Thorigné-Fouillard

Histoire de Thorigné-Fouillard

Thorigné-Fouillard est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 8 582 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes ecclesia de Tauriniaco en 1158, Thorigniacum en 1170, parochia de Torigneio en 1266 et en 1447. Thorigné, vient peut-être de l’anthroponyme Taurinius. Thorigné serait un prieur bénédictin Geoffrey de Thorigné, « Gaufridus de Tauriniaco » (en 1086).

Selon la tradition ce prieur bénédictin aurait par orgueil imposé son nom au bourg, s’en serait repentit ensuite et aurait voulut, pour expier sa faute, être inhumé dans l’église sous une pierre sans inscriptions, afin que son nom fût oublié (une pierre tombale anonyme qui se trouvait dans l’ancienne église a été replacée dans la nouvelle). Thorigné prit le nom de Thorigné-sur-Vilaine en 1820 afin de différencier la commune d’autres communes homonymes (4 autres communes en France se dénommant Thorigné). Fouillard, ancien hameau de la commune de Liffré.

Toponyme indiquant: n° 1) un « endroit feuillu », ce qui semble désigner des habitants vivant du travail du bois; n° 2) un Foul(i)ard, nom répandu entre Bretagne du Nord-Est et Normandie, désignant un enclos à oiseaux (A. Le nom de la commune s’écrit Toreinyaé-Folhard en gallo. La forme bretonne récente (à partir de l’étymon n° 1) est Torinieg-Foilharzh (et Faoularzh à partir de l’étymon n° 2).

La forme bretonne, dans cette partie du Rennais où le breton ne prédominait pas, a d’abord un rôle symbolique.

On évoque le village dans les écrits à partir du XIVe siècle. Toutefois il est question d’un Geffroy de Thorigné [Gaufridus de Taurinaca] dès 1086 (il fut témoin de la donation de l’église de Mouazé à l’Abbaye de Saint-Melaine). En 1174, Maurice, abbé de Rillé, souscrivit à l’accord fait entre Guillaume, abbé de Saint-Melaine, et Josselin, abbé de Savigny, pour les dîmes de la paroisse de Thorigné. En 1400, le territoire renfermait trois manoirs nobles: le manoir du Plessis, le manoir du Seigneur de Guénour, et celui des Landelles. Les moines bénédictins de l’abbaye de Saint-Melaine fondèrent un prieuré qui subsista jusqu’en 1411 et demeurèrent maîtres de la paroisse jusqu’à la Révolution française, conservant notamment le droit d’en présenter le recteur jusqu’en 1770: la cure est présentée par l’Abbé de Saint-Melaine. Le territoire est arrosé par les rivières de Veuvre [faux] et de Vilaine, et en partie occupé par la forêt de Rennes [faux]; les terres font exactement cultivées, et les habitants font beaucoup de cidre. (.) Thorigné confine à la forêt de Rennes, mais son territoire n’est pas, « en partie, occupé par cette forêt » comme le dit [Jean-Baptiste Ogée]. Cette commune n’a d’autres bois que celui de Bernouvel, à son extrémité nord-ouest.

En 1853, le jour de l’Ascension, le feu prit en forêt de Rennes dans le quartier dit de la Mine: « le tocsin a sonné dans les communes de Liffré, Betton, Saint-Sulpice et Thorigné. Les curés de ces communes sont accourus à la tête de leurs paroissiens, avec un zèle admirable ». Plus de 20 hectares ont été brûlés. Une école communale de filles, tenue par trois religieuses, ouvrit à Thorigné en 1856. La ferme du Plessis, exploitée par le maire Pierre Galery, fut reconstruite par la princesse Baciocchi, qui contribua à l’amélioration de l’agriculture en Bretagne.

Joseph Saint-Gal s’y forma après ses études. Les Tramways d’Ille-et-Vilaine desservaient le bourg de Fouillard à la station « Fouillard-Thorigné » entre 1901 et 1950. Par exemple des trains spéciaux sont organisés entre Rennes et Thorigné le 28 juin 1903 ainsi que le 4 août 1907, etc. à l’occasion de l’assemblée de Thorigné. La nouvelle église paroissiale Saint-Melaine, construite par l’architecte Arthur Regnault, fut bénie le 15 septembre 1901 par le chanoine Duroselle, vicaire général, au milieu d’une affluence considérable (des trains spéciaux avaient été organisés depuis Rennes); une procession alla de l’ancienne église à la nouvelle. L’assemblée annuelle de Thorigné se déroula le même jour et toute une série de réjouissances fut organisée l’après-midi: mât de cocagne, courses de vitesse et d’obstacles, etc. et le soir (feu d’artifice, illumination de la nouvelle église). L’abbé Chiloup, recteur de Thorigné, fut le 16 décembre 1904 l’objet d’une tentative d’homicide dans son église, commise par sa bonne, Jeanne Erhel (elle tira sur lui 5 coups de revolver), qu’il avait congédié; celle-ci fut condamnée à 2 ans de prison et 10 ans d’interdiction de séjour par la Cour d’assises d’Ille-et-Vilaine.

Elle décéda à la Maison [prison] centrale de Rennes en avril 1906. Le 26 septembre 1905, premier jour d’application de la laïcisation des écoles à Thorigné, les institutrices laïques qui remplaçaient les Sœurs de l’Immaculée Conception de Saint-Méen durent faire venir un serrurier de Rennes (aucun artisan local n’acceptant d’intervenir) pour pouvoir pénétrer dans l’école et trouvèrent les locaux totalement saccagés. Le journal L’Ouest-Éclair du 20 septembre 1905 s’indigne du « crochetage de la maison des Religieuses ». Thorigné-Fouillard compte trois monuments aux morts: un pour l’ensemble de la commune, un pour Thorigné et un pour Fouillard. Le monument aux morts de Thorigné-Fouillard porte les noms de 41 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale; parmi eux 16 sont inscrits sur le monument aux morts de Thorigné, tous morts sur le sol français à l’exception de Laurent Toinel, mort des suites de ses blessures à Langemarck (Belgique) le 7 novembre 1914. Celui de Fouillard porte les noms de 24 soldats certains noms sont à la fois sur le monument aux morts de Thorigné et sur celui de Fouillard, par exemple Laurent Toinel, déjà cité) morts pour la France pendant cette guerre: ils sont morts sur le sol français, sauf Laurent Toinel et à l’exception également de Jules Aubin, mort de maladie alors qu’il était en captivité en Allemagne le 30 décembre 1918, donc après l’armistice. Fouillard était un village très animé avec ses nombreux commerces (12 cafés et plusieurs restaurants, six épiceries, un Hôtel de la gare, une boucherie) et des artisans, souvent en lien avec la forêt de Rennes toute proche (un bourrelier, deux cordonniers, un forgeron, un tanneur, un charron, plusieurs vanniers, des scieries, des scieurs de long, un sabotier, des cercliers, des bucherons, etc.). Une fête annuelle était organisée chaque année à Fouillard: celle de 1920, organisée par le conseil municipal de Liffré en l’honneur des morts pour la Patrie, fut accompagnée d’une cérémonie religieuse qui se tint en l’église de Thorigné.

De manière générale les fêtes de Fouillard se déroulaient à Thorigné, par exemple la fête des anciens combattants de Fouillard, auxquels se joignirent ceux de Thorigné, se déroula devant le monument aux morts de Fouillard, dans le cimetière, mais la cérémonie religieuse se tint à Thorigné Une autre fête annuelle était organisée au moulin de Guenoux: par exemple celle du 8 août 1937 rencontra un « vif succès ». Un incendie éclata dans le Bois de Bernouville le 24 juin 1938: on sonna le tocsin, les habitants accoururent et, sous la direction du maire, Auffray, et du curé, l’abbé Laigre, parvinrent à maîtriser le sinistre après trois heures d’efforts. Durant la Seconde Guerre mondiale, un dépôt de munitions nommé « camp Maria » fut installé par les Britanniques à Fouillard, aux environs du Placis Vert en 1940. Lors de l’Occupation, les Allemands reprennent le camp Maria et y installèrent une partie du dépôt de la Kriegsmarine de la route de Lorient à Rennes. Il fut la cible de plusieurs bombardements dont un lors de la nuit du 15 au 16 juin 1944 qui déversa plus de bombes sur les lieux. Des baraques pour les soldats furent aussi installés entre la Bouletterie et la Saudrais ainsi qu’un camp entre le Petit Gaudrier et les Landes de Billé relié à Rennes en voie ferrée par Betton. On trouva également deux camps de prisonniers africains de l’armée française près de la ferme des Blanchets et à la Bouletterie.

Un habitant, Joseph Gentil (son nom a été donné au chemin de randonnée reliant Thorigné-Fouillard à Betton), ainsi qu’un natif de Fouillard, Toussaint Hardouin, membre du réseau de renseignements britannique « Johnny », furent déportés au camp de concentration de Mauthausen (ce dernier y est décédé le 22 avril 1945); une stèle commémore sa mémoire. Emmanuel Natu, originaire de Thorigné, est mort accidentellement au camp de Caylus le 21 juin 1940); celle-ci décida alors la construction d’un cimetière à Fouillard. Les relations entre les communes de Liffré et de Thorigné demeurèrent tendues: le 16 juin 1931 le conseil municipal de Thorigné démissionna, pour protester contre le refus de la commune de Liffré d’augmenter sa contribution financière pour les enfants de Fouillard qui fréquentaient les écoles de Thorigné, ce qui amena la commune de Liffré à envisager la construction d’une école à Fouillard. Une commission d’arbitrage, organisée par le Préfet le 25 juillet 1931 finit par régler le différend entre les deux communes. En 1975, de Fouillard (sur ) demandent au préfet le rattachement de leur « hameau » à Thorigné-sur-Vilaine. Cette procédure se solde par un refus en 1979. La municipalité de Thorigné-sur-Vilaine a relancé un nouveau dossier en mars 1980 et, le 4 décembre 1981, un décret de rattachement de Fouillard (partie de la commune de Liffré qui était située à 8 km du bourg de cette commune) à la commune de Thorigné-sur-Vilaine est signé. En 1982, la nouvelle commune prend le nom de Thorigné-Fouillard.

En raison de sa proximité avec Rennes, Thorigné-Fouillard a connu un développement démographique sans précédent dans le dernier quart du et les premières décennies du (passant de 397 habitants en 1968 à habitants en 2022), engendrant la construction de nombreux lotissements et d’un important habitat pavillonnaire; la commune a perdu son ancien caractère rural.

Patrimoine religieux

Il n’y a aucun monument historique à Thorigné-Fouillard. De nombreux bâtiments de la commune ont fait l’objet d’un inventaire qui comprend notamment La commune est une ville fleurie (deux fleurs) au concours des villes et villages fleuris.

Informations Clés

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Population

8.582 habitants

Région

Bretagne

Département

Ille-et-Vilaine
(35)

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