Saujon

Histoire de Saujon

Saujon est une commune de Charente-Maritime, en région Nouvelle-Aquitaine, qui compte 7 183 habitants, sur les bords de la Seudre. Une hypothèse fait du nom Saujon une évolution de l’anthroponyme gallo-romain Salvio, à travers les formes Salvianonem et Villa Salvii, ce qui pourrait signaler la présence d’un domaine à l’emplacement de la ville actuelle. Au Moyen Âge, la localité a porté successivement les noms de Savion, Saugion et Saujean avant d’aboutir à sa forme actuelle. En saintongeais, la commune se nomme Saujhon, traduction directe du nom français dans la langue régionale.

L’occupation humaine du territoire est très ancienne, comme l’atteste un ensemble mégalithique au lieu-dit La Graupe, composé d’une série de dolmens dont la plupart ont subi les outrages du temps et des hommes. L’un d’eux conserve cinq dalles formant une salle, sans doute partie d’un monument bien plus important, vraisemblablement une allée couverte semblable à celle de Pierre-Folle, à Montguyon; des restes d’outils et des fragments de céramique ont par ailleurs été collectés en plusieurs endroits. Pendant des millénaires, la Seudre formait un vaste golfe marin ponctué d’îles et îlots, des côtes du pays d’Arvert à celles du pays de Marennes. Au fond de cet estuaire, sur un petit promontoire, le site primitif de Saujon a pu être occupé dès la haute antiquité, en raison de son potentiel à la fois économique, comme havre naturel bien abrité, et défensif. Quelques siècles avant notre ère, la région appartenait aux Santons, peuple celte qui y développa une civilisation rurale faite de petites communautés villageoises rassemblant paysans, artisans, commerçants et pêcheurs; leur capitale, Pons, n’était à l’époque qu’un gros village fortifié sur un oppidum dominant la vallée de la Seugne. Après la conquête romaine de 58 av. J.-C., les Romains préférèrent développer Mediolanum Santonum (Saintes) sur la Charente comme capitale, mais ils s’emparèrent rapidement du site de Saujon en raison de sa position fluviale et y établirent les bases d’un vicus, comme l’a confirmé en 1911 la découverte des vestiges d’un temple gallo-romain.

Malgré la chute de l’Empire romain en 476, Saujon resta une cité prospère grâce à sa position au fond de l’estuaire de la Seudre et à l’essor du commerce du sel. Un prieuré dédié à saint Martin, qui selon la légende aurait séjourné sur place un siècle plus tôt, fut fondé sur la rive droite de la Seudre et acquit une certaine importance au cours de cette période. Pendant l’époque carolingienne, sous le règne de Charlemagne, Saujon devint une place forte confiée à la garde de Taillefer de Léon, comte d’Angoulême; la forteresse a aujourd’hui disparu, mais quatre chapiteaux en proviennent et ont été incorporés à l’église actuelle. En 1152, quelques semaines seulement après sa séparation d’avec le roi de France Louis VII, la duchesse Aliénor d’Aquitaine se remarie avec Henri Plantagenêt, futur roi d’Angleterre. Saujon, comme l’ensemble de l’Aquitaine, est intégré à un immense domaine appelé « empire angevin » et entre dans la mouvance anglaise. Le marché britannique s’ouvre alors aux marchands aquitains, qui y écoulent notamment le sel, « or blanc » de la Saintonge, et le vin. Une commanderie hospitalière est fondée à une date indéterminée — en 1351 elle est dite « de bien ancienne et notable fondation, jadis fondée pour et en l’honneur de Dieu et de Monsieur Saint Jehan de Jérusalem » — au Breuil-du-Pas, en aval de Ribérou. Appartenant à la baillie des Épeaux, sur l’actuelle commune de Meursac, elle figure parmi les plus importantes du sud-ouest de la Saintonge.

Patrimoine religieux

L’église Saint-Jean-Baptiste, au style très sobre, fut édifiée entre 1679 et 1683 sur les plans de l’architecte Jacques Guérinet. Elle se compose d’un unique vaisseau flanqué de deux chapelles, terminé par une abside aujourd’hui aveugle, et son plafond voûté en anse de panier est entièrement lambrissé depuis une campagne de restauration des années 1960. À l’intérieur figurent des vitraux réalisés par le maître-verrier bordelais Dagrand, datés de 1913 à 1922, ainsi qu’une chaire de pierre et une tribune d’orgue à colonnes en stuc. Quatre chapiteaux provenant d’une ancienne église romane Saint-Martin, disparue à la Révolution, ont été placés sur des colonnes et incorporés à la nef en 1912; découverts lors de travaux sur le champ de foire, ils figurent parmi les sculptures saintongeaises romanes du département et représentent des scènes sculptées caractéristiques de l’art de la région.

Informations Clés

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Population

7.183 habitants

Région

Nouvelle-Aquitaine

Département

Charente-Maritime
(17)

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