Trappes
Histoire de Trappes
Trappes est une commune de Yvelines, en Île-de-France, qui compte 33 717 habitants. Le nom de la localité est attesté sous la forme Trapoe en tant que Gistum Regis (gîte du roi), la région ayant toujours fait partie du domaine royal; ensuite on trouve sous les formes Villatrapas en 1004, Villa trapas en 1007, Trappas en 1144, Trapis en 1206, Trapes en 1250, Trapas en 1357, Trappes en 1553, Trappe en 1708, Trapes en 1750, Trappes en 1793. Le nom est issu de l’ancien français trape au sens de « piège », plus précisément « piège formé d’une fosse creusée dans le sol et recouverte d’une bascule ou de branchages ». Il s’agit d’un type toponymique que l’on retrouve dans les nombreux La, Latrape, qui fait généralement référence à un piège à loup en bordure de forêt, autrement appelé fosse louvière.
Cependant, dans le cas précis de Trappes, il a été également proposé « Trappes (78) est à proximité de l’étang de Saint-Quentin; ce qui explique son nom: la trappe était une suite de marches par lesquelles on pouvait accéder à l’étang, pour y pêcher. Une étymologie par le « celte trebo, lieu habité, hameau, village » proposée par certains sites internet et par l’érudit local Victor R. Belot ne repose sur aucun argument solide et n’est, de ce fait, jamais envisagée par les toponymistes.
En effet, aucune forme ancienne de Trappes, dont le nom n’est d’ailleurs pas attesté avant l’époque médiévale, ne ressemble de près ou de loin au celtique *treb-, c’est-à-dire au gaulois *trebo-: la forme latinisée Trapoe (-oe est une graphie tardive pour -ae, nominatif ou accusatif pluriel en latin) est attestée au à l’époque du gallo-roman, or à cette époque le gaulois *trebo- est resté *TRĒBU en gallo-roman et un féminin pluriel *TRĒBAS aurait obligatoirement été latinisé en *Treboe, forme jamais attestée; même chose pour les formes anciennes suivantes du type Trapis, Trapas, trapes, Trappes, qui ne rappellent en rien *trebo-. En outre, l’évolution phonétique du [b] intervocalique de *TRĒBU se serait obligatoirement faite en [f] en finale en proto-français, c’est-à-dire *Tref (cf. latin trabs> ancien français tref « poutre ») et celle de *TRĒBAS se serait régulièrement faite en [v] en proto-français, c’est-à-dire *Trèves (cf.
latin faba> français fève, latin probare> français prouver, etc.).
Le site fut habité dès l’époque néolithique. Certaines hypothèses ont été vérifiées par des découvertes, dont trois haches de pierres, différents tessons gallo-romains et un bracelet de bronze au lieu-dit le Petit Mont, au fond à droite de la cour du château de Trappes. Certaines de ces découvertes qui figurent sur la carte archéologique de Seine-et-Oise dressée par la commission des antiquités en 1889, sont inscrites au sur le registre des antiquités gallo-romaine et déposées à l’ex. Musée d’histoire naturelle de Versailles dont les collections ont été dispersées. En 1974, Gilles Lemaître a trouvé dans les champs de l’ancienne exploitation agricole Simard et près de la mare Caillon, à la limite de Voisins-le-Bretonneux, des outils lithiques (en pierre): « dix-sept pointes de flèches, un perçoir en silex et deux couteaux ». Un village existait bien avant la conquête de la Gaule par Jules César. Avant le Moyen Âge, l’essentiel du plateau de Trappes est recouvert par la forêt et faisait partie de l’ensemble forestier de l’Yveline qui protégeait les Carnutes et les mystères religieux des druides. Jules César rendit hommage au caractère belliqueux de ces habitants de la Gaule celtique.
La forêt de Trappes était à la limite du territoire des Parisii. À partir du, des grands défrichements sont initiés par des ordres monastiques ou des grands seigneurs. Le village se développe à la croisée de deux voies romaines reliant Paris à Dreux (en passant par Élancourt et Jouars.), ainsi qu’à Chartres. La région de Trappes faisait partie, sous la domination romaine, de la Lugdunensis Quarta, province présidiale ayant Sens comme métropole. La reine Adélaïde donne la ville et l’église de Trappes à l’Abbaye de Saint-Denis. En 1003, Robert le Pieux confirme la donation faite par sa mère et y ajoute une partie de la vallée d’Élancourt et les bois de Trappes bulletin de comité des travaux historiques et scientifiques 1891 sur Gallica. Au, Louis IX (saint Louis) passe au moins à deux reprises à Trappes: le 3 avril 1255 et le 18 avril 1259. Jeanne de Valois comtesse de Hainaut (1294-1352) sœur du roi Philippe VI pérégrinait souvent dans la région entre Poissy, Trappes, Saint-Germain, elle séjournait fréquemment au château.
Au, Trappes (Trapes) est un village occupé et pillé au cours de la guerre de Cent Ans. Entre 1348 et 1358, les troupes de Charles le Mauvais, roi de Navarre, campent dans les villages des Clayes, de Villepreux et de Trappes, pillent les paroisses. Pendant les alertes, la population de Trappes et d’Élancourt se réfugie au château de Trappes ou dans la ferme fortifiée de la Boissière, contre les incursions des « routiers » et des « écorcheurs ». En 1356, Édouard de Woodstock dit le « Prince noir » mène ses troupes au pillage de Trappes, déjà fortement ravagé par Bouchard IV de Montmorency. Pendant l’été 1358, durant la Jacquerie, Étienne Marcel et les chefs insurgés de Paris envoient des notables, Pierre Gilles, épicier, et Pierre des Barres, orfèvre, pour incendier le manoir du chevalier Jean Rigaud, capitaine de la forteresse de Trappes. Au Moyen Âge, bourg marchand réputé, Trappes est villa muralis, ancienne cité médiévale fortifiée, cinq portes y donnant accès. François, déjeuna au château de Trappes en 1547 et fit relever ses fortifications. En 1567 et 1568, Martial de Loménie, seigneur de Versailles, fut emprisonné selon le « Lemouzi » de janvier 1910, organe mensuel de l’École Limousine Félibréenne » visible sur Gallica.bnf, à cause de ses sympathies envers les Bourbons, en particulier pour le futur Henri IV et de sa religion.
Au, une portion du territoire de Trappes est rattachée au domaine du roi (Versailles). Le dispositif du système hydraulique destiné à alimenter les jeux d’eau du château de Versailles nécessite la création de rigoles, aqueducs et étangs, parmi eux, l’Étang de Trappes, qui a été creusé dans les années 1677 – 1678 dont la ville conserve le souvenir sur la base de loisirs et de plein air, l’étang porte, aujourd’hui, le nom d’Étang de Saint Quentin. De Louis XIV à Louis XVI, les rois prennent l’habitude de chasser sur les terres du Grand Parc de Versailles. Celui-ci s’étend en partie jusqu’à la Porte de Trappes. nous avons des témoignages de leur passage, notamment cet écrit de Nicolas Lourdaut, postillon de Trappes, publié dans le Mercure de France de juin 1767, qui a eu l’honneur de transporter Louis XV au château de Versailles, après qu’il se fut égaré sur le territoire. Un dimanche de juillet de 1788, Louis XVI et son cortège revenant de Rambouillet sont pris sous un orage de grêle et furent obligés de se réfugier dans les hangars du village de Trappes. La famille Dailly, originaire de Théméricourt aujourd’hui dans le Val d’Oise, commence son implantation à Trappes: Louis Dailly né le 30 août 1715, épouse Denise Valentin, Trappiste, il achète en 1757 la ferme de Montmort ainsi qu’une ferme à Pecqueuse, il est receveur de la ferme et seigneurie de Trappes dont les droits appartiennent aux Dames de Saint-Cyr. Père de Claude Gaspard Dailly qui lui succédera à l’exploitation de Trappes et de Denise Dailly qui épousera Thomas Pluchet.
Deux Dailly seront signataires du cahier de doléances le 12 avril 1789 (archives départementales). Gaspard Dailly est le père de Claude Gaspard Dailly, qui en épousant Sophie Lanchère, devient maître des Postes. il va s’installer à Paris puis Versailles mais va utiliser ses deux exploitations en complémentarité, ramenant, par exemple ses chevaux fatigués au domaine pour qu’ils se reposent aux champs. Il crée une féculerie de pommes de terre qui sera transformée en sucrerie à betteraves. Lors de la vente des biens nationaux, Thomas Pluchet, laboureur à Saint Cyr (et auparavant à Bois d’Arcy) achète la ferme du château et la ferme de Vaugien que ses descendants exploiteront jusqu’en 1920. Thomas Pluchet et Denise Dailly, donnent le jour à Vincent Charlemagne Pluchet qui sera considéré comme l’ancêtre des Pluchet trappistes, le premier à s’installer à la ferme du château, après la mort accidentelle de son père dans l’étang de St-Quentin qu’il a voulu traverser gelé en 1795. Ainsi les terres du plateau de Trappes restent entre les mains de gros propriétaires, aux côtés de plus petites fermes qui survivront encore quelques décennies. Mais ces grands fermiers vont acquérir une notoriété incomparable pendant tout le siècle tant qu niveau du développement de l’agriculture moderne qu’au niveau de la vie politique locale.
La ferme Vaugien deviendra une ferme modèle au retentissement national. À la mort de son père, en 1849, Adolphe Dailly, jusque-là principalement occupé par sa terre d’Étuf, prend la direction des fermes de Trappes et de Bois-d’Arcy, ainsi que de la poste aux chevaux de Paris et de plusieurs autres entreprises de transports. En 1849, la construction de la ligne de chemin de fer et de la gare voyageurs. Le 24 septembre 1852, Henri Giffard fait un vol de démonstration entre Paris et Trappes à la vitesse de dans le premier dirigeable à vapeur, ballon de qui utilise une petite machine à vapeur pour se propulser et atterrit sur le site, aujourd’hui, du quartier de l’aérostat. Trappes se souvient de l’extraordinaire événement des lieux d’expériences de l’Exposition Universelle de Paris de 1855, avec la présence du prince Napoléon et un public nombreux ( selon un journal). Adolphe Dailly, Maître de la Poste aux Chevaux à Paris et propriétaire d’un des grands domaines trappistes, accepta que l’on fît les essais de machines agricoles de tous pays sur ses terres. Lors de la Guerre franco-allemande de 1870, du au, Trappes est occupée par environ de troupe de l’armée prussienne, les officiers étant logés et nourris à la ferme du Château, le propriétaire, Émile Pluchet, maire de Trappes, y ayant été contraint. créateur du centre météorologique.
Léon Teisserenc de Bort crée l’observatoire météorologique sur un terrain qu’il acheta à Trappes près de la gare. Il expérimenta les cerfs-volants, le ballon-sonde. Le 8 janvier 1899, à 6 h 37, il découvre la stratosphère avec les ballons-sondes, aidé par le mécanicien Joffre, enfant de Trappes. La gestion de l’observatoire aérologique sera ensuite repris par l’État à la mort du savant à condition que l’on continue à y faire des expériences météorologiques, et devient celui de la Météorologie nationale en 1945, puis de Météo-France. Au début du, Trappes est encore un village d’un millier d’habitants, dont l’activité principale est la culture de céréales, de betteraves et de légumes. Les métiers de la terre représentent cinq fois ceux du rail. La rue nationale, aujourd’hui rue Jean-Jaurès, est refaite en 1903 pour le passage de la course automobile Paris-Madrid. La grande mutation se fait dès 1908, après le rachat par l’État de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest qui gère la ligne Paris-Brest (via Chartres et Rennes, ce fait est à l’origine de l’afflux massif de cheminots dans les années 1920 lorsque l’importance de la gare de triage, construite en 1911, s’affirmera.
1916, l’agriculture et les récoltes sont très touchées par les départs des appelés, malgré la participation massives des femmes, des enfants et des anciens. La gare de triage de Trappes connaît un développement rapide et devient une gare régulatrice d’évacuation. Une quarantaine de réfugiés provenant des régions envahies y travaille. En 1921, le monument aux morts de la guerre 1914-1918 est inauguré, situé sur l’actuelle route nationale 10 à la jonction des rues Carnot et Montfort. Le 17 janvier 1929, le premier radiosondage météorologique au monde est effectué à Trappes, par le météorologiste Robert Bureau et le physicien Pierre Idrac. En 1932, la famille belge des Cuypers reprend l’exploitation de la ferme du château et produit des boîtes de petits pois appelées « Le Trappiste ». Les Cuypers diversifient les cultures et produisent notamment aussi des haricots. Le 12 mai 1929, au soir du second tour des élections municipales, la liste du « bloc ouvriers et paysans » présentée par le Parti communiste français et conduite par Jean Fourcassa, cheminot et militant syndical de son état, obtient 12 élus contre 4 à celle du maire sortant.
Le 4 octobre 1939, le maire communiste Jean Fourcassa est destitué, arrêté. le 10 février 1940, Il sera interné au camp de Baillet, puis il sera transféré à l’Ile d’Yeu, à Saint-Angeau, à Saint-Paul d’Eyjeaux et déporté en Algérie. Mme Fourcassa est à son tour arrêtée en août 1942. La Kommandantur est installée dans une aile de la mairie.Les caves de l’ancienne école Jean Jaurès sont aménagées en abri et cellules. Les troupes allemandes occupent tout le domaine de la SNCF (triage, dépôt, ateliers.). les cheminots français doivent travailler pour l’ennemi. Le 30 septembre 1941, Robert Gravaud, menuisier, (futur maire de Trappes), Arsène Guilbert et Basile Levraud cheminots sont arrêtés pour distribution de tracts (homologués résistants sur les pages de Mémoire des Hommes). Ils seront internés à Aincourt, Voves, puis Pithiviers jusqu’à la fin de la guerre. En mai 1942, le résistant Louis Cortot participe avec son groupe, l’OS (Organisation spéciale), au grenadage d’un convoi de Jeunesses hitlériennes à Trappes. En 1942, trois hommes, sont suivis depuis la gare de Trappes et arrêtés à Paris dont Fernand Lecoq agent de liaison à qui on doit la mort d’un marin allemand en gare de Trappes et Paul Mandras, on ignore le nom du troisième qui s’est enfui à la gare Montparnasse; ils sont arrêtés à Paris le 26 novembre 1942, Fernand Lecoq sera déporté à Sachenhausen, Paul Mandras meurt déporté en Autriche à Gusen le 17 juin 1944. Les sabotages qui ont eu lieu à Trappes le 7 mars 1944 sont époustouflants: déraillement de quatre wagons, voie obstruée pendant quatre heures, déraillement d’une machine et d’un wagon, 850 boyaux de freins crevés, trois locomotives déraillées, et trente autres sabotages divers.
Dans le même temps des hommes, fuyant le S.T.O, rejoignent les maquis et y trouvent la mort: Pierre Bonneau, mort pour la France, réseau Amilcar, dans la Vienne le 3 juillet 1944. Albert Tessier, mort pour la France à Mont-près-Chambord, le 21 août 1944. Jean Archen, ingénieur SNCF, mort à Paris le 25 août 1944 en ayant voulu aider le convoi Leclerc près du Parc du Luxembourg. Les cheminots travaillant à Trappes se sont distingués pour de faits de résistance. Les agents suivants sont morts en service: Louis Picard le 8 juin 1940, François Pain conducteur le 15 juin 1940, Yves Le Bris mécanicien de route,le 14 juin 1940, Maurice Troncin le 19 mai 1943, Vincent Larsonneau le 21 août 1943, René Manceau le 21 août 1943, Désiré Corbin le 24 août 1944 et Auguste Cosnard chef de canton le 6 mars 1944, retrouvé sous les décombres du passage souterrain de la gare, avec sa femme Célestine, garde barrière et leur fils de 9 ans Gérard, François Tanel le 25 mai 1944. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville est détruite à 71 % par les bombardements alliés visant les installations ferroviaires et font plus de. Le triste bilan de la guerre pour Trappes est de tués, 102 prisonniers de guerre, trois déportés morts dans les camps nazis, 20 prisonniers et déportés politiques, civiles (femmes, enfants, vieillards), 44 déportés du travail dont un mort, rasées, sinistrées. Bien peu de Trappistes ont été épargnés.
Le 27 août 1944, en mairie de Trappes, le Comité Local de Libération est constitué par les organisations de résistance et est composé de Basile Levraud (parti communiste), Jean Jourdan (syndicat des cheminots), Paul Duport, Raphaël Chansac, Émile Domergue (parti socialiste), Madame Cotrel, Daniel Viger FTP, André Mogue Front National, Julien Eluard comité national de Résistance, Arsène Guilbert, Louis Morisset, Constant Gaspard, Émile Pagenelle, Louis Broutin, Henri Catinot. À partir des années 1970, la commune connaît une forte immigration extra-européenne qui trouve domicile dans les grandes barres de HLM. Ils sont à l’époque considérés comme modernes et confortables, en comparaison des bidonvilles et des appartements parisiens exigus. Entre 1968 et 1975, la population immigrée à Trappes progresse de 325 %. Une grande partie des Français et des immigrés portugais et italiens quittent la ville., symbole d’un passé voué à l’activité ferroviaire. Le 6 octobre 1984, une rame TGV est baptisée du nom de la ville de Trappes et en 1985, un sémaphore est installé sur le rond-point de la Fourche, qui marque une entrée de la ville et qui se trouve à quelques pas de la gare et de l’ancien dépôt ferroviaire, en hommage à la relation particulière que la ville entretient avec son histoire et le chemin de fer. Dès la création de la « politique de la ville », en 1989, Trappes se porte volontaire et engage des actions et négociations pour la signature d’un contrat de ville et en sera bénéficiaire par un grand plan de rénovation urbaine, la plupart des cités HLM sont réhabilitées au moins une fois, alors que la construction des équipements publics se termine (école de musique, centre de loisirs, stade Guimier).
En 2000, la synagogue de la ville brûle. Bien que, selon l’enquête, l’incendie n’ait pas été causé par un acte antisémite, la journaliste Raphaëlle Bacqué, qui a rédigé avec Ariane Chemin un ouvrage consacré à la commune de Trappes, rapporte que. En 2018, les confidences d’un rappeur remettent en selle la thèse de l’attentat antisémite. Néanmoins, les premières enquêtes ont pointé qu’il s’agissait vraisemblablement d’un gardien alcoolisé d’un HLM qui aurait accidentellement jeté un mégot de cigarette autour de la synagogue. Le 16 janvier 2006, a lieu la signature de la convention de rénovation urbaine avec l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). Depuis les années 2000, la commune est régulièrement pointée du doigt sur l’islamisme radical et le djihadisme. Selon le chercheur et islamologue Romain Caillet, la ville est considérée comme et comporte le. Le sociologue Elyamine Settoul estime pour sa part que l’affirmation souvent reprise dans les médias selon laquelle Trappes serait « la première ville fournisseuse de djihadistes à l’État islamique » est fausse: « C’est pas Trappes, c’est Nice, avec 150 djihadistes ».
Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué évoquent dans leur ouvrage La Communauté, « une forme de déni de la municipalité vis-à-vis de l’islam radical ». Selon Alain Marsaud, ancien juge antiterroriste et député Les Républicains, cité par Valeurs actuelles, la ville est gouvernée par des salafistes. Le port de vêtements traditionnels musulmans, pour les hommes comme pour les femmes, y est fréquent. Une enquête de France Inter rapporte qu’entre 60 et de Trappes auraient participé aux combats en Syrie dans les rangs de l’État islamique. Parmi ces djihadistes, 11 sont morts en Syrie selon un rapport gouvernemental de 2016. Selon Hugo Micheron, sont parties en Syrie ou en Irak entre 2012 et 2018. En février 2021, quelques semaines après l’assassinat de Samuel Paty, le professeur de philosophie Didier Lemaire, victime de menaces, est placé sous protection policière. Son apparition dans les médias déclenche à nouveau des débats au niveau national concernant la progression du communautarisme dans la ville.
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, l’ayant accusé d’islamophobie le poursuit en diffamation, Didier Lemaire explique avoir défendu la laïcité et voulu alerter sur l’islamisme. Le 18 septembre 2024, il est relaxé devant le Tribunal judiciaire de Paris, et maintient son constat: