Saint-Julien-de-Concelles

Histoire de Saint-Julien-de-Concelles

Saint-Julien-de-Concelles est une commune de Loire-Atlantique, en Pays de la Loire, qui compte 7 653 habitants. La localité est citée pour la première fois en 1104 dans un acte entre Benoist évêque de Nantes et Guillaume abbé de Saint-Florent-le-Jeune, sous l’appellation Sancti Juliani de Cancellis. En 1123, la localité est attestée sous sa forme latine Sanctus Julianumcum aqua Cancella (littéralement: « avec l’eau de la Concelle »). Cancellis en latin signifie: « limites, clôtures, barrières », mais également « écluses ».

Selon les travaux de Gustave Pétard, Saint-Julien-de-Concelles signifie donc Saint-Julien-des-Écluses, Saint-Juyen, Saint-Julien et se prononcent respectivement, ou encore Dans le langage local contemporain, Saint-Yo reste le surnom de Saint-Julien-de-Concelles. La forme bretonne actuelle proposée par l’Office public de la langue bretonne est.

C’est le village de Saint-Barthélémy qui fut le noyau ancien de la commune. C’est pourquoi la chapelle Saint-Barthélémy apparaît sur le blason actuel de la commune. Des fouilles ont été effectuées en 1842, puis en1889 par Léon Maître, aidé d’une main d’oeuvre bénévole de voisins pour le déblaiement. En effet, autour de la chapelle, avaient été trouvés, outre des morceaux de murs, les traces d’une route pavée dans le champ de La Garenne, d’une place circulaire pavée dans le champ du Godard, ainsi que de nombreuses pièces de monnaie romaines allant du 1er au IIIe siècle de notre ère. Les fouilles permirent de prouver que la chapelle Saint-Barthélemy est construite sur une maison de bain datée sur IIIe siècle. L’entrée actuelle de la chapelle correspond au vestiaire des termes gallo-romains; la nef principale aux bains froid et tiède; la salle chaude a disparu.

On peut penser que se trouvait là une villa romaine: le champ du Godard était nommé autrefois « la ville du Godard », une expression locale disait « Vieux comme le chemin du Godard ». Des bris de poteries, de nombreux morceaux de minerai de fer, une meule à bras, etc, furent trouvés. L’ensemble villageois couvrait une surface de 20 hectares compris entre la chapelle Saint-Barthélémy, Le Plessis, La Bretaudière et La Châtaigneraie. Une voie romaine pavée a également été identifiée par Léon Maître. Il y avait au départ de Mauves un gué stratégique, qui traversait la Loire en bateau en hiver, mais « par les voyettes » à la saison d’été en direction de La Pierre-Percée (port de La Chapelle Basse-Mer, commune nouvelle Divatte-sur-Loire). En 1886, les pieux de cette chaussée submergée allant de Mauves à La Pierre-Percée ont été arrachés par les baliseurs de Loire-Vilaine, pour faciliter la navigation en Loire.

La voie romaine filait ensuite de La Pierre-Percée vers Saint-Barthélémy puis Le Loroux-Bottereau. Au bas de Saint-Barthélémy, le gué s’appelait le gué-aux-coraux; on parlait également de Saint-Barthélémy-aux-Coraux. Le mot ancien « Couraux » ou « Coraux » désigne des petits bateaux. Un bras de Loire important longeait alors le bas du coteau, où se trouve actuellement le canal du Champ Blond et la vallée était à l’époque un entrelacs de bancs de sable, recouverts par les hautes eaux en hiver. il existait sur la commune, un lieu de culte païen au Garatas, près de L’Aulnaye. L’évangélisation se répand en Gaule par les villes romaines et les principaux axes de circulation, en particulier les fleuves.

Saint Clair arrive à Nantes depuis Rome à la fin du IIIe siècle, comme Saint Julien arrive au Mans. Le culte chrétien du secteur du Loroux-Bottereau et ses environs a débuté à partir de Saint-Barthélémy. C’est pourquoi lors de la fusion des paroisses du canton du Loroux-Bottereau dans les années 2000, la paroisse nouvelle a pris le nom de « Saint Barthélémy entre Loire et Divatte-sur-Loire ». On peut penser qu’il existe un lien entre l’évangélisation locale et l’évêché du Mans. En effet, Saint Julien était évêque du Mans. De plus, la chapelle et le premier château seigneurial de Saint-Barthélémy (Il s’agit de l’emplacement actuel du Clairay) s’appelait Sainte-Ouyne ainsi que toutes les terres environnantes.

On peut lire parfois « le gué-aux-coraux de Sainte-Ouyne ». Selon le Père Pétard, les droits de présentation de l’évêque de Nantes y sont confirmés. Saint-Barthélémy comprenait donc sept chemins, une église, un port, un gué. Le village était entouré de trois châteaux: le château de Sainte-Ouyne, Le Plessis-Glain lié à La Chapelle Basse-Mer et le Plessis Tristan (anciennement nommé le Plessis-Grégoire) disparu vers le 16e siècle. Le château de Sainte-Ouyne possédait une tour pour contrôler le port, le gué, les pêcheries et les marais. Des allusions à cette tour apparaissent dans deux aveux de 1447 et 1451.

Saint-Barthélémy comprenait également un important pèlerinage associé à une importante foire, le jour de la fête du saint, le 24 août. Cette fête a été transférée dans le bourg de Saint-Julien en 1836 au grand dam des habitants du village de Saint-Barthélémy, où elle existe toujours. Les seigneurs du château de Sainte-Ouyne déménagent pour s’installer au château du Gué au Voyer vers 1400. En 1391, un aveu indique qu’il n’existe qu’une vigne au Gué au Voyer. En 1414, un château y existe joint d’une tour. Le nom de Sainte-Ouyne disparait de Saint-Barthélémy, on ne parle ensuite plus que de « la maison du Clairay ».

L’installation de la seigneurie au Gué au Voyer entérine le déplacement du centre de gravité vers le bourg actuel de Saint-Julien, situé à l’aval du marais du chêne. On peut émettre l‘hypothèse de l’ensablement de la vallée et le déplacement des ports vers le lit mineur de la Loire à La Chebuette ou Boire-Courant. Au début de l’année 1420, la famille de Penthièvre (menée par Marguerite de Clisson) prétendante au trône de Bretagne tend un piège au duc Jean V de Bretagne (de la famille Montfort), en l’invitant à un banquet à Champtoceaux. Arrivés au pont Trubert sur la Divatte près de Barbechat, le duc est capturé avec son frère. De mai à juillet 1420, les Montfort assiègent Champtoceaux et libèrent le duc. Les Penthièvre, en fuite, voient leurs biens confisqués.

En particulier, l’important château de Champtoceaux est rasé, comme celui de l’Epine-Gaudin (sur La Chapelle Basse-Mer). Sur Saint-Julien-de Concelles, Jean Angiers, écuyer du duc Jean V, seigneur du Plessix-Angier de l’évêché de Saint-Malo, possédait le Gué au Voyer. Le duc lui offrit le château de La Sénéchallière et les terres de la Tour (le bourg actuel) pris aux Penthièvre et leurs alliés. C’est pourquoi, on a retrouvé les armoiries de la famille Plessix-Angier, trois croissants rouges, dans la chapelle Saint-Barthélémy, dans l’église de Saint-Julien, ainsi que sur des poteaux indiquant leur juridiction et droit de foire dans le bourg actuel et dans le village de Saint-Barthélémy. Les autorités allemandes ne voulant pas que les sépultures deviennent un lieu de culte, elles font enterrer sommairement quatre des fusillés à Saint-Julien-de-Concelles. Seul un numéro inscrit sur une petite plaque indiquait l’emplacement de chaque sépulture.

Le nom de Marin Poirier figure sur la stèle du cimetière de Saint-Julien-de-Concelles et, pourtant, il ne fit pas partie de l’exécution du; Marin Poirier, né à Fougères, cheminot, accusé d’avoir favorisé l’évasion de prisonniers de guerre et leur passage en zone libre; condamné à 4 ans ½ de prison, il fit appel; la politique des troupes d’occupation s’étant durcie, il est condamné à mort et fusillé au terrain du Bêle, le; après une inhumation provisoire à Saint-Julien, son corps est transféré dans le cimetière de la Chauvinière.

Informations Clés

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Population

7.653 habitants

Région

Pays de la Loire

Département

Loire-Atlantique
(44)

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