Saint-Grégoire
Histoire de Saint-Grégoire
Saint-Grégoire est une commune d’Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte environ 9 837 habitants. Son nom, attesté sous les formes Sancto Gregorio en 1241 et St Gregoire en 1427, est un éponyme faisant référence à saint Grégoire le Grand, pape au VIe siècle. En gallo, langue d’oïl locale, la commune se prononce Sint Gregouèrr; en breton, la forme normalisée est proposée par l’Office public de la langue bretonne. Les habitants sont appelés les Grégoriens.
Le territoire porte les marques d’une occupation ancienne. Des objets de l’âge du bronze et des objets romains ont été retrouvés dans l’ancienne carrière de calcaires marins, près de la Noé. Ces calcaires sont eux-mêmes des vestiges de la présence de l’océan à l’ère tertiaire, dans ce qui est devenu depuis le Bassin de Rennes. L’ancien surnom de la commune, « la Ville rouge », dû à la couleur de ses murailles, a conduit à en déduire une origine gallo-romaine. Saint-Grégoire était par ailleurs traversée par la voie romaine reliant Condate (Rennes) à Avranches, encore connue au XIXe siècle sous le nom de « chemin de la Reine-Anne ». Des observateurs du milieu du XIXe siècle signalent qu’à un kilomètre du bourg, sur le bord de cette voie, un camp romain demeure encore visible.
La date de fondation du bourg n’a pu être établie avec précision. La paroisse est probablement constituée autour du XIe siècle et sa dédicace à saint Grégoire le Grand serait due à un évêque de Rennes qui, de retour d’un pèlerinage à Rome, aurait ramené le culte de ce pontife. L’ancienne église daterait du XIe siècle également; d’abord romane, elle subit des adjonctions au XVe siècle, est prolongée en 1836 et restaurée en 1972. La paroisse était riche de plusieurs chapelles fondées — du Chêne-Macé, de Launaye, des Masselin — toutes disparues au XIXe siècle, ainsi que de chapelles privées associées aux maisons nobles.
Un épisode révèle la complexité des rapports entre l’Église et la communauté locale: dans la seconde moitié du XVe siècle, Jacques d’Espinay, évêque de Rennes, ayant été insulté dans le village, excommunie tous les paroissiens. La levée de cette censure n’intervient que contre le paiement d’une rente perpétuelle de 872 boisseaux de blé, que la paroisse s’acquitte encore de verser au XVIIIe siècle.
Durant la Seconde Guerre mondiale, sept habitants de Saint-Grégoire périssent pour la France, dont Albert Besnard, résistant déporté à Buchenwald mort en déportation, et Auguste Davy, mort en captivité à Sorau (aujourd’hui Żary, en Pologne). La commune contribue également aux guerres d’Indochine et d’Algérie. Aujourd’hui commune résidentielle de l’agglomération rennaise, Saint-Grégoire conserve ce passé paroissial tissé de dévotions, de tensions et de mémoire collective.