Tréguier
Histoire de Tréguier
Tréguier est une commune de Côtes-d’Armor, en Bretagne, qui compte 2 409 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes monasterium Sancti Tutuali Pabut vers 1050, Sanct Pabu-Tual en 1086, Saint Pabu vers la fin du, Seintpabu en 1230, Lantreguer en 1267, Lantriguier en 1296, Landreguer en 1330, Landriguier en 1376, Lantreguier et Tréguier en 1394, Lantreguer en 1441 et en 1468, Ploelantreguer en 1437 et en 1486, Ploelantreguier en 1543, Ploulan-Treguier en 1663. Antérieurement le lieu était dénommé « Saint-Pabu », Pabu étant l’un des noms sous lesquels est connu saint Tugdual. Le monastère est dénommé « Saint Tutual Pabu » dans la Chronique de Nantes compilée vers 1050 et un acte de 1086 parle de Hugues de Saint Pabu-Tual, évêque de Tréguier (« episcopus Trigarensis »).
Trégor → Tréguier procèdent du nom des Tricorii > Trechor, ethnonyme gaulois dont le sens est « les trois troupes, les triples armées », correspondant peut-être à trois peuplades gauloises. Il est composé de tri « trois » semblable au breton tri « trois » et corios (pluriel corii) proche du vieil irlandais cuire « troupe, armée » et du vieux breton cor- (élément de composé) « troupe ». Tricorii rappelle immédiatement Petrucorii « les quatre armées » qui ont laissé leur nom au Périgord et à Périgueux selon un processus similaire.
Les Tricorii ne sont mentionnés ni parmi les peuples armoricains ni parmi ceux de Grande-Bretagne. Le lieu entre dans l’histoire ou dans la légende vers 532-535 avec le moine gallois Tugdual qui y aurait fondé un monastère dénommé Lan Trécor en breton, devenu « Landreger », toponyme qui donnera son nom actuel à la ville, mais ce toponyme (sous la variante Landreguer) n’apparaît qu’en 1330. Le nom en breton de la commune est Landreger, prononcé [lɑ̃n’dre:gər].
Tréguier provient du démembrement de la paroisse primitive de l’ancienne Armorique, Ploulandreguer, qui englobait aussi outre le territoire de Tréguier, celui de Minihy-Tréguier, en réalité, cette tour date du XIIe siècle et aucun mobilier archéologique ne vient conforter l’hypothèse d’une présence viking à Tréguier. La cité est nommée Saint-Pabu (autre nom de saint Tugdual) ou des variantes de ce nom du. Un autre ecclésiastique est à l’origine de la renommée de la ville: Yves de Kermartin, plus connu sous le nom de Yves de Tréguier ou saint Yves, le saint patron des avocats, né vers 1253 à Minihy, au manoir de Kermartin, défenseur des pauvres contre la puissance des riches. La cathédrale actuelle, de style gothique, est ainsi édifiée (à partir de 1339 par l’évêque Richard du Poirier, en ce qui concerne le corps de l’église) à la gloire de saint Yves (canonisé en 1347) qui y est enterré même si la guerre de Succession de Bretagne paralyse un temps les travaux qui durent près d’un siècle (1339-1435). La paroisse de Tréguier est citée dès 1330. Un sénéchal ducal puis royal existe dans la ville dès 1260 et jusqu’en 1576. Par la suite, l’évêque de Tréguier, qui porte aussi le titre de « comte de Tréguier » a pouvoir de haute et basse justice. Le revenu de son évêché est de.
Les catholiques faisaient partie de la Ligue ou Sainte Union et étaient dirigés par Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, les protestants et royalistes par le roi Henri IV. Tréguier se range du côté des royalistes ainsi que la ville de Lannion. La fin de cette guerre en 1598 aboutit à la reddition de Mercœur et par la proclamation du fameux édit de Nantes. Entre 1604 et 1616, Adrien d’Amboise est évêque de Tréguier. Aux, Landreger était divisée en deux paroisses, celle de Saint-Sébastien de la Rive (« parochia Sancti-Sebastiani aliter de Ripa ») à l’est de la cathédrale et celle de Saint-Vincent de L’Hôpital à l’ouest de la cathédrale. La partie rurale, au sud, constituait le fief de l’évêque de Tréguier et forma par la suite la paroisse du Minihy-Tréguier qui soignent les malades et recueillent les enfants abandonnés, auxquels s’ajoutent au XVIIe siècle un séminaire fondé en 1646 par l’évêque Balthasar Grangier de Liverdis et tenu par les lazaristes auquel s’ajoute un collège enseignant de la sixième à la classe de philosophie et destiné à la formation des futurs séminaristes, en 1625 le couvent des Ursulines, en 1667 le couvent des Sœurs de la Croix, en 1782 celui des Paulines) en plus de la cathédrale, du cloître, du palais épiscopal, des demeures des chanoines du chapitre de la cathédrale, les hôtels de la psalette (école de psaumes, chants religieux), de la chantrerie (chorale). Sur le plan économique et commercial, la ville s’est peu développée, comme étouffée par l’existence d’un clergé dont la présence est partout sensible, ce qui a amené Renan, en son temps, à parler de Tréguier comme d’un. ) de saint Yves à la fin.
Les Pardons de saint Yves étaient un moment très important dans la vie de la ville: « Ce jour-là, les hôtels regorgeaient de clients, et aussi les maisons particulières louaient aux voyageurs venus de toutes les diligences des environs. Les prêtres, arrivant en foule de tous les pays d’alentour, emplissent le séminaire qui déborde jusqu’en l’église où plus d’un bon abbé passe la nuit dans les stalles du chœur » écrit Constant de Tours en 1892. Il poursuit: « Dès le matin du grand jour, l’animation est extraordinaire: guirlandes de verdure, fleurs, décorations aux couleurs jaunes et noires […], arcs de triomphe […]. Des mendiants invraisemblables, un peuple de bohémiens en guenilles, grouille le long des chemins semés de fleurs: lépreux, nains, estropiés, amputés qui n’ont même plus une main à tendre et à qui l’on jette l’aumône dans une sébille posée à terre devant eux ». Cette impression est partagée par d’autres, par exemple Michel Salomon à la fin du XIXe siècle: « Bientôt je m’engageai dans une de ces longues rues bordées de couvents qui font la grave physionomie de Tréguier. Et bientôt après un détour, au fond d’une place plantée d’arbres, je vis se profiler sous un ciel pâle la silhouette de la cathédrale. […] Elle domine, elle écrase tout, altière au milieu de cette ville épiscopale dont elle fut la vie ». À la fin du également, André Petitcolin écrit à propos de Tréguier: « L’ancienne cité épiscopale a l’austérité monacale […].
Elle est ville par ses demeures armoriées, ses tours carrées […]; elle est village par ses granges, ses pigeonniers, ses cours de fermes ». Ernest Renan a décrit ainsi Tréguier: En 1789, Tréguier est en majorité favorable aux idées nouvelles. Cela étant, certains s’opposent à ce mouvement révolutionnaire; c’est le cas de l’évêque de Tréguier, Augustin-René-Louis Le Mintier. Comme il s’est exilé en Angleterre avec son valet, c’est une de ses fidèles, Ursule Taupin, qui va être victime de la Terreur et être guillotinée place du Martray pour avoir abrité chez elle des prêtres réfractaires. Son courage face à la mort a beaucoup marqué les trécorrois. Son mari, Pierre Taupin, valet de l’évêque exilé, revient à Tréguier pour se venger. Soupçonné d’avoir assassiné dans son lit le chef du tribunal révolutionnaire qui a condamné sa femme et dispersé ses cinq enfants, il va par la suite semer l’effroi dans tout le Trégor.
Finalement attrapé, il est condamné et envoyé au bagne en Guyane. De manière rocambolesque, il s’en échappe et revient une nouvelle fois à Tréguier, pour prendre la tête d’une petite armée de chouans. La « bande à Taupin » terrorise les trégorrois, dans les villes énormément de moyens sont déployés pour s’en préserver. Il est finalement abattu au cours du combat de Tréglamus en 1800, lors d’une embuscade. Au cours de l’hiver 1794, le bataillon des volontaires d’Étampes mit à sac tous les monuments religieux de la ville: ainsi disparurent presque tout le mobilier, la statuaire, l’orfèvrerie, les vitraux… La cathédrale servit d’écurie et fut tellement saccagée qu’elle ne put servir au culte imposé de l’Être suprême (reconnaissance d’un être suprême et de l’immortalité). Ce culte s’opposait au culte de la Raison instauré par Chaumette en 1793. Ernest Renan décrit la déchéance de Tréguier à la suite de la Révolution: « La Révolution, pour ce nid de prêtres et de moines fut en apparence un arrêt de mort.
(.) Le Concordat supprima l’évêché. La pauvre ville, décapitée, n’eut même pas un sous-préfet; on lui préféra Lannion et Guingamp, villes plus profanes, plus bourgeoises. (.) L’ancien séminaire servit à l’établissement d’un collège ecclésiastique très estimé dans toute la province. En 1896, 230 bateaux montés par participent à la pêche aux huîtres sur les bancs naturels (la pêche ne dure que quelques heures un jour de mars) de la Rivière de Tréguier. Cette activité décline progressivement: en 1904, 108 bateaux et, en 1905, 87 bateaux de Tréguier et des environs participent à la pêche aux huîtres par dragage. On y arme aussi pour la pêche à la morue dans les parages de l’Islande. Tréguier est aussi un port de commerce, principalement avec l’Angleterre. En 1862, Joachim Gaultier du Mottay écrit que le port de Tréguier connaît un mouvement annuel de 230 navires environ et que dans cette statistique ne sont pas compris les bateaux s’adonnant ä la pêche du goémon et des sables calcaires.
. Des descriptions plus flatteuses existent aussi: Anatole Le Braz, qui arrive par la Rivière de Tréguier, a écrit: « Tréguier surgit, lumineuse, poussée d’un seul jet, ainsi qu’une ville de rêve, avec les teintes pourprées de ses vieux toits, son peuple de clochetons et la flèche de sa cathédrale, toute rose […]. Tréguier m’apparût ce jour-là comme une cité merveilleuse au milieu d’un paysage enchanté ». La situation en presqu’île de confluence de la ville était depuis toujours une gêne pour les communications terrestres vers les rives opposées du Guindy et du Jaudy: aucun pont n’existait et seuls des bacs permettaient de rejoindre Trédarzec. En 1834, la construction de la « passerelle Saint-François » permet aux piétons et aux chevaux de franchir le Guindy, donc d’accéder plus aisément à Plouguiel et en 1835 la construction du premier pont suspendu en Bretagne, le « pont Canada », à péage, dénommé ainsi car construit à l’emplacement de l’un des deux bacs qui partait d’un lieu-dit ainsi appelé, permet de franchir le Jaudy. Ozou, négociant à Tréguier propose ce projet.En 1833, débute la construction du pont, qui est achevé en avril 1834. Le 25 mai 1834 le pont Canada est ouvert à la circulation. La construction de ce pont suscita une vive opposition des habitants de La Roche-Derrien car il empêchait désormais la remontée des bateaux jusqu’à cette localité, c’est pourquoi il fut détruit en 1886, remplacé temporairement par un bac, puis par un pont métallique n’entravant pas la navigation car il disposait d’une travée mobile, lui-même remplacé après la Seconde Guerre mondiale, en 1954. En 1921, s’y est ajouté le pont du chemin de fer. Le Guindy fut lui franchi par un ensemble de deux ponts: les Ponts Noirs, le premier, supportant une route, a été mis en service en 1893, et le second a été construit pour une des lignes des Chemins de fer des Côtes-du-Nord par Louis Auguste Harel de La Noë. Le premier de ces ouvrages a été détruit en 1972, le second en 1952. Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1895 des portraits du duc d’Orléans, entourés de liserés tricolores et portant l’inscription: « Vive le duc d’Orléans! » furent apposés en grand nombre sur les murs de Tréguier, de La Roche-Derrien et des communes avoisinantes; la population a fait un très bon accueil à cette manifestation de propagande royaliste, écrit le journal Le Courrier de l’Aude.
La ville et le port sont ainsi décrits en 1904:. Tréguier est desservie par le rail entre 1905 et 1948 par les Chemins de fer des Côtes-du-Nord. Tréguier était le point de jonction de deux lignes de chemins de fer départementaux, celle de Tréguier à Lannion par Petit Camp, prolongée jusqu’à Paimpol, et celle venant de Plouëc (Ligne de Plouëc à Tréguier, voie métrique), elle-même reliée à Guingamp (voie normale, d’où un problème du transbordement des marchandises). Dans les années 1920, une voie ferrée dite d’« intérêt local » fut mise en place de Tréguier à Plouha.
Si Théodore Botrel chante « Le clocher de Tréguier » en 1900, les premières années du XXe siècle vont voir cléricaux et laïcs s’opposer vivement à Tréguier. La loi du juillet 1901 sur les associations qui soumet les congrégations à un régime d’exception décrit au titre III de la loi a d’importantes conséquences à Tréguier, entraînant la fermeture des écoles congréganistes. Une École supérieure de filles est créée en 1905 et une de garçons en 1908, ancêtre de l’actuel lycée. La loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 provoque dans cette ville de violentes émeutes (querelle des inventaires): l’inventaire des biens du Petit Séminaire est à cet effet conduit sous la direction du sous-préfet protégé par cinq brigades de gendarmerie et de quelques soldats et aura pour conséquence immédiate l’expulsion des enseignants qui trouveront refuge au collège Saint Joseph de Lannion. En 1903, une violente controverse à propos de l’érection de la statue d’Ernest Renan éclate à Tréguier. Le projet émane d’un groupe républicain « Les Bretons de Paris » et ne convainc pas immédiatement la municipalité car de son vivant Ernest Renan était fort mal vu par une bonne partie de la population de la ville, mais la décision est finalement prise par le Conseil municipal le 30 août 1902, rencontrant aussitôt la vive opposition des milieux conservateurs et de Fallières, évêque de Saint-Brieuc et de Tréguier. De proche en proche les surenchères verbales, l’obscurantisme et l’intransigeance des parties en présence vont transformer le projet d’éloge littéraire en une ardente offensive républicaine destinée à réduire l’influence cléricale. Le 13 septembre 1903, le Président du conseil Émile Combes vient en personne inaugurer la statue et prononce un discours.
Les catholiques de Bretagne protestent (« Cœur de Jésus, sauvez la France, et délivrez-nous de M. Renan » récitait-on du vivant de Renan) lancèrent une souscription nationale qui permit la réalisation par les Ateliers Yves Hernot de Lannion du « Calvaire de protestation », dit aussi « Calvaire de réparation », sur les quais de Tréguier. Il fut inauguré en la solennité du Pardon de Saint Yves le 19 mai 1904 par l’archevêque de Rennes, le cardinal Labouré. On peut lire sur le socle, en breton et latin, en réponse à Renan, la parole du centurion romain au pied de la croix, rapportée par les Évangiles: « Cet homme était vraiment le Fils de Dieu. » Ce calvaire symbolise l’église ultramontaine triomphante du XIXe siècle confrontée aux Radicaux de la République, Yves Gloux, Pierre Callec et Léon Le Calvez, Jean Le Muzic, Pierre Gloux, Marcel Goasdoué et Louis Le Charlès) et 1 dans le Lac Supérieur (Yves Madec); 11 sont morts en Belgique (la plupart en 1914 ou 1915); Emmanuel Nicol en Grèce le 19 septembre 1915, Alexis Le Balch dans l’actuelle Macédoine du Nord le 29 mars 1917 et François Cozigou en Albanie le 24 octobre 2918; la plupart des autres sont morts sur le sol français. Une plaque commémorative des 94 victimes de cette guerre se trouve dans la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier, ainsi que trois vitraux illustrant cette guerre. Dix soldats non originaires de Tréguier morts à l’hôpital complémentaire 56 de cette ville (l’hôpital complémentaire 56 était situé dans l’école des garçons et disposait de 435 lits) sont inhumés dans le carré militaire du cimetière Saint-Fiacre. Un centre d’aviation de l’US Navy, destiné à combattre les sous-marins allemands, s’est installé à Tréguier (en fait à Plouguiel en 1917-1918), mais pendant quelques mois seulement.
Le président de la République Raymond Poincaré vint à Tréguier le 2 septembre 1923 pour la commémoration du centenaire de la naissance d’Ernest Renan. Le 5 août 1931 la goélette Charlotte, du port de Tréguier, fut coupée en deux lors d’une collision avec le vapeur pétrolier Saint-Anastalt non loin de Douvres; les 8 johnnies, originaires de la région de Roscoff, qui étaient à bord, sains et saufs, furent rapatriés, mais tous les oignons qui se trouvaient à bord de la goélette furent perdus. Dans son roman Sophie de Tréguier, qui obtint le Prix populiste en 1933, Henri Pollès, né à Tréguier en 1909, décrit notamment les préjugés, le poids des coutumes et de la tradition, et l’atmosphère de religion bretonne et populaire de Tréguier vers la fin. Le 30 août 1942 la ville de Tréguier organisa, sous les auspices du Bleun Brug, de grandes fêtes en l’honneur du cinquième centenaire de la mort du duc de Bretagne Jean V. Le 6 octobre 1942 le maire de Tréguier, en compagnie de 37 autres maires bretons, fut reçu par le maréchal Pétain à Vichy; il lui offrit une statuette en bronze, réplique de la statue de Francis Renaud qui orne le monument aux morts de Tréguier. Le monument aux morts de Tréguier porte les noms de 46 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale; parmi ces victimes 6 ont péri en mer (Raymond Porpé, Pierre Urvoas, Jean Lamert, Joseph Le Tual, Guillaume Menguy et Michel Revault d’Allonnes); Aristide Allanic est mort dès le 4 septembre 1939 des suites de ses blessures en Moselle; Yves Meudal, soldat, et Jean Rivoalan, capitaine, sont morts au printemps 1940 lors de la Bataille de France; André Le Priset, marin des Forces navales françaises libres est mort le 19 janvier 1941 à Portsmouth (Royaume-Uni); Yves Le Cozannet, aviateur, est mort dans un accident d’avion le 23 juin 1941 à Montpellier; Julien Le Bastard est mort lors d’une attaque alliée du contre-torpilleur Vauquelin en rade de Beyrouth (Liban) le 27 juin 1941; Yves Jézéquel, résistant, est tué à l’ennemi le 26 juillet 1944 lors de l’attaque du maquis de la Saudraie en Plélo par les Allemands; Édouard Levier le 19 décembre 1944 et Michel André le 23 janvier 1945, soldats des Forces françaises libres, sont morts tous deux dans le Bas-Rhin; Louis Launay, résistant du Front national, est mort en déportation le 3 février 1945 à Wilhelmshaven; Émile Le Huérou, marin, est mort le 26 mars 1945 au Viet-Nam lors d’une attaque japonaise; d’autres sont des victimes civiles de la guerre comme Yves Allanet, Albert Amicel et Joseph Bezard, tués à Tréguier en août 1944; les précisions des circonstances de leurs décès manquent pour les autres victimes et Maurice Le Luc, allèrent, avec l’accord tacite des gendarmes, voler de l’argent dans la perception de Tréguier, mais ils furent arrêtés (Maurice Le Luc fut blessé par une balle qui l’atteignit au ventre) et transférés à la prison de Lannion avant d’être par la suite livrés à la Milice et fusillés à Angers le 7 juin 1944. En août 1944, les combats pour la libération de Tréguier ont été longs et violents Le 14 août le groupe A du Cavalry Reconnaissance Squadron américain, qui était le matin sur une ligne Lanvollon – Pontrieux – La Roche-Derrien-Lannion, aidé par environ 300 résistants FFI, libère Tréguier (130 Allemands sont tués) et la majeure partie de la région, les Allemands gardant momentanément toutefois le contrôle de Lézardrieux et de Paimpol, ville qui ne fut libérée par les résistants que le 17 août.
Une stèle commémorative honore la mémoire du sergent américain Lloyd Willard Wibben mort des suites de ses blessures le 14 août 1944. Les combats du 15 août pour anéantir la présence allemande dans les parages de Tréguier provoquent ce jour-là l’explosion du pont du chemin de fer. Un carré militaire dans le cimetière Saint-Fiacre abrite les tombes de 83 soldats allemands morts lors des combats pour la libération de Tréguier. Le 20 juillet 1947 Édouard Herriot vint à Tréguier présider les fêtes organisées en l’honneur d’Ernest Renan. Deux soldats originaires de Tréguier (François Jeannoux et Jean Quintin) sont morts pendant la guerre d’Indochine et deux (René Chauvel et Claude Bondu) pendant la guerre d’Algérie.
Patrimoine religieux à Tréguier
À droite, on aperçoit la statue d’Ernest Renan réalisée par Jean Boucher.