Savigny-le-Temple
Histoire de Savigny-le-Temple
Savigny-le-Temple est une commune de Seine-et-Marne, en région Île-de-France, qui compte 30 510 habitants. Le nom de la localité rappelle son ancienne appartenance aux Templiers, qui en furent les seigneurs de 1149 à 1307. La commune est mentionnée sous diverses formes successives, depuis Saviniaca potestas en 986 jusqu’à Savigny jadis le Temple en 1466, en passant par Villa que appellatur Saviniacum supra Meledunum en 1149, Savegniacum en 1197, Savigniacum en 1216, Saveigniacum versus Meledunum en 1245 et Th. de Savigniaco Templi en 1249. Pendant la Révolution, la commune prit temporairement le nom laïque de Savigny-sur-Balory.
Avant la conquête romaine de la Gaule, le territoire de Savigny-le-Temple se trouvait sous la domination des Sénons, dont la capitale, Sens, marquait la frontière avec les Parisii. Peu de vestiges de cette époque ont subsisté dans la commune, mais une série de fouilles préventives sur la ZAC du Mont-Blanc a permis de mettre au jour une occupation datant de la fin de la période laténienne, probablement aristocratique, qui pourrait avoir survécu jusqu’à la période gallo-romaine. Plusieurs villas romaines ont sans doute existé sur le territoire communal: en 1992, des fouilles au lieu-dit La-Haye-Saint-Germain révélèrent les fondations d’un bâtiment gallo-romain dont la fonction n’a pas été établie. Le territoire se trouvait alors en bordure de la voie reliant Lutèce, l’actuelle Paris, à Agendicum, l’actuelle Sens, sur l’emprise de l’actuelle route nationale 6.
Au Moyen Âge, plusieurs hameaux sont attestés sur le territoire communal: le Bourg, Noisement, Plessis-le-Roi et la Grange-la-Prévôté. Noisement semble apparaître dès le XIIe siècle, tandis que Plessis-le-Roi est mentionné dans un document écrit en 1220. La Grange-la-Prévôté n’est citée qu’au milieu du XIVe siècle, et la Grange-du-Bois à la fin de la même période. Sous l’époque templière, les villageois étaient principalement des agriculteurs. Le pays fut ravagé par la guerre de Cent Ans, au point que certains indices laissent penser que la commune fut très affectée par ce conflit, peut-être plus que le reste de la région. La fin des hostilités amena une reprise de l’activité économique: entre le milieu des années 1470 et les environs de 1510 eut lieu un mouvement d’achat de baux de cens à Savigny-le-Temple entre le prieuré hospitalier et des paysans aisés, tandis que la bourgeoisie urbaine d’Île-de-France acquit également des terres dans la commune. Le seul fief important hors patrimoine hospitalier était celui de la Grange-la-Prévôté.
L’existence de la commune est attestée de manière certaine en 1149, lorsque Louis VII, de retour de la deuxième croisade, fit don de Savigny-le-Temple à l’ordre du Temple. Il s’agissait d’une commanderie avec toutes ses dépendances, à laquelle le roi accorda une rente de trente livres prélevée sur le cens qu’il percevait chaque année à Étampes. À la même époque, l’église de Savigny fut donnée aux Templiers. La découverte d’un trou de poteau près de sépultures lors de la fouille de l’église Saint-Germain suggère cependant l’existence d’habitations bien antérieures à cette donation. La commanderie continua à prospérer sous les Hospitaliers, qui succédèrent aux Templiers: le commandeur exerçait la haute, la moyenne et la basse justice, était collateur de la cure de Savigny et grand décimateur sur l’ensemble de ses terres, qui comprenaient Saint-Leu, Noisement, Forges, Villebohet, Plessis-le-Roi et les dépendances de Savigny. La Révolution n’affecta pas profondément le village. Le curé fit partie des prêtres constitutionnels, et la commune prit le nom de Savigny-sur-Balory de 1793 à 1798. Des terres furent vendues comme biens nationaux, mais la durée des ventes aux enchères et leurs prix élevés empêchèrent les habitants locaux d’en tirer profit. La commune entra dans le canton de Melun-Nord en 1800. Au début du XIXe siècle, la ville fut marquée par le couple formé du général Bernadotte et de Désirée Clary, mariés en 1798, qui choisit le château de la Grange-la-Prévôté comme résidence de campagne et fit embellir le parc et modifier l’édifice, sans pour autant y séjourner souvent. Devenu héritier du roi de Suède en 1810 et participant à la coalition forgée contre l’Empire en 1812, Bernadotte se sépara du domaine de Savigny-le-Temple.
Patrimoine religieux
Le patrimoine religieux de Savigny-le-Temple est marqué par la longue présence des ordres militaires sur son territoire. Donnée aux Templiers en 1149 par Louis VII de retour de la deuxième croisade, la commanderie passa après 1307 aux Hospitaliers, dont le commandeur cumulait les fonctions judiciaires, fiscales et ecclésiastiques sur l’ensemble des terres: haute, moyenne et basse justice, collation de la cure de Savigny et perception du droit de dîme. L’église Saint-Germain, donnée aux Templiers à la même époque que la commanderie, conserve la mémoire de cette double tutelle militaire et religieuse; les fouilles archéologiques menées dans l’édifice ont révélé un trou de poteau près de sépultures, signe d’un habitat antérieur à la fondation de la commanderie.