Sarrebourg

Histoire de Sarrebourg

Sarrebourg est une commune de Moselle, en Grand Est, qui compte 12 359 habitants.

Pons Saravi, une agglomération gallo-romaine secondaire de la Gaule belgique. La première mention d’une occupation à l’emplacement actuel de la ville de Sarrebourg se trouve dans la Table de Peutinger, copie du d’une ancienne carte romaine où figurent les principales villes et routes de l’Empire romain qui constituaient le cursus publicus du de notre ère. La ville y est désignée sous le nom de Ponte Saravi, située entre les stations de Ad Decem Pagos (Tarquimpol) et Tabernis (Saverne) en bordure de la Silva Vosagus, l’actuel massif des Vosges. L’Itinéraire d’Antonin, une seconde source romaine plus tardive, évoque le lieu sous le nom de Ponte Sarvix. D’un point de vue toponymique, le sens renvoyé par les désignations de « Ponte Saravi » et « Ponte Sarvix » est celui d’un pont sur la Sarre. Aussi les érudits ont-ils donné comme nom à la cité antique de Sarrebourg celui de « pont de la Sarre » soit Pons – nominatif latin de « pont » – et Saravi – génitif latin de « Saravus », le nom que donnaient les Romains à la Sarre. L’agglomération se trouve à cette époque sur la via salinensis, une importante voie romaine reliant Divodurum (Metz) à Argentorate (Strasbourg) par le col de Saverne et faisant partie du grand itinéraire de Gesoriacum (Boulogne-sur-Mer) à Argentorate (Strasbourg) par Samarobriva (Amiens) et Durocortorum (Reims). La ville antique de Pons Saravi se développe autour du franchissement de la Sarre.

Ce dernier s’effectuait par un pont en bois d’une largeur estimée de huit mètres reliant les actuelles halles à la rue du Lieutenant-Bildstein et dont la dernière version a été datée de 247 ap. La via salinensis venait de Tarquimpol à l’ouest, traversait l’étang du Stock – dont la création est due aux ordres religieux au Moyen Âge – et bifurquait au sud de l’actuel village de Langatte. Un premier tronçon rejoignait Pons Saravi et en constituait certainement le decumanus. Le tracé de la voie se confondait avec l’actuelle rue du Lieutenant-Bildstein, traversait le pont sus-nommé, la place du marché et remontait la Grand’Rue jusqu’au sommet du Marxberg où le chemin du Wackenfurth en est probablement un vestige. Le second tronçon, plus direct, contournait Pons Saravi par le nord et franchissait vraisemblablement la Sarre à gué à hauteur de Hoff. Les deux voies se rejoignaient aux environs de Réding et continuaient leur parcours vers l’est en direction de la côte de Saverne. Le semble correspondre à l’apogée de Pons Saravi et c’est de cette période que nous en avons le plus d’informations. L’agglomération s’étendait sur environ 15 à 20 hectares occupant la rive droite de la Sarre dans l’actuel centre-ville, et structurée par deux axes majeurs orientés selon les points cardinaux comme il en était d’usage dans les villes romaines.

Le cardo, orienté nord-sud, correspondait aux actuelles rue de la Marne et rue Napoléon-Ier. Le decumanus, orienté est-ouest, correspondait à l’actuelle Grand’Rue avec ses prolongements place du Marché et rue du Président-Robert-Schumann, et était en continuité avec l’itinéraire reliant Divodurum (Metz) à Argentorate (Strasbourg) évoqué précédemment. La ville comptait également trois extensions. L’extension la plus importante – le faubourg d’Outre-Sarre ou faubourg de France – s’organisait le long de l’actuelle rue du Lieutenant-Bildstein. La seconde se situait autour de l’actuelle impasse de la Source, au pied du Petit Rebberg. Il s’agissait d’un quartier cultuel où ont été découverts à l’été 1895 un mithraeum ainsi que deux autels dédiés aux divinités Nantosuelte et Sucellos datés de la fin du ou début du de notre ère. Enfin la troisième extension longeait l’actuelle avenue du Général-De-Gaulle entre la rue des Vergers et la rue des Jardins. Le tracé de cette avenue semble par ailleurs suivre une voie romaine qui se dirigeait au sud vers le Donon, montagne sacrée à l’époque celte et gallo-romaine.

Deux nécropoles ont aussi été identifiées aux abords de Pons Saravi. La première se situait sous l’actuel pont Bailey du chemin de fer et la seconde se trouvait au sommet du Marxberg. On ignore à ce jour si cet ouvrage alimentait l’antique Pons Saravi ou un villa voisine. L’hypothèse la plus plausible est que la ville se fortifie au cours du sous forme de castrum ou castellum face à la pression montante des incursions franques et alamanes. Il ne reste aujourd’hui aucune trace de telles fortifications contrairement à la ville voisine de Tres Tabernæ [Saverne] qui aurait connu le même développement de ses défenses militaires. Au début du Moyen Âge, Sarrebourg est une agglomération secondaire fortifiée, située aux confins des espaces lorrain et rhénan. La ville devient le centre d’un territoire en marge des zones d’influence des puissances lorraines et alsaciennes voisines. L’existence d’un pagus saroensis est attestée depuis la fin du; à cette époque, la ville possède entre autres un atelier de frappe monétaire.

Le traité de Meerssen, qui conclut en 870 le partage de la Lotharingie, entre Charles le Chauve et Louis le Germanique fait état du comitatur Sarachuua subterior, aussi appelé oberer Saargau. Ce dernier s’étendait des sources de la Sarre jusqu’à Sarreguemines et Sarrebourg en était la capitale, cependant il disparût rapidement. En 966, la charte de fondation de l’abbaye de Vergaville fait encore mention du comitatus Saraburg. Entre le XIIe et le, Sarrebourg connait un développement urbain important. La ville s’affirme comme pôle commercial et étend son influence sur la campagne environnante, renforçant la réalité d’umland sarrebourgeois tourné vers l’espace rhénan et en particulier Strasbourg qui passera en 1222, avec la léproserie de Hoff, sous la gestion de la commanderie teutonique qui s’est installée dans la ville, place du marché cette même année (à noter qu’il s’agit de la seule commanderie teutonique en France avec celles de Metz et Strasbourg); en 1256 l’évêque Jacques de Lorraine élève l’église Saint-Étienne, déjà mentionnée en 1189 dans un acte de l’abbaye de Haute-Seille, au rang de collégiale en y installant un chapitre de chanoines; en 1265-1266 les moines franciscains s’installent à Sarrebourg et y construisent la chapelle des Cordeliers; entre 1250 et 1276 est fondé le convent des dominicaines de Weyerstein. Sur le plan militaire, l’évêque de Metz Jean d’Apremont entreprend la consolidation des fortifications de la ville et la construction de nouvelles murailles entre 1230-1240 qui seront terminées par son successeur Jacques de Lorraine. Au cours du, la ville et son umland sortent de plus en plus du giron messin pour se tourner vers l’Alsace, et notamment la ville de Strasbourg. Les bourgeois des deux villes signent en 1229 un traité commercial mentionnant la fréquentation réciproque de leurs marchés.

À la fin du l’attraction économique, linguistique et culturelle de l’Alsace surpassent les liens spirituels et temporels qui existaient avec la cité de Metz. Sarrebourg étant devenu une ville marchande, les bourgeois s’émancipent de la tutelle épiscopale si bien qu’en 1464 ils se réunissent dans la chapelle des Cordeliers et décident de prêter allégeance au duc de Lorraine dans le contexte des guerres bourguignonnes qui s’annoncent et quittent ainsi la principauté épiscopale de Metz. Pour autant la ville n’intègre pas le bailliage d’Allemagne et reste autonome au sein du duché. Notons que le blason actuel de la ville à trois demi-ramures de cerf reprend l’iconographie du sceau secret des bourgeois de l’époque utilisé entre 1390 et 1594 et portant l’inscription: S·SECRETUM·BURGENSIUM·DE·SARBURG. Le sceau officiel de la ville au Moyen Âge représentait saint Étienne sous la voûte d’un portail composé de deux tours à deux étages séparées par un fronton triangulaire, l’ensemble désignant sans doute la collégiale Saint-Étienne, sur champ semé d’étoiles. Dès 1463, Ludwig von Lichtenberg et les autorités sarrebourgeoises transmettent des renseignements militaires au magistrat de Strasbourg concernant des préparatifs de guerre faits par le duc de Bourgogne et Ferry II, seigneur de Blâmont allié aux Bourguignons. En 1475, Charles le Téméraire, dans sa visée expansionniste, conquit la Lorraine et contraignit le duc René II à se réfugier en Champagne. De toute la noblesse du duché, seuls les comtes de Bitche et la ville de Sarrebourg refusèrent de rendre hommage à l’envahisseur.

Cette dernière était défendue, en vertu de l’alliance militaire du, par une garnison de Strasbourgeois qui voulaient protéger l’accès au col de Saverne, principale route vers l’Alsace et le Rhin depuis le plateau lorrain. Par ailleurs, la ville libre de Strasbourg fut elle-même partie prenante d’une alliance militaire contre le duc de Bourgogne – la [https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/017166/2009-08-04/ Basse-Union] aussi appelée Ligue alémanique – formée au printemps 1474 par les villes impériales libres de Strasbourg, Bâle, Colmar et Sélestat rejointes par les Confédérés suisses et l’archiduc d’Autriche Sigismond de Habsbourg. De son côté, Charles le Téméraire s’allie à l’évêque Georges de Bade et lui promit de rendre Sarrebourg à la principauté épiscopale de Metz, une fois la ville conquise. Au sud, les Confédérés suisses attaquèrent le Bas-Valais, possession des alliés savoyards du duc de Bourgogne. Ce dernier fut contraint de quitter la Lorraine pour mener une contre-offensive au lac de Neuchâtel en 1476 (batailles de Grandson et de Morat). Parallèlement, le duc de Lorraine chercha à rejoindre les forces de la Basse-Union depuis sa retraite à Joinville en Champagne. Il demanda au roi de France Louis XI une escorte afin de se rendre en Suisse en traversant la Lorraine en l’absence des troupes du duc de Bourgogne. René II et les Français cachèrent leur dessein en prétextant ramener le duc en Allemagne afin qu’il s’y retira après la perte de son duché.

La halte du duc René II à Sarrebourg en 1476 sur son chemin pour rejoindre ses alliés de la Ligue alémanique en Suisse resta dans les annales, comme le relate La Chronique de Lorraine:

« Mais nulle part on ne fit à René un accueil plus beau que dans la ville de Sarrebourg. Les magistrats de la cité et seigneurs allemands du voisinage, les comtes de Bitche, de Richecourt, de Saarwerden, de Nassau, de Fenestrange, avertis de son arrivée depuis huit jours, s’étaient préparés à le recevoir d’une manière digne de l’affection qu’ils avaient pour lui. On avait fait provision de beau pain blanc, de vin rouge, blanc, clairet: les seigneurs étaient allés à la chasse et avaient rapporté du gibier à foison. Lorsque le duc fut à une lieue de la ville, les bourgeois avec les seigneurs formèrent une belle compagnie de huit cents hommes de cheval et de plusieurs piétons: ils allèrent au devant de lui et le reçurent comme le seul prince qu’ils eussent jamais reconnu. Mons notre souverain, dirent-ils, soyez le très-bien venu. Le duc, les deux capitaines français, les seigneurs de Lorraine, tous les gens de distinction, logèrent dans la ville; les autres allèrent dans les villages voisins. Les seigneurs festoyèrent René et les Français pendant trois jours, à la manière des Allemands. On avait le déjeûner, le dîner, la marande, le souper et avant d’aller au lit, le ressinon ou schlaftrunck.

On mangeait toutes sortes de viandes, et de la venaison en quantité. Ceux de la troupe qui logeaient dans les villages, étaient traités de la même manière: rien n’était épargné: on servait à l’abondance. Les Français étaient tout ébahis et demandaient si c’était telle vie que les Allemands avaient coutume de faire. Le troisième jour, ils prirent congés du duc, le matin, et retournèrent au pays de France, racontant la manière dont René était reçu en tous lieux, et le bon traitement que leur avaient fait à eux-mêmes les gens de Lorraine. »

Après une halte de trois jours, l’escorte du roi retourna en France et les seigneurs de la Lorraine allemande, notamment le comte de Bitche et les Linange, comtes de Dagsbourg et seigneurs de Réchicourt, accompagnèrent le duc René II jusqu’à Strasbourg. Il passera ensuite à Lutzelbourg avant de rentrer à Berlin. Elle accueille le d’uhlans à partir de 1895. Le régiment de chasseurs à cheval s’y installe lors du retour à la France et elle prend le nom de caserne Malleray en 1922.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le site devient un camp de prisonniers puis perd sa vocation militaire en 1947. Certains bâtiments ont été conservés et transformés en école, d’autres ont été détruits pour permettre la construction du centre socio-culturel et d’immeubles de logements. La caserne du infanterie est construite en 1887 en bordure de la ligne de chemin de fer de Paris à Strasbourg. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, elle devient la caserne Pétain avant de prendre son nom définitif de quartier Rabier. Tous les bâtiments ont été détruits à l’exception de deux ateliers techniques et d’une partie de la chaufferie. Les bâtiments de l’ancien hôpital militaire qui se trouvaient juste à côté — le quartier Gérôme et l’hôpital militaire étaient d’ailleurs reliés par un souterrain et un système de fils aériens — ont été démolis en 2012 pour permettre la construction d’un complexe de cinéma. Seul subsiste l’ancien bâtiment administratif abandonné. Ce dernier est victime d’un incendie dans la nuit du 9 au 10 octobre 2017.

Un collectif demande sa réhabilitation en espace de mémoire dédié aux combats du 18 au 20 août 1914. La commune souhaite cependant démolir le bâtiment. La manutention militaire, l’intendance et la boulangerie de la garnison occupaient la caserne située route de Phalsbourg, construite en 1897. Celle-ci est renommée quartier Tourret lorsque la ville redevient française. Un peu plus loin, les imposants bâtiments néo-renaissance de la caserne d’artillerie sont achevés en 1900. La nouvelle caserne d’artillerie est construite dans son prolongement quelque temps plus tard. Ces deux casernes sont lourdement endommagées par les bombardements en août 1914. Après la Première Guerre mondiale, la caserne d’artillerie prend le nom de quartier Verdun avant de devenir le quartier Dessirier.

La nouvelle caserne d’artillerie est renommée caserne Foch puis quartier Cholesky. Dans les années 1930, la ville est la base arrière des troupes de la ligne Maginot. Un dépôt de munitions pour l’approvisionnement du secteur fortifié de la Sarre et pouvant accueillir une batterie d’artillerie lourde sur voie ferrée est construit à Réding en 1935. En 1953, l’US Air Force entreprend la construction de la base aérienne de Phalsbourg-Bourscheid à une dizaine de kilomètres à l’est de Sarrebourg. La cité américaine de la Maladrie comportant une centaine de pavillons est construite entre 1955 et 1957 à l’est de la ville pour loger une partie des militaires et leurs familles. En 1959, elle prend le nom de cité Perkins en mémoire du capitaine William J. Perkins mort en service aérien le 30 avril 1958. Le d’infanterie ( RI) est présent à Sarrebourg depuis 1968.

Il occupe les quartiers Rabier, Tourret, Dessirier et Cholesky. La garnison compte également un centre de ravitaillement en essences (CRE) et la antenne médicale. La fermeture du centre de ravitaillement en essences a été annoncée en octobre 2014. Finalement le centre ne sera pas fermé mais réorganisé avec le maintien d’un atelier de maintenance technique des véhicules pétroliers. L’ancien mess des officiers, situé avenue Joffre, accueille désormais le « club house » du d’infanterie.

Patrimoine religieux

Le jardin de la Liberté est créé lors de l’annexion allemande au pied des anciennes fortifications. Il comporte des stèles mérovingiennes provenant d’un cimetière de Troisfontaines, un kiosque à musique, un jet d’eau, des aires de jeux pour enfants et le monument du général Mangin. De l’autre côté de l’avenue du général Fayolle, à l’arrière du mess et de l’église protestante, un ancien cimetière a été transformé en parc public à la fin des années 1970. Le parc Weyerstein, aux abords de la villa de la brasserie de Sarrebourg, est aujourd’hui ouvert au public. Le jardin de la roseraie se trouve avenue Clemenceau.

Il est inauguré le 20 mai 1928 et un monument dédié aux « Libérateurs » de la ville y est érigé en 1930. Une vaste zone de loisirs a été aménagée autour de l’étang Lévêque, une ancienne gravière au sud-ouest de la ville. Elle comporte une baignade surveillée, des aires de jeux, une piste de VTT, un minigolf, des terrains de sports, un arboretum et un hameau de gîtes. Le centre aquatique et le club de tennis sont également situés dans le périmètre de la zone de loisirs. Une partie des berges est aménagée permettant de relier l’étang Lévêque à l’ancien village de Hoff en longeant la Sarre.

Au nord-ouest s’étend la forêt domaniale de Sarrebourg. On y trouve un parcours de santé et plusieurs itinéraires balisés.

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Population

12.359 habitants

Région

Grand Est

Département

Moselle
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