Saint-Paulien

Histoire de Saint-Paulien

Saint-Paulien est une commune de Haute-Loire, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 2 420 habitants.

La Roche Dumas: « Dans la cavité supérieure. se trouve un énorme rocher (environ trois mètres de haut et huit mètres de circonférence) qui n’est autre qu’un mégalithe appelé dans le pays la bouchée de Gargantua. une rigole a été creusée dans laquelle devait couler le sang des victimes immolées. L’on voit également des anneaux, très nombreux, taillés dans le roc. La légende veut qu’aux anneaux aient été attachés les prisonniers espagnols (Ibères, ndlr) que l’on immolait. Cette légende s’appuie sur les incursions en Espagne que firent nos ancêtres, cinq siècles avant Jésus-Christ ».

Les fouilles archéologiques notent la présence de grottes taillées et occupées à une époque indéterminée mais certainement très ancienne, peut-être dès le Néolithique (grottes de La Rochelambert). Au, la tribu celte des Vellaves s’installe dans l’actuel Velay qui tire d’eux son nom. Les Vellaves (Vellavi en latin), dont le nom signifierait « Montagnards » ou « Ceux qui dominent », ou « Ceux d’en haut » (dominateurs, orgueilleux), et que Jules César qualifie de batailleurs, font partie de la Confédération des Arvernes (Vellavis qui sub imperio Arvernorum esse consuerunt écrit César), et bâtissent un oppidum sur le plateau qui dominera plus tard le château de la Rochelambert, et qui surplombe les rivières Borne et Gazeille. Cet oppidum devient leur capitale, qu’ils nomment Ruessio. Ce qui est aujourd’hui le Velay fut très impliqué dans la guerre des Gaules, et en souffrit beaucoup, surtout à l’époque des combats menés par Vercingetorix. « À leur tour, les Helviens attaquent les Vellaves; ils sont repoussés et perdent Caïus Valérius Daumnotaurus, fils de Caburus, chef de leur cité.

Ils sont rejetés dans leurs oppida à l’abri de leurs remparts » (Jules César VII, 64 et 65). Ruessio devient gallo-romaine, prend le nom de Ruessium, et se déplace d’environ au nord-est, sur le site de l’actuel village de Saint-Paulien. De nombreux éléments archéologiques furent trouvés sur ces deux sites, dont des puits funéraires gallo-romains; une dédicace qui rend hommage à l’impératrice Herennia Etruscilla, épouse de Dèce (201-251); des poteries; une sculpture gauloise (actuellement exposée dans le château). J-.C., la cité reçoit le titre de ville. Elle est traversée par la voie Bolène, itinéraire moyenâgeux joignant Feurs (Forum Segusiavorum) à Saint-Paulien (Ruessio) et un tronçon de la voie antique joignant Lyon (Lugdunum) à Toulouse (Tolosa) d’une part et Bordeaux (Burdigala) d’autre part. Un camp militaire est créé sur le plateau d’Allègre, protégeant la ville et la route.

Entre le et le, la capitale des Vellaves est transférée de Ruessium à Anicium. Un culte à Marie apparaît au IVe ou, autour d’une statuette appelée Notre-Dame du Haut-Solier ou du Soleil Levant, qui remplace un culte gaulois au Soleil: l’église dédiée à ce culte n’existe plus aujourd’hui. Un autre bâtiment catholique, certainement à l’origine une cathédrale, date sans doute de ces époques, mais est mentionnée pour la première fois en 890; l’église Saint-Georges (collégiale Saint-Georges) actuelle, qui le remplace, date des. Son autel est celui de l’ancienne église Notre-Dame du Haut-Solier et fut, selon la tradition, dans l’antiquité une pierre sur laquelle on sacrifiait des animaux aux dieux. Paulianus (fêté le 14 février) aurait été le dernier évêque de la cité avant le transfert de l’évêché au Puy vers 565. Lors des Invasions barbares, la cité subit au moins un raid des Vandales, et peut-être plusieurs autres saccages.

Du au, Ruessio est renommée Civitas Vetula (La vieille ville) puis Saint-Paulien. Les seigneurs du bourg furent, de l’époque carolingienne (751-987) jusqu’à la Révolution, la famille de Polignac. Cependant, ils ont des vassaux, et le premier connu à Saint-Paulien fut le chevalier Pierre de la Rochelambert, dont il est fait mention en 1164. Cette famille sera propriétaire du château de la Rochelambert (bâti au ) jusqu’en 1922, où la fille de Marie Auguste Aimé, dernier marquis de ce nom, le vendra à un marchand de biens. La ville eut à souffrir des Vikings à une date incertaine. À la suite d’une convention avec le seigneur de Polignac, Norbert (Norbertus), évêque du Puy (de vers 900 à vers 935), transféra de Saint-Paulien au Puy les corps des saints évêques Georges et Marcellin.

À la mi-octobre 994 se tint à Saint-Paulien un concile régional dirigé par l’évêque du Puy Guy d’Anjou, en vue de rétablir l’autorité morale de l’Église. Le concile proclama la « Paix de Dieu » (Charte de Guy d’Anjou). Lors de la Guerre de Cent Ans, la région et Saint-Paulien souffrirent des exactions des « routiers ». Le Chevalier des Blacons, lieutenant du baron des Adrets et chef du parti protestant en Dauphiné, à la tête de 800 hommes d’armes, s’empare du château de la Rochelambert le 11 ou 12 août 1562. Il est ensuite surpris et défait par Antoine de Saint Vidal non loin de Saint-Étienne. En 1595, en reconnaissance de leur fidélité, et pour les dédommager des pillages perpétrés par les troupes du duc de Nemours en août 1593, Henri IV accorde deux nouvelles foires annuelles et un marché hebdomadaire aux habitants de Saint-Paulien (chaque vendredi).

Aux foires de la Saint-Luc et de la Saint-Georges viennent donc s’ajouter celle du mardi de la semaine Sainte, et celle du mardi après la Pentecôte. Autorisation est aussi donnée de construire une halle. Au tout début du, Scipion Sidoine Apollinaire Gaspard Armand, vicomte de Polignac, lieutenant général des armées du roi, dut sans doute connaître quelques ennuis financiers, car il vendit pour la somme de livres ses droits seigneuriaux sur Saint-Paulien à monsieur Georges de Chabron, dont la famille possédait déjà plusieurs seigneuries. Or, le 25 février 1737, le fils aîné de Scipion, Louis Héracle Melchior, retrouve cette seigneurie contre la somme de livres et certains privilèges. À la veille de la Révolution, les trois familles les plus riches de Saint-Paulien (elles y possèdent au moins un logis) sont: Chabron de Soleilhac, La Rochelambert, Bonnefoux de Bourbouilloux. La commune est nommée Vélaune par les révolutionnaires entre et.

Au cours de son voyage en Velay, George Sand visite le château de la Rochelambert le 14 juin 1859. Elle y situe le fil de son roman Jean de la Roche. Quatre-vingt-treize enfants de la municipalité sont tombés aux champs d’honneur lors de la Première Guerre mondiale, cinq lors de la Seconde.

Informations Clés

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Population

2.420 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Haute-Loire
(43)

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