Tergnier

Histoire de Tergnier

Tergnier se situe dans le département de l’Aisne, en région Hauts-de-France, et compte environ 13 431 habitants. La commune est implantée dans la vallée de l’Oise, à proximité du confluent avec la Serre, dans une plaine longtemps marécageuse. Si la commune n’a été créée qu’en 1800, par détachement de Vouël, la localité est désignée de longue date sous les noms successifs de Terignae ou Therignae, puis Therigny ou Terigni.

L’étymologie latine du toponyme est discutée. L’hypothèse d’une formation à partir de ignis, le feu, présuppose une déclinaison en lacus, terme bas-latin désignant un domaine rural. La première partie du mot, theri, pourrait dériver d’un mot médiéval thero signifiant colline, radical pré-latin obscur mais d’extension géographique étendue, attesté également dans les formes théron en Puy-de-Dôme et thouron dans le Cantal. Il faut sans doute rapprocher cette analyse de celle de Fargniers, autre nom de la région, dont le radical renvoie à l’eau, et du suffixe iacus. Le toponyme désignerait au sens propre deux anciennes censes, l’une située sur une colline, l’autre près de la rivière, refermant ainsi dans son nom les éléments mêmes du paysage local. Les recherches consacrées aux origines de la commune, modestes, ne remontent guère au-delà des archives médiévales conservées localement.

Des débris romains ont été découverts à Vouël, dont l’église pourrait être bâtie à l’emplacement d’un temple païen, le long de la chaussée Brunehaut, ancienne voie reliant le nord de la Gaule. Une motte castrale a également été identifiée à Vouël, sous le nom de Tombelle de Vouël, indiquant la présence d’une fortification médiévale précoce. En 1214, l’abbé de Saint-Nicolas-aux-Bois apaise une querelle suscitée aux prémontrés par Geoffroi et Simon de Condren, témoignage des tensions seigneuriales et religieuses qui agitaient alors la région. En 1239, Jean, désigné comme « maire » de Vouël, renonce à tous ses droits, acte qui intervient dans le contexte des recompositions féodales de l’époque. Le bourg connut plusieurs saccages au cours des siècles suivants. En 1567, durant les guerres de Religion, les calvinistes de la région, conduits par François d’Hangest, seigneur de Genlis, et par le prince de Condé, gouverneur de la Picardie, attaquent le château de Coucy. Vers 1610, un temple protestant est élevé à Vouël et attire les protestants de toute la région. Un scandale éclate plus tard: les réformés de Chauny et des environs se plaignent que les curés et les populations de Vouël, Quessy et Frières troublent leurs offices.

L’abbaye de Nogent possède dès le Moyen Âge des terres et des prés à Quessy, dont elle est contrainte de se défaire pendant les guerres de Religion, mais qu’elle récupère en 1703. Le fermier de Tergnier prend ces propriétés en bail en 1699, en s’engageant à livrer chaque année trente-six setiers de blé méteil dans les greniers du monastère, le jour de la Saint-Martin d’hiver. Ces propriétés sont par la suite louées à plusieurs laboureurs, dont Marc Jadas, de Tergnier, qui s’établit ensuite à Quessy et figure parmi les plus importants contribuables locaux. En 1653, durant la Fronde, les armées des maréchaux de la Ferté-Senneterre et de Turenne campent dans la vallée de l’Oise et font main basse sur les grains à Tergnier, Fargniers, Quessy et Vouël. Les habitants s’enfuient à Laon avec ce qu’ils peuvent emporter, reviennent, puis sont de nouveau contraints à l’exode. Les chevaux de labour sont enlevés et les terres restent incultes, les incursions ennemies se prolongeant.

Pendant la Révolution, les « citoyens actifs » formant la section rurale du canton de La Fère, dont ceux de Tergnier, se réunissent dans l’église des Capucins. En petit nombre, cette assemblée élit comme président l’ancien seigneur de Charmes, Charles de Flavigny, chevalier de Saint-Louis, qui prête le serment constitutionnel. Les huit électeurs alors désignés enverront à la Convention quatre députés du département de l’Aisne: Condorcet, Saint-Just, Le Carlier et Jean de Bry. Les communes de Tergnier, Fargniers, Quessy, Liez et Mennessis adressent par ailleurs un mémoire au directoire du département de l’Aisne pour demander le dessèchement de la vallée marécageuse qui traverse leur terroir, mais aucune décision n’est alors prise. La loi de l’an II ordonne la réquisition d’une première classe composée des jeunes gens de dix-huit à vingt-cinq ans: les recrues de Tergnier font partie d’une compagnie du second bataillon de la levée républicaine du district. Au printemps 1796, six jeunes hommes de Tergnier et quatre de Quessy sont recrutés comme fusiliers et forment la compagnie de la colonne mobile créée dans chaque canton par la Convention. Durant la campagne de France, à la fin de la période impériale, et avec le repli de Napoléon, Tergnier tombe aux mains de l’ennemi: réquisitions et pillages sont la règle. En 1815, après la bataille de Waterloo, Tergnier est occupée et soumise à de lourdes réquisitions, dont une partie sera plus tard compensée par la remise des deux tiers de la contribution extraordinaire des années précédentes.

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Population

13.431 habitants

Région

Hauts-de-France

Département

Aisne
(02)

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