Saint-Georges-de-Reintembault
Histoire de Saint-Georges-de-Reintembault
Saint-Georges-de-Reintembault est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 1 507 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Sanctus Georgius de Restenbaut au, Saint-Georges-de-Restambault en 1476, Sanctus Georgius Reintembani en 1516, Saint-Georges-de-Reinthembault. Il est nommé Restambaldus de Sancto Gorgio dans le cartulaire du Mont-Saint-Michel. Est issu de Restembault, seigneur et fondateur de la paroisse Saint Georges.
Un statère d’or à la tête laurée avec au revers un cheval androcéphale et au-dessus un hippocampe a été trouvé à Saint-Georges-de-Reintembault. Un seigneur nommé Restenbault serait le fondateur de la paroisse dans la première moitié du; dans les chartes de l’abbaye de Savigny, la paroisse est nommée vers 1140 « parrochia Sancti Georgii de Restanbaut ». En 1588 l’abbé de Rillé nomma un maître d’école à Saint-Georges ayant la qualité de « maître universel de tout le territoire de Fougères, La Bazouges et Antrain ». Selon une note inscrite sur le registre paroissial du Ferré par son recteur une épidémie, sans doute de peste (?), provoqua entre septembre et décembre 1639 à Saint-Georges-de-Reintembault, 260 à Montours, 220 au Ferré, 345 à Bazouges-la-Pérouse, 159 à Pleine-Fougères. Le célèbre prédicateur Julien Maunoir, né à Saint-Georges-de-Reintembault, prêcha trois missions dans sa paroisse natale en 1648, 1662 et 1681. L’église paroissiale Saint-Georges, dédiée à saint Georges, de style roman, datait du ou du; un collatéral fut rajouté à la nef. Le marquis de Romilley en était considéré comme le seigneur fondateur et prééminencier (il y disposait d’une chapelle), même si le baron de Fougères en était le seigneur supérieur. En 1781 deux autres chapelles s’y trouvaient, dédiée à sainte Anne et saint Nicolas, ainsi que les trois confréries du Saint-Esprit, du Rosaire et du Saint-Sacrement.
L’évêque de Rennes était le gros décimateur de la paroisse. Le bailliage des Touches dépendait de l’abbaye Notre-Dame du Tronchet. La seigneurie d’Ardaine (ou Ardennes), sergenterie féodée, avait titre de châtellenie et appartenait à la famille du nom, avant de se fondre au début dans les Romilley de La Chesnelaye, qui la firent ériger en marquisat par lettres patentes de décembre 1644. Elle avait droit de haute, moyenne et basse justice, qui s’exerçait en la paroisse de Ferré. Amédée Guillotin de Corson cite 5 chapelles à Saint-Georges-de-Reintembault: Ardennes (consacrée en 1609, construite dans le style Renaissance par Esther de la Marzelière, veuve de César de Romilley, seigneur de la Chesnelaye), la Ramée (dépendant de l’abbaye Saint-Pierre de Rillé, disparue dès le ), Plessix-aux-Bretons (dépendant du manoir du même nom) et signale l’existence probable d’une chapelle disparue près du manoir de la Chapelle, cité en 1513. La chapelle Notre-Dame, dans le bourg, a été construite après la Révolution française à côté de la maison natale du père prédicateur Julien Maunoir: la cure est à l’alternative. Le territoire est borné à l’Est, au Nord et à l’Ouest, par la province de Normandie; il offre à la vue des coteaux, des vallons, des terres exactement cultivées, des arbres fruitiers, et les deux petits bois de la Bourdonnaye et de la Martinaye. La paroisse bénéficiait d’un marché hebdomadaire et de quatre foires annuelles.
Le cahier de doléances est rédigé le 5 avril 1789, d’autant qu’il devient chef-lieu de canton. Les sentiments de la population vis-à-vis des changements apportés par la Révolution française se manifestent dans la création d’une société populaire, et dans l’organisation des fêtes révolutionnaires, dont la principale est celle célébrant l’anniversaire de l’exécution de Louis XVI, accompagnée d’un serment de haine à la royauté et à l’anarchie, fêtée à partir de 1795. La vie de la commune, bastion bleu isolé en pays chouan, est cependant difficile: elle doit accueillir les réfugiés des communes voisines, vit sur le pied de guerre en permanence (la garde nationale compte 500 hommes, pour ). Les menaces sont nombreuses: lors de la Virée de Galerne, les Vendéens passent à proximité de Saint-Georges, suscitant l’inquiétude. Charles-Louis Chassin écrit que « le bourg patriote de Saint-Georges-de-Reintembault fut plusieurs fois incendié par les Chouans, qu’il combattit vaillamment ». A Saint-Georges-de-Reintembault, vers 1816, les hommes mariés, d’une part, et les garçons, de l’autre, se disputaient la « bouéze » composée de morceaux de cuir remplis de sciure ou de sable et présentant un pied et demi de circonférence. Ce jeu de la « bouéze » à Saint-Georges-de-Reintembault, est en fait probablement, sous un autre nom, la soule. de la commune de Saint-Geoges-de-Reintembault ː tableau d’assemblage (1834).
Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Saint-Georges-de-Reintembault en 1853 Dans la seconde moitié du les Carmélites d’Avranches possédaient un établissement (école de filles, salle d’asile et soins des malades) à Saint-Georges-de-Reintembault. En 1862 une sœur du Mont-Carmel exerçant dans la paroisse, Jeanne Amand, surnommée « la mère des orphelins », avait obtenu l’un des prix Montyon « pour une vie toute de bonnes œuvres ». La « Société de Secours Mutuels » de Saint-Georges-de-Reintembault est fondée le 1 janvier 1869 avec 83 sociétaires fondateurs; son premier président est M. L’église paroissiale Saint-Georges actuelle, de style néogothique, construite selon les plans de l’architecte Arthur Regnault, est achevée en 1899 à quelque distance de l’ancienne église dont l’emplacement est désormais occupé par un calvaire, recteur de la paroisse, reçut en 1889 un prix de vertu décerné par l’Académie française pour avoir fondé dans la paroisse un orphelinat pour les enfants pauvres et abandonnés. Il fut fait en 1894 chevalier de la Légion d’honneur « pour sa belle conduite sur les champs de bataille pendant la Guerre de 1870 ». Cet orphelinat Saint-Joseph « élève, grâce à la charité publique, de nombreux orphelins. Le journal Le National écrit en janvier 1891 qu’une des deux jeunes femmes vivant dans une tanière dans un bois de Saint-Georges-de-Reintembault, « absolument comme des louves, mettant au monde des enfants chaque année », vient de mourir de misère et de froid.
L’église ressemble absolument à un camp retranché. De toutes parts, se dressent des barricades de voitures reliées par des chaînes de fer ». de Saint-Georges-de-Reintembault. Le monument aux morts de Saint-Georges-de-Reintembault porte les noms de 96 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux 14 sont morts en Belgique, Georges Coudray et Clément Davy dès le 22 août 1914 à Rossignol et Jean Desmoires le même jour à Virton; Pierre Vivier le 15 novembre 1914 et Prosper Guérault le 23 avril 1915, tous les deux à Woesten; 7 (Louis Renard, Eugène Roussel, Eugène Primes, Louis Guermont, Georges Lore, Alexis Mérot et Simon Thomas) sont morts à Boezinge entre le 15 novembre 1914 et le 20 juillet 1916; Louis Besnard est mort le 26 mai 1918 à Rousbrugge et Émile Coquelin le /28 novembre 1918, donc après l’armistice, à Iseghem); 3 (Victor Chauvel, François Pichon et Jean Rochelle) sont morts en captivité en Allemagne; tous les autres (sauf 5 pour lesquels les circonstances des décès ne sont pas précisées) sont morts sur le sol français (dont par exemple Jean Morel le 25 septembre 1915 à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais) et Alexandre Deschamps le 21 juin 1916 à Damloup (Meuse), tous les deux tués à l’ennemi et décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre). En juin 1917, un soldat permissionnaire, Julien Tumoine, fut tué par son imprudence en lançant une grenade qu’il avait ramené du front. Henri Gaudin est mort pour la France (de maladie) le 8 septembre 1919 à Alexandrette (Syrie) lors de la Guerre du Levant. Un club de football, l’Indépendance sportive Sainte-Georgeaise, existait déjà à Saint-Georges-de-Reintembault en 1925. Dans la décennie 1930 il s’appelle Julien-Maunoir de Saint-Georges.
En décembre 1925 l’Orphelinat Saint-Joseph lance colle chaque année un nouvel appel aux dons. Le journal L’Ouest-Éclair écrit que « cette œuvre diocésaine ne peut subsister sans leur aide » et que « le coût de la vie augmente chaque jour et cependant le nombre des enfants s’est encore accru. Il dépasse 70, qui reçoivent à l’orphelinat une nourriture simple et saine, des soins affectueux, une éducation chrétienne ». Les enfants étaient encadrés par les Sœurs de Rillé. En 1934 environ 150 enfants y étaient accueillis, dont 110 provenant de la région parisienne selon un article de presse décrivant l’orphelinat. Plusieurs photographies d’Amédée Fleury représentant l’orphelinat et les orphelins sont visibles sur le site Internet du Musée de Bretagne, ainsi que des photographies de la commune pendant l’Entre-deux-guerres. Une « Ligue des contribuables », inspirée par le dorgérisme alors très influent dans la région, fut créée en février 1933 à Saint-Georges-de-Reintembault, présidée provisoirement par le maire, Lucas. « Cette nouvelle est accueillie avec une grande satisfaction, et nul doute que nombreux seront les cultivateurs, propriétaires, commerçants si lourdement imposés à l’heure actuelle, qui viendront donner leur adhésion pour la sauvegarde de leurs intérêts » écrit le journal L’Ouest-Éclair.
Plusieurs hommes nés dans la paroisse de Saint-Georges-de-Reintembault furent missionnaires, par exemple Clément-Joseph Lemoine, né le 29 août 1869, à Yokohama (Japon), mort le 10 août 1941 et Pierre-Jean Charbonnel, né le 31 janvier 1880, en Birmanie méridionale, mort le 16 août 1941. De nombreux autres furent prêtres ou moines, par exemple Alexandre Cador, devenu en religion Bernard de l’Immaculée-Conception, de l’Ordre des Carmes déchaussés en 1935. Le 22 mars 1936 le maire, Lucas, et ses deux adjoints, démissionnent après avoir été mis en minorité au sein du Conseil municipal à propos de l’achat, qu’ils souhaitaient, d’un immeuble pour y installer la mairie, mais Lucas fut réélu maire et le resta jusqu’en 1938. La « foire Saint-Georges » était organisée tous les ans le jour de la Saint-Georges; par exemple celle de 1936 connut un grand succès. En mars 1938 le Conseil municipal attire l’attention du Conseil général d’Ille-et-Vilaine sur la situation de Saint-Georges-de-Reintembault, dépourvu de tout moyen de communication moderne et sur la nécessité d’étudier un itinéraire pratique pour la localité avec les régions environnantes. (Chronique républicaine, 24 novembre 1945). Le monument aux morts de Saint-Georges-de-Reintembault porte les noms de 7 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi ces victimes Louis Coudray, mort le 28 janvier 1940 à l’hôpital complémentaire de Rennes; Jean Chapain, Henri Coquelin et Henri Prime, morts au printemps 1940 lors de la Bataille de France; Félix Gohin est mort le 20 mai 1941 à Saint-Georges-de-Reintembault, dans des circonstances non précisées; Yves Thomas, décédé le 23 novembre 1942 à Saint-Georges-de-Reintembault; Marcel Langlois, soldat de la DB, mort le 20 novembre 1944 à Sarrebourg. Louis Cheminant est mort oour la France lors de la Guerre d’Algérie.