Scionzier
Histoire de Scionzier
Scionzier est une commune de Haute-Savoie, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 9 059 habitants. Les formes anciennes de Scionzier sont Seun Feio (1012), Sonzie (1275), Syonsie , Scionsier (1793) et Scionzier (1801). Les auteurs du Dictionnaire des communes de Haute-Savoie (1996) indiquent que l’origine du nom est mal connue. En francoprovençal, le nom de la commune s’écrit Chonvi (graphie de Conflans) ou Scionziér (ORB).
Entre le, le territoire des Alpes du nord est occupé par les Allobroges. Les Romains interviennent dans les environs à partir du Une fois le territoire pacifié, les Romains construisent des routes afin de commercer. À partir du, l’histoire de Scionzier est en partie liée à celle de la Chartreuse du Reposoir. Ainsi, en, Aymon, sire du Faucigny, donne, à l’Ordre des Chartreux, les terres de la vallée de Béol, pour que les moines puissent s’installer dans le Faucigny et pour y fonder une Chartreuse. Les territoires obtenus par la Chartreuse s’étendent alors sur les paroisses de Scionzier, de Saint-Hippolyte, de Magland, du Grand-Bornand, de Thônes et de Veyrier. Jusqu’au, la paroisse de Scionzier, appelée Paroisse, est immense et s’étend sur hectares de territoire.
Elle comprend alors les communes actuelles de Scionzier, de Vougy, de Nancy-sur-Cluses, du Reposoir et de Marnaz. En 1699, le duc Victor-Amédée II de Savoie inféode les paroisses de Scionzier et d’Arâches à noble Thomas de Rochette, par lettres patentes. Ces paroisses sont mises en vente pour rembourser les dettes de la guerre (sans doute la guerre de la Ligue d’Augsbourg); le but est d’éviter de taxer davantage la population. Un édit est publié en pour annoncer la vente de ces deux paroisses. Les ventes aux enchères sont organisées le pour Scionzier et le pour Arâches et condamné au bannissement perpétuel en 1716. Les troupes de la République envahissent le duché de Savoie pour « libérer » les Savoisiens.
Les quelques troupes de Victor-Amédée III, roi de Piémont-Sardaigne et duc de Savoie, ne sont pas en en état de résister et se replient sur les cols. La Savoie est facilement conquise et la République Française prend alors possession de la Savoie par un décret de la Convention nationale. En novembre 1792, la Savoie devient le département du Mont-Blanc. Parallèlement à ces évènements qui se déroulent à Chambéry, l’arbre de la liberté de Scionzier est planté le 7 octobre 1792 sur la place du Foron et est inauguré le dimanche 9 octobre, au son d’un branle (musique locale ancienne), interprété par quelques musiciens qui formeront plus tard l’harmonie municipale de Scionzier. La paroisse de Scionzier devient indépendante de celle du Reposoir. Après trente années de démarche, de 1830 à 1866, la commune de Marnaz est créée le par un décret de Napoléon III.
Lors de cette scission, l’église Saint Pierre-aux-Liens de Marnaz, construite de 1848 à 1851 sur le lieu-dit « La Contamine », initialement construite pour la paroisse de Scionzier, est attribuée aux Marmerots. Les Schonverots, mécontents, vont alors récupérer la cloche de l’église, qui sera finalement rendue à la fonderie Paccard. Une pétition circule dans 60 communes du Faucigny, dans 23 communes du Chablais et 13 du Nord du Genevois. Les demandent le rattachement du nord de la Savoie (actuelle Haute-Savoie) à la Suisse. À cette époque, les Savoyards étaient profondément affectés par le désengagement du roi, Victor-Emmanuel II, qui se consacre à la fondation de l’unité italienne. Pour donner un caractère légitime à cette cession de territoires, un nouveau référendum est organisé le 22 et 23 avril 1860.
99,8 % des Savoyards répondent « oui » à la question « La Savoie veut-elle être réunie à la France? Les deux territoires, la Savoie et le comté de Nice, sont remis à l’empereur Napoléon III, en application du traité conclu à Turin, le 24 mars 1860. À la suite de cette annexion, Scionzier, comme les autres communes de la Haute-Savoie, est rattachée à la France.