Saint-Lyphard
Histoire de Saint-Lyphard
Saint-Lyphard est une commune de Loire-Atlantique, en Pays de la Loire, qui compte 5 104 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme Sanctus Lyphardus en 1287. Saint-Lyphard vient du saint éponyme (saint Liphard ou Lyphard), abbé de Meung. L’arrêté municipal de la commune d’Herbignac, daté du (1 mars 1799), mentionne la commune sous le nom « La Brière-en-Saint-Hyphard ».
La forme bretonne normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne est Sant-Lefer. Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 64,3 % des toponymes de la commune sont bretons.
avant notre ère. De ces deux périodes, Mésolithique et ont également été identifiés. Il s’agit d’une sépulture près du lieu-dit La Guérandaise, de mobiliers au nord-est du village de Keroux et d’une stèle en granit, sans doute vénète, dans le village de Kerbourg. Des enclos de cette même fin de la Préhistoire ont été signalés en 2013, en amont de Kercabus, à La Guérandaise et à Kerverné, ainsi que des vestiges datant de La Tène jusqu’au Haut-Empire romain aux Quatre Routes, et. Cette voie romaine passe au nord-ouest du bourg, par le lieu-dit de Pigeon Blanc. Le site des Gros Fossés semble attester la présence des Romains sur le territoire de la localité. Il s’agit d’une structure orientée d’est en ouest, qui, avant d’être nivelée au, devait mesurer de de haut et autant de large suivant les auteurs; ce rempart.Une des explications fournies pour ce site est d’avoir constitué un retranchement défensif durant la guerre des Vénètes en 56 av. Une autre thèse, développée par Gabriel Bellancourt, après des fouilles menées de 1964 à 1969, conclut à une construction médiévale d’un canal d’écoulement des eaux de la Brière vers l’étier de Pompas, qui se jette dans la baie de Mesquer. Des débris de tuiles et briques gallo-romaines (tegulae et lateres) jonchent encore le sol à la fin du aux alentours du menhir de Kerbourg et servent de cale à son assise. De même, Pitre de Lisle du Dreneuc signale en 1883 de nombreux débris romains à proximité du bourg de la Madeleine. Saint-Lyphard appartient très tôt, au moins depuis le, à une communauté monastique de Meung-sur-Loire (Loiret), paroisse d’où est issu Liphard d’Orléans. Propriétaire de marais salants sur le territoire de Guérande.
La paroisse est une possession templière à la fin du, et verse à l’ordre la moitié des droits sur sa foire; la trace d’une transaction datant de 1219 confirme cette dépendance. La localité devient une paroisse à part entière vers 1280, s’affranchissant partiellement de sa dépendance à Guérande, et outre l’isthme qu’elle contrôle, elle étend son territoire jusqu’à l’actuel village de Bréca et au lieu-dit Marley, qui dépend de la paroisse de Guérande. Vers 1392, Saint-Lyphard compte trente-deux feux, soit entre, sur la base de trois à quatre personnes par feu en période de crise. Ce nombre baisse à trente en 1395, puis à vingt-deux en 1426, signe que la paroisse n’a pas été épargnée par les épidémies ou la pauvreté liée aux mauvaises récoltes, comme en 1462. Jean Kerhervé évoque, pour les qui suivent la réformation du duché de Bretagne, vers 1426-1430, un recul de de la population. Nul noble n’est recensé en 1426 dans la paroisse. Dès 1365, Saint-Lyphard, aux côtés des paroisses de Batz, Camoël, Escoublac, Férel, Guérande, Herbignac, Mesquer, Pénestin, Saint-André, Saint-Molf et Saint-Nazaire fait partie de la sénéchaussée de Guérande nouvellement créée. En 1551, l’édit de création des présidiaux rattache cette sénéchaussée de la Bretagne à l’autorité juridique de Nantes.
Saint-Lyphard est aux une paroisse du terrouer de Guérande. Le vocable terrouer de Guérande désigne, au et au début du, une circonscription judiciaire, militaire, religieuse et fiscale. Le duc de Bretagne et l’évêché de Nantes se partagent, à Guérande, des pouvoirs de police et de justice hérités du passé féodal, se différenciant de l’administration municipale du Croisic marquée par son évolution économique et son affirmation politique récentes. Le terrouer se voit doté, dès la fin de la guerre de la paroisse, l’abbé Julien Landeau. Les lettres patentes du roi et les décrets de l’Assemblée constituante, datés du 12 novembre 1789, ne parviennent à la connaissance de la commune et de son corps municipal qu’en février 1790. Lors de la réunion des citoyens actifs, le 7 février 1790-, six membres du corps municipal, dont le maire, sont nommés compte tenu de la population de de la paroisse.
Julien Landeau devient le premier maire de la commune, et son substitut est le vicaire de la paroisse, Jean Gougeon. Refusant tous les deux de prêter serment d’allégeance au roi, à la Loi et à la Nation, les deux ecclésiastiques sont privés de leurs droits de citoyens actifs et démis de leurs fonctions le 5 décembre 1790. Julien Landeau est arrêté dans le village de Kerloumet (Saint-Lyphard) et est interné à Nantes le 8 février 1793. La manière dont il parvint à se sauver a été racontée en détail par G. Lenôtre dans son livre « Les noyades de Nantes ». Le 11 octobre 1793- de la même année, les autorités du département de Loire-Inférieure décident de transférer les prêtres réfractaires sur un navire à quai sur la Loire afin de désengorger les prisons et le 25 octobre 1793-, ceux-ci sont embarqués sur le navire La Gloire. Julien Landeau est l’unique survivant de la première des « noyades de Nantes », le 16 novembre 1793. La Convention girondine ayant déclaré la guerre à l’Espagne le 7 mars 1793 et décrété une levée de, Saint-Lyphard contribue à l’effort de guerre en tirant au sort dix futurs soldats de dix-huit à quarante ans, tous célibataires ou veufs sans enfant.
Mais des émeutes soulèvent les communes rurales qui refusent la conscription et le 14 mars 1793-, les Lyphardais, aux côtés d’habitants de Batz et de Saint-André rejoignent les insurgés, arborant la cocarde blanche. Près de six mille paysans marchent sur Guérande le 18 mars 1793- et l’investissent le jour suivant, mais l’annonce de l’arrivée du général Beysser suffit à mettre en fuite la plupart des insurgés; les troupes républicaines pénètrent dans Guérande le 31 mars 1793-; se réfugient en Brière, suivant en cela François Guériff de Lanouan. Au début du, l’essentiel de l’activité économique de la commune est centré sur l’agriculture; la taille moyenne d’une exploitation est de quatre à cinq hectares. L’utilisation de matériel agricole et des attelages ne se développe qu’à partir de la moitié du, sous l’impulsion de la ferme-école de Saint-Gildas-des-Bois créée en 1849. Outre le blé et le seigle, les paysans produisent alors des choux et des betteraves, du blé noir, des pommes de terre et du lin. Une activité de tissage s’est développée localement et va perdurer jusque dans les dans le village de Kerjano. En 1941, Bréca est le premier port de la Brière, accueillant une flottille de blins chargés de tourbe et de roseaux. La vigne est encore présente sur la commune jusqu’au début du et les cépages cultivés sont essentiellement l’auxerrois, le couderc, l’othello et le noah.
et l’extraction et le séchage de la tourbe qui représentent une source de revenus importante pour les Briérons en général et pour les Lyphardais en particulier, vont disparaître graduellement. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les marais sont engorgés et l’habitat endommagé; l’économie d’élevage et de polyculture est abandonnée et devient ouvrière, la main d’œuvre féminine es représente près de 19 % de la population. La commune accueille venus du Nord-Est de la France durant le conflit.Au total, meurent au cours des combats de la Première Guerre mondiale. La Seconde Guerre mondiale marque également profondément la commune. La localité accueille des réfugiés de guerre, du Nord et de l’Est de la France, mais également des Belges, des Juifs allemands et des soldats polonais ou algériens. Les troupes allemandes investissent la ville dès juin 1940 et établissent la Kommandantur dans les locaux du presbytère et une infirmerie au centre du bourg. Les villages de Mézerac, Kermouraud, Keralio et Kervy font l’objet d’une surveillance particulière de la part de l’occupant. Les Lyphardais sont mis à contribution pour la construction de la base sous-marine de Saint-Nazaire à partir de 1941, et des blockaus des fortifications côtières. Ils sont également réquisitionnés pour la surveillance de la ligne téléphonique, sujette au sabotage, l’érection de la station de pompage de Bréca et le fossé antichar miné qui s’établit entre le Pont d’Os et Trécrelin, réplique de l’ouvrage antique des Gros Fossés, pour empêcher l’accès à Saint-Nazaire en provenance du nord-ouest en coupant l’isthme de Saint-Lyphard. Durant l’hiver 1942-1943, et jusqu’en 1945, la Brière est inondée pour interdire l’atterrissage des avions alliés et de parachutistes.
La localité est bombardée à plusieurs reprises. À partir de, d’autres familles fuyant les bombardements de Saint-Nazaire et de Saint-André-des-Eaux se réfugient à Saint-Lyphard, portant le nombre de réfugiés à plus de 600. Le maire de Saint-Lyphard durant la Seconde Guerre mondiale est Pierre Litoux, également secrétaire du syndicat des producteurs de lait locaux. Sa mobilité en tant que collecteur de lait lui permet de cacher son rôle de délégué principal aux affaires civiles et représentant légal du colonel « Félix ». Comme ses voisines briéronnes de l’arrière pays nazairien, Saint-Lyphard se trouve prise à la fin de la Seconde Guerre mondiale dans la poche de Saint-Nazaire ce qui lui vaut une prolongation de Occupation allemande de de plus que le reste de la région (d’août 1944 au 11 mai 1945). Saint-Lyphard déplore la mort ou la disparition de huit personnes durant les combats de ce second conflit mondial, auxquelles s’ajoutent la déportation d’au moins trois habitants.
Patrimoine religieux
est constitué de deux dolmens. Le premier est un « dolmen à couloir », dit « en P », et mesure de long. Il est constitué d’un corridor débouchant sur une chambre plus haute (près de ) et plus large. Des débris de tuiles et briques gallo-romaines (tegulae et lateres) jonchent encore le sol à la fin du et calent l’assise du menhir.Deux autres sites mégalithiques ont disparu depuis leur signalement. Il s’agit de l’alignement de la Pierre Fendue Quilgars en 1880, se sont dressés au sud du Clos d’Orange. Enfin, un tumulus, la « maison Gergo » ou la « butte à Gervat », subsiste à Bréca; il a été étudié par Pitre de Lisle du Dreneuc à la fin.
L’église Saint-Lyphard se dresse à l’emplacement d’un édifice roman, datant de la deuxième moitié du, dont le clocher est frappé par la foudre le 31 août 1849, entraînant la destruction presque totale de la couverture. La construction du nouvel édifice, de style néogothique, s’étale de 1885 à 1938. L’église se distingue par un clocher peint en rose, résultant des travaux de réfection et d’embellissement réalisés de 2006 à 2008. La croix de Keralio, menhir christianisé, se dresse, au lieu-dit la Croix Longue, sur un tertre octogonal et mesure de haut. La dalle de granite qui lui sert d’assise est ornées de cupules.
La tradition orale retient que les croix de Keralio et de Kerdanestre ont fait partie d’un ensemble mégalithique à proximité de la voie romaine, appelée localement le chemin des Saulniers, qui reliait la Vilaine à Guérande et Méan. La pierre de Keralio semble avoir été taillée en forme de croix au mais cette datation porte à controverse. Tout comme la croix-menhir de Kerdanestre, elle est déplacée et dissimulée pendant la Révolution, puis érigée à nouveau, à quelque distance de son emplacement original. La croix de Kerdanestre, autre menhir christianisé, pointe à de celle de Keralio.