Treffiagat

Histoire de Treffiagat

Treffiagat est une commune de Finistère, en Bretagne, qui compte 2 424 habitants. Attesté sous les formes Trefriagat en 1330, Trefiagat en 1351. Treffiagat dérive de Tref- désignant une paroisse ou entité administrative bretonne (trève) ou du breton treb (village) et de Riagat.
Saint Riagat (du vieux breton ri, roi et cat, combat) est un abbé irlandais du qui quitta sa patrie et vint aborder en Cornouaille, dans le petit port de Léchiagat.

Le nom en breton de la commune est Triagad.

Plusieurs menhirs (Léhan, Reun [ou Squividan], Quélarn) témoignent de l’importance du peuplement préhistorique à l’époque néolithique. Le menhir de Léhan, qui a désormais « les pieds dans l’eau » car sa base est ennoyé sous les eaux de l’étang du Loch Vihan, témoigne de la transformation des paysages côtiers depuis cette époque. Il y a, le menhir de Léhan était probablement situé au bord d’un cours d’eau se déversant dans l’Océan Atlantique; la remontée de 5 à du niveau de la mer depuis le Néolithique et la formation d’un cordon dunaire qui fait obstacle à l’écoulement naturel de l’eau douce vers la mer ont ennoyé sa base dans cet étang que ce menhir domine de, mais sa hauteur totale serait de. Le menhir du Reun (en leucogranite de Pont-l’Abbé, de même que celui de Léhan) est haut de et la plate-forme granitique qui lui sert de base est marquée de ronds en creux, qui sont des cicatrices d’anciennes extractions de croix ou de meules. À proximité se trouvent les vestiges d’un tumulus fouillé en 1880 par Paul du Chatellier; des cupules et gravures de signification inconnue sont visibles sur le rocher qui forme le sol de la butte portant le tumulus. Une fouille pratiquée vers 1920 permit de trouver deux pointes de silex à tranchant transversal. Pour Pierre-Jean Berrou, ce menhir, Le site de Pen-ar-Menez est formé d’un vaste monument mégalithique de plus de de long, composé de grandes chambres à ciel ouvert, formé par des mégalithes posés de champ, consolidés à leur base par des pierres plus petites; les restes d’un tumulus sont perceptibles autour; deux menhirs sont à proximité.

Un marteau en pierre, accompagné de vases, haches polies et de pendeloques, a été trouvé à Pen-ar-Menez et un autre marteau en pierre, accompagné de vases et éclats de silex à Kervillogan où se trouve une galerie à dolmen donnant accès à deux chambres à ciel ouvert et, après des pierres disséminées, deux autres chambres, le tout en partie détruit. Le Catalogue du Musée archéologique James Miln-Zacharie Le Rouzic situé à Carnac, publié en 1940, indique que dans sa vitrine, ce musée possède. Paroisse dès le, Treffiagat, qui dépendait jadis de l’évêché de Cornouaille est un démembrement de la paroisse primitive de Plobannalec. Treffiagat a vu se créer sur son territoire, le 23, la paroisse de Léchiagat (notée Lesriagat en 1428 et, en 1442, puis Leschiagat en 1634). On rencontre les appellations suivantes: Trefriagat (vers 1330), Treffriagat (en 1351, en 1405 et en 1535), Treffiagat (en 1659). Le prédicateur Julien Maunoir a prêché une mission à Treffiagat en 1676. Un mémoire de 1709 indique que les barons du Pont disposaient du « droit de pêcherie, sécherie et vaccantage (?) pour les paroisses de Loctudi, Plonivel, Treffiagat, Tréoultré et Combrit » suivant l’aveu de Pierre du Pont du 29 et celui d’Hélène de Rohan du 11: les seigneurs de Pont-l’Abbé affermaient ces droits aux pêcheurs locaux moyennant la perception de droits. Cette commune est citée pour avoir participé à la révolte des Bonnets rouges survenue en 1675.

En juillet 1675, « quelques mutins et gents soulevés dans les paroisses de Plomeur et de Treffiagat (.) dévastèrent le manoir de Lestrédiagat, paroisse de Treffiagat, et le manoir de Brénauvec, trève de Plobannalec, appartenant à Messire René du Haffon, seigneur de Lestrédiégat. Ils en arrachèrent jusqu’aux ardoises des toits ». Ces mutins appartenaient à la mouvance dite « Torreben de Plomeur », probablement du nom d’un de leurs chefs. La famille du Haffont, qui résidait dans le château de Lestridiagat depuis au moins le début du (le plus ancien membre connu de cette famille est Hervé du Haffont, né à la fin du, qui était conseiller du procureur du Roy au présidial de Quimper). Son arrière-arrière-petit-fils, Charles Marie du Haffont (né vers 1690 à Treffiagat, décédé avant 1729), seigneur de Lestrédiagat, comte de Pratmaria, fut « escuyer, Procureur du Roy et de la Maréchaussée au Parlement de Quimper ». Son fils Guillaume Charles du Haffont (né à Treffiagat, décédé le 15 à Quimper et inhumé le lendemain en la paroisse Saint-Mathieu de Quimper) fut « chef de nom et d’armes, comte, enseigne de Vaisseaux du Roy au Département de Toulon, commissaire inspecteur des Haras de Bretagne à son décès ». Il possédait aussi en 1732 le manoir de Squividan en Treffiagat et celui de Trévélep en Ploenivel (Plonivel) et était aussi sergent féodé dépendant du baron du Pont pour les paroisses de Plonivel et Treffiagat et c’est lui qui fit construire l’hôtel du Haffont à Quimper. Son propre fils, Louis Charles du Haffont (1747-1800), lui aussi seigneur de Lestrédiagat, comte de Lestriagat et Kéréon, fut capitaine de cavalerie.

La famille du Haffont était très riche: à la veille de la Révolution française, elle possédait, en plus de son château avec jardins et dépendances, fûtaies ( soit ), prairies , agricoles, acquises par. À Treffiagat, elle touchait les rentes de ou exploitations agricoles dont (Méziou et Le Vivier) et, et exploitait aussi un moulin à vent (Kerléguer?). La famille possédait aussi des exploitations dans de nombreuses autres paroisses (21 à Plobannalec, 14 à Loctudy, 6 à Gouézec, 4 à Penmarc’h, etc. (1783): Treffiagat et ses environs. En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Treffiagat de fournir 5 hommes et de payer 32 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ». Un aveu rendu en 1765 par le domanier Jérome Le Donge, qui exploitait alors la tenue de Ker-Arun, qui faisait partie du domaine foncier de la famille du Haffont permet d’avoir une idée de la condition paysanne à cette époque à Treffiagat; ce paysan doit payer une rente convenancière de 14 boisseaux de céréales (soit moins de 4 hectolitres) pour sa ferme d’une douzaine d’hectares dont en terres chaudes (terres à céréales: froment, seigle et avoine), au sol riche, bien fumé en raison de la proximité de la mer (grâce au goémon), formé de terres encloses, mais aussi d’un méjou, même si son exploitation contient aussi deux ha ½ de terres froides (pâtures des marais et champs situés sur les « menez », ces derniers écobués de temps à autre, restant le reste du temps en jachère et fournissant l’ajonc et la litière pour les animaux), le reste étant formé d’un courtil et des bâtiments et dépendances; ce paysan utilise aussi les communaux. Ce paysan doit aussi fournir à son propriétaire des chapons, lui doit des corvées et la banalité pour l’utilisation du moulin, et lui payer le champart. L’histoire a conservé le souvenir de deux Naufrages survenus au devant la côte de Léchiagat: en novembre 1749 le Barbau Eleonor, de Dantzig (Pologne) et en décembre 1768 les Trois Frères de Cork (Irlande).

Les naufragés étaient alors enterrés à même la dune, ce qui explique que l’on retrouve parfois des squelettes. En 1789, la paroisse de Treffiagat, qui comprenait alors 70 feux, élit deux députés (Hervé Guiriec et Ambroise Tanneau) à la réunion du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper, préalable à la réunion des États généraux de 1789. Joseph Marie du Haffont, frère cadet du seigneur de Lestrédiagat, capitaine au régiment de Chartres, déserta dès 1789 et Charles Marie du Haffont lui-même émigra (le château de Lestrédiagat échappa à la vente comme bien national car Ambroise du Haffont, fils cadet de Charles du Haffont, soutenait la Révolution; il était administrateur du district de Quimper). Le recteur de Treffiagat, Larour, refusa de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, mais décéda peu après; il fut remplacé par un curé jureur, Bizien, originaire de Kerlaz. Un prêtre réfractaire originaire de Treffiagat, Jean Querneau, qui était recteur du Juch vint se cacher dans sa famille à Kéréon et demeura « introuvable ». La loi du 12 transforma momentanément la paroisse de Treffiagat en une succursale de celle de Plobannalec. En 1792 Lesconil et Le Guilvinec n’avaient qu’une chaloupe, Sainte-Marine 3, Treffiagat et Kérity 4 chacun, L’Île-Tudy 8, Concarneau 250 et Douarnenez 275 environ. Si, depuis des siècles, les habitants de Léchiagat ont exercé les divers métiers de la mer et fourni des marins aux vaisseaux du Roi, c’est dans la seconde moitié du que ce hameau se développe véritablement, profitant du dynamisme du port de pêche voisin du Guilvinec et de ses conserveries où de nombreuses femmes allaient travailler.

Poursuivi pendant les premières décennies du, cet essor a fait de Léchiagat une agglomération plus importante que celle du chef-lieu communal. En 1889, Benjamin Girard écrit: « Le bourg [de Treffiagat] n’a que 46 habitants; l’agglomération principale est à Léchiagat, village de pêcheurs ». Fin XIXe la construction de 67 écoles de hameaux a été autorisée dans le Finistère par deux décrets En 1883, les terrains communaux, jusque-là consacrés à la vaine pâture au bénéfice des paysans sans terre, des journaliers et des valets de ferme, furent partagés entre les domaines, fermes et métairies, au prorata de leur superficie déjà existante. À Treffiagat, ce partage concerna les menez (mauvaises terres souvent rocailleuses), et surtout les paluds, les landes et les dunes du bord de mer, prolongeant le glacis des terres cultivables des fermes de Kersaoz, du Reun, de Squividan, de Kerléguer, de Léhan, de Léchiagat, etc. En hiver, ces marais devenaient des étangs temporaires (les dunes freinant l’écoulement naturel vers la mer des tout petits ruisseaux côtiers les alimentant et la mer pénétrant temporairement en arrière du cordon de dunes lors des tempêtes) comme ceux de Loc’h Vraz devant Kerléguer et de Loc’h Vihan près de Léhan, recouvrant une centaine d’hectares pendant cette saison humide. L’été, cette zone humide servait de pâture, produisait du foin et de la litière; par le passé, les roseaux (phragmites) servaient à recouvrir de chaume les toits des maisons, mais ce n’était déjà plus le cas; par contre le rouissage du chanvre s’y pratiquait encore, principalement pour la fabrication de cordes. En 1884 un premier essai d’assèchement échoua en raison de mésententes.

En 1889 Corentin Toulemont et sa sœur, originaires de Loctudy, mais mariés à une sœur et un frère Daniel, du hameau de Kersaoz, parvinrent à créer une association avec leurs voisins et entreprirent l’assèchement des marais, en creusant notamment un aqueduc souterrain aboutissant à la plage de Goudoul, gagnant ainsi une douzaine d’hectares de terres exploitables. Les naufrages étaient alors nombreux, même si l’histoire en a perdu la trace: par exemple le 22, le journal La Presse écrit que le naufrage du brick l’Émile, de Tréguier, qui allait de Bordeaux en Angleterre avec un chargement de manganèse, « est le cinquième des navires qui, depuis le janvier, se sont perdus entièrement sur le littoral de la commune de Treffiagat ». En 1872 (ou 1873), le vapeur anglais William-Connal s’échoua sur la côte de Léchiagat, après avoir confondu le feu de Penmarc’h et celui de Loctudy. En août 1875, l’abbé Signor, recteur de la paroisse de Treffiagat, parti faire de la pêche en mer avec trois jeunes du petit séminaire de Pont-Croix se noya en raison du chavirage du bateau, les adolescents étant recueillis par un canot du Guilvinec. La tempête du 24 provoqua la disparition de six chaloupes dont trois étaient du Guillvinec et trois de Léchiagat: le Volonté de Dieu (9 noyés), le Saint-Corentin (6 noyés), le Notre-Dame-de-la-Mer (7 noyés). Dans le Journal des débats du 10, Anatole Le Braz, à propos de cette tempête, qui fit en tout 44 disparus laissant 32 veuves et 85 orphelins, écrit: « Trois des embarcations englouties relevaient du port de Léchiagat, un faubourg maritime qui n’est séparé du Guilvinec que par un arrière-port, large seulement d’une ou deux encablures, mais qui se rattache à Treffiagat, la commune limitrophe. Un canot nous mit sur l’autre rive. C’était l’heure de l’appareillage pour les bateaux qui se livrent à la pêche nocturne du merlu.

Nous croisâmes, au cours de la traversée, plusieurs d’entre eux qui s’ébranlaient; leurs hautes voilures, en s’ébranlant, projetèrent sur nous leur ombre. (.) À Leschiagat [Léchiagat], les femmes avaient été convoquées à la maison d’école; nous les trouvâmes, au nombre d’une vingtaine, installées sur les bancs de la classe. Quelques-unes avaient encore sur les bras des enfants encore à la mamelle qu’elles durent bercer en chantant à mi-voix, pour les faire taire, tandis que le maire de Treffiagat, un vieux paysan aux longs cheveux celtiques, procédait à l’appel des noms », avant de procéder à la distribution de secours qui leur étaient attribués. Fin mai 1897, le bateau de pêche Saint-Jean, de Léchiagat, parti relever ses casiers, disparut avec son équipage de 8 marins-pêcheurs; le même jour disparut le Sainte-Anne, du Guilvinec, qui était parti pêcher le homard dans l’archipel des Glénan, avec ses quatre hommes d’équipage. Alors que Le Guilvinec est durement frappé par l’épidémie de choléra de 1885-1886 qui y provoque 126 cas dont 72 décès, Léchiagat, pourtant tout proche et en communication de tous les instants avec ce port, fut peu concerné: 2 cas seulement et aucun décès. Henri Monod attribue cette chance au fait que les habitants du Guilvinec buvaient l’eau souillée des puits de la ville alors que « les habitants de Léchiagat, la trouvant trop mauvaise, ne la boivent jamais. Plutôt que de la boire, ils vont à deux kilomètres chercher de l’eau potable à une source qui jaillit en dehors de toute agglomération. Un assez grand nombre ont à leur porte des citernes où ils recueillent l’eau de pluie ».

De 1880 à 1920 la mission méthodiste presbytérienne galloise, la Welsh Missionary Society, ouvre des temples à Pont-L’Abbé, Léchiagat (le pasteur Jones y achète une maison transformée en temple en 1903) et Lesconil. En 1891, à Treffiagat, l’école tenue par les frères de l’instruction chrétienne de Ploërmel dut refuser des élèves faute de place, alors que l’école laïque, située à Léchiagat, n’avait qu’une douzaine d’élèves. En réponse à une enquête épiscopale organisée en 1902 par Mgr Dubillard, évêque de Quimper et de Léon en raison de la politique alors menée par le gouvernement d’Émile Combes contre l’utilisation du breton par les membres du clergé, le recteur de Treffiagat écrit: « Aucun [enfant] n’a entendu le moindre mot de français à la maison ». En 1902, la fermeture de l’école privée tenue par les Sœurs des Filles du Saint-Esprit en vertu de la loi du 1er juillet 1901 sur les congrégations, provoqua des troubles à Treffiagat: « À Treffiagat, lorsque les commissaires et les gendarmes arrivèrent, ils trouvèrent l’école barricadée et gardée intérieurement par les habitants. Ils essayèrent d’entrer, mais des pierres leur furent jetées de l’intérieur. Les agents et les gendarmes jugèrent prudent de se retirer pour revenir l’après-midi avec le concours d’une compagnie du 118 d’infanterie et de deux nouvelles brigades de gendarmerie. Les rebelles, devant l’importance de la force armée, cédèrent et laissèrent pénétrer dans l’école les commissaires qui notifièrent le décret ». Le lieutenant-colonel Henri Le Gouvello de la Porte, à qui appartenait l’école et l’immeuble des Sœurs, fut condamné pour bris de scellés.

L’école des garçons, tenue par les frères de Ploërmel, fut également fermée. L’année suivante, trois religieuses des Filles du Saint-Esprit vivant en communauté dans son château de Lestriagat mis à leur disposition par le colonel Le Gouvello de la Porte et qui donnaient des leçons particulières aux enfants et faisaient le catéchisme, furent condamnées à une amende pour violation de la loi du 1er juillet 1901 sur les Congrégations. Le 14, « dès 4 heures du matin, sous la direction du capitaine Blondin, 35 à 40 gendarmes précédés de deux trompettes quittaient Quimper (.) se dirigeant sur Treffiagat, (.) où l’expulsion manu militari des prêtres du presbytère a eu lieu ». En 1903 également, Treffiagat fit partie, en raison de son port de pêche de Léchiagat, des communes durement touchées par la crise de la sardine et fut concernée par les secours attribués aux pêcheurs frappés par la misère. « Un deuxième wagon de denrées, venant de Paris, est arrivé pour les pêcheurs de Treffiagat » écrit le 22 le correspondant du journal Le. Le 16, le canot, de Léchiagat, qui pêchait la sardine au large de Lesconil, fut abordé et coulé par un contre-torpilleur de l’escadre qui regagnait Brest; le mousse, âgé de 14 ans, fut noyé, mais les trois autres membres de l’équipage furent sauvés par un autre bateau de pêche. Le 30, le canot Jeune-Tobic, de Léchiagat, sombra à douze milles nautiques au large de Penmarc’h; les trois membres de l’équipage se cramponnèrent à des avirons et parvinrent, en dépit d’une mer grosse, à être secourus par l’équipage de la chaloupe Les Trois Frères, de Douarnenez. L’opposition entre les « Blancs », majoritaires parmi les électeurs ruraux, et les « Rouges », majoritaires parmi les marins, fut longtemps très forte: lors des élections législatives du 24 qui virent l’élection comme député de la circonscription de Quimper du candidat de la gauche radicale Édouard Plouzané, le marquis de L’Estourbeillon, député royaliste, dénonce les incidents survenus lors des élections législatives dans la deuxième circonscription de Quimper: « ce furent les voies d’accès aux salles de vote et même aux bourgs gardés par des groupes d’individus menaçant et frappant les électeurs ruraux qui venaient voter comme à Treffiagat, Peumerit et Plozévet; des bureaux et des urnes pris violemment et gardés par des bandes de marins étrangers aux sections de vote, comme à Plobannalec, pour empêcher le vote des cultivateurs ».

de Servigny, candidat conservateur, « 71 cultivateurs auraient été empêchés de voter ». Il incrimine aussi l’attitude du maire qui aurait laissé maltraiter plusieurs électeurs. De plus, lors du dépouillement du vote, il y avait en trop dans l’urne. Le journal L’Aurore dans son édition du 24 écrit: « Des incidents se sont produits dans la deuxième circonscription, notamment dans les communes de Plozévet, Treffiagat, Peumerit, Plovan et Plobannalec. Plusieurs électeurs ont été blessés ». Le train birinik, à voie étroite, a été en service de 1907 à 1963: allant de Pont-l’Abbé à Saint-Guénolé, la ligne disposait d’une gare à Treffiagat; c’était un train de voyageurs, il faisait également office de train de marée. Le monument aux morts de Treffiagat porte les noms de 83 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale: 8 d’entre eux sont morts sur le front belge, la plupart lors de la Course à la mer; 5 sont morts en Turquie lors de la bataille de Sedd-Ul-Bahr; un (Louis Le Péoc’h) est mort en Italie, un autre (Henri Bec) en Serbie et un autre (Michel Biger) en Écosse à Glasgow; un (Jean Péron) est un marin décédé en mer et un autre (Sébastien Le Gall) un marin disparu en mer. Un soldat (Pierre Le Lay) est mort en captivité en Allemagne.

La plupart des autres sont décédés sur le sol français: parmi eux, plusieurs ont été décorés: Charles Le Gall et Pierre Méhu ont reçu la Croix de guerre et la Médaille militaire, Jacques Le Pape la Croix de guerre (attribuée aussi à Louis Le Péoc’h). Inspirés par la réussite de Corentin Toulemont, les propriétaires, paysans, goémoniers et pêcheurs des marais de Treffiagat créèrent en 1922 un « syndicat des marais », dirigé par ce dernier, et parvinrent après quelques déboires (la mer notamment envahissant la zone peu après la création d’un premier canal de drainage traversant la dune), en creusant un canal à ciel ouvert log de, large de 2 à, parallèle à la dune et acheminant vers l’ouest l’eau par écoulement naturel jusqu’à l’étang de Léhan, puis un émissaire souterrain, long de 1,3 km, passant sous l’agglomération de Léchiagat évacue l’eau jusqu’à l’arrière-port à proximité de l’actuel lycée maritime (ce canal de drainage a été rénové en 2009). Même si l’assèchement n’a pas été complet, des zones humides subsistant notamment autour du menhir de Léhan, la superficie des prairies naturelles augmenta nettement. Les conditions sanitaires s’améliorèrent également avec la disparition de « cette lagune empestée depuis des siècles [qui] avait vu des familles entières périr sous les émanations mystérieuses et malfaisantes des eaux » a écrit un journaliste du journal Ouest-Éclair (en fait principalement la tuberculose). La fin des travaux donna lieu à une grande fête le 3. En décembre 1928, la mort d’un cheminot, Griffon, écrasé par la locomotive d’un train quittant la gare de Treffiagat, sembla d’abord accidentelle avant d’être transformée en crime, dont fut accusé un autre cheminot. Aux alentours du 27, les habitants de Léchiagat furent surpris de constater que le phare était encore allumé à 9 heures du matin; le maire, alerté, fit défoncer la porte et trouva le gardien sans connaissance, victime d’une congestion cérébrale; bien que transporté à l’hôpital de Pont-l’Abbé, ce dernier décéda le 28 décembre. La forte tempête du 1, les pinasses armées à la drague pour la pêche à la langoustine du port du Guilvinec (des bateaux de 16 à de long, de 25 à de jauge brute, qui se tenaient à l’entrée du port, prêtes à prendre la mer le lendemain, chassèrent sur leurs ancres et furent drossées à la côte, côté Léchiagat: deux bateaux furent perdus, six subirent des avaries graves et une quinzaine des avaries plus légères; les langoustiers, qui occupaient l’arrière-port du côté de Léchiagat, ne subirent que de légères avaries.

En 1935, Treffiagat fait partie des cinq communes du département du Finistère à avoir une municipalité à majorité communiste (les autres étant Concarneau, Douarnenez, Beuzec-Conq et Guilvinec)., musée départemental breton). Le môle du port, long de, est construit en 1907 (zle projet datait de 1881), et deux cales sont ajoutées dans les années 1920. Le môle du Guilvinec, placé sur l’autre rive du bassin, a été construit avant 1900, fermant et abritant le bras de mer. La digue de Léchiagat, longue de 320 m, a été réalisée entre 1930 et 1932; les travaux ont duré trois ans, les pierres proviennent de la carrière voisine de Kéristin. En 1926, Yann ar Prince, un marin de Léchiagat parti travailler à la « Compagnie lorientaise de chalutage à vapeur », surnommée la Chalutage, pour le compte de laquelle il commanda successivement divers bateaux, propose à son armement de créer un atelier de fabrication de chaluts à la main dans son port natal, à Parc ar Brial, assuré de trouver sur place toute la main-d’œuvre féminine nécessaire. Son gendre, Louis Le Drézen, fait construire en 1929 une usine de fabrication de filets de pêche à proximité. Après sa mort lors des combats de la Poche de Lorient en février 1945, sa veuve Clémentine Le Drézen (la fille de Yann ar Prince), puis le gendre de cette dernière, Pierre Le Brun, prennent la direction de l’entreprise, qui existe toujours.

L’arrière-port, situé au nord du pont de Léchiagat, construit entre 1948 et 1951, fait face au lycée maritime. En 1970 la construction de deux épis, complétée par la pose de tripodes pour briser la houle, est réalisée à l’entrée du port commun à Léchiagat et au Guilvinec. Un parement brise-lames est aussi apposé le long de la digue pour mieux protéger le port. Au début de la décennie 1930, Léchiagat possédait une flottille d’une quarantaine de dundees, des langoustiers à voiles et à moteur auxiliaire, ainsi que quelques dizaines de pinasses sardinières, quelques dragueurs et quelques ligneurs. À partir de 1934 commencent à apparaître les « malamoks », le premier étant la propriété des frères Félix et Marcel Quiniou; il fut suivi de nombreux autres (15 par exemple furent construits en 1938 à Léchiagat) car ils permettaient des pêches beaucoup plus fructueuses (un « malamok » pouvait capturer de six à dix fois plus de langoustines que les bateaux dragueurs traditionnels); la liste de 42 d’entre eux a été recensée: parmi eux, le Pasteur (il coula le 15 sans faire de victimes, à la suite d’une collision avec un chalutier du Guilvinec), le Bretagne (qui coula dans la nuit du 5 au 6 près du phare d’Ar-Men avec neuf hommes à bord, tous de Léchiagat), le Korrigan (lui aussi perdu corps et biens près du rocher Ar Men Du en face de Larvor) le 22, ce naufrage faisant six victimes, toutes des pêcheurs de Léchiagat), le Rosier Fleuri (renversé par une vague déferlante lors de la tempête de la nuit du 3 au 4, cet accident faisant dix noyés et quatre rescapés, tous de Léchiagat), même si la plupart des « malamoks » ont terminé leur carrière dans le cimetière des bateaux de Léchiagat. Dans les années 1930, des pentecôtistes établissent une assemblée à Léchiagat, ainsi qu’à Kérity, qui dépend de la mission évangélique bretonne de Douarnenez. Joseph Guilcher, né en 1923 à Treffiagat, apprenti boulanger à l’Île de Sein en juin 1940, fit partie des Sénans qui quittèrent l’île dès le 24 sur le Velléda et gagnèrent Penzance au Royaume-Uni; il fut par la suite boulanger sur un cargo transportant du minerai entre l’Afrique et l’Angleterre, puis, au début de 1943 s’engagea dans les commandos Kieffer; il participa au débarquement de Normandie le 6 juin 1944 où il fut blessé; citoyen d’honneur de la ville de Ouistreham, titulaire de nombreuses décorations, il est décédé le 1 à Léchiagat. En 1941, onze jeunes de Léchiagat, qui avaient le projet de gagner l’Angleterre et s’étaient emparés du chalutier Charley furent interceptés par la Kriegsmarine.

Un trafic d’armes, dirigé par Robert Ballanger et le capitaine Queignec, livrées par un sous-marin anglais, fut organisé à destination des résistants FTP de la région, ces armes devant être récupérées par le chalutier L’Audacieux; mais le 19 à six heures du matin, des soldats allemands cernent Léchiagat et procèdent, ainsi que des gendarmes français, à des perquisitions chez plusieurs habitants (dont Jean Désiré Larnicol, ancien maire de Treffiagat; Jean Le Coz, menuisier; Louis Quiniou, marin-pêcheur; etc.) à la recherche d’armes, un indicateur leur ayant signalé l’existence à Léchiagat d’un centre de résistance composé d’individus ayant appartenu au Parti communiste ou ayant des sympathies pour le gaullisme et participant à un trafic d’armes. Plusieurs furent arrêtés dont Jean Baudry, fusillé le 5 au Mont-Valérien et certains déportés; d’autres durent se cacher (comme Laurent Hénot, Guillaume Bodéré et Jean Désiré Larnicol). Le 1, L’Audacieux, commandé par ses deux patrons, Michel Bolloré et Bastien Coïc, avec tout son équipage (dont Bastien Larnicol et Pierre Kervénan), partit pour l’Angleterre afin d’éviter l’arrestation, débarquant à Newlyn; même s’ils ne combattirent pas (ils étaient trop âgés, une quarantaine d’années, ou trop jeune pour l’un) dans les rangs de la France libre, ils en furent membres et s’adonnèrent à la pêche à partir du port de Newlyn pendant toute la durée de la guerre. Plusieurs habitants de la commune combattirent dans les rangs de la France libre, comme Roger Biger, Émile Péron et Raphaël Quideau, qui combattirent en Syrie; des résistants furent déportés (Arsène Coïc) ou internés (Jos Quiniou et Jean Le Coz); des réfractaires au travail obligatoire (Lucien Pochat, P.M. Goarin) furent raflés et contraints d’aller travailler en Silésie. Deux marins de Léchiagat (Jos Biger et Doscithé Charlot, qui étaient en Indochine au début de la guerre, furent internés par les Japonais. Des soldats originaires de la commune furent prisonniers dans des stalags en Allemagne (ou en Pologne comme Henri Le Pape). En septembre 1942, Jean-Marie Le Coz, ex-secrétaire de la cellule communiste de Léchiagat, fut arrêté, accusé par le régime de Vichy d’être un « accapareur de vivres ».

Le monument aux morts de Treffiagat porte les noms de 16 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ou Raphaël Quideau mort des suites de ses blessures en Syrie; plusieurs sont des résistants morts soit en déportation comme Victor Adam, Albert Pochat et Pierre Tanneau, soit fusillé comme Jean Baudry, né le 14 à Treffiagat, marin, membre des Francs-tireurs et partisans français (FTPF), fut fusillé le 5 au Mont-Valérien; un autre, Louis Le Drézen, qui dirigeait à Léchiagat l’entreprise de fabrication de filets de pêche, a été victime des combats lors de la Libération. Des marins sont disparus en mer comme Sébastien Durand, Jean Le Tirilly ou Amédée Le Berre. La paroisse de Léchiagat est créée par ordonnance épiscopale le 24, le culte est d’abord célébré sans la chapelle Saint-Jacques, détruite par la suite; l’église paroissiale Notre-Dame-des-Flots n’est construite qu’entre 1958 et 1960. Un marin, Hubert Le Gouvello de la Porte est mort prisonnier du Viet-Minh pendant la guerre d’Indochine. Le monument aux morts de Treffiagat porte aussi le nom de Charles Le Floc’h, mort pour la France en 1959, probablement pendant la guerre d’Algérie. La colonie de vacances de « La Providence » ouvrit en 1950, elle fonctionna jusque vers 1990 et accueillait chaque année une soixantaine d’orphelines de Quimper, encadrées par des religieuses; l’établissement fut ensuite repris par l’UFCV afin d’être vendu à la commune en 2010. Face au déclin du port de pêche du Guilvinec-Léchiagat et à l’envasement accru de l’arrière-port du Steir (qui n’est plus depuis des décennies qu’un cimetière de bateaux) accéléré depuis la construction du pont-digue reliant Léchiagat au Guilvinec, un projet de dévasement, de construction d’un port de plaisance dans cet arrière-port et de démolition du pont-digue fait polémique depuis 2010, la controverse opposant principalement les écologistes et les professionnels de la mer. Les partisans du projet arguent que la pêche professionnelle restera prioritaire et que le projet d’un port de plaisance est seulement complémentaire, permettant d’étoffer une offre en matière d’accueil de bateaux de plaisance quasiment inexistante pour l’instant et permettrait l’arrivée de nouvelles entreprises industrielles liées à la mer et à la navigation de plaisance dans la zone intercommunale de Toul-ar-Braz.

« Cette mixité entre pêche et plaisance sera un atout pour le port » assure Jean-Luc Tanneau, maire du Guilvinec. Deux projets existent en fait: l’un de 240 places, juste en amont du port de pêche, l’autre de en aménageant l’arrière-port. Le 3 le maire David Chevrier donne sa démission pour raisons professionnelles son métier d’entrepreneur de travaux publics lui semblant incompatible avec son mandat; il est remplacé le 14 par Danièle Bourhis.

Informations Clés

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Population

2.424 habitants

Région

Bretagne

Département

Finistère
(29)

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