Ustaritz
Histoire d’Ustaritz
Ustaritz est une commune des Pyrénées-Atlantiques, en région Nouvelle-Aquitaine, qui compte 7 476 habitants. Située en pays basque, plus précisément en province de Labourd, elle s’étend sur les deux rives de la Nive, à une dizaine de kilomètres au sud-est de Bayonne. Le toponyme apparaît dans les sources médiévales dès le XIIe siècle sous la forme Sanctus Vincentius de Ustariz en 1186, puis Ustaridz en 1194 dans le cartulaire de Bayonne, Eustaritz en 1242, Ustarydz, Utztaridz et Uztaritz en 1249, Ustaritz en 1322 dans les rôles gascons, et Ustariz en 1650, sur la carte du Gouvernement Général de Guienne et Guascogne. La commune porta brièvement le nom de Marat-sur-Nive à partir de 1793, en hommage à la figure révolutionnaire. Le linguiste Jean-Baptiste Orpustan analyse le nom comme la concaténation du radical urd-, signifiant « plat, plateau », et d’haritz, « chêne pédonculé, grand chêne », par opposition au chêne tauzin ou petit chêne. Hector Iglesias propose pour sa part une origine germanique, en s’appuyant sur la liste de toponymes galiciens se terminant en -riz, et notamment sur l’existence du nom de hameau galicien Ustariz, dans la province de Lugo, qu’il rattache à l’anthroponyme Oste-ric(us). Les hameaux d’Haitze et d’Hérauritz, attestés dès le XIIIe siècle dans le cartulaire de Bayonne sous les formes Hatze, Fathse, Hacha, Haïtce et Haisse, témoignent eux aussi de l’ancienneté du peuplement local.
Des fouilles archéologiques ont permis d’identifier une activité humaine au Paléolithique, en particulier aux lieux-dits Arrauntz, Haitzeko Ihara et Larrexuria, ce qui a conduit la direction régionale des affaires culturelles d’Aquitaine à publier un arrêté préfectoral de zonage archéologique. D’autres occupations préhistoriques sont attestées au lieu-dit Portougayna et au nord-ouest de Notre-Dame-de-la-Nive. Sous l’occupation romaine, le territoire d’Ustaritz fut peuplé par les Tarbelles, peuple aquitain proto-basque dont le territoire était centré sur Aquae Tarbellicae (Dax) et s’étendait au Labourd et à la Basse-Navarre. La commune se trouvait sur la voie empruntée par les bandes de Celtes et de Germains en route vers la péninsule ibérique, et eut sans doute à subir leurs pillages. Au Moyen Âge, Ustaritz ne fut pas épargnée par les multiples raids des Castillans, des Navarrais et probablement des Sarrasins. Le livre d’or de la cathédrale de Bayonne mentionne en 1235 un privilège accordé à la communauté, qu’elle conserva jusqu’en 1790. En 1523, des lansquenets allemands à la solde de Charles Quint incendièrent le village et massacrèrent ses habitants. La paroisse connut également des poursuites de l’Inquisition de Logroño, qui arrêta trois fugitifs d’Ustaritz au début du XVIIe siècle, sur dénonciation d’un enfant de la famille de Gorraiz d’Ustaritz.
Ustaritz fut le siège du Biltzar, l’assemblée des maires-abbés (baldam-apheza) des paroisses du Labourd, qui se réunissait au château de la Motte. Ces maires-abbés, désignés parmi les maîtres de maisons franches, c’est-à-dire ne dépendant d’aucune autre maison, administraient les affaires communales le plus souvent le dimanche après la messe, dans des cimetières ou autour du Kapito-harri, la « pierre du conseil ». La noblesse et le clergé étaient exclus de cette assemblée. Le plus ancien procès-verbal du Biltzar d’Ustaritz rend compte des délibérations de l’assemblée présidée par Micheau de Sossiondo, lieutenant-général du bailliage de Labourd. L’institution tint sa dernière session après le déclenchement de la Révolution, ses minutes faisant état de la demande adressée à l’Assemblée nationale nouvellement constituée et issue des États généraux. Le Biltzar constituait une forme d’auto-administration locale rare dans le royaume de France, dont la longue continuité fait d’Ustaritz un haut lieu de la mémoire institutionnelle basque.
Patrimoine religieux
La commune compte quatre monuments inscrits ou classés à l’inventaire des monuments historiques et deux lieux et monuments répertoriés à l’inventaire général du patrimoine culturel. Plusieurs châteaux subsistent sur son territoire. Le château de la Motte, ancien siège de la mairie, autrefois connu sous le nom de Gaztelua, fut la demeure des vicomtes du Labourd et des ducs d’Aquitaine; son aspect féodal a disparu au cours des siècles. Une inscription gravée dans une plaque en pierre rappelle aujourd’hui que c’est là que les Labourdins tenaient leurs assemblées. À l’ouest d’Ustaritz, le château d’Haitze, surplombant une colline, est la demeure d’une des plus anciennes familles nobles du Labourd, citée dès 1193 sous la forme Hatze. Reconstruit sur l’emplacement d’une maison forte du Moyen Âge, il est classé au patrimoine national. Les Haitze sont connus depuis 1168; Bonnet de Haitze est cité par les gentilshommes labourdins en 1193. Parmi ses membres figurent Sanz d’Haitze, évêque de Bayonne, et André de Haitze, maire d’Ustaritz pendant seize années entre 1795 et 1832. Pierre de Haitze, fils de Bernard et de Placide, seigneur d’Haitze et de Berriots, mourut sans descendance en 1798. Son frère André de Haitze, ancien gouverneur de Socoa, devint seigneur d’Haitze et Berriots; mort sans postérité en 1838, il légua ses biens à son neveu André de Laborde Noguez. Le château Larreguienea, situé au quartier Hérauritz, est lié à un acte de donation par lequel Joachim Turmann, propriétaire du château, fit donation du sol et du mur de l’ancienne chapelle de Sainte-Catherine aux habitants du quartier d’Hérauritz, par acte passé devant maître Pascal Dassance, notaire à Ustaritz, à charge pour eux de reconstruire cet édifice dans un délai d’un an.