Truyes

Histoire de Truyes

Truyes est une commune de Indre-et-Loire, en Centre-Val de Loire, qui compte 2 436 habitants. Les limites communales modernes figurent en jaune. Onomastique partielle du toponyme Truyes Selon Albert Dauzat et Charles Rostaing, Truyes dériverait de l’anthroponyme, nom de personne d’origine gallo-romaine, évoluant en (domaine rural de Trogius).

Une autre origine toponymique au nom de la commune peut être trouvée dans le gaulois traugo- et le suffixe -ia donnant *Traugia (« trou »), en référence aux anciennes carrières de calcaire lacustre. Peu à peu, à partir du, la graphie Truyes (avec -y-), probablement jugée plus flatteuse, s’impose sur « Truies » ou « Truis ». Le nom de « Bordebure » est systématiquement lié à d’anciennes zones d’extraction ou de traitement du minerai de fer et fréquemment associé à la proximité d’un itinéraire ancien.

Les terres de la « pointe de Gâte-Acier» doivent leur nom à ce que, difficiles à travailler, elles « gâtaient » (usaient) les outils; la proximité géographique avec Bordebure pourrait toutefois indiquer une référence toponymique à la métallurgie ancienne. Les « Sables de Saint-Blaise » sont le nom d’un lieu-dit dont le sol est particulièrement sableux. Géographiquement toutes proches, les « Vignes de Saint-Blaise » rappellent que la culture de la vigne fut développée à Truyes par le passé.

La « Boissière » évoque plus probablement un lieu anciennement planté de buis , plutôt que de bois au sens générique.

Le patrimoine préhistorique de Truyes est très riche. Le Paléolithique est représenté par du matériel retrouvé en surface en plusieurs points du territoire, sur le plateau, et daté de l’Acheuléen et du Moustérien. Les outils néolithiques en pierre polie sont également nombreux. Une hache pendeloque (percée d’un trou et mesurant dans sa plus grande dimension) en fibrolite de la culture Seine-Oise-Marne est retrouvée à de là, à Bordebure; ce type de parure se rencontre souvent dans des sépultures collectives, ce qui n’est pas le cas à Truyes. Une douzaine de haches polies sont retrouvées sur le territoire de Truyes, notamment au niveau de Gâte-Acier, un éperon entre le vallon de Bordebure et la vallée de l’Indre. Ces haches ne sont pas fabriquées sur place; leurs matériaux et leurs caractéristiques indiquent qu’elles sont « importées », pour la plupart de l’ouest de la France. Sur le plateau, le vaste site des « Vignes de Saint-Blaise », qui a fait l’objet d’un diagnostic archéologique avant une opération d’urbanisation, montre une occupation continue du Néolithique jusqu’au Moyen Âge. La période préhistorique est représentée par deux outils (scie et fragment de poignard provenant des ateliers du Grand-Pressigny) associés à des fragments de céramique, l’ensemble étant datable du Néolithique moyen mais surtout final.

Des « forges », sans indication de localisation ou de datation précise, sont mentionnées en 1923 et une enceinte, peut-être laténienne, est identifiée par prospection aérienne en 1989. Aux « Vignes de Saint-Blaise » et à proximité, l’occupation se poursuit pendant La Tène finale; en témoignent les trous de poteaux probablement liés à un grenier aérien et les tessons de poterie. Les vestiges antiques retrouvés à Truyes sont épars et parcellaires et souvent localisés de manière imprécise; ils ne permettent pas de préciser la nature et la densité de l’occupation du territoire, pour autant certaine à cette période, peut-être sous la forme d’une agglomération secondaire. En 1909, vingt-cinq monnaies aux effigies de plusieurs empereurs romains de Gordien III à Dioclétien sont découvertes au nord-est du bourg près de la ferme des Chaumes, mais ces monnaies ont probablement circulé bien après la fin de l’Empire romain. Des auteurs signalent, au, l’existence possible d’une alimentée par un aqueduc venant de Courçay; l’information est reprise ultérieurement, sans plus de précision et une, repérée par prospection aérienne, est signalée en 1978 au nord-est du territoire. Peut-être s’agit-il du même édifice. Dans le prolongement géographique du d’ (Esvres), un fossé, semble-t-il lié à un établissement agricole et renfermant un important matériel céramique, est identifié, toujours dans le secteur des « Vignes de Saint-Blaise ». Plusieurs voies antiques, voire gauloises, semblent converger à Truyes où la traversée de l’Indre s’effectue au niveau de Cormery sur un gué ou un pont.

L’une d’elles relie (Tours) à (Saint-Marcel, dans l’Indre). Elle longe l’Indre sur sa rive droite et passe à; son tracé au niveau de Truyes est recouvert par l’actuelle rue de Veaugodet. Connue sous le nom de « chemin de Varidaine », son origine est peut-être antérieure à l’époque antique. Une autre, venant de Bléré, passe par le plateau. Le site des Grandes Maisons, dans l’emprise de l’autoroute, fait l’objet d’une importante occupation dès le avec des structures pérennes matérialisées par des trous de poteaux. À cette époque, la vigne est déjà cultivée sur ce site ou à proximité. À la fin du ou un peu plus tard, cette occupation domestique est remplacée par un espace funéraire, abandonné lorsque le couvert forestier se développe à la fin du premier millénaire. La construction d’une première église, dédiée à saint Martin, à Truyes remonte au Haut Moyen Âge, sans plus de précision possible, puisqu’une charte de Cormery de 860 mentionne cette église comme, c’est-à-dire ceux de l’évêque de Tours Hérard, alors responsable du diocèse; l’église est dotée de nombreux biens prélevés sur les domaines avoisinants.

Certains de ces biens sont distants jusqu’à de part et d’autre de Truyes le long de l’Indre. Jacques Maurice attribue la fondation de cette église à Euphrône de Tours dans la première moitié. Il est possible que la paroisse de Truyes, à cette époque, englobe une partie ce que constituera plus tard celle de Cormery et dont elle se défera alors. Il est attesté qu’à l’époque carolingienne Esvres est le chef-lieu d’une viguerie; Truyes est alors l’une des six villas qui la composent mais elle n’est citée en tant que telle qu’au. L’existence d’un moulin à eau est attestée à Truyes avant l’an 1200. En 1358, une bande de pillards opérant en marge des troupes anglaises engagées dans la Guerre de Cent Ans dévaste Truyes après s’être emparée de l’abbaye de Cormery puis installée à Véretz. Peut-être dès le début du, des secteurs auparavant en culture, comme en témoignent des vestiges de terrasses aménagées et de constructions, sont abandonnés; taillis et bois prennent peu à peu leur place. Cette évolution, manifeste dans le vallon de Bordebure et la pointe de Gâte-Acier, dure jusqu’au; elle est probablement due à la médiocrité de ces sols par rapport aux terres du plateau de la Champeigne, où la forêt de Bréchenay est progressivement défrichée.

Au début du, avec l’essor de l’imprimerie en Touraine, la demande de papier va croissant. Des moulins préparant la pâte à papier sont installés sur le cours de l’Indre ou de ses affluents, L’un d’eux fonctionne sur la Truyes; il est recensé en 1776 dans un inventaire réalisé à la demande de Turgot mais il remonte probablement au; il faut trouver là l’origine de l’industrie papetière de Truyes qui, sous des formes diverses, se poursuit jusqu’à l’époque contemporaine dans la même entreprise. En 1766, la route royale du Berry de Tours à Châteauroux est ouverte dans le secteur de Truyes. Venant de Tours, elle arrive à Saint-Blaise, s’engage dans le faubourg avant de traverser l’Indre. Quatre ans plus tard, Truyes connaît la plus grave catastrophe naturelle de son histoire. Plus de trente heures de pluie continue sur le bassin versant de l’Indrois, qui se jette dans l’Indre à une quinzaine de kilomètres en amont de Truyes, provoquent une montée importante et brutale des eaux. La crue noie trente-huit personnes dans le faubourg de Truyes, surprises dans leur sommeil; certains corps ne sont repêchés que plusieurs mois plus tard à Artannes-sur-Indre, plus de en aval, et une vingtaine d’autres n’ont jamais été retrouvés. Si les pertes humaines sont importantes, les dégâts matériels le sont aussi; le faubourg, où la crue atteint une hauteur de 5 à selon les témoignages, est dévasté, détruites et le tablier du pont emporté.

Les cahiers de doléance rédigés par le Tiers État à l’occasion des états généraux de 1789 pour Truyes s’élèvent contre les dépenses engagées pour l’Église, d’autant plus que la paroisse vient de rénover son presbytère à grands frais. La Grande Peur qui sévit en France pendant l’été 1789 se traduit à Truyes, et d’autres communes des environs, par l’annonce de pillages de récoltes dont l’importance est amplifiée au fur et à mesure que l’information est relayée. Il s’agit en faits de rumeurs qui prennent corps à Loches et un voyageur atteste que rien de semblable ne se produit à Truyes. La Révolution française provoque une désorganisation des réseaux d’approvisionnement en matières premières qui porte préjudice aux manufactures locales. Il faut ainsi recourir à la réquisition des vieux chiffons pour que la papeterie de Truyes puisse continuer à fonctionner. Bien qu’il ait prêté serment à la constitution civile du clergé en 1791, le curé de Truyes est privé de son ministère deux ans plus tard; contraint de changer d’activité, il change aussi de vie, se marie et devient agriculteur. La chapelle Saint-Blaise, un prieuré, une ferme et deux métairies sont vendus comme biens nationaux. Quelques mois avant le concordat de 1801, le maire de Cormery évoque de manière unilatérale un projet de rattachement de Truyes et de certains quartiers d’Esvres à sa commune; aucune suite n’est donnée.

En 1824, la révision du système électoral qui accompagne l’avènement de Charles X| a de lourdes conséquence pour Truyes: seul le maire remplit les conditions requises pour être électeur. Vers 1830, Truyes ne dispose pas d’école et c’est à l’instituteur de Cormery que les parents versent une rétribution. En 1851 et 1852, les Troïciens s’engagent résolument derrière Napoléon III comme en témoignent les résultats des plébiscites, confiance renouvelée en 1870, à la veille de la guerre franco-prussienne. Pendant ce conflit, un petit hôpital militaire permettant d’accueillir six blessés est aménagé dans l’ancien presbytère. La Première Guerre mondiale coûte le vie à originaires de Truyes et la guerre de 1939-1945 fait. La cartonnerie Oudin est grosse consommatrice de gaz domestique et son raccordement au réseau de distribution de Gaz de France est l’occasion de desservir également une grande partie des habitations de Truyes. Pendant la Première Guerre mondiale, elle n’emploie que du personnel féminin et travaille exclusivement pour l’armée. En plein essor, sa production de de carton par jour vers 1820 passe à par jour à la fin des années 1990.

À partir des années 1960, le développement économique de l’agglomération tourangelle est important; de nombreux emplois s’y créent et Truyes, en dehors de la ceinture verte de l’agglomération, est bien positionnée pour accueillir cette population résidentielle. Début 2018, les maires de Cormery et Truyes évoquent la nécessité d’une collaboration plus étroite entre les deux communes, qui pourrait prendre la forme d’une fusion; à cette date, le projet est encore au stade des déclarations d’intention.

Patrimoine religieux

L’église Saint-Martin de Truyes, au centre du village, se présente comme une succession de constructions ou de reconstructions au fil des siècles. Si sa nef est datée de la fin du ou du début du, son chœur est plus tardif et la flèche de son clocher, tout en pierre. Ce clocher est classé au titre des monuments historiques depuis 1908. La chapelle Saint-Blaise, en bordure de la, est un petit édifice probablement construit au en blocage de meulière, flanqué d’une tour, inscrit comme monument historique en 1995. Elle est fortement remaniée au puis après la Révolution.

Elle accueille depuis 1987, après sa restauration, des expositions et des manifestations culturelles. Le château de Bel-Air (ou château Jouan) dont les bâtiments dominent le bourg est construit vers 1920 par Henri Oudin, propriétaire de la cartonnerie, à l’emplacement d’une ancienne école religieuse. Un grand parc et une rocaille sont aménagés peu après. Un pigeonnier s’élève dans le parc près de l’église. Cette dépendance du château date comme lui des années 1920.

Le château de Bel-Air est vendu à la commune dans les années 1990. Le manoir de Chaix, probablement construit au a été très remanié ultérieurement, jusqu’au. Il figure sur le cadastre napoléonien sous le nom de château de Truyes. Il est peut-être construit à l’emplacement d’un ancienne forteresse du dont subsistent trois tours, dont l’une totalement ruinée. Un logis principal est flanqué de deux ailes basses, l’une d’elles présentant une charpente en carène, dite « à la Philibert Delorme ».

Avant la construction de Bel-Air, c’est Chaix qui est appelé « château de Truyes ». La tradition veut que la Croix de l’Apothicairesse soit érigée en mémoire de la femme de l’apothicaire, morte à cet endroit au, peut-être empoisonnée par les plantes médicinales qu’elle récoltait. Aucune source ne permet de s’assurer de l’exactitude de cette tradition; la croix de pierre ne porte qu’une seule inscription gravée: (« Souvenez-vous »).

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Population

2.436 habitants

Région

Centre-Val de Loire

Département

Indre-et-Loire
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