Torcy (77)
Histoire de Torcy
Torcy est une commune de Seine-et-Marne, en Île-de-France, qui compte 22 444 habitants. Turciacum, Torciacum probablement basé sur le nom d’une personne nommée Turcius. Cette théorie est étayée du fait que les noms de villages d’Île-de-France se terminant par un y sont souvent un vestige de l’époque gallo-romaine où la coutume était de faire suivre un nom avec le suffixe -(i)-acum. À cette époque, le nom de la ville est attesté sous la forme Torciacum, puis Torciaco à l’époque médiévale.
Au Moyen Âge, la ville était appelée en picard Torchi comme on peut le lire dans le poème Le Tournoi des Dames d’Hugues III d’Oisy datant. L’appellation Torcy en Brie est connue dès le et perdure jusqu’au et enfin le nom actuel Torcy apparaît déjà au début du comme on peut le découvrir dans les anciennes cartes postales d’époque. Le nom de Torcy peut être lu dans le Recueil des Miracles de Saint-Thibaud de Lagny, mais au lieu de Torciaco, les imprimeurs ont inscrit par inadvertance Tornaco.
L’archéologie a démontré que les premières traces d’occupation humaine du site date du Néolithique. Dans les années 1980, lors de fouilles, il a été mis au jour une herminette, ainsi que d’autres outils datant de la période Néolithique. Le hameau dit Moulin de Douvres est attesté, dès 855 où il est décrit comme « in Valla dubro » (la source dans la vallée). En l’an 868, la première mention d’un bourg gallo-romain, du nom de Torciacum, pour Tauriciacum, est trouvé probablement basé sur le nom d’une personne nommé Tauricius avec le suffixe de localisation -acum. Une ancienne route reliant Torcy à Melun en passant par Pontault-Combault a été mise au jour, dont le tracé correspond à peu près à la Francilienne. Au, l’abbaye de Saint-Maur-des-Fossés abritait à Torciacum, 32 ménages d’ouvriers à charrues, trois manœuvriers et six hospices où il y avait 71 hommes qui payaient une redevance en denrées et en journée de travail. Torcy est donc d’abord une terre monastique; elle va entrer dans l’histoire féodale. En 1078, le père de (1055-1095), Adam de Garlande, seigneur de Gournay et de Noisiel donne à l’abbaye de Cluny des biens hérités de son père, Aubert de Garlande (1031-1060) qui sont situés à Torcy, Noisiel et Roissy-en-Brie.
L’historien Orderic Vital dans son Historia ecclesiastica, nous raconte comment Thibaut IV de Blois qui combattait pour Gui de Rochefort, fut vaincu sur les bords du ruisseau de Torcy contre les troupes de Louis VI le Gros lors de la prise du château de Gournay en 1107. En 1107, Anseau de Garlande (1069-1118), fils de, Sénéchal de France sous Louis VI le Gros comme le sera après lui son frère Guillaume II, reçoit du roi Louis VI, la châtellenie de Gournay-sur-Marne ainsi que des terres à Torcy. En 1115, la légende veut qu’Anseau de Garlande et sa nièce Yolande (ou sa belle-sœur Helisande) traversaient à cheval la forêt de Roissy-en-Brie, quand un sanglier attaqua la monture de la Dame. Alertés par des cris, un manant de Torcy et un paysan de Roissy-en-Brie se précipitèrent pour aider la demoiselle en détresse et maîtrisèrent la monture affolée. Pour récompenser cet acte de bravoure, Anseau de Garlande a donc offert cette forêt, environ, aux villages de Torcy et de Roissy-en-Brie, la forêt étant à l’époque une richesse, car elle est une réserve de gibiers, de pâturage et de bois pour la construction et le chauffage. En 1139, la fille d’Anseau de Garlande, Agnès de Garlande (1112-1143), épouse le frère du roi Louis VII, Robert de Dreux (1125-1188), qui se voit honorer du titre de comte de Torcy. Leur fils Simon de Dreux, hérite des titres de seigneur de Torcy, de Brie-Comte-Robert et de Chilly, mais il meurt précocement. Son demi-frère cadet, Guillaume (1163-vers 1189), reçoit Torcy; puis leur frère Robert II de Dreux (1153-1218), fils de Robert et d’Agnès de Baudement, reprend ce fief.
La fille de Robert II de Dreux et de Yolande de Coucy, Philippa de Dreux (1192-1242), dame de Torcy, épousa en 1219, Henri II, comte de Bar-le-Duc. En 1222, le Roi Louis VI confirme le don de la forêt par Anseau de Garlande pour l’usage des villageois de Torcy et de Roissy. Mais au fil des siècles, la surface de la forêt va s’amenuiser. En 1242, un château fort aurait été construit sous le comte Thiébaut II de Bar, alors seigneur de Torcy, et cette forteresse sera détruite plus tard par les Armagnacs. L’emplacement de cette forteresse est estimé vers le lavoir, car au moment de la construction du lotissement du Clos vers la fin des années 1970, des souterrains ont été mis au jour s’étendant sur plusieurs centaines de mètres. La seigneurie de Torcy a appartenu aux comtes de Bar-le-Duc jusqu’en 1297, quand Philippe le Bel confisque les terres à Henri III de Bar pour les donner à Jean de Chevry, seigneur de Chevry, évêque de Carcassonne, neveu de l’abbé Pierre de Chevry, en raison de l’alliance du comte de Bar avec le roi Édouard d’Angleterre par son mariage avec Aliénor. Depuis, les terres de Torcy furent données à différents seigneurs en guise de récompense ou à titre d’engagement. Vers la fin du, Torcy possédait sa chapelle, placée sous l’invocation de Saint Louis.
En 1343, Philippe de Valois offre à son fils Jean, duc de Normandie, la châtellenie de Torcy. Étant devenu roi sous le nom de Jean II le Bon, il offre cette terre a son chambellan Robert de Lorris en 1350. En 1352, Jean le Bon consacre douze arpents et demi d’herbages situés près de Torcy pour la nourriture des animaux que le roi a fait amener au bois de Vincennes. En 1364, Pierre Blanchet, premier secrétaire du roi, reçoit de Charles V la seigneurie de la Queue-en-Brie et toutes les terres attenantes: Pontault, Pontillault, Berchères (à Pontault), Noiseau, Sucy, Amboile (Ormesson), Créteil, Valenton, les Bordes, Bonneuil et en partie, Roissy, Ferrières, Champigny et Torcy. Au cours de la guerre de Cent Ans, le roi d’Angleterre (ou plutôt son régent Bedford) ôte en 1423 à Jacques Lempereur, échanson et chambellan royal, le domaine de Torcy que ce dernier avait reçu en 1422 de Charles VII, dont il était un fidèle. Le chancelier Jean Le Clerc, du parti bourguignon, reçoit Torcy. Après avoir donné son allégeance en 1431 au roi d’Angleterre, Hugues Rapiout fut nommé de 1432 à 1434 prévôt des marchands de Paris et seigneur de Torcy, Livry-en-Aulnoye et de Chemin-en-Brie jusqu’à sa mort en 1436. Le 13, un chevalier écossais du nom de Thomas de Huston de la région de Girvan vint combattre les Anglais en France dans le cadre de l’Auld Alliance.
Il reçoit par don du roi, en récompense, le domaine de Torcy, pour avoir été le premier. Thomas de Huston y demeura jusqu’à sa mort en 1472. Un autre chevalier, Pierre Cleret, Ecuyer, fut le seigneur du domaine de 1472 à 1482. En 1482/1484, Étienne Petit (1449-1513), notaire et secrétaire du roi, reçut les terres de Torcy, et il acquit aussi Croissy vers 1510. En 1487, le Roi remit au greffe du Châtelet la copie du terrier de Torcy pour servir au recouvrement des droits royaux. Avec les ravages de la guerre de Cent Ans, les paroisses de Torcy et de Lognes se sont jointes en une seule de 1374 à 1503. En 1505, des lettres patentes autorisent l’organisation de foires à Torcy. Vers 1521, Louis Poncher, général des finances et trésorier de France, achète le domaine de Torcy pour (seigneur engagiste, il le fut aussi de Moret, Crécy, Tournan, Brie, La Ferté).
En avril 1529, François Des Cars de La Vauguyon, prince de Carency († 1550), chevalier, devient seigneur de Torcy par une cession faite avec le roi François. Le 15, Nicolas Durand de Villegagnon devient le seigneur du domaine de Torcy par don du roi Henri II de France. En 1576, Geoffroy le Camus reçoit le château et les terres de Torcy par engagement du roi contre la somme de. Pendant les guerres de Religion, le Moulin de Douvres a été incendié en 1590, lors de l’assaut de Lagny par le duc de Parme Alessandro Farnèse et l’armée de Philippe II d’Espagne. Le 27, l’église est dédiée à saint Barthélemy par Henri Le Meignen, évêque de Digne, et son jour anniversaire fixé au dimanche après la nativité de saint Jean. Une prévôté royale avait son siège à Torcy. En 1618, Geoffroy Camus de Pontcarré, seigneur de Torcy et de Pontcarré, rajoute à l’église une tour clocher. En 1629, le moulin est reconstruit.
En 1624/1626, Jean de La Croix, maître des Comptes, † 1631, et son épouse Catherine de Tremblay, deviennent seigneurs de Torcy. Jean est enterré comme son frère Nicolas de La Croix, mort en 1657, dans l’église de Torcy. Ils sont les seuls Torcéens à avoir été inhumés sous la nef de l’église de Torcy. Le 24 septembre 1655, par son mariage avec Marguerite de Laistre, Joachim Béraud de Croissy (1603-1683) reçoit la maison, les terres, les vignes et les bois de Torcy. En 1664, Charles Colbert de Croissy (1629-1696), Secrétaire d’État et ministre d’État, frère cadet du grand Colbert, se marie avec Françoise Béraud (1642-1719), la fille unique de Joachim Béraud, Grand Audiencier de France, seigneur de Torcy et de Croissy. Ce dernier, en 1675, a fait transférer à Torcy le marché et les foires de Croissy. Charles Colbert devient en juillet 1676 le premier marquis de Croissy et de Torcy. Son fils aîné, Jean-Baptiste Colbert (1665-1746), aussi secrétaire d’État, marquis de Sablé, sera le second marquis en 1696.
En 1674, l’abbé Louis Berrier fonde un couvent de religieuses de l’ordre de Saint Benoît. En 1711, le chevalier Louis-François-Henri Colbert de Croissy (1677-1747), fils cadet de Charles, prend le titre de comte de Torcy, mais il quitte le fief en 1713 pour prendre son poste d’ambassadeur en Suède. En 1718, Jean-Baptiste Colbert fait réaliser un inventaire des biens de Torcy, qui stipule à l’alinéa 31 que « la communauté jouit de 300 arpents (environ 135 hectares) de bois taillis situés sur la paroisse de Pontcarré… et qui ne servent que pour le chauffage des habitants » En 1726, Jean-Baptiste Colbert obtient des lettres patentes qui accordent le droit d’organiser deux foires par an et un marché par semaine. Jean-Baptiste Joachim Colbert (1703-1777), fils cadet de Jean-Baptiste, devient le troisième marquis de Croissy et Torcy en 1746. Puis le fils de ce dernier, Charles Antoine Félix Colbert, né le 10 juillet 1729 et † en 1788, capitaine de gendarmerie, reprend le titre de marquis de Torcy; il meurt sans descendant. Mais dès 1764, Antoine François Bouret de Valroche (1711-1776), frère puîné d’Étienne-Michel, secrétaire du roi, fermier général, créancier de Jean-Baptiste-Joachim Colbert, acquiert les seigneuries de Torcy et Croissy, mais sans le titre de marquis. Lui-même endetté, sa fille héritière Marie-Antoinette Bouret, comtesse de Villereau par son mariage en 1775 avec Louis-Gaspard de Villereau, doit céder en 1779 la seigneurie de Torcy à Étienne-Pascal Gigault de Crisenoy (1720-1788; fermier général; Postérité, dont Achille-Étienne-Marie Gigault, 1756-1802, maître des Requêtes, dernier seigneur de Torcy, député au Conseil des Anciens, conseiller général de Seine-et-Marne), Croissy restant finalement à madame de Villereau.
Madame de Caze réputée pour sa beauté, attira à Torcy le Prince de Kaunitz. La fille du châtelain, la marquise de Calvisson (épouse en 1735 de François-Louis de Louët-Calvisson), avait une chambre particulière dans le château. Anne-Nicolas-Robert de Caze de Javincourt prend en 1762 la succession de son père. Amateur d’art et de livres, il invite dans la salle de théâtre du château les comédiens de renom de l’époque tel Dugazon avec l’épouse duquel il a une liaison retentissante. Mais ce conseiller-secrétaire du roi avait un train de vie si fastueux qu’il fait faillite et il est obligé de revendre son patrimoine pour honorer ses dettes. En 1763, Gabriel Michel de Tharon, trésorier de l’Artillerie de France, riche armateur nantais, codirecteur de la très prospère Compagnie des Indes, seigneur de Doulon et de Tharon, conseiller secrétaire du roi, achète des terres à Torcy, et le château de Champs. La même année, ledit Gabriel Michel rachète au duc De la Vallière, le Moulin de Douvres. À sa mort en 1765 puis à la mort de sa veuve en 1788, leur fille Gabrielle Augustine Michel, qui a épousé François Gaston de Lévis (1719-1787), hérite du château de Noisiel et des terres de Noisiel, Torcy, la Malnoue et de divers biens.
Madame de Lévis a deux filles, Gabrielle-Augustine Françoise de Lévis et Marie-Gabrielle-Artois de Lévis: elles seront toutes trois guillotinées le 19 juin 1794 (21 messidor de l’an II. Mais dès 1781, le château de Torcy était revendu à Le Carpenterie, Ecuyer de la Reine. Dès 1789, la première mairie de Torcy était une salle communale situé dans le presbytère de la Grande-Rue. Le premier maire connu est François Baptiste Barat élu en 1792. En 1792, Mathieu-Bernard Goudin s’installe dans le château de Torcy, où il se consacre à l’astronomie. Le 2 août 1792, la paroisse de Saint-Germain-des-Noyers est supprimée et réunie à celle de Torcy par décret de l’Assemblée nationale. En 1798, naissance de Jean-Charles-Alphonse Avinain.
Patrimoine religieux
L’église Saint-Barthélemy bâtie en 1863 a été nommé au nom du saint qui évangélisa l’Arabie et la Mésopotamie. Sur le fronton surmontant le portail sont gravées les armes de la famille Garlande, anciens seigneurs de Torcy. La cloche de l’église, baptisée Anne-Victoire, fut fondue en 1779 et provient de l’ancienne église. Les portes d’entrée de l’église sont surmontées de trois tableaux représentant La Fuite en Égypte, Le Baptême de Jésus, et Jésus et Saint Pierre. Le cèdre du Liban est le seul site naturel classé de Torcy.
En 1834, alors qu’un convoi transporte des cèdres du Liban vers le château de Ferrières (Ferrières-en-Brie), trois arbres tombent lors de la traversée de Torcy. L’arbre, devenu gigantesque, est classé le 24 janvier 1912. Les noms des hommes morts sont inscrits sur une stèle, encadrée par un jeune garçon tenant une palme dans sa main, une petite fille, et une victoire ailée. Des habitants de la commune ont servi de modèles au peintre. En 1875, Charles Campan, graveur du Roi, peint et offre à la commune un tableau, d’inspiration libre, représentant le Sénéchal Anseau de Garlande en armure.
Cette œuvre a trôné dans la salle des mariages jusqu’en 1986, date à laquelle elle disparaît lors du déménagement du mobilier de l’ancienne mairie dite Maison Blanche vers la mairie actuelle. En 1992, l’œuvre de Charles Campan est retrouvée en piteux état; le tableau est restauré et il orne de nouveau la salle des mariages de la mairie. Le château des Charmettes est une demeure bourgeoise construite par Alphonse Duval, le maire de Torcy de 1900 à 1908. La bâtisse est appelée château Duval au début du siècle, puis des industriels et à des notables locaux s’emparent de l’édifice. En 1910, la propriété est vendue à un certain Debraine, et en 1914 revient à Auguste Fontaine, un riche homme d’affaires qui possédait des distilleries en Indochine.
qui faisait entretenir les jardins et serres par une vingtaine de jardiniers indochinois. Le château prendra le nom « des Charmettes » et sera agrandi d’une pièce sur l’arrière servant de salle de billard. La crise de 1929 ruine la famille Fontaine, et vend en 1935 le château à Stefan Wieder un réfugié hongrois, dont le nom francisé est Viédère, qui occupa la propriété jusqu’en 1945. Dans les années 1946-1947, Monsieur Harris, Vice-Ambassadeur des États-Unis habite dans le château. De 1947 jusqu’en 1954, le domaine appartient à Mesdames Uguen et Boisseau qui y ouvrent une école de sténo-dactylographes.