Saint-Lô

Histoire de Saint-Lô

Saint-Lô est une commune de Manche, en Normandie, qui compte 19 373 habitants. La paroisse est dédiée à saint Laud, évêque de Coutances. À l’époque gallo-romaine, la cité s’appelait Briovera dit en français Briovère, ce qui signifie « pont sur la Vire » en langue celtique, de bri(v)a (pont) et Vera, la Vire.

Saint-Lô, anciennement Briovera (« pont sur la Vire »), fut de tout temps un lieu de passage comme l’atteste son nom celtique. Longtemps centre important de l’économie normande, elle a attiré la convoitise des peuples voisins, notamment des anglo-normands installés depuis plusieurs générations en Angleterre, ayant pour conséquence des nombreuses invasions successives. Elle a perdu sa position dominante vers la fin du, n’ayant pas su profiter de la première révolution industrielle qui a au contraire beaucoup touché la population majoritairement paysanne. La politique de décentralisation permet cependant à la ville de revenir au premier plan. Il existe une forme d’habitat dès l’époque gallo-romaine. Occupée par la tribu gauloise des Unelles du Cotentin, Briovère fut conquise par les Romains dirigés par Quintus Titurius Sabinus en -56, après la défaite de leur chef Viridovix au mont Castre. La paix romaine engendre le développement de domaines ruraux gallo-romains, sur le modèle des villæ rusticæ romaines comme à Canisy, Marigny, Tessy-sur-Vire, dont les noms sont basés sur le suffixe -i-acum de localisation d’origine celtique -i-*āko- et souvent composées avec un nom de personne latin, porté par un indigène gallo-romain. Puis, la région fut le théâtre des diverses invasions saxonnes pendant le.

Les Francs n’y établirent qu’un pouvoir administratif, Briovère ayant néanmoins le droit de battre de la monnaie. L’historien Claude Fauchet prétend que. L’église de Sainte-Croix y fut bâtie en 300 sur les ruines dit-on d’un temple de Cérès. Le christianisme se développe assez tardivement; on ne compte que quatre évêques de Coutances avant 511. L’un d’entre eux est Laud, béatifié et honoré à Briovère, où une partie de ses reliques fut apportée, et la cité se plaça alors sous son patronage. Une autre écriture de Laud est Lô, d’où le nom de la commune. La baronnie de Briovère, possession d’un seigneur franc, Laud, est détachée du diocèse de Bayeux au profit de celui de Coutances. En échange, elle reçoit les paroisses de Sainte-Mère-Église, Neuville-au-Plain, Chef-du-Pont, Vierville et Lieusaint (elles ne reviendront dans la Manche qu’à la Révolution).

Le chroniqueur Réginon raconte que les habitants de Saint-Lô ainsi que l’évêque de Coutances Liste (Lista) se sont réfugiés dans le château de la ville. Protégée par des remparts solides construits un siècle auparavant selon la tradition par Charlemagne attestant de l’importance stratégique de la ville, celle-ci ne se rend pas. Les assaillants coupent alors l’approvisionnement en eau, provoquant la reddition des habitants. Les Vikings massacrent les habitants, dont l’évêque de Coutances, puis rasent la ville. Le siège du diocèse est alors transporté dans l’église Saint-Sauveur de Rouen, où les évêques de Coutances résidèrent jusque dans le premier quart. La chronique anglo-saxonne parle d’une victoire bretonne en 890 à Saint-Lô au cours de laquelle les Vikings se noient dans un fleuve. C’est seulement en 1025 que l’évêque Herbert décide de remonter les murailles de Saint-Lô et de rétablir le siège épiscopal.

Puis, sous Geoffroy de Montbray, la ville connaît un bel essor économique, profitant de l’expédition des Normands en Sicile. Ainsi, Geoffroy d sur les bords de la ville et une partie de l’église Notre-Dame.

Saint Louis vient dans la cité à deux reprises, en 1256 et juillet 1269. Saint-Lô est alors la troisième ville de Normandie derrière Rouen et Caen, avec. Elle est spécialisée dans les tanneries avec l’appellation du cuir dit la vache de Saint-Lô. D’après Toustain de Billy, le seul commerce de lacets et aiguillettes de cuir se monte en 1555 à un million; dans la coutellerie: un dicton du dit « Qui voudroit avoir bon couteau, Il faudroit aller à Saint-Lô »; dans l’orfèvrerie; et dans les textiles, un des principaux centres de France. On compte plus de, situés pour la plupart près de la Dollée, cours d’eau moins puissant que la Vire et au débit plus régulier. On importe la laine de tout le Cotentin. Une ordonnance du 20 juin 1460 fixe une lisière spéciale pour les draps de Saint-Lô. Puis c’est le retour des conflits avec la guerre de Cent Ans. Geoffroy d’Harcourt, chevalier possédant des franchises dans le Nord-Cotentin, trahit le roi de France et prête hommage à. En réaction, les barons Percy, Bacon et La Roche-Tesson sont décapités à Paris et leurs têtes seront exposées à Saint-Lô pendant deux ans. Les Anglais débarquent à Saint-Vaast-la-Hougue le 12 juillet 1346, point de départ de la chevauchée d’ sur le sol français, et après avoir pris et incendié Valognes, pillé Carentan, Torigni, ils se dirigent vers Saint-Lô le 22 juillet-. Jean Froissart la décrit « la grosse ville de Saint-Leu en Constentin, […] pour le temps estoit durement riche et marchande ». La ville est alors de nouveau pillée, et Édouard s’empare de l’or, de l’argent, de mille tonneaux de vin et du drap à foison. Comme à Carentan, les plus riches bourgeois furent emmenés vers la flotte anglaise ancrée à la Roche Maisy, au débouché des Veys. Puis elle est frappée par la grande peste en 1347.

En 1371, une ordonnance royale de, donne à Saint-Lô de nouveaux privilèges de draperie, afin de l’aider à relever son commerce, car la ville est: alors qu’avant elle était décrite comme:. Dés le printemps 1378, sous la conduite de Bertrand du Guesclin, l’armée française s’attaque aux possessions normandes de Charles le Mauvais accusé d’avoir tenté d’empoisonner. Après avoir repris Bernay, Évreux et autres places, c’est à Saint-Lô que se regroupèrent les forces royales avant de s’emparer successivement d’Avranches, de Mortain et de Valognes. En 1405, à la suite d’un débarquement anglais à la Hougue, la ville est abandonnée par la plupart de ses habitants. Lors d’une nouvelle chevauchée anglaise sur le sol français entre Saint-Vaast et Bordeaux en 1412, les Anglais passent aux environs de Saint-Lô, et le 12 mars 1418 après le siège et la prise de Caen en août 1417 par le roi d’Angleterre, la ville, avec à sa tête Jean Tesson et Guillaume Carbonnel, ouvre ses portes aux Anglais. En 1438, Jean de Robersart, seigneur du Hainaut est nommé capitaine de la place pour le compte des Anglais. Les Français, avec à leur tête le connétable de Richemont, reprennent Saint-Lô pour le compte de le 12 septembre 1449 au bout de quatre jours. Le roi confirmant le statut de duché de Normandie, c’est au tour du duc de Bretagne de vouloir occuper le Cotentin, mais Saint-Lô repousse victorieusement une attaque en 1467 en décimant une partie des troupes bretonnes enfermées par surprise dans le fond de la vallée constituée par l’actuelle rue Torteron.

. Le 9 novembre 1469, l’anneau ducal est brisé et le duché est définitivement intégrée au royaume de France. Le 24 septembre 1351, le roi Jean le Bon crée un atelier monétaire mais ne reçoit le droit de frapper sous la lettre « S » qu’en 1389. En janvier 1538, la lettre « C » lui est attribuée. Les monnaies frappées à Saint-Lô au Moyen Âge sont aussi caractérisées par un sous la dix-neuvième lettre des légendes. La ville fut dépossédée de son titre monétaire en septembre 1693, au profit de Caen. La période de paix est de retour mais le Cotentin perd de son importance. L’évêque de Coutances, Geoffroy Herbert, à la charnière des fait reconstruite le manoir épiscopal, bâtir le chœur de Notre-Dame-de Saint-Lô et sa chaire extérieure.

, qui, eux-aussi, commirent des dégâts dans la ville, qui revint à nouveau aux protestants. Mais alors que l’édit de pacification d’Amboise avait incité la ville à se soumettre à, en février 1574, lors de la cinquième guerre de Religion, alors que, débarqué à Linverville avec une armée de, investit Carentan, où il s’y renforce, François de Bricqueville, seigneur de Colombières, est accueilli à Saint-Lô par la communauté protestantes. Il en chasse les catholiques, et s’y prépare à un long siège, faisant raser les faubourgs et s’enfermant dans la ville close, située sur le rocher.

Montgommery, avertit par Jean de Sainte-Marie-d’Aigneaux et Clérel, sieur de Rampan, que le maréchal de Matignon avait l’intention d’attaquer Carentan, dégarnit Saint-Lô de afin de renforcer Carentan, ce dont profite Matignon pour faire avancer ses troupes sur Saint-Lô, dont les faubourgs sont totalement investis le 17 avril 1574-. Ses troupes assiègent la ville le 1 mai 1574-, montent à l’assaut dix jours après et s’en em et gouverneur de la place. À la suite, Saint-Lô perd en 1580, le siège du présidial, transféré à Coutances, capitale du bailliage. La révolte des Nu-pieds secoue un peu la région en 1636, lorsque le gouvernement veut étendre la gabelle au Cotentin. La région prospère surtout dans la fabrication de bas de laine dits d’estame.

En 1678, les reliques de saint Laud sont ramenées à Notre-Dame. La baronnie de Saint-Lô possédait trois foires: la Madeleine, la Saint-Gilles et le jour de la Saint-Lô, et des marchés: le mardi, le jeudi et le samedi, selon un aveu, du 25 février 1670, de François de Matignon, comte de Thorigny et de Montmartin, seigneur et baron de Saint-Lô, conseiller du roi en ses conseils, chevalier de ses ordres, capitaine de de ses ordonnances, gouverneur des villes, châteaux et citadelles de Cherbourg, Granville et Saint-Lô, lieutenant général de ses armées et au gouvernement de Normandie. La route royale entre Paris et Cherbourg, construite vers 1761, passe à Saint-Lô, facilitant le commerce. La Révolution française de 1789 bouleverse le découpage administratif de la France et le chef-lieu du département est temporairement fixé à Coutances entre 1794 et 1796. Saint-Lô prend le nom républicain de « rocher de la Liberté » et un arbre est planté sur le Champ-de-Mars. La ville est relativement épargnée pendant le régime de la Terreur et on ne compte que quelques heurts avec les chouans. En 1800, Saint-Lô perd son statut de chef-lieu du département au profit de Coutances. La période napoléonienne voit la création du haras de Saint-Lô.

En mai 1811, s’y arrêtera, après avoir séjourné quatre jours à Cherbourg afin de surveiller l’avancement des travaux du port militaire. En 1827, Marie-Thérèse de France, duchesse d’Angoulême, passe par Saint-Lô et elle est frappée par la beauté du paysage. Elle projette alors de relier Saint-Lô à la mer en rendant la Vire navigable. La création du canal de Vire et Taute en 1833 permet d’établir la liaison entre Carentan et Saint-Lô. Puis, par ordonnance du, la Vire est classée navigable. Le baron Alfred Mosselman construit un port à Saint-Lô en recrutant près de militaires et prisonniers espagnols. Un chantier de bateaux est créé et le trafic passe de en 1841 à plus de 132 en 1846. Mosselman lance alors des chalands et introduit sur la voie navigable la traction par les chevaux en aménageant des voies de halage.

Plusieurs marchandises sont transportées mais principalement la tangue et la chaux provenant des carrières de Pont-Hébert et de Cavigny. Il fait ainsi passer la production de chaux de en 1841 à en 1858. En 1867, la papeterie de Valvire est construite près du déversoir et fabrique du papier d’emballage. Elle est détruite par un incendie en 1930 et, de l’usine, il ne reste plus que la cheminée. Saint-Lô qui se tient à l’écart de la révolution industrielle est écartée du tracé de la ligne ferroviaire Paris-Cherbourg car ses habitants, ayant peur du progrès, refusent un tracé les reliant à Paris. Elle ne sera rattachée au réseau ferré qu’en 1860 via un tronçon partant de Lison sur la ligne Paris-Cherbourg. Au, Saint-Lô, au cœur d’une riche région d’élevage, reste surtout un centre agricole et s’impose comme une grande place pour les foires aux animaux mais la peur de la population rurale vis-à-vis de la révolution industrielle bloque son développement. Le trafic fluvial ne voit transiter plus que de marchandises dont seulement 6 % de denrées.

On constate également une fuite dans le canal et la Vire est déclassée en 1926. La région subit un important exode rural et des pertes humaines de la guerre de 1870 et de la Première Guerre mondiale. La papeterie de Valvire brûle dans les années 1930 et ne sera jamais reconstruite. La démographie du département est très négative à partir de 1850. La ville aborde la Seconde Guerre mondiale dans une situation déclinante. En 1914 et 1915, Saint-Lô accueille l’hôpital temporaire du d’armée. L’affaire criminelle Jean Philippe se déroule à Saint-Lô, puis est jugée par la cour d’assises de la Manche, à Coutances le 9 décembre 1940. La France est envahie en 1940 et la Panzerdivision, commandée par Rommel, entre en Normandie.

L’objectif étant la prise du port de Cherbourg, le centre manchois est épargné et Saint-Lô se rendra dans la nuit du 17 juin 1940. Pendant l’Occupation, la statue de la Laitière normande et le monument à Léonor-Joseph Havin (La Presse guide l’Enfance à la Vérité,1888), réalisés par Arthur Le Duc, sont vendus et fondus, malgré une opposition des élus locaux, sur ordre du gouvernement de Vichy. En mars 1943, les Allemands décident de creuser un souterrain sous le rocher. Pour l’heure, personne n’est capable de dire quelle aurait été l’utilité de ce souterrain et de celui creusé au même moment sous l’Institut d’Agneaux. Des ouvriers issus du STO seront requis jusqu’au début de la bataille de Normandie. Ensuite, le souterrain, en chantier, accueillera les malades de l’Hôtel-Dieu situé juste en face et une partie de la population saint-loise. Un soldat allemand est abattu en janvier 1944 et plusieurs Saint-Lois sont arrêtés; cinéma, théâtre et bars sont fermés, les postes de TSF confisqués et le couvre-feu est avancé à. Pendant la Libération, Saint-Lô subit deux attaques lors de la bataille de Normandie.

La première est le bombardement de la ville par les Américains dans la nuit du 6 juin- 1944- au 7 juin 1944, qui cause la mort de. La deuxième est le combat pour la libération de Saint-Lô, le 17 juillet 1944-, au cours de la bataille de Saint-Lô, la ville ayant été prise pour cible par l’artillerie allemande, qui maintenait ses positions au sud. Détruit à 90 %, Saint-Lô est surnommé « la capitale des ruines ». C’est Samuel Beckett qui, dans un texte de 1946, popularise cette expression. [https://www.wikimanche.fr/Samuel_Beckett_et_Saint-L%C3%B4 L’écrivain irlandais est en effet passé par Saint-Lô] en août 1944, où il a contribué à fonder un hôpital avec la Croix-Rouge irlandaise. Un porte-avions de la Marine américaine sera alors rebaptisé du nom de la ville martyre en. Mais quinze jours après son baptême, l’ est coulé par un kamikaze japonais dans l’océan Pacifique. Après la guerre, Saint-Lô obtient la Légion d’honneur et la croix de guerre 1939-1945, le 2 juin 1948, avec pour citation Ces distinctions lui sont remises le 6 juin 1948 par le président Vincent Auriol. Les deux communes désormais absorbées de Sainte-Croix-de-Saint-Lô et Saint-Thomas-de-Saint-Lô seront également décorées de la Croix de guerre 1939-1945, le 11 novembre 1948. En avril 1945, le ministre de la Reconstruction Raoul Dautry préconise la construction de baraques provisoires en bois. Ces baraques sont construites grâce à la générosité des dons. Ainsi, l’association du Don suisse débloque un crédit de suisses pour construire des habitations et un centre social. Le 10 octobre 1949, la Suisse offre un lingot d’or à la ville qui rapportera. On compte en 1948 dix cités, parfois composées de plus de. Les baraques sont livrées en kit et il suffit de les monter sur place.

Chacune a des spécificités différentes selon son origine (suédoise, finlandaise, suisse, française, américaine, canadienne). La Croix-Rouge irlandaise participe à la construction d’un hôpital constitué de (situé au niveau du collège Pasteur) et débarque de matériel. L’hôpital est inauguré le dimanche 7 avril 1946 et l’équipe médicale irlandaise quitte Saint-Lô au début de janvier 1947. Cet hôpital, composé de baraques en bois, fonctionnera jusqu’en 1956. En 1948, il faut reconstruire en dur Saint-Lô. Cela se fait sur la base des plans conçus par l’architecte en chef de la reconstruction André Hilt (décédé accidentellement en février 1946), qui avait proposé de conserver la trame générale de la ville en l’adaptant aux besoins modernes. Ce principe est retenu par son successeur, Marcel Mersier, qui ne revient pas sur les grandes lignes du programme mais qui s’attache à le rendre moins rigide. Le président Vincent Auriol pose la première pierre quatre ans tout juste après le débarquement.

Les Américains, à l’origine du bombardement, décident de construire un hôpital moderne. Les plans sont réalisés par l’architecte Paul Nelson, décidé à construire un bâtiment de style contemporain. Il est situé route de Villedieu. Les travaux commencent dès 1949, et sont achevés le 10 mai 1956. Une mosaïque monumentale est réalisée par Fernand Léger, qui rend hommage à la paix et à l’amitié franco-américaine: deux mains se tendent vers le Cotentin symbolisé par une branche de pommier en fleur. Le 29 novembre 1949, le journaliste Frédéric Pottecher soumet l’hypothèse de ne pas déplacer la préfecture de la Manche à Saint-Lô. Il faut dire que pendant la reconstruction, celle-ci est placée temporairement à Coutances. L’ensemble de la population réagit et une pétition recueillie plus de: dans le journal Le Réveil, un article cite: La préfecture reviendra à Saint-Lô en 1953 dans de nouveaux locaux. Le style dominant est un néo-régionalisme fonctionnaliste où le béton domine. Son caractère daté et monotone sera bientôt critiqué. Si ce choix, dicté par les circonstances et les problèmes immédiats du logement des Saint-Lois, laisse des regrets aujourd’hui, il fait de Saint-Lô, à une plus petite échelle que Le Havre ou Lorient, l’un des témoignages les plus frappants de la période de la Reconstruction. Dans quelques rues subsistent des vestiges du vieux Saint-Lô: quelques maisons rue du Neufbourg, rue Croix-Canuet et Falourdel, rue Saint-Georges et Porte au Four. Cette dernière rue abrite le dernier chemin médiéval de Saint-Lô. En 1964, Saint-Lô absorbe deux communes voisines, Sainte-Croix-de-Saint-Lô ( en 1962, à l’est du territoire) et Saint-Thomas-de-Saint-Lô (, au sud).

La commune profite de l’essor économique des Trente Glorieuses et la population s’accroît de 30 % entre 1968 et 1975. On construit des quartiers d’immeubles dans le vallon de la Dollée. Le théâtre, quant à lui, avait été inauguré en 1963. Le château d’eau est construit en 1973 aux Ronchettes suivant un procédé peu ordinaire pour l’époque, puisque le réservoir (ressemblant très fortement à une coupole d’OVNI) a été construit au niveau du sol, puis monté, au fur et à mesure que les anneaux composant son corps étaient fabriqués, par un système de vérins. Son élévation permettra bien plus tard d’être un point d’implantation de réseaux de télécommunications (téléphone mobile, WiMAX, et radio FM). Face à une hausse de la démographie dans les années 1970, le quartier du Val Saint-Jean s’urbanise sur une surface de avec la création du centre social Mersier. Classé quartier prioritaire, il bénéficiera d’un vaste programme Anru de rénovation dans les années 2010 avec la destruction de neuf barres d’immeubles rassemblant. Lancée à l’initiative du maire Jean Patounas, la construction du centre culturel sur la place du Champ-de-Mars est confiée en 1987 à l’architecte Eugène Leseney avec un achèvement des travaux en 1989.

La médiathèque sera largement réaménagée trente ans plus tard La place de l’Hôtel-de-Ville est complètement réaménagée dans les années 1990. La ville organise à l’occasion du cinquantième anniversaire du débarquement une grande manifestation. Les bords de la Vire sont réaménagés avec la réhabilitation du chemin du halage et la création d’une plage verte, place du Quai-à-Tangue. Une gabare a été reconstruite et a sillonné le cours d’eau, comme pour se souvenir de l’ancienne activité fluviale pour être finalement remisée en 2009. En 2004, la zone champêtre du Bois-Jugan est urbanisée, avec la création d’habitations dans un cadre de préservation d’espaces verts et d’un grand centre aquatique. Un ascenseur urbain d’une hauteur de est mis en service le 10 juin 2009 au niveau du mont Russel pour relier la ville au bas de la Dollée. En 2025, un projet de réseau de chaleur urbain porté par Idex et alimenté par la biomasse est annoncé pour desservir une soixantaine de bâtiments en 2027.

Patrimoine religieux

Plusieurs sites sont inscrits au titre des monuments historiques L’église Notre-Dame (, ), place Notre-Dame, est un monument de style gothique érigé sur quatre siècles à partir de la fin. Elle est située dans la ville close et est inscrite au titre des monuments historiques dès 1840. Sa chaire extérieure fut remarquée et dessinée par Victor Hugo, qu’il qualifia dans une lettre adressée à Adèle Foucher d’« unique ». L’édifice subit de lourdes destructions pendant la Seconde Guerre mondiale.

Si les vitraux, toujours présents car déposés pendant la guerre, ont été sauvés, la nef fut éventrée à la suite de l’effondrement de la tour Nord bombardée par l’artillerie allemande. Au lieu de reconstruire à l’identique, l’architecte des monuments historiques décida de construire une façade en schiste vert afin de mettre en valeur la cicatrice laissée par la guerre. L’église abbatiale Sainte-Croix de style romane, place Sainte-Croix, construite au, a été profondément remaniée par ses rénovations successives, notamment. Elle a néanmoins conservé son portail roman. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le clocher (situé latéralement) s’est effondré et c’est sur ses ruines qu’on a déposé le corps du major Thomas D.

Howie; un nouveau clocher a été reconstruit en 1957 sur le parvis dans un style moderne labellisé. Sur la place de l’église est érigé le monument départemental à la mémoire des victimes de la guerre d’Algérie et d’Indochine, inauguré en 2005. La chapelle de la Madeleine, impasse de la Chapelle, est située juste à côté du haras de Saint-Lô, sur la route de Bayeux. Elle est le vestige d’une ancienne léproserie fondée. Elle fut classée monument historique le 3 août 1974 et fut restaurée entre 1988 et 1994.

Un mémorial est inauguré en mai 1995 en l’honneur des soldats des division d’infanterie et division d’infanterie des États-Unis qui ont libéré Saint-Lô en 1944. Des photos, des plaques commémoratives, des tableaux et des drapeaux y sont exposés. Le cimetière de Saint-Lô est situé entre l’église Saint-Croix et le haras, au niveau de la route de Lison. Le cimetière est très marqué par la Seconde Guerre mondiale en abritant le carré des victimes civiles du bombardement de 1944 et également le mausolée de la famille Blanchet où le major Glover S. Johns Junior installa le premier poste de commandement avant de libérer la ville.

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Population

19.373 habitants

Région

Normandie

Département

Manche
(50)

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