Saint-Germain-en-Laye
Histoire de Saint-Germain-en-Laye
Saint-Germain-en-Laye est une commune du département des Yvelines, en région Île-de-France, qui compte 44 380 habitants. Saint-Germain est un hagiotoponyme dont l’origine se trouve dans la construction, par le roi des Francs Robert le Pieux (972-1031), d’un monastère dédié à saint Germain, probablement saint Germain de Paris, fondateur de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. La localité est attestée sous la forme locus beati Germani en 1073, puis Sanctus Germanus en 1124. L’origine du déterminant complémentaire -en-Laye tient à la situation de la commune dans l’ancienne forêt de Lida, qui couvrait toute la région: le nom complet peut donc se comprendre comme « Saint-Germain-dans-la-forêt-de-Lida ». La forêt de Laye, prolongement de celle d’Yveline, est attestée dès le IXe siècle sous la forme Lida silva dans le Polyptyque d’Irminon, puis silva cognominata Ledia chez Helgaud. Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement le nom de Montagne-bon-air.
Peu de vestiges préhistoriques ont été retrouvés en dehors de quelques silex taillés sur le plateau d’Hennemont, dans la forêt de Laye. Une voie gauloise suivait le ru de Buzot, et une voie romaine montait sur le plateau sur le tracé des actuelles rues Schnapper, Bergette, Galliéni et Président-Roosevelt. Une tradition associe le roi Childéric au martyre de l’évêque Léger dans la forêt d’Yveline et à la fondation, par celui-ci, d’une chapelle sous le vocable de Saint-Léger en Yveline ou Saint-Léger en Laye, édifiée en 668 et dédiée en 678 en réparation du martyre. Les premiers lieux de peuplement francs attestés se trouvent à Saint-Léger et Feuillancourt. Au VIIe siècle, dans le vallon du ru de Buzot, apparaît le domaine de Feuillancourt (Viliolicors, Filioli curtis), lieu de naissance de saint Érembert, futur évêque de Toulouse, qui participe à la christianisation de la région; un cimetière mérovingien y a été découvert en 1925. En 845, l’expédition des Vikings menés par Ragnar « aux braies velues » pille les environs avant d’assiéger Paris. Selon son biographe Helgaud, le roi Robert le Pieux fonde entre 996 et 1031 une abbaye dédiée à saint Vincent (patron des vignerons) et à saint Germain de Paris « dans la forêt appelée Laye ». Cette fondation est confirmée et augmentée plusieurs fois, notamment par les dîmes de Triel et les droits sur les vins de Poissy. Entre 1031 et 1060, l’évêque de Paris Imbert obtient des lettres patentes confiant la petite abbaye au Chapitre de l’église Notre-Dame, qui la donne avant 1060 à l’abbaye bénédictine de Coulombs; celle-ci en fait un prieuré et y envoie peu avant 1090 un premier prieur du nom d’Ulric. Le prieur Robert obtient du roi Louis le Gros une charte datée de 1124 confirmant les donations et privilèges, notamment la seigneurie temporelle avec haute justice criminelle. Vers 1124, le roi Louis le Gros fait construire un palatium sur l’emplacement de la cour du château actuel, face au prieuré Saint-Germain. Le village commence à se développer au XIIe siècle. Le roi Philippe-Auguste fait de nombreux séjours à Saint-Germain: en 1180, il nomme le premier concierge du château; en 1209, il soutient Regnault l’Archer pour la fondation d’une Maison-Dieu, c’est-à-dire d’un hôpital, achevé vers 1225. Peu avant de mourir en 1223, il commence la construction d’une chapelle castrale dédiée à Notre-Dame. Blanche de Castille, qui gouverne comme régente de 1226 à 1236, fait ouvrir la route qui traverse en ligne droite la forêt entre Saint-Germain et Poissy, où elle donne naissance à son fils, le futur Saint Louis.
Patrimoine religieux
Saint-Germain-en-Laye possède un grand nombre de monuments historiques classés ou inscrits. Un secteur sauvegardé a été défini en 1978 dans le centre historique de la ville, l’un des deux premiers de France avec celui de Sarlat. Le château de Saint-Germain-en-Laye fut l’une des principales résidences des rois de France; l’édifice actuel, de style Renaissance, fut reconstruit puis restauré à plusieurs époques et conserve une Sainte-Chapelle de style gothique ainsi qu’un donjon; il abrite aujourd’hui le musée d’Archéologie nationale. La terrasse du château, construite par Le Nôtre de 1669 à 1674, s’étend en ligne droite et relie le centre de Saint-Germain au château du Val. Du Château-Neuf, détruit à la fin du XVIIIe siècle, le seul vestige notable est l’ancien oratoire du roi, où serait né selon la tradition Louis XIV; il est aujourd’hui inclus dans le Pavillon Henri IV. À l’autre extrémité de la Terrasse, dans la forêt, le château du Val, œuvre de Jules Hardouin-Mansart, abrite une résidence de la société d’entraide des membres de la Légion d’honneur. L’église paroissiale Saint-Germain, qui fait face au château, a été démolie et reconstruite en 1824 par l’architecte Potain, dans un style inspiré des basiliques paléochrétiennes; elle fut restaurée par Joseph Nicolle de 1848 à 1854. Sa façade présente un fronton triangulaire supporté par six colonnes toscanes. À l’intérieur se trouve le mausolée de Jacques II, roi d’Angleterre, détrôné lors de la Glorieuse Révolution, qui résida jusqu’à sa mort au château de Saint-Germain.