Soulac-sur-Mer
Histoire de Soulac-sur-Mer
Soulac-sur-Mer est une commune de la Gironde, en Nouvelle-Aquitaine, peuplée d’environ 2 922 habitants. Son nom est d’origine gallo-romaine: Solac en graphie occitane, nom de domaine en -acum construit sur l’anthroponyme latin Solus. L’histoire de la ville avant le Moyen Âge reste mal documentée; son assimilation à l’antique Noviomagus de Ptolémée est une hypothèse largement controversée. Le territoire communal est occupé dès le Néolithique (sites de l’Amélie et de la pointe de la Négade) et à l’âge du bronze, comme l’attestent notamment une enseigne gauloise figurant un sanglier stylisé, retrouvée sur une plage en 1989, et plusieurs découvertes archéologiques conservées au musée d’art et d’archéologie.
La configuration du littoral était très différente à l’époque antique: Soulac, aujourd’hui en bord de mer, se trouvait alors en bordure d’un fleuve, le littoral atlantique étant situé beaucoup plus à l’ouest. Une voie antique appelée la Lébade reliait le site à Bordeaux; une autre longeait le cordon dunaire jusqu’à Bayonne. Dépendant de la cité des Bituriges Vivisques, la région accueille un premier monastère bénédictin dépendant de l’abbaye Sainte-Croix de Bordeaux à partir du XIe siècle. La popularité du pèlerinage de Compostelle renforce l’importance religieuse du lieu: la voie de Soulac, bien que secondaire par rapport aux grands axes de Tours, Limoges, Toulouse ou du Puy, accueille ses contingents de pèlerins; un hôpital est construit pour les recevoir, ainsi qu’à Talais et Grayan-et-l’Hôpital. La basilique Notre-Dame est édifiée dans la seconde moitié du XIIe siècle; on y vénère le tombeau présumé de sainte Véronique. En 1744, l’édifice est entièrement enseveli sous les sables, contraignant à construire une nouvelle église au « Jeune Soulac ».
Au XIXe siècle, les ruines de la basilique englouties, dont seul émerge le sommet du clocher, attirent les sociétés savantes et deux visites de la commission des monuments historiques (1842 et 1846). En 1849, un particulier, Antoine Trouche, acquiert les dunes du « Vieux-Soulac » et ordonne la plantation d’une forêt de pins maritimes pour contenir l’avancée des sables, embryon de la forêt domaniale actuelle de la pointe de Grave. Les premières villas balnéaires s’édifient peu après, formant la station des Bains des Olives. Le désensablement de la basilique est ordonné par les autorités ecclésiastiques en 1859 et se poursuit jusqu’en 1905. L’arrivée du chemin de fer (ligne du Médoc) en 1874 amplifie l’essor de la station balnéaire.