Valréas

Histoire de Valréas

Valréas est une commune de Vaucluse, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compte 9 346 habitants. Le nom de la localité est attesté pour la première fois dès 1045 dans un acte relatif à la fondation d’une abbaye à Montjoyer par le baron de Grignan, Hugues Adhémar. Puis en 1110, la ville apparaît dans une cartulaire de vente de vigne à Hugues de Châteauneuf, évêque de Grenoble, sous la forme Valleriaz. Les formes territorio Valriaci, castrum Valriaci, ou encore Valriaco sont également attestés dans d’autres cartulaires, testaments et documents du XIIIe siècle.

En occitan provençal son nom moderne est Vauriàs (en norme classique) ou bien Vaurias (en norme mistralienne). Il a été francisé par la suite en Vaulréas ou Vauréas pour prendre son appellation actuelle. Il s’agit d’une formation toponymique latine ou romane en -acium.

On retrouve d’ailleurs des formations comparables dans des toponymes avec Valère pour des communes comme Vallery, les Vaudrey et Vaudry du Nord. Une autre hypothèse très similaire fait dériver le nom d’un anthroponyme latin Valerianus (Valérien en français). Dans ce cas, le toponyme pourrait provenir d’un pluriel Valerianos, désignant un groupe de personnes ou un domaine associé à cet individu.

Par une évolution phonétique progressive du latin vers le français, Valerianos aurait donné une forme reconstruite Val(e)ria(n)s (les parenthèses indiquant des sons susceptibles de s’être amuïs), puis la forme actuelle Valréas.

Quelques fragments de sculptures ainsi que des sépultures suggèrent une occupation humaine ancienne du site, notamment à l’époque gallo-romaine. La présence d’une villa romaine et de quartiers d’habitations datés du Ier au IIIe siècle de notre ère a été attestée au Pègue, localité située à proximité. Mais l’origine de Valréas apparaît toutefois plus tardive et remonterait au début de l’époque carolingienne, autour du IXe siècle, sous le règne de Charlemagne. L’étymologie du toponyme de la ville laisse supposer qu’un certain Valère aurait établi un domaine rural sur les rives de la Coronne. Le nom Valeriacum, formé sur cet anthroponyme, aurait ensuite évolué pour désigner la localité actuelle. Puis en 1110, Valleriaz est citée comme coseigneurie possessionnée par les Mévouillon et les Ripert de Valréas. En 1125, le territoire passe sous la vassalité du marquisat de Provence, attribué aux comtes de Toulouse. A la fin du XIIe siècle, le seigneur Ripert de Valréas fait construire, sur les hauteurs de la localité, un château (Castrum Riperti ou Castrum Superior) qui deviendra par la suite un fief de la baronnie des Montauban-Mévouillon.

Puis, au siècle, Dragonet de Mondragon, baron de Montauban et vassal du comte de Toulouse Raimond VI, fait élever un second château (Château de Montauban ou Castrum inferius, par opposition au Castrum superior) hors de l’enceinte fortifiée, sur l’actuelle place Waldeck-Rousseau. Le 27 mars 1247, mercredi de la semaine sainte, une jeune chrétienne est trouvée morte à Valréas. Cela donne lieu à l’une des premières accusations de « crime rituel » contre les juifs. Des Juifs de Valréas sont immédiatement arrêtés, torturés et brûlés sur le bûcher. Par la suite, d’autres Juifs de la région sont, eux aussi, persécutés et il faut l’intervention du pape Innocent IV pour arrêter cette flambée d’antijudaïsme. La baronnie est vendue en 1294 par Roncelin de Lunel, héritier testamentaire des Montauban, au Dauphin Humbert Ier du Viennois qui complète le Castrum inferius de nouvelles défenses selon les principes augustiniens et prend alors le nom de Château Dauphin. La ville passe ainsi sous le contrôle du Dauphiné, principauté du Saint-Empire romain germanique. Contre-coup des flambées d’antijudaïsme et d’hérésie du XIIe siècle, l’inquisiteur Guillaume de Saint-Marcel fait rédiger en 1298 à Valréas des statuts contraignants principalement dirigés contre les prêteurs florentins, juifs et lombards et les vaudois.

En 1317, le pape Jean XXII achète Valréas pour 16.000 livres parisis auprès de Jean II, Dauphin du Viennois, et la place sous l’autorité des États du Saint-Siège. Le château Dauphin (ou château de Montauban) va alors abriter jusqu’en 1791 l’administration papale avec la maison consulaire, la prison, le corps de garde, une école et la justice paix.Cependant, ces territoires du Haut-Comtat forment une enclave dans le Dauphiné puis, à partir de 1349, dans le royaume de France: c’est l’enclave des papes. Cette situation, qui durera jusqu’en 1658, assure à l’enclave et Valréas un régime fiscal pontifical plus favorable tout en la rendant dépendante des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège. Entre 1349 et 1351, le noble Guillaume Molleti devient juge et viguier de Valréas avant de continuer sa carrière comme juge criminel et des causes majeures du Comtat Venaissin de 1351 à 1358. La menace des Grandes compagnies, ces bandes de mercenaires qui ravageaient le sud de la France, poussent la ville à édifier à partir du XIVe siècle une série de nouveaux remparts aux actuels cours Tivoli, Saint Antoine, Victor Hugo et Jean Jaurès. Les nouveaux remparts, percés de cinq portes, sont renforcés à de nombreux endroits par des tours de flanquements dont ne subsiste aujourd’hui que la tour Tivoli. Le château Dauphin (ou château de Montauban ou château papal) se retrouve alors inséré dans les nouvelles fortifications. À la même période, de nombreuses grandes demeures sont édifiées dans la ville en pleine expansion.

Ainsi, sur les vestiges d’une ancienne résidence du XIIIe siècle appartenant à la famille de Montauban, Hugues Aymeric fait construire, au XIVe siècle, une imposante demeure médiévale dans le quartier de la Marchande (c’est sur ce même site qu’est édifié, au XVIIe siècle, l’hôtel de Simiane). En 1562 lors des guerres de Religion, la ville est prise et pillée par le baron des Adrets, capitaine dauphinois fidèle partisan des troupes protestantes. A cette occasion, les défenseurs catholiques de la ville sont massacrés et les édifices religieux sont saccagés. Les troupes catholiques du comte de Suze vinrent à la rescousse de la ville. Les troubles religieux se poursuivirent pendant près d’un quart de siècle jusqu’en 1586 avec la pacification menée par le duc d’Épernon. À la Renaissance et au, de superbes hôtels particuliers ou remaniements d’édifices plus anciens ornent Valréas: l’hôtel d’Inguimbert ou encore l’hôtel de Villeneuve (aujourd’hui détruit). Sur l’emplacement de la demeure d’Hugues Aymeric est édifié, entre 1639 et 1640, l’hôtel de Simiane, pour Louis de Simiane, seigneur de Truchenu et d’Esparron. Parallèlement, plusieurs édifices religieux sont fondés ou reconstruits suite aux destructions des guerres de Religion.

Le couvent des Ursulines, dont l’établissement à Valréas remonte à 1608 au sein d’une maison privée, est réorganisé en 1627 avant de se doter d’une église construite entre 1712 et 1715. Les confréries de pénitents sont également bien représentées: la chapelle des pénitents blancs, dont la confrérie est fondée en 1509, est édifiée à la fin du XVIe siècle, tandis que celle des pénitents noirs, issue du tiers ordre franciscain et attestée dès le XIIIe siècle, est dotée d’une nouvelle chapelle au XVIIe siècle,. Cette dernière confrérie joue un rôle social important, en accompagnant les condamnés à mort et en assurant leur sépulture. En 1658, la communauté de Valréas, devant les innombrables tracasseries de la douane française, rachète au comte de Suze le passage de Barbaras (situé au sud-est de Bouchet, alors comprise dans l’enclave) pour se désenclaver du royaume de France en se rattachant au Comtat Venaissin. Cependant, malgré les démarches auprès de la cour du roi et auprès de Rome, l’incorporation effective de ce passage dans le Comtat fut longtemps contrariée pour des raisons politiques. Dans ce contexte, Valréas fait à plusieurs reprises l’objet d’occupations temporaires par les troupes françaises, notamment lors de différends diplomatiques avec les papes Alexandre VII, Clément IX et Innocent XI. Ces interventions s’inscrivent dans un ensemble plus large de conflits de compétences entre la monarchie française et le Saint-Siège, notamment autour des questions de juridiction ecclésiastique, mais aussi de droits de douanes entre le Comtat et la France et l’impression de livres interdits contrefaits dans le Comtat. L’occupation française de 1663, consécutive à l’affaire de la garde corse à Rome, ainsi que l’occupation de 1668 ou encore de 1687-1688 lors de l’affaire de la régale, illustrent cette politique de pression intermittente exercée sur le Comtat.

L’usine de Béconne avait utilisé l’infrastructure du moulin dont le canal de dérivation qui drainait l’eau dans un réservoir de, créant ainsi une chute d’une hauteur de. Ce qui permit d’actionner deux turbines d’une puissance de qui tournaient à 180 tr/min. Elles étaient reliées à une ligne électrique, l’une pour Dieulefit, l’autre pour Valréas. Entre 1942 et 1943, plusieurs familles juives trouvent refuge à l’hôpital de Valréas grâce à l’action de son directeur Didier Delaunay qui se sert de sa position pour les cacher. En septembre 1943, suite à la signature de l’armistice de Cassibile entre l’Italie et les Alliés, les Allemands prennent le contrôle de Valréas et du reste du Vaucluse jusque-là occupés par les Italiens. Enivrés par le débarquement allié en Normandie, des résistants locaux décident le 8 juin 1944 de libérer Valréas. S’en suit une violente contre-attaque allemande le qui voit 53 résistants prisonniers et otages exécutés par les nazis en représailles (Mur des fusillés). Leurs corps seront emmenés dans la chapelle des Pénitents blancs et enterrés au cimetière le 15 juin seulement.

Suite au débarquement allié en Provence d’août 1944, les Allemands battent en retraite et traversent la ville en direction de Montélimar en faisant sauter derrière eux les ponts sur la Coronne pour ralentir la progression des soldats alliés qui les talonnent. Les Valréassiens retrouvent finalement la liberté le 27 août 1944 avec la libération par les soldats américains de la 3e Division d’Infanterie. Rapidement, il est décidé d’élever sur le lieu du massacre un monument commémorant les victimes de la barbarie nazie. La commune a été décorée, le 11 novembre 1948, de la Croix de guerre 1939-1945. Devise: salva re, claves regat deus (l’état étant sauf, que Dieu prenne les clefs)

Informations Clés

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Population

9.346 habitants

Région

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Département

Vaucluse
(84)

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