Sevran
Histoire de Sevran
Sevran est une commune de Seine-Saint-Denis, en Île-de-France, qui compte 51 845 habitants. Avant le, Sevran apparaît sous l’appellation Ceb.randa ou Caput Arantae (par restitutions hypothétiques). C’est au cours du qu’apparaît la mention écrite du village Ciperente ou Ceperente, dans le testament de dame Ermentrude, alors propriétaire terrienne de la région. Des documents permettent de suivre l’évolution étymologique: en 1089 Ceverencus/Ceverenco, en 1168 Ceverents, en 1237 Ceverent, en 1243 Cevran ou encore Cevrent, Cevren au et Sevran.
À la fin du, deux appellations restent: Cevran au qui se modifie en Sevran vers 1780. L’abbé Lebeuf, prêtre et historien, nous rappelle que le lieu est appelé Villa Picta dès le milieu du et il en déduit que l’origine du nom actuel est incertaine. Il en donne une large description, qui nous permet de comprendre à la fois l’histoire et la géographie de la ville, à ce moment-là.
Voici un exemple: « La paroisse de ce nom est située à quatre lieues de Paris, à la main gauche du chemin de Meaux, à l’extrémité de la plaine ou des belles campagnes de bled qu’on appelle le pays de France, d’où est venu que quelques-uns l’on appelé Cevran en France qu’ils écrivent Sevran. Le petit ruisseau qui y passe s’appelle Morée et prend sa source à une demi-lieue de là vers Vaujours.
Au, dans son testament, Ermenthrude mentionne Sevran. Ainsi il apparait la mention suivante: « Vinex predatura una sita in monte Blixata quem Leudefredocolit, Basilicae Sancti Martini Ciperente dari jubes », traduction du latin: « Je veux qu’on donne à la basilique de Cevrent une certaine pièce de vigne située sur le mont Blixa qui est façonnée par Eufroy. Les bénédictins de Saint-Martin-des-Champs s’installent à Sevran en 1060. Vers 1083, le fief est la seigneurie d’Hugues de Dammartin, vassal de l’évêque de Paris. Le domaine est alors cédé à Saint-Martin qui n’y tiendra toutefois que la seigneurie et la justice. Le village vivant de la culture céréalière connaît une certaine prospérité économique.
Ainsi vers 1563, les moines accordent un droit de pâturage à tous les habitants du village. Mais aux et s, de mauvaises récoltes provoquent des périodes de disette. En 1569, Saint-Martin-des-Champs vend la seigneurie de Sevran à Charles Maheut, notaire du roi. L’existence du fief de Baudotte est attestée en 1577 lors de sa vente par le prieuré de Saint-Nicolas d’Acy de Senlis (qui dépend de Saint-Martin-des-Champs) à Jean Josselin et Charles Maheut. À la mort de ce dernier en 1587, ses biens furent partagés entre ses deux enfants, Valère et Michel; ainsi en 1601, le fief de Baudotte fut divisé en deux, de sorte qu’on le nomme désormais « Les Baudottes ». Une partie du fief fut rattachée au fief de la Fossée en 1608; l’autre partie, en revanche, continua de relever directement de la seigneurie de Sevran.
Au, saint Vincent de Paul séjourne plusieurs années au village. En 1643, le château de Sevran est érigé en fief. La Révolution française n’occasionne aucun changement majeur dans le village. En 1802, avec un décret du 29 Floréal An X Napoléon Bonaparte, alors Premier consul, demande l’ouverture du canal de l’Ourcq. Il passa une nuit au domaine du Fayet (ancienne maison Nobel, puis ancienne Mairie), alors propriété du marquis de Montaignac, lorsqu’il parcourait les chantiers des travaux de son creusement. L’ouverture du canal sera effectuée en 1822.
Au, la construction du canal de l’Ourcq, puis du chemin de fer, changent la physionomie de la commune. Aux abords de ces deux axes, de nombreuses entreprises s’installèrent, offrant du travail à de nouveaux habitants: la poudrerie nationale de Sevran-Livry (1873), Westinghouse (1891) et Kodak (1925). Le premier système d’éclairage public est mis en place sur proposition de, maire de Sevran, le. Il est constitué de trois réverbères fonctionnant au pétrole qui éclairent le village pendant l’hiver. Une concession de pour l’éclairage au gaz est accordée à la société Fusion des gaz le. Cette société se dit prête pour l’installation de l’électricité en 1912.
Un accord est signé le pour un projet de réseau à partir d’un transformateur à la gare. La guerre de 1914 ralentit la réalisation des travaux et c’est le que le conseil municipal demande le remplacement de l’éclairage au gaz par l’électricité avec quatre lampes entre la mairie et le pont du canal. George Eastman décide d’implanter son activité en France et choisit Sevran. La guerre de 1870 fut la plus dévastatrice pour Sevran. La ville fut désertée par ses habitants: seuls trois d’entre eux restèrent et huit revinrent sur les 360 que comptait la commune. Les bois furent rasés, la ville totalement détruite.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville abrita de nombreux résistants notamment Alfred Victor Lévy, André Bellamy, Francis Créno, Auguste Crétier abattu par l’ennemi le devant l’école qui porte à présent son nom, Gaston Bussière (ancien maire de la ville). Après la débâcle allemande, Sevran obtint sa liberté par le sang: plusieurs obus éclatèrent dans la ville, et firent de nombreuses victimes. Le centre de Sevran fut libéré par les troupes américaines. À partir des années 1950, le nord de la commune connaît une forte urbanisation. Les champs disparaissent progressivement. Dans les années 1970, la commune encourage l’installation de zones commerciales et industrielles, comme Beau Sevran et la zone d’activité Irène-et-Joliot-Curie.
Au début des années 2000, frappée par la désindustrialisation, la commune est pratiquement en faillite, présente un fort taux de chômage et les bâtiments municipaux sont souvent délabrés au point d’être parfois dangereux.
Patrimoine religieux
La mairie est indissociable de la première école laïque. Elle abrita de nombreuses personnalités. Alfred Nobel qui, après s’être installé à Paris en 1873 dans un hôtel particulier de l’avenue de Malakoff, cherche un lieu pour installer un laboratoire proche de Paris. Il acquiert à Sevran l’ancien château du fief du Fayet (dont la partie habitat abrita la mairie jusqu’en 2015) situé près de la Poudrerie nationale de Sevran-Livry.
La mairie a ensuite été transférée dans la maison de maître rénovée de l’ancien fief de la Fossée.