Saint-Junien
Histoire de Saint-Junien
Saint-Junien est une commune française située en Haute-Vienne, en région Nouvelle-Aquitaine, qui compte 11 387 habitants. Le nom de la cité tient à la mémoire de saint Junien, ascète d’origine pannonienne dont l’histoire est liée à celle de saint Amand. Vers l’an 500, ce dernier choisit un gîte sur la rive droite de la Vienne, non loin de son confluent avec la Glane, dans une région appelée Comodoliacum; l’évêque de Limoges Roricius lui offrit une humble cellule. C’est alors que Junien, originaire du Nord, fils d’un comte de Cambrai et baptisé par saint Remi de Reims, quitta sa famille à un jeune âge pour devenir disciple de saint Amand. La tradition raconte qu’il frappa à la porte de l’ermite, qui ne lui répondit pas, et qu’il fut épargné durant la nuit par la neige qui tombait. Junien vécut en ermite et, après la mort de son maître, s’établit à l’emplacement de l’actuelle collégiale.
Quatre grands miracles sont attribués à Junien dans les récits hagiographiques. Il aurait débarrassé la région d’un dragon qui dévorait bêtes et humains en le chassant à l’aide d’une croix. Il aurait délivré les Poitevins du feu intérieur qui les brûlait grâce à l’eau d’une source. Il aurait jeté le démon dans un gouffre en faisant le signe de croix. Enfin, il aurait chassé le démon du neveu de l’évêque de Limoges Roricius, lequel devint à son tour évêque sous le nom de Roricius II en 540 et présida les obsèques du saint. L’évêque fit élever un oratoire à sa mémoire, puis une église desservie par des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Saint Junien est invoqué pour la guérison des aveugles et des paralytiques. En 593, Grégoire de Tours est frappé par l’importance du pèlerinage sur le tombeau du saint; cette affluence provoque rapidement la naissance d’une agglomération autour de l’abbaye construite en l’honneur de Junien. Le monastère est cependant détruit par les Normands en 866. Après une tentative de restauration vers l’an 900, l’abbaye vivote jusqu’à sa sécularisation par Sylvestre II en l’an 1000. Les chanoines, ne résidant plus dans l’abbaye, contribuent alors à la renaissance de la ville par la construction de leurs habitations. Un prévôt, saint Israël, entreprend de rebâtir l’église, et ses successeurs poursuivent son œuvre jusqu’à sa consécration en 1100. À la fin du Moyen Âge, à la suite de troubles et d’incursions armées, la cité est entourée de hautes murailles percées de quatre portes principales.
Au XIVe siècle, le chanoine Étienne Maleu rédige une chronique latine qui retrace l’histoire de Saint-Junien depuis la fondation de l’abbaye. À l’époque médiévale, l’ensemble collégial comprenait, outre l’église qui demeure aujourd’hui, un cloître, un pressoir, des granges, la psallette du chapitre, qui était l’école de musique, l’ensemble épiscopal du seigneur évêque avec son logis, sa chapelle, sa prison et sa salle de justice, ainsi que le cimetière. En 1577, pendant les guerres de Religion, Léonard de Mascureau, un huguenot, est gouverneur de la ville. Les Hospitaliers de la commanderie de Limoges, au Palais-sur-Vienne, et du grand prieuré d’Auvergne, étaient implantés à Saint-Junien; en 1602, on mentionne un commandeur de Limoges et de Saint-Junien, et les archives départementales conservent plusieurs terriers établis aux XVIIe et XVIIIe siècles. En 1727, le commandeur en charge était frère Marc de la Richardie d’Auliac. Ce membre était appelé le Temple de Saint-Junien, ce qui laisse supposer une origine templière. La cité fut chef-lieu de district de 1790 à 1795, sous le nom de Junien-la-Montagne. Plus près de nous, par décret pris après la signature du pacte germano-soviétique, les municipalités communistes furent suspendues: Joseph Lasvergnas, maire communiste depuis 1919, dut quitter son poste, et le préfet nomma une délégation spéciale habilitée à prendre les mêmes décisions qu’un conseil municipal. Son directeur fut Émile Gibouin, ancien maire de Saint-Martin-de-Jussac, classé à droite et proposé au préfet par Lasvergnas lui-même comme étant le moins marqué politiquement et le plus compétent. La délégation spéciale décida ensuite de changer le nom des rues et places à connotation marxiste.
Patrimoine religieux
Le cœur du patrimoine religieux de Saint-Junien est sa collégiale, élevée à l’emplacement même où vécut le saint après la mort de son maître Amand. L’oratoire édifié par l’évêque Roricius II au VIe siècle, puis l’église desservie par les chanoines réguliers de Saint-Augustin, ont fait de la ville un grand centre de pèlerinage dès l’époque de Grégoire de Tours en 593. Détruite par les Normands en 866, l’abbaye fut sécularisée par Sylvestre II en l’an 1000, puis l’église fut reconstruite par le prévôt saint Israël et consacrée en 1100. La présence des Hospitaliers de la commanderie de Limoges, dite Temple de Saint-Junien, et du grand prieuré d’Auvergne, atteste l’importance des ordres militaires et religieux dans la cité. Saint Junien est invoqué pour la guérison des aveugles et des paralytiques, et la collégiale conserve la mémoire des quatre grands miracles attribués au saint.