Sierck-les-Bains
Histoire de Sierck-les-Bains
Sierck-les-Bains est une commune de la Moselle, dans le Grand Est, comptant 1 772 habitants, bâtie sur la partie convexe d’un méandre de la Moselle à son confluent avec le ruisseau de Montenach. Son nom proviendrait du vieux haut allemand zirki (cercle), retranscrit en latin médiéval sous les formes circum, Sirke ou Sirche, désignant la configuration géographique circulaire du site. Cette position, face à la colline du Stromberg, aux portes du Luxembourg et de l’Allemagne, justifie la présence d’un château fort qui semble avoir précédé la ville, dont la construction est située aux Xe ou XIe siècles. À cette époque, Sierck, qui dépendait des archevêques-électeurs de Trèves, devint possession du duc Gérard Ier de Lorraine et le demeura jusqu’au traité de Vincennes en 1661.
La famille de Sierck apparaît au XIe siècle et s’éteint vers 1530; c’est sous son autorité que la cité connut son plus grand développement économique et architectural. Certains de ses membres occupèrent de hautes fonctions religieuses: Jean de Sierck fut évêque d’Utrecht puis de Toul, mort en 1305; Jacques de Sierck fut archevêque de Trèves et fondateur de l’université de cette ville, mort en 1456. C’est à Sierck que se réfugia la duchesse de Lorraine Marguerite de Bavière, lasse des aventures extra-conjugales de son mari Charles II. Guidée par le chartreux Adolphe d’Essen, elle y développa la dévotion au Rosaire, qui connut un grand succès, notamment auprès des dominicains, et soutint la fondation de la chartreuse de Marienfloss. En 1285, Ferri de Sierck participa au tournoi de Chauvency-le-Château, jouant contre Millet de Thil.
En 1295, Ferry III de Lorraine octroya à la ville une charte d’affranchissement et l’entoura d’une enceinte fortifiée, les façades arrière des maisons donnant sur la Moselle formant barrière défensive. Arnould VI de Sierck fut à l’origine de plusieurs édifices majeurs: le château de Meinsberg, l’ancienne église de Contz-les-Bains, et la reconstruction du château de Sierck ainsi que l’édifice qui justifie l’érection de la ville en paroisse au milieu du XIVe siècle. La prospérité de la ville, jusqu’à la guerre de Trente Ans, favorisa l’essor d’activités commerciales et artisanales diversifiées — bouchers, drapiers, tanneurs — dont les maisons et boutiques construites du XIVe au XVIe siècles donnent encore son caractère au bourg. En 1661, la commune fut cédée à la France par le traité de Vincennes et une prévôté royale y fut créée par édit en novembre de la même année.