Saint-Venant
Histoire de Saint-Venant
Saint-Venant est une commune de Pas-de-Calais, en Hauts-de-France, qui compte 3 022 habitants. D’après l’historien Auguste de Loisne, le nom de la localité est attesté sous les formes Papinghem en 1075; Sanctus Venantius en 1190; Vnaent, Vnaento au; Sainct-Venant en 1251; Sanctus Venancius en 1296; Venantiopolis en 1786; Saint Venant en 1793 et Saint-Venant depuis 1801. Cet hagiotoponyme provient du nom d’un saint ermite qui s’y serait établi, et dont la tombe se trouve à l’emplacement de l’actuelle église. La forme picarde est Saint-V’nant.
Avant 1282, Hellin de Wavrin (maison de Wavrin), seigneur de Saint-Venant, est en litige avec le chapitre d’Aire-sur-la-Lys à propos de leurs droits respectifs à Saint-Venant. En 1282, Robert de Wavrin, frère et successeur d’Hellin, passe une charte pour régler le conflit. Le roi de France, échouant à détacher les milices flamandes de l’alliance anglaise (guerre de Cent Ans) ravage les pays de Saint-Venant, La Gorgue, Estaires. En 1376, Alice de Wavrin, dame de Saint-Venant (les hommes sont « seigneur » d’un lieu, les femmes sont « dame » de) doit reconnaitre devant le représentant du roi que le chapitre détient le droit de justice sur le village. Autrefois ville fortifiée, il s’agit aussi d’une seigneurie érigée en comté en 1655. Par lettres données à Madrid, la ville et terre de Saint-Venant est érigée en comté au profit de Maximilien de Lières, baron du Val, seigneur de Saint-Venant, gouverneur de Saint-Omer, dont les ancêtres ont, depuis le temps des ducs de Bourgogne jusqu’alors, successivement porté les armes pour le service de leur prince avec grande valeur et loyauté.
Située à au sud du front, Saint-Venant devient rapidement un centre de logistique stratégique pour les Alliés. La région est alors directement rattachée au commandement militaire de l’armée anglaise répondant aux ordres du maréchal Douglas Haig. De à, les services de santé britanniques et indiens sont établis à Saint-Venant. Dans le cimetière, on trouve les tombes de soldats indiens tombés entre janvier et, les tombes de soldats anglais et français. Le QG et le mess des forces indiennes, écossaises et anglaises sont installés dans la demeure bourgeoise La Peylouse. En 1917 et 1918, l’état-major de la jeune république portugaise s’installe au même endroit.
Le général Tamagnini de Abreu, chef militaire des forces militaires du corps expéditionnaire portugais (CEP) composé d’environ dirige, depuis Saint-Venant, ses troupes lors de la bataille de la Lys en 1918, avant de libérer Lille. La commune est décorée de la croix de guerre 1914-1918 par décret du, distinction également attribuée à communes du Pas-de-Calais. Durant la Seconde Guerre mondiale, Saint-Venant est le théâtre de violents combats qui servent à retarder les Allemands pour couvrir l’évacuation vers Dunkerque. Des combats sont signalés autour de la commune à partir du et opposent les Britanniques du Royal Welch Fusiliers au régiment SS « Germania » de la SS-Division Verfügungstruppe. La ville est prise par les Allemands le. Des civils sont pris pour cible par des SS et des soldats britanniques prisonniers et grièvement blessés sont assassinés.