Taupont
Histoire de Taupont
Taupont est une commune de Morbihan, en Bretagne, qui compte 2 330 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Taupont en 1330,Tauppont en 1399, Taulpont en 1476. La forme bretonne normalisée donnée par l’Office public de la langue bretonne est Talbont, signifiant « le bout du pont », « face au pont, devant le pont ».
Aucun monument préhistorique n’est recensé sur le territoire communal. Taupont n’a pas conservé de traces significatives de la présence romaine, mais le site du Vieux Bourg est proche du gué sur l’Yvel, lieu de passage privilégié. Taupont est issu du démembrement de la paroisse de Ploërmel. La paroisse, qui dépendait du diocèse de Saint-Malo fut, vers le XIe siècle, donnée à l’abbaye Saint-Gildas de Rhuys qui y fonda le prieuré Saint-Golven (sa chapelle étant dédiée à Saint-Nicolas), dont le prieur était aussi recteur de la paroisse. Par la suite, à une date imprécisée, le prieuré ne fut plus habité et tomba en commende, l’abbaye de Rhuys gardant un temps le droit de présentation du chapelain de la chapelle Saint-Nicolas. Varin « Le Clos appartenait aux seigneurs de Trégarantec. Un de leurs cousins étant poursuivi comme blasphémateur, ils obtinrent qu’il leur fût remis, et l’enfermèrent au Clos, où ils tachèrent de le ramener à de meilleurs sentiments. Sur son refus obstiné, ils le livrèrent à deux de leurs agents et à un carme.
Il fut confessé et noyé dans l’Étang-au-Duc. Le roi leur fit grâce en 1494 ». Un seigneur de Lambilly participa à la Septième croisade en 1248. Le château de Lambilly, haute justice et maison seigneuriale de la paroisse, appartenait, en 1360, à Jean de Lambilly. Jean, son fils, fut grand chambellan et premier gentilhomme du duc Jean IV, en 1487. Robert de Lambilly fut élu Capitaine des Francs-Archers de l’Évêché de Vannes. Le manoir de Cremenan appartenait, en 1400, à Jean de Lambilly; la Ville-Eau-de-Vache, à Jean de Castel; et la Rivière, à Guillaume Brehault, fut aumônier de la Compagnie des Indes orientales, puis à partir de 1720 curé de la paroisse Saint-Louis à L’Orient (Lorient). Le peintre vannetais Jean-Vincent Lhermitais (1700-1758) a peint son portrait qui appartient à la commune de Taupont, mais qui est prêté depuis 1979 au Musée de la Compagnie des Indes.
En 1774 Taupont avait 6 chapelles: Saint-Nicolas (qui dépendait toujours de l’abbaye Saint-Gildas de Rhuys); Saint-Cornély (située à Henlée); Saint-Étienne (à Crémenan); Saint-Gildas (à Quelneuc); Sainte-Anne (à Lézillac) et la chapelle privée du château de Lantilly. La paroisse disposait de 2 chapellenies et a dû avoir à un moment une maladrerie car une croix en conserve le nom. La paroisse dépendait du doyenné de Porhoët. L’ancienne châtellenie de Lambilly possédait « haute, moyenne et basse justice en la paroisse de Taupont, manoir avec chapelle, colombier, fuie, jardin et parc, droits de fondation en l’église de Taupont avec enfeu prohibitif, droits de coutume à la Foire fleurie à Ploërmel ». La famille était baron de Kergroix (en Remungol) depuis l’acquisition de cette baronnie en 1651 et devinrent marquis de Baud, Kermeno (en Pluméliau) et Remungol en 1724. Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Taupont en 1778 Hervé, refuse de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé et, devenu prêtre réfractaire, dut s’exiler en 1781. Les restes de l’ancien prieuré furent vendus comme biens nationaux.
Félix Guérin de la Houssaye, un des responsables de l’insurrection légitimiste du Morbihan en 1831, se serait caché un temps au château de Lambilly. accordées par le pape Benoît XIV et confirmées par le pape Grégoire XVI en faveur des pèlerins venant prier dans l’église (liste publiée le 18 novembre 1842 par l’évêque de Vannes Charles-Jean de La Motte de Broons de Vauvert). Varin, continuateurs d’Ogée, décrivent ainsi Taupont en 1853 En 1854 la commune de Teupont, ainsi que de nombreuses communes des alentours, est ravagée par une épidémie de dysenterie. Des épidémies de donitenthérie frappèrent Taupont en 1857 et 1862. Des épidémies successives de variole font 50 malades (1 décès) en 1886, 300 malades (27 décès) en 1867, 45 malades (10 décès) en 1868 et 35 malades (1 décès) en 1871. Un établissement des Filles du Saint-Esprit est créé en 1859 à Henlée, en Taupont. ː l’église du Vieux Bourg de Taupont vers 1900 (tableau situé dans l’église).
Le chef-lieu de la commune est transféré à compter du 1 janvier 1860, au hameau de la Lande-du-Haut-Bois fut zouave pontifical entre 1861 et 1864. En 1882 le conseil municipal de Taupont choisissant ses 5 représentants à la commission scolaire désigna le recteur, un de ses vicaires, le comte de Lambilly et deux autres personnes « afin de maintenir les droits du clergé à la surveillance de l’enseignement primaire ». En mars 1883 572 pères de famille de Taupont adressent une lettre au préfet du Morbihan dans laquelle ils s’indignent de la loi du 28 mars 1882, publiée au JORF du 29 mars 1882- sur l’enseignement primaire obligatoire et regrettent que l’enseignement ne se limite pas à l’apprentissage du catéchisme, de l’Histoire sainte et du psautier comme c’était le cas jusque-là. Le 24 mars 1896 l’évêque de Vannes, Jean-Marie Bécel, prononça en l’église de Taupont l’éloge funèbre du comte Gabriel de Lambilly, lequel fut édité. Selon Paul Sébillot vers la fin du XIXe siècle les habitants de Loyat étaient réputés plus actifs et plus avisés que les gens de Taupont, traités par eux du terme péjoratif de Licois. En 1900, un gendarme en retraite, Féderlen, qui avait obtenu la gestion du bureau de tabac, se le vit retirer par le préfet (aux ordres du gouvernement Waldeck-Rousseau) aux motifs qu’il allait à la messe, que l’aîné de ses enfants était missionnaire et que le second faisait ses études au collège Saint-François Xavier de Vannes. « Le gouvernement ne vous paie pas pour faire des curés » lui a-t-on dit. Selon Eugène Herpin, les fidèles priaient dans le Vieux Bourg un saint imaginaire, saint Taupont, qui guérissait les malades, surtout les malades imaginaires précise l’auteur, à condition que ceux-ci veuillent « bien aller se frotter le ventre à une pierre bien connue dans le pays ».
(journal L’Ouest-Éclair du 10 mars 1906). Le 7 mars 1906, « le receveur de l’enregistrement de Ploërmel, accompagné du commissaire de police et de trois compagnies de soldats d’infanterie et d’un peloton de dragons, s’est rendu à Taupont pour procéder à l’inventaire de l’église. Ils sont arrivés vers 8 h.½ du matin. La troupe a commencé par faire circuler la foule qui stationnait aux abords de l’église et les agents de la loi se sont présentés pour pénétrer dans l’église. de Lambilly, conseiller général, président de la fabrique, ont lu une protestation (.). Le commissaire de police a aussitôt fait les sommations légales » avant de pénétrer de force en faisant sauter une porte qui était barricadée par un tas de fagots dans l’église où 500 à 600 personnes avaient passé la nuit et les autorités purent procéder à l’inventaire. En octobre 1908 une épidémie de dysenterie sévit à Taupont, faisant au moins 5 morts. Le journal L’Ouest-Éclair écrit le 21 octobre 1908: « L’épidémie de dysenterie sévit toujours dans la commune de Taupont et aux environs, où la population est consternée.
(.) Au village du Loguel en Taupont, tous les habitants sont atteints. Un médecin y a visité 32 malades de suite. Un décret du Président de la République en date du 20 janvier 1911 « attribue à la commune de Taupont, à défaut de bureau de bienfaisance, les biens ayant appartenu à la fabrique de l’église de Taupont et actuellement placés sous séquestre ». Le décret précise aussi qu’une maison située au Nouveau Bourg et affectée à usage scolaire, qui appartenait aussi à la fabrique, est également attribuée à la commune de Taupont. Le 31 août 1911 le préfet du Morbihan approuve par arrêté le projet de construction à Taupont d’un groupe scolaire à une classe pour chaque sexe. La liste de tous les poilus de la commune qui ont été mobilisés est disponible sur un site Internet. Le monument aux morts de Taupont porte les noms de 107 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux 3 sont morts en Belgique dès août 1914 (Pierre Gru à Rossignol, Jean Prioux et Mathurin Michel à Maissin); 2 sont morts en Turquie en 1915 lors de la bataille de Sedd-Ul-Bahr (Joseph Houeix et Eugène Renaud); 3 en Grèce dans le cadre de l’expédition de Salonique en 1917 ou 1928 (Jean Picard disparu au combat, Joseph Ruyet et François Tancray de maladie); Jean Olivier (gravement blessé à Verdun) et Jean Taupinel sont morts en captivité en Allemagne; tous les autres sont morts sur le sol français (61 d’entre eux ont été décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre). Golven Querbouët a laissé un livret où il décrit et dessine sa vie au front.
Dès le 12 novembre 1916, le conseil municipal de Taupont décide d’élever dans le cimetière, après la guerre, un monument à la mémoire des soldats morts au service de la patrie. Une souscription est organisée en mars 1919 pour financer en partie les frais d’érection du monument, dont le devis est signé en octobre 1920. L’inauguration lieu le 19 février 1922 et la grille l’entourant est apposée en mars 1924. La ligne de chemin de fer d’intérêt local à voie métrique des Chemins de fer du Morbihan allant de Ploërmel à La Trinité-Porhoët (via Taupont, Helléan, Saint-Malo-des-Trois-Fontaines et Mohon), est déclarée d’utilité publique par la loi du 1 mai 1911; elle ouvre le 5 octobre 1915 mais ferme en 1939. Armel Thétiot, surnommé « Tonton Armel » a animé à partir de 1925 une troupe théâtrale qui devint célèbre dans toute la région; il anime aussi le football local qui commence à être joué en 1932; en 1939 il participe à la création d’un groupe de musique et d’une chorale; il devient président du club de football du patronage l »‘Aurore de Taupont » créé en 1943. Le stade municipal de Taupont porte son nom. La fête locale organisée le 12 septembre 1937 célèbre l’inauguration du réseau électrique et la bénédiction solennelle du drapeau de la section locale de l’Union nationale des combattants; « des drapeaux tricolores pendaient aux fenêtres, tandis que, tendues d’un mât à l’autre, de gracieuses guirlandes traversaient les rues ». Le monument aux morts de Taupont porte les noms de 18 personnes mortes pour la France pendant la Deuxième Guerre mondiale; parmi elles: Julien Tancray mort lors de la Campagne de France au printemps 1940; trois marins (Marcel Le Blay, victime du naufrage de l’aviso Vauquois le 18 juin 1940 au large du Conquet, Goulven Delanoë lors du naufrage le du sous-marin Souffleur torpillé par le HLS Parhian au large de Beyrouth et François Boucher mort des suites de ses blessures à bord du croiseur Georges Leygues le 15 avril 1945 au Viet-Nam); Ange Bouix est mort en captivité en Autriche en 1944 et Adolphe Le Quitte, victime d’une rafle à Loyat le 20 janvier 1944 et déporté au camp de concentration de Mauthausen, est mort dans ce même pays le 13 février 1945; Mathurin Rivière est mort en captivité en Allemagne; Alain Adelys, résistant, est tué le 4 août 1944 à Loyat après qu’il a lui-même tué deux soldats allemands; Eugène Blanche le 8 juin 1944 à Taupont, Julien Quatreville et Jean Sassier le 14 juin 1944 à Ploërmel après avoir été torturés ont été fusillés par les Allemands; Jean Le Quitte, Victor Pavoine et Marcel Guillemaud sont des victimes civiles, tués lors de bombardements.
Ce dernier a été tué à l’ennemi le Une contestation s’est élevée dans toiute la région contre la multiplication des sites éoliens existants ou en projet dans les environs.