Vallauris

Histoire de Vallauris

Vallauris est une commune de Alpes-Maritimes, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 28 025 habitants. En provençal, on écrit Valàuria selon la norme classique ou Valàuri selon la norme mistralienne. Le nom a été formé pendant ou après la période carolingienne et signifie la « vallée dorée », en latin médiéval Vallis Aurea. Une appellation non officielle fait mention de la station balnéaire qui lui donne un accès à la mer: Golfe-Juan.

Le territoire de Vallauris est habité depuis des temps reculés. Les traces d’occupation reconnues les plus anciennes remontent à la fin de l’âge du fer, mais les plus nombreuses appartiennent à la période romaine. Dans les années 1970, le curage d’un aven situé dans le quartier Saint-Bernard a permis la mise au jour de bracelets de bronze et d’armes en fer volontairement tordues associés à des ossements humains. Les conditions de la découverte ne permettent pas de déterminer s’il s’agit d’un dépôt ou d’une forme de sépulture, toutefois les objets sont de style indigène de la fin de l’âge du fer et ont subi un traitement de type celte. On peut faire remonter ce dépôt au IIIe siècle ou au IIe siècle s. Le site du Pezou est un habitat de hauteur abrité derrière une enceinte.

Les fouilles conduites dans les années 1960 ont livré un grand nombre de céramiques de l’âge du fer. Les plus anciennes remontent au Il s’agit d’un établissement indigène entretenant des contacts avec les Phocéens de Marseille comme le montre la présence de quelques céramiques grecques antiques puis campaniennes. Il ne semble pas avoir été occupé au-delà du milieu du Occupé durant les, l’oppidum des Encourdoules se transforme en village agricole et déborde le rempart initial à l’époque augustéenne. De récentes découvertes archéologiques ont montré que le site des Encourdoules était devenu le centre d’un pagus du nom de Cantabe. L’entrée du village a été monumentalisée par la construction d’une porte dont la clé de voûte porte une dédicace au patron du pagus.

Toutes les traces d’occupation semblent disparaître au-delà du sans que l’on note d’indices de destruction violente. L’abandon est certainement lié à un redéploiement des activités économiques dans la région. Le village, qui abritait de nombreux bassins de pressage destinés à la fabrication du vin ou d’huile, est « abandonné » vers la fin du, au moment où de grandes exploitations viticoles ou oléicoles sont fondées dans la région, comme le Candéou à Peymeinade, au carrefour des Chappes à Biot. Au pied de la colline se dressait un mausolée d’époque romaine appartenant probablement à une famille de notables en partie propriétaire du village (les patrons du pagus?). Le monument a été démonté dans les années 1980 et transporté dans les jardins du musée d’Archéologie d’Antibes. Le tronçon de la via Julia Augusta, la voie romaine reliant l’Italie à Fréjus a vraisemblablement été ouvert sous le règne d’Auguste.

Il suivait à peu près le même tracé que l’actuelle route nationale 7 entre le fleuve Var et Fréjus. Un indice de sa traversée de la commune de Vallauris réside dans la découverte au d’une borne milliaire portant une inscription datant du début du au quartier de la Pertuades. Celle-ci est conservée au Château-Musée Magnelli à Vallauris. La cité antique d’Antipolis (Antibes) était à l’époque romaine alimentée en eau par l’intermédiaire de deux aqueducs, l’aqueduc de Font-Vielle qui longeait le littoral dans la direction de Biot et l’aqueduc dit de la Bouillide dans la direction de Valbonne. Le second traverse en partie la commune de Vallauris comme l’ont montré les études récentes. Le vestige le plus spectaculaire de cet aqueduc sur le territoire de Vallauris est le pont du Goa.

Il s’agit d’un pont-aqueduc dont il reste quatre piles et trois arches encore en élévation dans la forêt de la Valmasque. Vallis Aurea (la « vallée dorée » en français) apparaît dans les textes au comme partie de l’évêché d’Antibes. La moitié de l’épiscopatus, du temporel, de l’évêché d’Antibes est donnée par le comte de Provence Guillaume à Rodoard qui avait participé à la reconquête de la Provence orientale sur les Sarrasins vers 960. Les descendants de Rodoard, qualifiés dans certaines chartes de « princes d’Antibes » avant de prendre le nom de « de Grasse », ont fait des donations successives de plusieurs de leurs possessions, dont Vallauris. Certains des membres de cette famille ont été évêques d’Antibes de 1026 à 1093. Ces donations sont rappelées dans le cartulaire de l’abbaye de Lérins, dont la plus importante est celle.

Mais des épidémies du XVe siècle et des bandes de pillards déciment la population dispersée. Dom Raynier Lascaris, prieur de Lérins et seigneur de Vallauris, donne en emphytéose perpétuelle l’ensemble du territoire à des familles originaires de son comté de Vintimille, ainsi qu’à « d’autres hommes voulant habiter audit lieu de Vallauris ». Il impose un plan pour la reconstruction du village. C’est l’origine du « castrum » appelé aujourd’hui « vieille ville ». Dans cet acte d’habitation, il est déjà fait mention de la poterie de Vallauris, ainsi que de la verrerie: Au fil des ans une vie municipale s’organise et évolue, et ce jusqu’en 1787, date de la sécularisation du monastère de Lérins.

Quelques exemples de l’évolution de la démographie: en 1540 il y avait 98 maisons; en 1608, 200 maisons; en 1698, 300 maisons habitées pour 367 chefs de famille; en 1765, 293 maisons habitées et. Le Napoléon débarque à Vallauris, dans le golfe Juan, à son retour de l’île d’Elbe avec 900 grenadiers. Après avoir posé le pied à Golfe-Juan, Napoléon redeviendra le chef du pays, le 20 mars, date de son retour aux Tuileries. C’est surtout à la fin du qu’ont été effectués d’importants travaux d’urbanisme. C’est le passage du mode de vie du Moyen Âge aux temps modernes: en 1861, le nouveau maire Thomas Adolphe Aynaud nommé par l’empereur pour remplacer Jérôme Gazan, empêché, fait construire la mairie. Les travaux se poursuivent avec l’installation du tramway en 1899, la construction de l’école de garçons la même année, et de l’école de filles en 1908.

L’arrivée de l’eau du canal de la Siagne, vers 1900, a permis le développement de l’agriculture, et en particulier de la culture de l’oranger à fleur, le bigaradier. Aujourd’hui Vallauris est la seule ville de France où l’on cultive encore cet arbre pour récolter sa fleur et la distiller. La poterie culinaire industrielle a toujours été, au cours des siècles, avec le travail de la terre, la principale activité de la ville. Mais, au début du, elle devient poterie artistique et céramique, avec la famille Massier. La biennale internationale continue de faire de la cité « la » ville française de la céramique. L’expansion du hameau de Golfe-Juan est liée à l’apparition du tourisme, et surtout à l’arrivée du chemin de fer, dans la seconde moitié.

Des personnalités illustres se font construire des villas à flanc de colline. Après la Seconde Guerre mondiale, Vallauris connaît une période très faste où, attirés par le renom de la ville, viennent s’y installer des artistes réputés, dont Pablo Picasso, Roger Capron, André Baud, Robert Picault, Gilbert Valentin. Picasso fait don à la ville de l’Homme au mouton en 1950, et, en 1955, de la fresque La Guerre et la Paix installée dans une salle du château devenu musée national.

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Population

28.025 habitants

Région

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Département

Alpes-Maritimes
(06)

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