Saint-Louis (68)

Histoire de Saint-Louis

Saint-Louis est une commune du département du Haut-Rhin, en région Grand Est, peuplée d’environ 22 698 habitants. Située à l’extrême sud de l’Alsace, à la frontière avec la Suisse et l’Allemagne, la ville occupe une position stratégique à la jonction de trois pays. Son territoire s’étend dans la plaine du Rhin, à proximité immédiate de Bâle, ce qui en a fait depuis des siècles un carrefour majeur de circulation et d’échanges. Le nom de la commune vient du roi Louis IX de France, dit Saint Louis, qui, selon la tradition locale, aimait se reposer dans des champs situés près de l’actuelle rue de Mulhouse. En allemand, la ville porte le nom de Sankt Ludwig.

Bien que Saint-Louis soit considérée comme une « jeune ville » fondée officiellement par ordonnance de Louis XIV en 1684, le territoire est habité depuis bien plus longtemps. Des tombes datant de 1500 avant Jésus-Christ et un trésor gaulois de 80 avant Jésus-Christ y ont été mis au jour. Trois grandes voies romaines partaient d’un lieu nommé Arialbinum, situé vraisemblablement dans le triangle formé aujourd’hui par Bourgfelden, Binningen et Saint-Louis. Le secteur connut ensuite l’implantation d’un petit village médiéval appelé Birsen, aujourd’hui disparu. La fondation du couvent cistercien de Michelfelden, établi sur le site romain de Magnus Campus, constitue le plus ancien patrimoine bâti subsistant de la région, sans toutefois être classé monument historique.

L’origine de la ville moderne tient à un événement militaire. En 1680, Vauban et l’ingénieur Jacques Tarade entreprennent, sur ordre de Louis XIV, la construction de la forteresse de Huningue. Pour dégager le glacis nécessaire à la défense, le village de Huningue, alors situé entre la nouvelle place forte et Bâle, est rasé. La majorité de ses habitants reconstruit un village voisin, baptisé d’abord Bourg Neuf d’Aoust, puis Village-Neuf. Quelques familles s’installent en revanche le long de la route de Paris, près d’un relais de poste et d’une petite chapelle, à l’emplacement actuel de l’église Saint-Louis. Ce hameau reçoit en 1684 du roi le droit de porter son nom. Il compte alors une maison de douane et une dizaine de maisons basses, occupées par des « gardes de tabac », c’est-à-dire des douaniers.

La position de carrefour et de poste-frontière favorise une croissance lente mais constante. À la veille de la Révolution, en 1789, Saint-Louis compte près de 600 habitants, mais reste une simple annexe de Village-Neuf, dépendant de sa municipalité et de son curé. La suppression des barrières douanières intérieures décrétée par l’Assemblée le 31 octobre 1790, puis l’établissement de la douane nationale en 1791 transforment radicalement la commune. En 1792, le directoire du département accorde à Saint-Louis et à Michelfelden l’autonomie communale sous le nom de Bourg-Libre. Au XIXe siècle, l’industrie de la rubanerie prend son essor, suivie au XXe siècle par la métallurgie. Sous le mandat du maire Jules Wallart, la cité-jardin du quartier Wallart sort de terre à partir de 1923, accompagnée de bâtiments emblématiques comme l’Hôtel de la Gare, le Grand Hôtel Pfiffer et le pensionnat des Ursulines, aujourd’hui école de musique.

La Seconde Guerre mondiale marque profondément la ville. De 1939 à 1940, toute la population est évacuée à Lectoure, dans le Gers. Au retour, l’Alsace est annexée par l’Allemagne nazie et Saint-Louis subit l’occupation jusqu’à sa libération le 20 novembre 1944. Le gendarme André Martin, en poste à Saint-Louis, sera reconnu Juste parmi les Nations par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem en 2013, pour son action en faveur de personnes juives persécutées. L’après-guerre est marqué par la fusion avec Bourgfelden, le rattachement du quartier de La Chaussée détaché de Blotzheim, et l’inauguration en 1946 de l’aéroport international de Bâle-Mulhouse-Fribourg en présence du président Georges Pompidou et du président de la Confédération suisse Hans Peter Tschudi. La création de la Foire du livre en 1984, du festival Théatra en 1986, l’inauguration de l’hôtel de ville en 1989 sous le mandat de Jean Ueberschlag, puis l’ouverture de la médiathèque et du théâtre de 504 places à la fin des années 1990 témoignent de l’affirmation culturelle de la commune.

Patrimoine religieux de Saint-Louis

L’église Saint-Louis, située rue de Mulhouse, date de 1842. Son porche porte l’inscription latine Elegi locum istum mihi domum sacrificii (« J’ai choisi ce lieu pour moi comme maison du sacrifice »). Les trois vitraux du chœur remontent à 1890, tandis que ceux de la nef, signés Albert Gerrer de Mulhouse, datent de 1934. L’édifice abrite un chemin de croix posé lors de la rénovation de 1931, une croix probablement baroque d’origine inconnue, ainsi que deux statues du XVIIIe siècle représentant la Vierge et un saint. Au fond de la nef se trouvent deux statues de pierre figurant saint Joseph et la Vierge Marie. L’orgue actuel, construit en 1968 par Alfred Kern de Strasbourg en remplacement d’un instrument de 1860, comporte 39 jeux répartis sur trois claviers et pédales à traction mécanique. Il fut béni par l’abbé Vogel lors de la Fête-Dieu, le 16 juin 1968. Les premières cloches, baptisées Louis, Maria, François-Xavier et Georges, avaient été consacrées en 1842, mais trois d’entre elles furent réquisitionnées en 1917. Deux nouvelles cloches, Saint-Joseph et Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, furent bénies par la suite.

L’église Notre-Dame-de-la-Paix, rue de Bâle, a été édifiée en 1962. Cette paroisse n’étant pas concordataire, elle assume seule l’entretien de son patrimoine. Elle conserve une statue de la Vierge à l’Enfant attribuée à la seconde moitié du XVe siècle, acquise par le curé Petit à Mulhouse et bénie en décembre 1967. Une croix monumentale portant un Christ de plus de deux mètres, œuvre du sculpteur Ledermenn de Maisonsgoutte, fut bénie en avril 1976. L’orgue de l’édifice, construit par Alfred Kern en 1972-1973 sur trois niveaux, perpétue la tradition musicale d’Allemagne de l’Ouest. L’église réformée de Saint-Louis, rue du Temple, achevée en 1883, complète ce paysage cultuel; ses cloches, fondues en 1885, furent réquisitionnées en 1917 puis remplacées en 1926.

Informations Clés

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Population

22.698 habitants

Région

Grand Est

Département

Haut-Rhin
(68)

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