Sainte-Foy-la-Grande

Histoire de Sainte-Foy-la-Grande

Sainte-Foy-la-Grande est une commune de Gironde, en Nouvelle-Aquitaine, qui compte 2 615 habitants. Le nom de la commune se réfère à sainte Foy d’Agen. La ville est fondée en 1255 sous le nom de Sainte-Foy puis est désignée à partir de 1383 sous celui de Sainte-Foy-la-Grande, certainement pour la distinguer. Le nom de Sainte-Foy-en-Agenais a aussi été utilisé jusqu’à la Révolution.

En occitan, la ville se nomme.

Le Sud-Ouest compte environ 350 bastides, érigées à partir. Il s’agit de villes neuves dont le plan architectural orthonormé est ordonné autour d’une vaste place centrale. En 1326, Alfonse d’Espagne, seigneur de Lunel et lieutenant du roi, accorde aux consuls de la ville le droit de la fortifier (ce qui ne signifie pas qu’elle ne l’était pas déjà auparavant). Sa position stratégique de ville frontalière avec les possessions anglaises a fait de Sainte-Foy une place forte importante. Elle est un temps conquise par les Anglais au durant la guerre de Cent Ans puis devint un bastion protestant. Son emplacement près de la Dordogne, carrefour entre les terres agricoles, Bordeaux et Bergerac, lui confère également un rôle économique, puisque les fleuves ont longtemps été grâce aux gabares le moyen le plus rapide et le plus sûr de faire circuler des marchandises. À la descente, la production viticole de la région est transportée vers Bordeaux et, à la remonte, grâce aux chemins de halage, diverses denrées et des matériaux de construction. Sainte-Foy possède trois « ports », le quai de La Brèche à l’est, le quai de Coreilhe à l’ouest et Port-Sainte-Foy sur l’autre rive.

Cette tradition de la batellerie décline avec l’apparition du chemin de fer et disparaît dans la première moitié. Lui succèdent les bateaux-sabliers au milieu du siècle puis le tourisme fluvial depuis la fin du siècle, représenté notamment par la Maison du Fleuve et du Vin à Port-Sainte-Foy. Construite dès le, l’église Notre-Dame est détruite en 1561 par les Huguenots, peu avant les guerres de Religion, lors desquelles la majorité de la population est désormais protestante. Un temple est même inauguré en 1587. Cependant, la défaite des troupes protestantes face aux armées royales sous Louis XIII et les conversions forcées opérées sous Louis XIV retournent la situation: le temple est détruit en 1683 et une nouvelle église, construite au même emplacement que l’ancienne est achevée en 1686. La période du « Désert » protestant coïncide avec une période de prospérité économique dopée par les échanges commerciaux avec les pays du Refuge (de nombreux Foyens d’ascendance protestante ont des parents dans ces pays qui commercent volontiers avec leur région d’origine) et les colonies atlantiques, Sainte-Foy étant un des ports importants de l’arrière-pays qui fait la richesse de Bordeaux. Cette richesse se retrouve dans le bâti: l’hôtel de ville est construit sur la place centrale et de nombreux hôtels particuliers sont édifiés par les grandes familles de la ville (une quinzaine visibles encore aujourd’hui). La ville tire alors sa richesse de son vin (notamment son liquoreux apprécié des Hollandais et des Scandinaves), de la production de grisette (une toile de chanvre), de faïence (faïencerie Brian) et d’autres produits (bois, farine, eaux-de-vie.) venant des coteaux alentours et de la haute vallée de la Dordogne.

Au, la place accueille le café Proca, qui a du changer son nom après un procès intenté par la famille du médecin; initialement orné de fenêtres de type mauresque, son bâtiment abrite de nos jours une agence d’assurances. 5 avenue Paul-Broca est édifié en 1906 le casino Rey, dont le bâtiment existe encore de nos jours; en face sont érigées des bains-douches. Le boulevard Charles-Garrau accueille pour sa part des maisons simples, qui se distinguent des demeures cossues de l’avenue Paul-Bert. Au, certains Foyens édifient des maisons à l’extérieur de la bastide (certains ont leur « villa » comme les Russes ont leurs datchas), d’abord pour y passer les fins de semaines, près de jardins où des riverains modestes cultivaient des légumes, puis pour s’y installer à l’année dans des bâtiments neufs et confortables. Plusieurs mouvements de construction se succèdent, avant la Grande Guerre, dans l’entre-deux-guerres et à partir des années 1950. Le développement de l’automobile contribue aussi grandement à modifier la circulation des habitants, les modes de vie et les connaissances intercommunautaires. Le 23 juin 1940, au lendemain de l’armistice, le pont suspendu menant à Port-Sainte-Foy est détruit (l’actuel pont Michel-de-Montaigne, reconstruit par la suite). Un pont sur pilotis est alors édifié en amont, finalement emporté par une crue le 13 décembre de la même année.

Sur les quais, une plaque apposée sur un vestige rappelle cet évènement, au niveau du croisement avec la rue Victor-Hugo. Une famille juive réside à Sainte-Foy à cette époque, les Bouaknim, depuis 1925; ils tiennent un magasin de vêtements sur la place de la mairie. Parmi les réfugiés figurent aussi des Juifs, dont certains des enfants sont scolarisés dans le collège de garçons de la commune, doté d’un internat. Son directeur, Émile Herpe, par ailleurs résistant, informe fin 1943 les familles concernées que la municipalité a transmis aux autorités le nom des Juifs présents à Sainte-Foy. La moitié arrive à quitter la ville. En mars 1944, on compte encore une dizaine de jeunes Juifs qui étudient dans l’établissement, sous de faux noms. Le 4 août de la même année, six Juifs de Sainte-Foy sont arrêtés par des Français portant un uniforme allemand, puis assassinés le lendemain au Fleix, dans le bois de Souléiou. Six résistants maquisards sont tués lors des combats de la Libération, le 16 août 1944.

Des plaques commémoratives rendent hommage à certains à travers la ville (André Lavaud, Ginette Marois, etc.). Les Allemands quittent Sainte-Foy-la-Grande les 17-18 août. En 1948 est créée sous l’impulsion de Jean Corriger la Société historique du Cercle des Amis de Sainte-Foy. Le cercle publie des fascicules sur l’histoire du pays foyen et organise des conférences. Les statuts associatifs sont déposés en 1966 et le cercle devient Les Amis de Sainte-Foy et sa région. L’association est rattachée à la Fédération historique du Sud-ouest. Deux fois par an, elle publie des Cahiers sur l’histoire de la bastide et de ses environs (culturelle, religieuse, architecturale, personnalités, etc.), travaux réalisés à partir d’archives privées et publiques (archives municipales, bibliothèque municipale de Sainte-Foy, office du tourisme, archives départementales). L’association s’investit aussi lors des Journées européennes du patrimoine, organise des sorties, des conférences et des colloques.

Informations Clés

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Population

2.615 habitants

Région

Nouvelle-Aquitaine

Département

Gironde
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