Val-d'Izé
Histoire de Val-d’Izé
Val-d’Izé est une commune de Ille-et-Vilaine, en Bretagne, qui compte 2 591 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes parochia de Isei en 1086, Yseium en 1122, Yseyum en 1516. Varin, continuateurs d’Ogée, indiquent qu’un document datant de 1088 dit (en latin):« In parocchia de Izei, juxta Liwri (Livré-sur-Changeon), non longe a flavio qui dicitur Vozoura (la Veuvre) ». Il s’agit d’un type toponymique gaulois ou gallo-roman en -(i)acum, suffixe gaulois locatif à l’origine et pouvant aussi marquer la propriété.
Son évolution phonétique à l’ouest a abouti à la terminaison -é en général. Le premier élément Is- représente le nom de personne gaulois Itios ou son équivalent gallo-romain Itius, d’où le sens global de propriété d’Itius ou Itios. Son nom est Izë en gallo, langue locale, prononcé [izə].
La forme proposée par l’Office public de la langue bretonne est en breton, bien que Val-d’Izé se situe hors de la zone d’expansion maximale de pratique traditionnelle du breton. Sur le plan linguistique, la langue utilisée traditionnellement a toujours été le gallo et on n’y a jamais parlé le breton. La toponymie de la région ainsi que les nombreux villages et hameaux, témoignent de la diffusion ancienne de la langue romane.
Les communes ayant une terminaison en -é (du gaulois -acon), ainsi que les villages dont le nom se terminent par -ais, -rie ou encore -ière, en portent également témoignage.
Le Val-d’Izé était paroisse dès le, son église appartenait à l’abbaye Saint-Florent de Saumur, qui y fonda un prieuré. La paroisse de Val d’Izé dépendait autrefois de l’ancien évêché de Rennes. L’ancien prieuré Saint-Étienne d’Izé existait dès le, les papes Calixte II en 1122, Innocent II en 1142 et Urbain III en 1186, confirmèrent successivement l’abbaye de Saint-Florent dans la possession de l’église d’Izé (Val-d’Izé) et de ses deux chapelles de Saint-Martin et de Notre-Dame-de-la-Moisson. Val-d’Izé renfermait également avant la Révolution la trève de Landavran (érigée en paroisse en 1826). En 1229, le manoir du Bois-d’Izé appartenait à Geoffroy de Cornillé et son nom fut transformé en Bois-Cornillet. En 1589, des habitants de 53 paroisses de la baronnie de Vitré participèrent, au côté des troupes du duc de Mercœur, au siège de Vitré, alors une place-forte calviniste. Des troupes dirigées par Jean de Beaumanoir de Lavardin, un huguenot d’origine mancelle, au service du roi Henri III, venant du château de Gazon [en Pocé-les-Bois] « gaigna la lande d’Izay [Izé] avec beaucoup de peine, y ayant des barrières et des embuscades des paysans du pays à toutes les avenues et sorties, lesdits paysans armés d’harquebuzes, javelots, hallebardes, etc. Il parvint quand même, avec ses troupes, à gagner la lande de Chevré et de parvenir à gagner Rennes.
En 1591, pendant les Guerres de la Ligue, « Champeaux, Châtillon, Izé [Val d-Izé], Étrelles, La Guerche, Domagné, Châteaugiron furent dévastés par les marches et collision [combats] des deux partis ». Le château du Bois-Cornillé appartint en 1475 à Pierre Landais (une tour du château est encore dénommée « Tour Landais »), puis à sa fille Françoise Landais, qui épousa Arthur de l’Espervier, seigneur de Briard et de la Gascherie; leur fils François de l’Espervier, époux d’Anne de Gouyon-Matigny, en était le propriétaire en 1513 lors de la Réformation de la noblesse de Bretagne; leur fille apporta en mariage le Bois-Cornillé à René Bouillé, seigneur du Rocher-Mézangers, et le château passa ensuite aux mains de Louis de Chauvigné en raison de son mariage avec Claude de Bouillé. Le 1 mai 1553, le château fut vendu à Louise de Goulaine, veuve de Guy III d’Espinay (le château d’Espinay se trouve à Champeaux); par la suite le château fut vendu en 1623 à Richard de la Porte, marquis de Poulmic, et à nouveau vendu le 7 août 1700 à Claude Gelfrard, seigneur du Plessis. Le 24 mars 1764, il est acquis par Armand-François de Goyon et son épouse Louise de Lantivy. Leur fils, Louis-François de Goyon, né en 1750 à Nantes, avocat général à la Chambre des Comptes à Rennes, seigneur du Bois-Cornillé, était aussi seigneur des Hurlières (en Châtillon-en-Vendelais) et de la Chapelle-Vauclerc en Landavran. Il émigra à Jersey pendant la Révolution française et décéda le 27 mars 1812 au château du Bois-Cornillé. Le 18 avril 1832, le château fut vendu à Jacques le Cardinal, marquis de Kernier. de la paroisse d’Izé et de sa trève de Landavran (1772).
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Izé en 1778 Une compagnie chouanne exista à Izé; elle était membre de la « colonne d’Izé », dirigée par Henri du Boishamon, qui elle-même dépendait de la division de Vitré de l’Armée catholique et royale de Rennes et de Fougères. La « colonne d’Izé » était divisée en plusieurs compagnies: la compagnie d’Izé (dont le capitaine était Legendre et les lieutenants Pierre Masson, Pierre Gendrot et Étienne Bouvy), la compagnie de Balazé, la compagnie de Montreuil-sous-Pérouse et Saint-Christophe-des-Bois, la compagnie de Champeaux et Taillis, la compagnie de Saint-Jean-sur-Vilaine, la compagnie de Princé et Montautour. Une première escarmouche se déroula lors de l’été 1795, un petit groupe de dix-huit chouans dirigés par Joseph du Boishamon, frère de Henri, qui occupaient le bourg d’Izé furent attaqués par cinquante soldats républicains venus de Vitré. Inférieurs en nombre, les Chouans durent s’enfuir mais sans subir de perte. En revanche, les Républicains eurent deux tués et un blessé. En octobre 1795 une troupe de 18 chouans commandés par Joseph du Boishamon fut surprise dans une ferme de la commune d’Izé par des gardes territoriaux de Dourdain et La Bouëxière au nombre d’une cinquantaine; les Chouans firent feu pour sortir de la ferme et tuèrent deux gardes territoriaux, ce qui provoqua la fuite des autres alors qu’ils étaient bien supérieurs en nombre; « les contingents territoriaux fournis par les paroisses de Livré, Dourdain, La Bouëxière, Mecé, Châteaubourg étaient fort mauvais pour les combats en rase campagne, mais ils surprenaient quelques royalistes isolés, se livraient à de fréquents pillages et tenaient dans de perpétuelles inquiétudes la portion de l’arrondissement de Vitré dans laquelle s’exerçait le commandement de Henri du Boishamon ». À Izé, la lutte fut particulièrement vive contre les habitants républicains de Dourdain.
Ceux-ci, ayant fortifié leur bourg, effectuèrent plusieurs descentes sur Izé. Au cours de l’une d’elles, en novembre 1795 deux Chouans d’Izé furent pris et fusillés, en représailles, les lieutenants-colonels Boishamon, Pontbriand et Pierre Rossignol rassemblèrent près de et lancèrent une offensive sur Dourdain. Les patriotes, très inférieurs en nombre, abandonnèrent rapidement l’église et le cimetière où ils s’étaient retranchés, ils opposèrent une courte résistance au château du Plessis-Pillet puis prirent la fuite. Une troupe de 800 soldats républicains commandés par le général Jean Humbert essuya des tirs près de la lande d’Izé. Les Chouans, n’étant que 150, décrochèrent rapidement. Un Chouan et quatre Républicains, dont le commandant Joré, furent tués lors de ce combat. de la commune d’Izé (1813, tableau d’assemblage). En mai 1832, environ 800 chouans prirent les armes dans la région de Vitré, particulièrement aux environs de Parcé, Châtillon et Izé.
Plusieurs détachements de la garde nationale de Vitré, du de ligne et du léger les affrontèrent. Le combat de Toucheneau, en date du 30 mai 1832, aurait fait 80 victimes parmi les Chouans et trois parmi la troupe selon la version officielle. Marteville et P;Varin, continuateurs de Jean-Baptiste Ogée, décrivent ainsi Izé (Val-d’Izé]) en 1843 Le journal Ouest-Éclair du 9 mars 1906 écrit à propos de l’inventaire des biens d’église: « À Izé (Val-d’Izé), Torcé, Champeaux ont eu lieu des tentatives d’inventaire; là, comme dans les autres paroisses, les agents du fisc et les gendarmes se sont retirés devant les protestations et le refus d’ouvrir les portes. De Vitré, on entend le tocsin sonner dans les villages voisins, et de toutes parts on organise la résistance, et on veille, en attendant le crochetage ». Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), comme beaucoup de villes et villages français, Val-d’Izé a payé un lourd tribut, puisque 421 Izéens seront mobilisés, 68 y laisseront leurs vies dont 26 seront déclarés disparus, à jamais ensevelis dans les tranchées et les trous d’obus. Dans l’église Saint-Étienne s’ajoute également la chapelle Saint-Michel, dédiée aux Izéens morts pendant les deux guerres de 1914-1918 et 1939-1945. En 1926, l’école publique du Val-d’Izé n’avait qu’un seul élève.
Pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), de nombreux Izéens furent mobilisés en 1939, Cinq d’entre eux y laisseront leurs vies, leurs noms sont inscrits sur le monument aux morts, pour les autres, beaucoup furent faits prisonniers en Allemagne, travaillant dans les usines et dans les fermes allemandes. Ils seront libérés en 1945, après six années de captivité.
Patrimoine religieux
La mairie (-1904), est située place Jean-Poirier. Il s’agit de l’ancienne église transformée en mairie par le maire-châtelain, Jacques Le Cardinal de Kernier, au début. Ce dernier avait fait construire une nouvelle église pour les habitants de Val-d’Izé. Dans l’ancienne église, on trouvait autrefois des pierres tombales aux armes de la famille Landais, et un enfeu dans le chœur ayant appartenu à Jeanne de Moussy, veuve depuis 1485 de Pierre Landais et dame du Bois-Cornillé. La chapelle au nord avait été édifiée en 1534, celle au sud en 1824, actuellement utilisée en salle du conseil municipal et également en salle des mariages.
Dans la commune de Val-d’Izé se trouve deux écoles, une école publique et une école privée. L’école privée porte le nom de Saint Etienne Des Eaux et est située 10 rue Saint Etienne Des Eaux. Elle a été créée par le recteur François Maretheux. En 1866 une école des filles est créée où se trouve l’actuelle « Auberge des Lys ». L’école publique, portant le nom de Lucie Aubrac, est située Place Pierre Poulard.
Le château du Bois-Cornillé a été reconstruit au par Pierre Landais, trésorier et receveur général du duché de Bretagne et grand argentier du duc François. Il était aux de Cornillé en 1229 et passa par alliance aux Landais vers 1482, par alliance aux l’Espervier seigneurs de la Bouvardière, par alliance aux de Bouillé vers 1540, par alliance aux de Chavigny qui le vendirent en 1553 à Louise de Goulaine (veuve de Guy d’Espinay) puis par succession aux de Schomberg ducs d’Halluin en 1609, ceux-ci le vendirent en 1623 aux sieurs de La Porte (famille maternelle du cardinal de Richelieu) qui le revendirent aux Geffrard de la Motte, seigneurs du Plessis de Torcé (dont le plus célèbre d’entre eux, Jean-François Geffrard de la Motte, fut l’objet d’un procès médiatique en 1786). Le château est vendu en 1764 aux Goyon des Hurlières puis en 1854 à Paul le Cardinal de Kernier, marquis de Kernier et par succession à son fils Jacques Le Cardinal de Kernier (député, conseiller général et maire du Val-d’Izé pendant 45 ans), dont la famille en est encore propriétaire. Ce château avait un droit de haute justice. À partir de la fin du, il est alors entièrement remanié dans le style néo-gothique par les architectes Jacques et Henri Mellet.
De l’époque médiévale ne subsiste que la tour octogonale (dite tour Gouyon) en moellons de grès sur la façade principale, il possède également de très beaux pavillons à toits élevées et des corniches modillonnées, une tour carrée (dite tour Landais) au nord-est ornée de mâchicoulis, une tourelle en encorbellement sur la façade sud. Les salles renferment de très belles tapisseries. La chapelle construite en 1721 est sommée d’un campanile, elle a été remaniée en 1903. Cette chapelle fut construite telle qu’elle est maintenant, et la bénédiction en fut faite le 29 avril 1721 par Charles Billon, chanoine, trésorier de la collégiale de Vitré et conseiller du duc de La Trémoïlle. C’est là que furent déposés sous des pierres armoriées les cœurs de Joseph Geffrard (décédé en 1644) et Renée Billon sa femme, de Mathurin Geffrard (décédé en 1742) et de Françoise Fleuriot sa femme, tous seigneurs et dames du Bois-Cornillé.