Saint-Savinien

Histoire de Saint-Savinien

Saint-Savinien est une commune de Charente-Maritime, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 2 453 habitants. Le nom de la commune proviendrait, selon la légende, d’un ancien évêque de Sens, du nom de Sabianianus, qui aurait été martyrisé vers 250 de l’ère chrétienne, puis canonisé par l’Église. À l’époque des grands pèlerinages religieux et du développement du monachisme chrétien au milieu du Moyen Âge, ses reliques auraient été déposées mystérieusement dans le monastère des Augustins de la cité pendant le XIIe siècle. Plus tard, vers la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle, une nouvelle église paroissiale fut construite sur les hauteurs de la ville et fut dédiée à Sanctus Sabianianus, d’où l’origine du nom de l’actuelle cité.

Comme nombre de villes et de villages en France, ceux-ci ont été christianisés au milieu de l’époque médiévale et ont alors reçu un nouveau nom en rapport le plus souvent avec la dédicace d’une église nouvellement édifiée, effaçant à jamais leur antique nom. C’est le cas de la petite cité de Saint-Savinien dont le toponyme ne date que du XIIe siècle alors que ce site était occupé dès la Protohistoire. La configuration particulière du site de la ville en un lieu de confluence de la Charente et d’un petit affluent, le Charenton, peut donner lieu à des appellations probables à différentes époques de l’occupation humaine de la ville.

Ainsi, il aurait pu être probable que le site se soit dénommé primitivement Condate ou Condé, mot d’origine celte signifiant confluent, et, ce, pendant la période d’occupation des Santons qui y avaient introduit la civilisation des oppida. C’est le cas de la petite ville de Pons qui occupe un site semblable, au confluent de la Seugne et de son petit affluent, la Soute, et dont le nom celte a totalement disparu avec l’occupation romaine. Lors de l’installation des Romains dans le territoire des Santons, ceux-ci apportèrent leur brillante civilisation et occupèrent sans tarder les sites précédemment habités par les Celtes et qui présentaient un intérêt stratégique évident.

Ce qui était tout à fait le cas de Saint-Savinien.

Dominant le fleuve Charente de son éperon de roches calcaires dans l’extérieur d’une boucle, Saint-Savinien, déjà village gallo-romain, puis enjeu des invasions normandes, connut son essor au début. Depuis 1274, un port est reconnu à Saint-Savinien. Puis c’est au cours du que le trafic fut très dense grâce aux bateaux contenant des marchandises diverses et variées (eau-de-vie, bois, blé, pierres, sel, vin…). Toutes ces marchandises étaient acheminées dans la région ou dans toute la France (notamment en Bretagne) ou bien encore à l’étranger. Durant cette période, la commune fut appelée « Saint-Savinien le Port ». Pendant le Moyen Âge, Saint-Savinien était sur le domaine du seigneur de Taillebourg. La poissonneuse Charente faisait vivre toute une population de plongeurs qui remontaient du fond des patagaux (moules perlières d’eau douce). L’incertitude des profits provoqua vers 1750 l’abandon de cette activité.

Les quais du port et du centre étaient intensément utilisés pour le commerce fluvial. La rue du Centre est bordée d’anciens commerces qui comprennent encore aujourd’hui, une descente à la Charente à l’arrière de la maison, pour y décharger les marchandises depuis le fleuve afin de les vendre côté rue. À l’aval du quai du Port, une grande berge rocheuse en pente douce servait à charger les pierres transportées par bateaux et décharger le bois. Le fleuve poissonneux était lieu d’échange, de pêche et les quais de Saint-Savinien, de vente. Le Saumon atlantique était répandu, si bien que plusieurs observations de Marsouins en pêche devant l’Allée des Soupirs ont été rapportées. Un intense trafic de gabares, allèges et galliots permit de donner l’appellation officielle durant de longues années de Saint-Savinien-le-Port. Ces bateaux transportaient, entre Angoulême et la mer (ports de Rochefort et de La Rochelle), les pierres de taille à grain très fin qui servirent à l’édification de nombreux monuments à travers le monde, le bois de construction et de chauffage, les vins et eaux-de-vie de Saintonge. Un canal fut creusé en 1860 pour faciliter la navigation sur le fleuve, permettant à titre d’exemple, à de mer de remonter le fleuve jusqu’à port d’Envaux en 1893, s’ajoutant à l’importante circulation fluviale des gabares.

Cette activité cessa progressivement pour disparaître totalement vers les années 1930. Jusqu’à la fin du, le haut de la commune était majoritairement composé de chaumes et de parcours à moutons et à chèvres communaux. La déprise agricole a mené en 1960, à l’abandon de la totalité des parcelles aujourd’hui gagnées par les boisements de chênes verts, urbanisées ou cultivées. Par ailleurs, le paysage se composait de pâturages bovins, de petits vignobles et de petites cultures de blé, d’avoine, de luzernes et de choux fourragers principalement. Le soir, les troupeaux descendaient s’abreuver le long du Charenton, un affluent de la Charente. Au Sud, s’étendait une vaste zone de marais communal composée de prairies de fauche et de pâturage. Dépourvu de canaux, de haies et de clôtures, le marais se sculptait de nombreuses dépressions humides qui se remplissaient au gré des crues du fleuve, habitat pour un grand nombre d’oiseaux d’eau et de libellules. Le bocage était davantage présent sur les vallons humides des affluents, divisés en petites parcelles pâturées.

Sur l’ensemble de la commune, les nombreux hameaux étaient bordés de polycultures vivrières, dessinant un paysage complexe composé de nombreuses haies, de petites parcelles d’élevage et de cultures variées, de mares et de cerisiers, noyers et chênes isolés. Les vignobles comprenaient très souvent plusieurs pêchers à leurs abords. La culture de la lavande perdura sur les hauteurs jusque dans les années 70. Le centre bourg de Saint-Savinien comptait plusieurs vergers, dont des reliques ont longtemps persisté proche du marché couvert et du château de la Pépinière. Aux abords des quais, des prairies humides en pente douce étaient pâturées par les bovins. Par arrêté préfectoral du prenant effet le, les communes d’Agonnay et de Coulonge-sur-Charente sont rattachées à Saint-Savinien dans le cadre d’une association de communes. En 1944, les forces allemandes feront exploser le pont en fer de style Eiffel pour éviter que les alliés traverse le fleuve.

Patrimoine religieux

Ce plateau de 33 hectares bénéficie d’une protection de la part du Conservatoire régional d’espaces naturels en raison de la diversité de sa flore, dont les caractéristiques présentent des similitudes avec celle des régions méditerranéennes (garrigues). Il est une relique d’un milieu répandu dans le paysage communal antérieur aux années 60. Cette partie de la commune, située non loin du village d’Agonnay, bénéficie d’une protection de biotope depuis 1984. Sur le plan faunistique, on y trouve plusieurs espèces d’oiseaux, comme l’Engoulevent d’Europe, le Pipit des arbres ou le Bruant jaune, une grande diversité de papillons comme l’Azuré du serpolet, le Mercure ou encore la Mélitée orangée, d’orthoptères comme le Grillon d’Italie ou l’Oedipode turquoise, ainsi que de nombreuses espèces de papillons de nuit (plus de 330). La richesse floristique du site relève de l’exception, on y trouve abondement l’Inule des montagnes et plusieurs espèces thermophiles méditerranéennes rares comme la Canche élégante, la Centaurée maritime, l’Ophrys sillonné, le Liseron des champs, ainsi qu’une diversité notable d’orchidées dont l’Ophrys mouche, la Sérapias langue et la floraison récente des rarissimes Ophrys guêpe et Ophrys miroir.

Les prairies alluviales du fleuve Charente à Saint-Savinien, proches du bourg, sont inscrites dans deux sites Natura 2000 et bénéficient d’un classement ZNIEFF (Zone naturelle d’Intérêt écologique, faunistique et floristique). Composé de prairies pâturées et de fauche inondées fréquemment durant la période hivernale et bordées par des canaux de drainage, des haies et des bosquets humides, le site conserve une biodiversité riche malgré son drainage et l’appauvrissement des prairies causé par une courte période de mise en culture et le semis régulier des prairies de fauche. Le marais a radicalement évolué depuis les années 50. Les prairies alluviales du fleuve Charente sont des sites de reproduction pour plusieurs espèces de limicoles comme le Petit gravelot, l’Echasse blanche ou le Vanneau huppé. Il est également un site de halte pour les limicoles migrateurs comme le Chevalier aboyeur et le Chevalier gambette.

Un affluent de la Charente abritait le Vison d’Europe, vraisemblablement éteint depuis 2019. On trouve dans la vallée, plus d’une trentaine d’espèces d’odonates, dont la Naïade aux yeux bleus, l’Anax empereur les Pennipattes blanchâtre, bleuâtre et orangé ainsi que le rare Orthétrum à stylets blancs est une des espèces phare de la vallée. La zone présente également un intérêt floristique, bien que fortement appauvri depuis les années 60 où beaucoup de prairies artificielles furent semées. On y trouve par exemple la Fritillaire pintade, Angelica heterocarpa et Anacamptis laxiflora. L’église Saint-Savinien est un édifice de style roman bâti entre les.

Le sanctuaire actuel succède à un ancien prieuré, cité dans une charte de 1039, et dont il ne subsiste aucun vestige. Fortement endommagée durant la guerre de Cent Ans, lorsque la Charente formait une frontière entre les possessions anglaises et françaises, puis durant les conflits religieux du XVIe siècle, elle fut restaurée à plusieurs reprises. Le sanctuaire actuel, en forme de croix latine, est composé d’une nef unique formée de trois travées, flanquée de deux croisillons et prolongée par une abside hémicylindrique voûtée en cul de four. La façade de l’église, de style roman saintongeais, se caractérise par sa sobriété. Elle est formée de deux niveaux d’élévation, délimités par deux corniches à modillons où alternent motifs animaliers et masques humains.

Informations Clés

Eglises sur ce site

Population

2.453 habitants

Région

Nouvelle-Aquitaine

Département

Charente-Maritime
(17)

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