiers travaux du célèbre « mur de l’Atlantique » voulu par Hitler afin d’éviter un débarquement allié débutent au mois de décembre 1941 sous la supervision de l’oberstleutnant Humbert et de l’oberst Schultz, et le concours de l’oberbauleitung Paula de l’organisation Todt. Le fort de Suzac, entièrement modernisé, devient un des verrous de l’estuaire de la Gironde. En 1944, alors que les alliés ont débarqué en Normandie et que les FFI libèrent progressivement les principales villes du Sud-Ouest pendant l’été, les Allemands reçoivent l’ordre de Hitler de s’enfermer dans des poches de résistance. Saint-Georges-de-Didonne est intégrée dans l’une d’entre elles, la poche de Royan. La grande offensive prévue pour la fin de l’année (opération « Indépendance ») est repoussée, du fait de la contre-offensive allemande dans les Ardennes.
Des raids aériens sont menés le 13 et le 19 décembre, atteignant le fort de Suzac et un dépôt de munition. Pour autant, rien ne prépare les habitants à la catastrophe qui touche la ville voisine de Royan, anéantie dans un déluge de feu par plus de de bombes au petit matin du 5 janvier 1945. La reconquête de la poche de Royan est repoussée au printemps. Entre-temps, des bombardements sporadiques atteignent Saint-Georges, entre la rue de la République, la rue du Coca et la rue du Docteur Larroque, et près de 300 maisons sont détruites et 700 endommagées. Le 15 avril au matin débute l’opération « Vénérable » qui marque le début de la libération de la poche de Royan. Le centre de Saint-Georges est pris quelques heures plus tard par une unité du bataillon de marche antillais (BMA5) placée sous le commandement du lieutenant-colonel Henri Tourtet. Plus au nord, le hameau de Boube, puis le quartier de Didonne sont pris par la cinquième compagnie du bataillon de marche de l’Afrique équatoriale française (bataillon de marche « Oubangui-Chari » ou BM2), placé sous le commandement du lieutenant François Valli. Le lieutenant Jean Mufraggi, après avoir pris la position d’Enlias (actuel quartier Plein été) sous un déluge de feu allemand, conduit la compagnie dans les faubourgs sud de Royan (quartier de Maisonfort).
Enfin, le d’infanterie, héritier des Francs-archers d’Angoumois, rattaché au groupement sud placé sous le commandement du colonel Adeline, remonte depuis Meschers et prend position au Compin et à la pointe de Suzac. Le 17 avril, le contre-amiral Hans Michahelles, commandant de la forteresse de Royan (Festungskommandant) signe la reddition des forces allemandes. Si la ville n’a pas connu le sort funeste de Royan, qui n’est plus qu’un tas de ruines fumantes, beaucoup de bâtiments ont été détruits ou endommagés. Comme Vaux-sur-Mer et Royan, elle est déclarée « ville sinistrée » le 20 juin et reçoit en 1948 pour ses faits d’armes et son courage dans l’adversité la croix de guerre avec étoile de bronze et citation à l’ordre du régiment dont voici le texte: Petite ville de, englobée depuis le début de l’Occupation dans la Poche de Royan, Saint-Georges-de-Didonne a vu trois cents de ses habitations entièrement détruites, sept cents autres gravement endommagées par les bombardements quotidiens, de jour comme de nuit. Sa population restée calme et digne, tant sous la domination de l’ennemi que sous les bombardements, a été en presque totalité évacuée sur l’ordre des Allemands et entièrement pillée. Vingt de ses enfants sont morts pour la France. Signé: Max Lejeune, Secrétaire d’État aux Forces armées. À partir des années 1950, la ville cherche à se reconstruire et à renouer avec la prospérité et les plaisirs balnéaires.
Le front de mer est réaménagé de 1955 à 1965. De nouveaux quartiers sortent de terre au fur et à mesure que la population s’accroît: quartier du Pigeonnier, Plein-été, Margite. La pointe de Vallières voit se construire quelques grands immeubles, orientés vers la baie de Royan et la plage de la Grande Conche (résidence Océanic); de même, l’ancienne villa Mocqueris, en bordure de la conche de Saint-Georges, est dynamitée au profit d’un grand ensemble collectif de six étages (résidence Albatros). L’ancien yemple protestant de Saint-Georges-de-Didonne, partiellement détruit lors des combats, est reconstruit en marge du centre-ville en 1951. Le groupe scolaire Jean Zay est édifié entre 1954 et 1957 et le stade à partir de 1959. Au début des années 1960, la ville compte deux casinos: le casino de la Pergola, ancien hôtel Paris-Atlantique et à l’emplacement duquel se trouve désormais la résidence Sylvania, et le casino municipal, en bord de mer, où se trouve également une discothèque réputée, le club 61 (du nom de l’année de sa construction) et une galerie marchande. Il reçoit quelques-unes des grandes vedettes de l’époque: Alain Barrière, Dick Rivers, Lucky Blondo ou encore la célèbre chanteuse américaine Nancy Holloway. En 1977, un nouvel hôtel de ville est construit.
Le casino municipal est détruit au début des années 1980, et laisse la place en 1985 au relais de la Côte de Beauté, un complexe comprenant un cinéma, une salle de spectacle, les studios d’une radio locale (Fréquence Horizon, aujourd’hui Demoiselle FM), la bibliothèque municipale et une petite galerie marchande en front de mer comprenant des boutiques, un bar, un fast food et des glaciers, mais aussi, à l’arrière du bâtiment, un espace consacré aux jeux d’arcade. La municipalité lance dans la foulée le festival Humour et Eau salée, qui accueille chaque année des humoristes connus ou débutants ainsi que divers spectacles de rues un peu partout en ville. La cité poursuit son développement touristique, accueillant chaque année des vedettes telles que Calogero, M Pokora, Hubert-Félix Thiéfaine, Tryo, Cali, Jacques Higelin Thomas Dutronc ou Renan Luce. La modernisation des infrastructures se poursuit avec la prolongation de la rocade de Royan jusqu’au boulevard Dulin en 2003, facilitant l’accès aux communes riveraines de Royan (de Saint-Georges à Saint-Palais-sur-Mer).
Patrimoine religieux
Si le patrimoine monumental de la commune date essentiellement du XIXe siècle et de la vague de développement urbain consécutive à l’émergence de la mode des bains de mer, trois monuments témoignent d’une époque plus ancienne. date du XIIe siècle pour ses parties les plus anciennes. La motte castrale du château des seigneurs de Didonne (ou châta) se situe dans le quartier du même nom, un peu en retrait du centre-ville. Datant du XIe siècle, elle est l’unique vestige d’un château fort détruit par les Anglais au XVe siècle sans jamais être reconstruit. Longtemps laissées à l’abandon, les ruines servent à l’édification de maisons particulières au cours des siècles suivants.
Victimes d’une urbanisation anarchique, les vestiges sont aujourd’hui intégrés à une propriété privée. Autre témoignage de l’époque médiévale, l’église Saint-Georges est élevée dans le courant du XIIe siècle, mais est remaniée à plusieurs reprises ultérieurement. Son clocher néo-roman atypique, élevé en 1877 sur les plans de l’architecte Michel Alaux, s’inspire de celui de l’église Saint-Barthélémy de Rion-des-Landes, édifié par son père Gustave Alaux en 1868. Enfin, le logis de Lussinet est une construction du XVIIe siècle consécutive à l’aliénation de certaines terres appartenant au prieuré Saint-Georges lors des guerres de religion. Seul subsiste de nos jours le corps de logis principal et quelques dépendances reprises au XVIIIe siècle.
Tandis que le port est doté d’un phare en pierre de taille entre 1898 et 1902, le phare de Vallières, des maisons plus cossues font leur apparition. L’une des premières à être réalisée est la villa Musso, un chalet en pierre de taille et brique s’élevant sur trois niveaux. À peu de distance, la villa Castel-Bourg dévoile une façade s’inspirant du style gothique flamboyant. Enfin, en marge du front de mer, la maison Nelly se caractérise par une façade néo-renaissance avec fenêtres à meneaux et mascarons., un des symboles de la ville.
Parmi les infrastructures publiques, l’ancien hôtel des postes (aujourd’hui converti en un espace consacré à la culture) est édifié en 1920 par l’architecte Charles Proust. Cet immeuble se distingue par une façade en pierre de taille de style néo-Louis XVI intégrant un balcon monumental en fer forgé. Durant la seconde guerre mondiale, l’organisation Todt est chargée de l’édification d’une forteresse destinée à protéger les côtes d’un éventuel débarquement: le fort de Suzac. Constitué d’une succession de 8 casemates en béton armé – ou blockhaus -, le fort est endommagé par les bombes alliées durant les combats de 1945. Situé dans une zone protégée par le conservatoire du littoral, le fort est en cours de réhabilitation.