Saint-Yvi

Histoire de Saint-Yvi

Saint-Yvi est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 3 339 habitants. Attesté sous la forme Sainct Yvy en 1536, puis Saint Duy en 1630. Le moine celte Ivy a donné son nom à la localité. Ce saint est célébré le 6 octobre dans le calendrier breton.

Le nom de la commune a été parfois orthographié Saint-Yvy, mais la commune a officiellement retrouvé l’orthographe Saint-Yvi le 12 septembre 2005. Le nom de Locmaria an Hent, (« Notre-Dame du chemin »), lui vient du fait que l’église de la trève était située sur le bord du chemin de l’antique pèlerinage du Tro Breiz.

La commune de Saint-Yvi, érigée en paroisse en 1818, a été formée par la réunion de deux anciennes trèves d’Elliant: Locmaria et Saint-Yvi. La commune doit son nom à saint Ivy (ou Ivi, Yvi), moine anglais du (à moins qu’il ne s’agisse de saint Dewy, moine celte d’origine galloise du ). À défaut de monuments mégalithiques (hormis le menhir couché de Stank ar Besk, long de 4,50 mètres et haut de 60 cm), l’Antiquité de Saint-Yvi est établie par divers vestiges d’ouvrages défensifs remontant pour la plupart aux époques gallo-romaine, mérovingienne et carolingienne. Citons parmi les plus apparents: le retranchement rectangulaire du Bois de Pleuven (« un camp romain de forme rectangulaire défendu par de forts retranchements et par des tours rondes » selon Arthur Le Moyne de la Borderie), la motte de Hilbars entourée de traces de douves, l’enceinte presque circulaire de Créac’h Miquel les substructions de Kéréonnec, le champ de Kerambars dit « camp de César ». Il est à présumer que ces ouvrages constituaient une étape entre Rosporden et Quimper et servaient de protection aux villas gallo-romaines établies à Elliant, au nord et à Locmaria-an-Hent au sud. Une annexe de la commanderie de l’ordre de Malte existait au village de Créac’h Miquel. Depuis la Révolution française, il n’en subsiste aucune trace. Cette chapelle, Notre-Dame de la Source, classée monument historique, fut construite.

Elle constituait la deuxième étape du Tro Breiz entre Quimper et Vannes. Elle présente d’ailleurs la particularité de posséder une cheminée qui permettait aux pèlerins de se chauffer. Pendant le Moyen Âge, le prieur de Locamand (désormais en La Forêt-Fouesnant) possédait, tout près de Locmaria-an-Hent, une fontaine, encore appelée au et au « Fontaine des Sept Saints », dont il tirait un certain revenu car elle était très fréquentée par les pèlerins parce que située sur le tronçon de l’itinéraire du Tro Breizh allant de Vannes à Quimper. Le mobilier de cette chapelle comprend de nombreuses statues anciennes: Crucifix, Vierge de Pitié, sainte Anne, saint Jean-Baptiste, saint Symphorien, saint Isidore. Cette dernière statue représente le patron des laboureurs en costume breton local: chapeau rond à brides, gilet brodé, braies bouffantes. Le retable du maître-autel qui date du, est orné de quatre bas-reliefs représentant le baiser de Judas, le Christ devant Pilate, la Flagellation et le Portement de croix. Près de la chapelle se dresse un ossuaire gothique à arcades tréflées et, un peu plus bas, une fontaine de dévotion dite des « Sept Saints ». Cet ensemble est classé monument historique et fait l’objet d’une importante restauration.

Dans le bourg, se dresse l’église paroissiale de style gothique avec des modifications apportées. À l’intérieur de l’église on peut voir la statue en bois polychrome de saint Michel. Cette statue, classée mobilier historique, a pour caractéristique de représenter saint Michel foulant aux pieds un diable et une diablesse, contrairement à toutes les traditions. La statue de saint Yvi est également digne d’attention. À proximité de l’église, dans l’ancien cimetière, s’élève un petit calvaire au fût tordu en spirale sur lequel font saillie quatre têtes humaines formant consoles. Enfin, à l’entrée de l’enclos, on découvre un élégant ossuaire à arcades tréflées de même nature que celui de Locmaria. En 1759, la paroisse de Saint-Ivy [le nom est écrit Saint-Divy] devait chaque année fournir pour servir de garde-côtes. Une annexe de la Commanderie de l’Ordre de Malte existait au village de Créac’h Miquel, mais toute trace en a disparu depuis la Révolution française.

À la montre générale de l’évêché de Cornouaille tenue à Quimper les 15 et 16 étaient présents des trèves de Saint-Yvi et Locmaria-an-Hent (1783). Le pèlerinage du Tro Breiz, dit aussi des Sept-Saints, était florissant au Moyen-Âge, ce qui bénéficiait à Locmaria-an-Hent qui en était la première étape pour le trajet Quimper-Vannes, mais il avait pratiquement cessé au (Alain Le Gentil, seigneur de Rosmorduc, est propriétaire du manoir et domaine de Kermartret en 1749). Les seigneurs de Toulgoat (famille Salou de Toulgoat) avaient droit de prééminence dans l’église de Locmaria pour Saint-Yvi, et Jérôme Lahuec pour Locmaria, furent chargés de présenter et défendre les doléances de la paroisse mère d’Elliant. Pourtant, une fois encore, les doléances du monde rural restèrent en marge. En effet, lorsque se réunira l’assemblée inter sénéchaussées de Concarneau et de Quimper, les 3 députés désignés pour les États généraux furent des Quimpérois: le sénéchal de Quimper, un négociant et un avocat. Le Tiers-État fut en définitive davantage représentatif de la bourgeoisie de robe et des affaires que dumonde rural. Érigée en commune en 1790, Saint-Yvi absorbé en 1792 la commune de Locmaria-an-Hent (avec sa chapelle Notre-Dame de la Route), qui est elle aussi une ancienne trève de la paroisse d’Elliant, curé de Saint-Yvi, fut arrêté le 2 juin 1792, détenu au château de Brest, puis déporté en Espagne; il redevint curé de Saint-Yvi après le Concordat de 1801, vicaire à Saint-Ivy, sur le grand chemin menant à Quimper, vis-à-vis du village de Kerousal en Saint-Ivy.

Celui qui paraissait être le chef, c’était Geslin, lui prit la main droite et se retirant un peu en arrière, lui a tiré un coup de fusil à la partie supérieure et latérale gauche du cou, qui l’étendit à terre. Un deuxième coup dans le bas-ventre l’acheva ». La commune de Saint-Yvi est érigée en paroisse en 1818 par la réunion des deux anciennes trèves de Locmaria an Hent et Saint-Yvi. Saint-Yvi connut pendant des siècles une activité uniquement agricole. Comme dans beaucoup de communes de Bretagne, le territoire était partagé entre une multitude de petites exploitations familiales. Rares étaient les grandes fermes et même lorsqu’un territoire assez vaste appartenait à un grand propriétaire, celui-ci était exploité par plusieurs métayers. Le bourg se réduisait alors à quelques maisons implantées autour de l’église paroissiale. L’activité artisanale était elle aussi réduite et orientée vers le monde agricole: forge, maréchal-ferrant, café-épicerie-boulangerie.

Il est vrai qu’à l’époque et ceci au moins jusqu’au premier quart du on ne déplaçait pas tous les jours pour venir au bourg. On vivait quasiment en autarcie, et on retrouve traces de ce mode de vie au travers de quelques vestiges comme les fours à pain (Trévinec, Gourguennou, Creac’h Miquel). Dans ces traces du passé, il est à noter un certain nombre de patronymes que l’on retrouve encore de nos jours: Le Tirant, Le Meur, Le Bourhis, Le Gac, Cotten, etc. L’ancrage de familles sur un même terroir, c’est là aussi sans nul doute un trait marquant de la ruralité. Pendant longtemps, au moins jusqu’au début du, le monde rural n’a été que très peu affecté par les flux migratoires. À l’époque l’horizon du paysan ne dépasse pas les limites géographiques de la paroisse ou de la commune. On naît, on vit, on meurt sur sa terre. Le Floc’h, desservant de Saint-Yvi, se plaint, en 1805 ou 1806, du peu de docilité des habitants de Locmaria, qui viennent certes à la messe, mais n’attendent pas les vêpres.

Le Chevalier de Fréminville décrit ainsi Saint-Ivy en 1844: « (.) L’église s’élève dans une situation romantique, au milieu de quelques vieux ifs. Ses constructions portent le cachet de différentes époques, mais dont la plus ancienne ne remonte pas au-delà du seizième siècle. À l’entrée du cimetière est un reliquaire ou charnier, composé de six arcades gothiques d’un assez bon style. L’église de cette petite paroisse possède une fort belle croix processionnelle, enrichie d’ornements gothiques et de plusieurs figures dont les costumes ainsi que le style d’exécution accusent la fin du quinzième siècle ». Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Saint-Yvi en 1845 Henry de Kock fait cette description de Saint-Ivy au milieu du En 1893, Jules Vagnair, un écrivain agrégé de lettres, décrit ainsi le carnaval de Rosporden, dans un texte révélateur du mépris des intellectuels de l’époque à l’encontre des paysans bretons En 1905, la halte de Saint-Yvi est mise en service par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO) sur sa ligne de Savenay à Landerneau.

La « propriété du Bois de Pleuven » est mise en vente en 1909: elle comprend une maison de maître avec jardin anglais, potager, maison de garde, cour, remise, écurie; une métairie comprenant bâtiment d’habitation et d’exploitation, terres de divers natures d’une contenance approximative de et un bois taillis de, avec garde assermenté, aménagé en 15 coupes de chacune, produisant une moyenne de 450 cordes de bois et dont l’exploitation est très commode, le bois étant sillonné de voies charretières. Le monument aux morts de Saint-Yvi porte les noms de 74 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux Pierre Dagorn est mort sur le front belge à Nieuport dès le 30 décembre 1914, Louis Le Roux est tué à l’ennemi le 27 avril 1915 à Pilckem Ridge dans le cadre de la Deuxième bataille d’Ypres et Louis Le Gloanec est tué à l’ennemi à Het Sas, également en Belgique, le 8 octobre 1917; Grégoire Le Roux est disparu le 20 novembre 1915 en Serbie dans le cadre de l’expédition de Salonique; Pierre Guen et Jean Rouat sont morts en captivité en Allemagne, ce dernier le 18 novembre 1918, donc après l’armistice; la plupart des autres sont morts sur le sol français. Des paysans de la région d’Elliant – Coray – Saint-Yvi – Saint-Évarzec émigrèrent entre Beaumont-du-Périgord et Villaréal dans la décennie 1930. La ferme d’Hilbars, constituée en coopérative (« Coopérative de sélection de semences de Hilbars », créée en 1928) par des agriculteurs algériens, produisait vers 1930 sur 83 hectares environ de pommes de terres de semence, à destination de l’Algérie. Durant la Seconde Guerre mondiale, le 21, une locomotive est mitraillée en gare de Saint-Yvi, le mécanicien est tué. Le monument aux morts de Saint-Yvi porte les noms de 10 personnes mortes pour la France pendant la Deuxième Guerre mondiale; parmi elles Yvon Gourmelen, décédé en février 1940 et quatre (Alain Guillou, Yvon Lallaizon, Alain Le Saux, Jean Troalen) décédés pendant la Débâcle française au printemps 1940. Robert Le Mao, résistant FFI, fut tué le 17 août 1944 et François Cosquéric le 18 mai 1944, né à Saint-Yvi, fut résistant FFI à Brest en 1941-1942. Deux frères, Bernard et Daniel Pivert, originaires d’Arcueil, le premier sans emploi ni domicile fixe, le second garçon boucher, en vacances dans le Finistère mais complètement désargentés, agressèrent pour les voler les époux Rica à Stang Even en Saint-Yvi le 30, le mari décédant le lendemain et sa femme deux jours plus tard des suites de leurs blessures.

Arrêtés une quinzaine de jours plus tard à Bordeaux pour un vol commis à La Roche-sur-Yon, ils reconnaissent le double crime et furent le 18 les deux derniers condamnés à mort du Finistère. Ils furent graciés par le président René Coty et leur peine commuée en celle de travaux forcés à perpétuité (mais les bagnes ayant été supprimés, ils purgèrent leur peine en maison centrale).

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Population

3.339 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
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