Servon-sur-Vilaine
Histoire de Servon-sur-Vilaine
Servon-sur-Vilaine est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 3 864 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes ecclesia de Servun au, parochia de Servonio. Servon-sur-Vilaine vient du romain Cervonius et du suffixe onem, ou du latin servus (esclave, serviteur). Le suffixe « sur-Vilaine » a été rajouté au nom de la commune en 1920, pour la différencier d’autres communes portant le même nom.
En gallo, la localité est appelée Servon prononcé [sɛrvɔ̃].
On a retrouvé des vestiges romains le long de la route de Rennes à Paris sur le territoire de Servon. Une autre hypothèse est le tracé des voies romaines traversant le territoire de la commune. Le territoire de Servon était situé sur la voie romaine de Nantes à Avranches, actuellement la route de Châteaugiron à La Bouëxière et sur celle de Paris à Rennes qui passait au niveau du chemin du Gros Chêne, ce qui explique la largeur du chemin et son empierrement par endroits. Ce chemin arrivait à Rennes par les ponts de Cesson-Sévigné. On peut retrouver son tracé et le suivre à pied grâce à une carte bien qu’il disparaisse dans les champs par moments. L’existence de la paroisse de Servon est attestée dès le début du, Alain III de Bretagne et la duchesse Havoise, sa mère, donnent en effet à cette époque le tiers de l’église de Servon et les dîmes qu’ils possèdent dans la paroisse à l’abbé de Marmoutier, Évrard; plusieurs autres mentions de Servon existent dans d’autres documents de ce même siècle. Plusieurs propriétés agricoles étaient également rattachées au couvent de Saint-Melaine à Rennes. La paroisse de Servon était un fief au Moyen Âge, appartenant aux seigneurs de Servon.
On n’est pas sûr de l’emplacement initial de leur château, certaines thèses proposant un emplacement au niveau de la Bretonnière, point assez haut du village, d’autres thèses soutiennent qu’il était à l’emplacement du château du Gué pour protéger ce passage vital pour le village. Le gué donna son nom à une famille de chevaliers portant des armes « d’argent à la croix engreslée de sable » et dont le premier connu, Georges du Gué, qui a vécu vers 1350, épousa Seraine de Coësmes. Le manoir du Gué de Servon, siège d’une châtellenie, se trouvait (jusqu’en 1856, date à laquelle il fut, ainsi que les terres avoisinantes, rattaché à la commune de Servon) dans la paroisse de Noyal et à la limite de celle de Châteaugiron, occupant une position marécageuse au bord de la Vilaine; il se trouve au centre d’un grand carré cerné de larges douves pleines d’eau et que fermait un pont-levis. Ce château, vaste corps de logis flanqué à ses angles de quatre tourelles en encorbellement, enclavé en raison de l’absence de pont sur la Vilaine jusqu’au Second Empire dans ses relations avec la paroisse de Servon. La famille du Gué était seigneur fondateur et prééminencier de l’église de Servon dans laquelle ils possédaient un enfeu. En 1558 la seigneurie du Gué de Servon passa par héritage dans les mains de la famille de la Marzelière. Le château est pillé par les Ligueurs en 1589 lors des Guerres de religion. La terre du Gué fut acquise en 1669 par Claude de Marbeuf, seigneur de Laillé, qui fut président à mortier au Parlement de Bretagne et qui fit reconstruire le château du Gué, détournant le cours de la Vilaine afin que le château soit désormais en Servon; il obtint en 1672 l’érection de la châtellenie du Gué en châtellenie indépendante, échappant à la suzeraineté des barons de Châteaugiron, comme c’était le cas jusque-là; il installa sa haute justice dans le bourg de Servon (les fourches patibulaires, à quatre piliers, se dressaient sur le pâtis Nicolle) et obtint le droit d’y organiser un marché chaque semaine et quatre foires par an.
Son petit-fils Charles-François de Marbeuf vendit la seigneurie le 21 janvier 1745 à Michel Picot, sieur du Bois Feillet en 1775 le château est acheté par René Gouyon de Thaumatz,puis vendu comme En 1782, les généraux [assemblées paroissiales] de Saint-Jean-sur-Vilaine, Saint-Didier, Domagné, Châteaubourg, Broons, Servon et Brécé se plaignent: « la corvée des grands chemins [la route de Rennes à Paris] est un fardeau d’autant plus onéreux pour les habitants des campagnes qu’ils y sont les seuls assujettis, qu’ils sont forcés de se livrer à un travail qu’elle exige dans les tems [temps] de l’année les plus précieux pour eux ». L’assemblée électorale des paroissiens de Servon en vue de la préparation des États généraux de 1789 se tint le 2 avril 1789 sous la présidence de Paul-Joseph Brindejonc, procureur au présidial de Rennes et sénéchal de la châtellenie du Gué de Servon, en présence de 31 paroissiens; Jacques Gaudiche (du Vaurenoul) et Nicolas Chevalier (trésorier de la fabrique) furent élus pour représenter la paroisse à l’assemblée du tiers-état de la sénéchaussée; un cahier de doléances fut rédigé dans lequel il est notamment écrit que le commerce de la paroisse « consiste principalement dans la fabrique des toiles à voiles; qu’il n’y a pas plus d’un quart de lieue de sa distance au grand chemin qui conduit de Rennes à Vitré; qu’il y a dans cet espace la rivière de Vilaine à traverser, qui, par ses crues d’eau, oppose la communication du dit lieu et autres paroisses circonvoisines qui font le même commerce de toiles, qu’il est de toute nécessité de rétablir un pont sur la dite rivière, d’autant plus que journellement les voitures qui passent par le gué sont exposées à périr corps et biens »; les paroissiens demandent aussi la suppression de la corvée sur les grandes routes, des droits de colombier et de garenne (privilèges des seigneurs), des banalités, et demandent d’être exemptés de la milice, Jean-Pierre Fortin était depuis le 21 mai 1776 recteur de Servon lorsque se déclencha la Révolution française. La paroisse eut à nouveau un recteur, Jean Pichon, en 1803 après le Concordat.
File:Plan cadastral 1849 Servon.jpg|thumb|Plan cadastral de la commune de Servon [Servon-sur-Vilaine] en 1849 (tableau d’assemblage). En 1851, le journal La Presse écrit Varin, continuateurs d’Jean-Baptiste Ogée, décrivent ainsi Servon en 1853 L’ancienne chapelle Saint-Mathurin fut détruite lors de la construction de la voie ferrée. Les limites du territoire de Servon furent sujet de controverse avec la commune de Noyal jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle. En effet, toute la partie ouest de Tatoux, château du Gué et sud de Servon (ferme d’Olivet) étant rattachée à Noyal sur Vilaine. Cette dernière ne voulait pas céder ces territoires très excentrés par rapport à elle à Servon qui les jouxte. L’ancienne école publique est construite en 1890.
Une plaque commémorative près du monument aux morts de Servon-sur-Vilaine porte les noms de 57 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux 4 sont morts en Belgique (Pierre Goupil et Joseph Poulain dès le 22 août 1914 à Rossignol; Adolphe Moquet à Machelen le 24 octobre 1914 et Eugéne Cadiou à Ardoye le 17 octobre 1918); deux ont été tués à l’ennemi dans les Balkans en 1917 (Pierre Lebreton en Serbie et Jean Maillard dans l’actuelle Macédoine du Nord); tous les autres (à l’exception peut-être de trois pour lesquels le lieu ee leur décès n’est pas précisé) sont morts sur le sol français (dont Louis Cordon, sous-lieutenant au 2e régiment d’infanterie coloniale, mort des suites de ses blessures dans l’ambulance le 22 novembre 1914 à Sainte-Menehould (Marne), décoré de la Légion d’honneur, de la Médaille militaire et de la Croix de guerre; trois ont été décorés de la Croix de guerre (Louis Monnier, tué le 29 décembre 1915 à Perthes-lès-Hurlus (Marne), Théodore Coquelin, tué le 22 mai 1926 à Vaudesincourt (Marne) et Jean Marion, tué le 20 juillet 1918 à Mesgrigny (Aube) Le monument aux morts, dû au sculpteur Joseph Tardivel, est inauguré le 10 septembre 1922; en granite et calcaire, il a la forme d’un obélisque surmonté de la statue d’un poilu, avec, au-dessus, des représentations du Christ et de l’église paroissiale. Il était initialement entouré d’une grille, avant d’être plaqué contre le mur de l’église paroissiale par la suite. Une « fête Saint-Denis », avec notamment des concours de pêche dans la Vilaine, était organisée chaque année dans la décennie 1920. Un club de football existait déjà à Servon-sur-Vilaine en 1932. D’autres articles prouvent son l’existence de la « Société sportive servonnaise » déjà en 1927 avec au moins deux sections: football et tir, et même déjà en 1924. Le patronage Saint-Martin eut aussi son club de football, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale. Il existait aussi une société de musique des « Fondeurs de Servon-Sérigné ».
Le moulin du Gué de Servon est détruit par un incendie allumé par le propriétaire, Constant Ligé, forcé par décision de justice de quitter les lieux le 16 décembre 1936. Une plaque commémorative près du monument aux morts de Servon-sur-Vilaine porte les noms de 8 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi elles Louis Maré, soldat du 111e régiment d’infanterie, est mort le 4 mars 1945 au Danemark; Pierre Gandon, Jean Marie Jolivet et Aristide Leprêtre sont morts alors qu’ils étaient prisonniers de guerre en Allemagne; Eugène Bohuon, Joseph Allain, Jean Lelion et Paul Thomas, requis du STO, sont aussi morts en Allemagne. Émile Guiheux, soldat du 270e régiment d’infanterie, mort pour la France le 29 mai 1940 à Pervyse (Belgique), n’est pas inscrit sur les plaques commémoratives du monument aux morts de la commune, mais a été inhumé le 20 février 1941 à Servon-sur-Vilaine. Des enfants de l’école Saint-Joseph des Sacrés-Cœurs de Rennes (école bombardée en mars 1943) étaient repliés à Servon-sur-Vilaine en 1943-1944 Le passage à niveau de la D 101 sur la ligne ferroviaire de Paris-Montparnasse à Brest a été supprimé en 2014, remlacé par un pont.
Patrimoine religieux
Le patrimoine de Servon-sur-Vilaine se compose essentiellement de monuments historiques et religieux (château, église, chapelles, oratoires, croix, anciens moulins à eau) que vient souligner un important patrimoine vert (espace rural, site naturel de Pas Davy, la Vilaine, bois et bocages). Léglise Saint-Martin-de-Tours, dédiée à saint Martin, en forme de croix latine et de style néo-gothique construite de 1880 à 1885 par l’architecte Aristide Folie; elle a un clocher-porche en façade. Censée être l’église paroissiale la plus haute d’Ille-et-Vilaine, sa flèche n’a jamais pu être construite faute de moyens financiers. Ce qui lui donne son caractère un peu « Notre-Dame à une tour ». Son mobilier a été conçu par Arthur Regnault.
Les vitraux de l’église, dus à Claudius Lavergne et à son fils, sont classés et bénéficient parfois d’un éclairage de l’intérieur. C’est avec celui de Châteaugiron l’un des seuls monuments aux morts figuratifs du département. Il représente un soldat français appuyé sur son fusil à la croisée d’un chemin. Il date des années 1920 et a été déplacé maintes fois. La plaque qui l’accompagne de par son style est également très intéressante’.
La majeure partie du logis a été endommagée par un incendie qui lui à faire perdre sa belle toiture et un étage ainsi qu’un bâtiment accolé à l’est que l’on peut voir sur les gravures de l’époque. Le dôme de la chapelle et son campanile ont également disparu car le château avait été laissé à l’abandon. On peut toutefois voir l’allure du château à la fin du sur un plan de Servon datant de la même époque affiché en mairie et une photo en noir et blanc datant du début du siècle. En face du château se trouvent les écuries datant. Une date sur une pierre d’entourage de porte est gravée 1784 ».
Mis à part qu’il fut aux propriété de la famille De Marbeuf très influente à Rennes, le château est également lieu de certaines légendes comme celle de cette madame Courteille qui y serait morte et hantait le curé du coin. Au château eut également lieu en 1677 le mariage des parents de celui qui fondera en 1709 à Paris la congrégation du Saint-Esprit: Claude Poullart. Le moulin du Gué (ruines) non loin du château. Ancien moulin seigneurial dont il ne reste que le logis du meunier (propriété privée) et l’ancien bâtiment dix-neuvième du moulin qui d’après la légende locale aurait été incendié dans la décennie 1940 à cause d’une querelle d’héritage en lien avec le moulin jumeau de Brécé. La chapelle Notre-Dame-de-la-Délivrance, dite aussi « Notre-Dame-de-l’Etang » ou « Notre-Dame-des-Victoires » est une ancienne chapelle frairienne remaniée en 1667 et restaurée en 1928.