Triel-sur-Seine
Histoire de Triel-sur-Seine
Triel-sur-Seine est une commune de Yvelines, en Île-de-France, qui compte 12 388 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes Treola début du, Troieul en 1093, Trel en 1173, Trieut en 1314, Triellum puis Triel-bourg au Moyen Âge. Albert Dauzat, qui ne cite pas de forme ancienne, rattache Triel aux toponymes du type Treix (Haute-Marne, Trie 1198), Trie (Oise, Tria villa 1337), Trilport (Seine-et-Marne, Tria portus, 1221) qui remontent au francique thresk « jachère » comme Tresques (Gard, Trescas 1060), forme occitane. Le vieux bas francique *thresk est un déverbal de *threskan ( > moyen néerlandais derschen) « battre (céréales, foin) » qui a donné l’ancien français trescher, treschier « danser », c’est-à-dire à l’origine « battre le grain » → « battre le sol ».
en 1893, peu après l’ouverture, en 1892, de la ligne Mantes via Conflans. Selon Gautier de Coutances, les habitants du bord de la Seine, Conflans, Andrésy, Triel, Vaux, Meulan, Mantes, la Roche-Guyon aurait été évangélisés par saint Nicaise, disciple de saint Denis. Ces faits prouverait que Triel, Triellum en latin puis Trel en langue romane existait dans la haute Antiquité. Une voie, sans doute d’origine gauloise, suivait le bord de la Seine et reliait les provinces maritimes du Nord-Ouest à la capitale des Parisii. De Rouen, elle allait à Évreux puis gagnait la Seine et par la rive gauche passait par Mantes, Meulan et passant sur la rive droite, elle traversait Vaux, et Triel puis Poissy et Saint-Germain. À l’époque carolingienne, Triel fait partie du comté de Meulan qui bordait les deux rives de la Seine de Poissy à Vernon et eut à souffrir des nombreuses invasions normandes.
En 1097, le roi de France, marche contre le roi d’Angleterre, Guillaume le Roux, qui s’est emparé de la forteresse de Gisors et ravage le comté de Meulan. Triel est cité en 1221 dans une charte de Philippe Auguste lui octroyant le statut de ville affranchie. Du au, lors de la chevauchée d’, alors que les troupes anglaises mettent à sac Poissy et Saint-Germain-en-Laye, les troupes du roi de France se trouvent en position dans la plaine de Triel. L’armée anglaise feignant d’abandonner Poissy et de marcher sur Tours, l’armée française se mit à sa poursuite en se dirigeant vers Antony. Ayant rétabli le pont de Poissy, les Anglais traversèrent la Seine, et passant par Carrières-sous-Poissy et Triel qu’ils pillèrent et brûlèrent, ils se répandirent et ravagèrent le Vexin. En 1636, durant la guerre de Trente Ans, les troupes croates et hongroises envahissent le Nord de la France.
Par lettre de cachet du roi, le gouverneur de Meulan, de la Chesnaye, somma la population des de la campagne voisine, dont Triel, de venir travailler aux fortifications et à servir à garder la ville. Aux, les seigneurs de Triel sont la famille de Coquerel puis au la seigneurie passe aux mains de la famille Brûlart. de Brûlart, marquis de Genlis, seigneur de Triel et lieutenant des gendarmes d’Orléans, y habita sous et. Alors en exil en France, avait un pied-à-terre à Triel. Triel était sous l’Ancien Régime un relais pour les diligences sur la route Caen-Paris. Au, le domaine de Triel est donné par la couronne à Jacques Brissart seigneur de Triel, Chanteloup, Évecquemont et Thun, puis à Jean-Simon Brissart abbé commendataire de l’abbaye royale de Saint-Martin de Nevers, maître des requêtes de la reine, mort à Paris le.
En 1748, les Brissart abandonnent un terrain pour établir un nouveau cimetière et supprimer celui situé autour de l’église. L’année suivante, le cimetière est transféré et l’ancien cimetière devient une place publique qui sera plantée de tilleuls en 1821. Le domaine de Triel passe ensuite en possession de la princesse de Conti, petite-fille du régent, veuve de Louis-François Conti (détruit en 1793), qui appartenait au chevalier Nicolas Guérout de Bois-Roger, capitaine des grenadiers du régiment de Paris, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis et syndic de Triel À la fin du, la maison du conseiller du roi Louis Parnajon, située à Pissefontaine devient un lieu de rendez-vous. Là, se rencontraient fréquemment Treilhard, un des rédacteurs du Code civil français, le conventionnel Camus, Tronchet qui accepta de participer à la défense de, lors de son procès devant la Convention nationale, en et, ce qui lui valut d’ailleurs quelques ennuis et le contraignit à entrer quelque temps dans la clandestinité, l’écrivain, philosophe et encyclopédiste Diderot, le moraliste Chamfort, le médecin Cabanis, le romancier Trébillon fils, le sculpteur Houdon, ainsi que les peintres Joseph-Marie Vien, Carle Vernet, Jacques-Louis David, le compositeur Jean-François Lesueur, les acteurs et tragédiens Lekain, qui habitait Vaux, Mademoiselle Clairon, Talma. Jusqu’à la Révolution la paroisse Saint-Martin de Triel comprenait alors Triel, Pissefontaine, Chanteloup, dont l’église construite au est reconstruite en 1515 et Carrières qui ne fut dotée d’une église qu’au était à la collation de l’abbé de Fécamp.
Chacune de ces quatre communautés avait sa collecte particulière. Chanteloup et Carrières étaient des annexes de Triel, sous la direction du seul curé de cette paroisse. Chanteloup avait dans sa collecte le hameau de Denouval et Carrières le prieuré de Saint-Blaise qui appartenait à l’abbaye de Marcheroux. En 1791, Chanteloup et Carrières sont séparées de la paroisse de Triel et érigées en communes, tandis que Pissefontaine était intégrée à Triel. Triel est occupée par les troupes prussiennes à partir du, lors du siège de Paris, durant la guerre franco-prussienne. Un pont établi par les envahisseurs à Triel-sur-Seine cède sous le poids des pièces de gros calibre qui y étaient engagées, entraînant par le fond trois canons.
Triel devient la résidence d’Octave Mirbeau et de Paul Fort. Le site inspira les peintres Loiseau, Marquet, Dunoyer de Segonzac.