Saint-Saulve
Histoire de Saint-Saulve
Saint-Saulve est une commune de Nord, en Hauts-de-France, qui compte 11 117 habitants. La ville semble s’être d’abord appelée Brenna, selon Jacques de Guyse dans son Histoire d’Hainaut, écrite. Durant la Révolution, la commune porte le nom de Brenne-Libre.
Au début du, un missionnaire du nom de Saulve est assassiné. Charlemagne y fonde une basilique en l’honneur de Sauve d’Angoulême. Un prieuré bénédictin, installé au, fut élevé au rang d’abbaye. Des fouilles archéologiques menées successivement par Michel Descamps, Vincent Maliet et Éric Compagnon, ont été effectuées sur ce site, à la faveur d’un projet de construction. Au Moyen Âge, cette localité appartient à la banlieue de Valenciennes, sur laquelle cette dernière a autorité directe.
Le couvent des Dames de Beaumont déclare posséder des biens dans le village en 1602. Une concession pour l’exploitation des mines de houille de Saint-Saulve est attribuée par décret impérial à la Compagnie des mines d’Anzin. L’inventaire des biens de l’église de Saint-Saulve en 1906, en application de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, s’inscrit dans la Querelle des inventaires connue dans différentes régions de France. Place, accompagné du sous-préfet, et du percepteur, intervient sous la protection de l’armée, deux compagnies d’infanterie, et de six gendarmes à cheval plus trois à pied. Les sommations d’ouvrir restent vaines, il faut enfoncer les portes, renforcées de l’intérieur par une cloison de planches et deux blindages. Dans le chœur de l’église, se trouvent le curé avec une centaine de paroissiens en prières autour de deux toiles peintes, portant l’inscription « Ci-gît la liberté de l’église tuée par les francs-maçons ».
Le prêtre proteste, on passe outre mais on accepte à sa demande de faire sortir les gendarmes. La porte de la sacristie, elle aussi recouverte de l’inscription, doit également être enfoncée. Une heure plus tard, tout est terminé, les fidèles crient « Vive la liberté! » puis chantent dans l’église « Nous voulons Dieu ». dépouillé de sa statue par les Allemands en 1914-1918. Pendant la Première Guerre mondiale, Saint-Saulve connaît d’abord la mobilisation générale des hommes de 20 à 48 ans.
L’armée allemande, traversant la Belgique, entre dans le Nord: Saint-Saulve est sous occupation allemande le 24 août, Valenciennes le lendemain. La région est coupée de la France: l’arrondissement de Valenciennes émet des bons d’emprunt garantis par les communes pour une valeur de 1,7 million de francs, dont à la charge de Saint-Saulve, et imprime des coupures de 1, 5, 10 et 20 francs afin de pourvoir aux dépenses: salaire des fonctionnaires, secours aux familles, contributions exigées par l’occupant. Ces dépenses se montent à francs en 1916, en avril 1917, en novembre 1917. Le séminaire est transformé en hôpital militaire en 1916, les écoles servent à la détention de prisonniers de guerre britanniques et russes, soumis au travail forcé et maltraités. Les objets en cuivre, nickel, étain et bronze sont confisqués, y compris la cloche de l’église et la statue de l’actrice Catherine-Joséphine Duchesnois. L’occupant réquisitionne aussi de la laine, des matelas, de la main-d’œuvre et s’approprie une part des produits maraîchers.
Le maire, Victor Hornez, qui s’opposait à ces réquisitions, est interné en Allemagne à partir de 1916. Pendant la retraite allemande de 1918, le front se rapproche de Saint-Saulve: en septembre 1918, elle reçoit 200 civils évacués de Douai. Le 2 novembre 1918, Saint-Saulve est libérée par le Corps expéditionnaire canadien. Le maire Victor Hornez, libéré après l’armistice, préside la première séance du conseil municipal le 24 novembre mais il faudra plusieurs mois pour que la commune retrouve une vie normale. Ses pertes pendant la guerre s’élèvent à 105 morts militaires et 28 civils.