Venerque
Histoire de Venerque
Venerque est une commune de Haute-Garonne, en Occitanie, qui compte 2 823 habitants. Le nom de la localité est attesté sous les formes [Sancti Petri] Vermercensis vers 960 dans le testament de l’évêque Hugues de Toulouse, [terminio de] Vernercha en 1080 lors du don du bois dOrzvals par le comte de Toulouse au monastère local. C’est pourtant cette dernière dénomination que l’on trouve dans la mention la plus ancienne qui date de 817 à l’occasion du dénombrement des abbayes du royaume fait lors du concile d’Aix-la-Chapelle. On le lui trouve sous le nom de [monasterium] Venercha.
La liste complète figure par exemple dans l’appendice de l’article « Les ordonnances monastiques de Louis le Pieux » d’Emile Lesne. Certaines explications ne se basent pas sur la réalité et l’étude phonétique des formes anciennes, et les autres sont incomplètes. Ainsi, ‘ ou ‘ sont des formes non attestées (d’où l’astérisque) et ne ressemblent en rien à Vermercensis ou à Venercha, formes réellement mentionnées.
En outre, elles auraient dû aboutir à *Bonar[c]s ou à *Venarc. L’autre forme Bénerkue à supposer qu’elle soit véritablement attestée, n’est pas datée, et va dans le sens de la proposition formulée plus bas par Ernest Nègre. De plus, le latin classique arx n’a eu aucun emploi dans la toponymie de la Gaule, qui ne connaît que le latin arcus qui a donné le français et l’occitan arc.
Quant au terme d’ancien français venerie, il est impossible qu’il se retrouve dans la toponymie de langue d’oc au Moyen Âge, ce terme étant une formation en langue d’oïl, basée sur le verbe d’ancien français vener « chasser » et le suffixe -erie, et il est attesté en ancien français bien plus tard que les plus anciennes mentions de Vénerque.
On peut imaginer qu’à cette époque Venerque est coincé entre une vaste étendue d’eau au pied du Pech-David et dEspeyrouzes d’un côté, et d’une forêt impénétrable sur le coteau. Il y a une présence attestée d’habitat dès le Paléolithique inférieur. On en doit la preuve au professeur Jean-Baptiste Noulet qui découvre du mobilier préhistorique, en particulier dans le ravin de lHoumenet. Il est non seulement l’un des gisements majeurs du village mais c’est le seul du vieux bourg où le savant met au jour des outils fabriqués par la main de l’homme. Il trouvera d’autres sites dans des quartiers périphériques du village: à la Trinité, à Julia, à Mont Saint-Charles, au Pujal et à Bézégnagues. Ces outils proviendraient d’un « atelier » situé au lieu-dit Roqueville qui est actuellement situé sur la commune d’Issus. Ces fouilles lui permettront d’alimenter ses recherches sur l’homme préhistorique. Ce qui sont aujourd’hui la rue Guillaume de Falgar, les ravins du Pujal et du Pas-Cahus sont des sites où il fera d’autres découvertes notamment une molaire de mammouth.
Tous ces vestiges de ce lointain passé sont conservés au muséum de Toulouse dont il fut le directeur. Ce qui est aujourd’hui le quartier Rive d’eau serait l’habitat le plus ancien. Il aurait été traversé par un chemin qui venant des falaises de Loupsaut par Espeyrouzès, aurait continué sa route sur le chemin de crête du Pech-David pour donner le chemin de la Roche. Elle a opposé une troupe de Wisigoths repoussée de leur capitale Toulouse et retranchée à Venerque, aux troupes de Thierry, fils de Clovis et futur roi de Reims sous le nom de Thierry. Les corps des deux camps y sont enterrés ensemble. On comprendra mieux la situation en consultant la carte 1 qui résume les campagnes franques. Puis ce sont les Arabes qui attaquent en 721 et assiègent Toulouse. Après une courageuse résistance de la ville, Eudes d’Aquitaine vient y livrer une bataille qu’il gagne.
Ce qui libère la ville qui est maintenant rattachée au duché d’Aquitaine. Malgré cette défaite, ces envahisseurs venus cette fois-ci du sud, multiplieront les incursions de ce côté-ci des Pyrénées en s’appuyant sur le royaume de Septimanie qu’ils viennent de conquérir et dont la capitale est Narbonne. Ce n’est que Charlemagne qui fera de la région une terre définitivement franque. On sait qu’une abbaye bénédictine aujourd’hui disparue et dont la première construction pourrait dater de 814. L’ensemble est recensé par saint Benoît d’Aniane qui visite Venerque régulièrement et il en perçoit tout de suite l’intérêt du fait de sa situation géographique. Elle figure sur l’état des monastères de l’empire de 817, ce qui constitue avant tout la première apparition écrite du nom de Venerque sous la forme Venercha. On y découvre qu’elle est l’une des 19 abbayes de la cinquième catégorie, c’est-à-dire qu’elle jouit d’une situation privilégiée car elle ne doit ni impôts, ni taxes pour lui permettre de se relever des périodes troubles. Seules des prières sont demandées aux moines.
Elle est placée sous le vocable de saint Pierre et le monastère fait partie de l’ordre de Saint-Benoît. L’appartenance de l’abbaye à cet ordre n’est sans doute pas non plus étrangère au privilège qui lui est octroyé car on sait que ce dernier était très influent auprès de Louis le Débonnaire. Ainsi les abbayes de son ordre auraient été plus épargnées que les autres pour ce qui est des redevances auprès du souverain. Ce monastère de Saint-Pierre de Venerque aurait été lancé par des religieuses d’une abbaye déjà existante lorsqu’elle se situait dans l’Aquitaine gauloise. Puis elle aurait été rattachée au à l’abbaye de Saint-Géraud d’Aurillac par les comtes de Toulouse, ce qui expliquerait la construction de forme pentagonale de l’abside et des deux absidioles de l’église qui est une forme usuelle de l’école auvergnate, alors qu’elles sont de forme ronde dans le Midi. Selon une lettre de l’abbé Jean Gilet citée par le colonel Jaubart, il est fait mention pour la première fois d’un seigneur de Venerque en la personne de Guilhaume de Falgar (ou Falgario ou du Falga). Ses terres vont jusqu’à Lacroix-Falgarde qui en rappelle le nom. Elles englobaient vraisemblablement Miremont et Goyrans.
Un de ses descendants, Raymond, aurait fait ériger les fortifications de l’église en 1360 lorsqu’il organise la défense du Languedoc contre les Anglais. Le clocher-donjon dont les créneaux dominaient la face Nord, a été construit pour défendre ce côté de l’église car il était facile à surprendre car situé en plat pays. Il s’agit d’une famille de très ancienne noblesse. Elle aura donné au moins 3 capitouls à Toulouse: Armand (1278), Bernard (1285) et Raymond (1516). Leurs biens passent ensuite dans la famille Montant. Le 16 février 1474, les Falgar cèdent une partie importante de la seigneurie au seigneur de Plaigne qui était le neveu par alliance de Jeanne de Falgar car les pouvoirs seigneuriaux sont contrebalancés par des consuls élus. Ces derniers défendaient des engagements pris et des serments sont prononcés. Des cas de résistance enflammée sont retrouvés dans les archives comme en 1709 où les consuls refusèrent catégoriquement de reconnaître le procureur juridictionnel nomme par le seigneur.
Ils mettent le feu aux défenses qui gardaient le bourg. Ils établissent leur camp sur l’actuel foirail qui a d’ailleurs gardé le nom du « Duc » comme le restaurant qui s’y trouvait jusqu’au début de ce millénaire. Il destitue François de Mansencal et fait détruire les remparts entourant la ville, construits par Coligny. Il laisse une garnison sur place. En 1612 les moines quittent le prieuré après de présence. Leurs biens sont affermés ou vendus. La Restauration ramène un peu de calme et de sérénité. Louis XVIII autorise alors la construction du Moulin le 20 janvier 1821.
L’autorisation de la prise d’eau n’arrive que le 30 août 1829. Le 28 octobre 1829 est mis à l’étude un projet novateur pour l’époque, celui de l’enlèvement des ordures ménagères, au rythme d’une fois par semaine. Le est surtout marqué par le développement des routes qui confirme Venerque comme un carrefour important entre le Lauragais et la plaine de l’Ariège. En 1841 est ouvert à la circulation un pont suspendu sur l’Ariège en remplacement du bac. Ce pont de à travée unique est soutenu par 8 câbles d’acier qui reposent sur 4 obélisques de de haut. Il sera à péage jusqu’au rachat de la concession par l’État en 1883. En 1955, on construit un barrage sur la Hyse qui sera pourvu de deux écluses en 1967. L’année suivante, l’actuelle poste est ouverte au public.
L’ancien bâtiment servira désormais de presbytère et on en profite pour percer l’actuelle rue Jean-Gilet, ce qui permet de fluidifier la circulation en transit dans le village. Les travaux engendrés permettent de mettre au jour de nombreux ossements que l’on pense provenir de l’ancien cimetière de l’abbaye. Le 12 janvier 1968, la flamme olympique passe à Venerque. En 1972, un éboulement a lieu à Sous-Roches. Il est dû au minage du Pech-David par l’Ariège. Un enrochement est pratiqué mais le processus est irréversible et dans les années 1990 un autre phénomène du même type se produira plus en aval. Celui-ci menacera plusieurs habitations qui devront être évacuées définitivement par leurs habitants, sur décision de la préfecture. Le 12 juillet 1974, le Tour de France passe pour la première fois à Venerque.
C’est lors de la quatorzième étape Lodève-Colomiers qui sera remportée par Jean-Pierre Genet. Celui-ci a démarré à de l’arrivée, juste après la dernière difficulté de la journée qui est la modeste côte de Saint-Léon. Beaucoup de Venerquois s’y rassemblent croyant mieux y voir les coureurs. Vu la faible longueur de la difficulté, ce sera une meute compacte qui passera devant son public à très grande vitesse. Le plaisir ne durera que quelques secondes. Ce Tour n’est pas anodin car il est finalement remporté par Eddy Merckx qui signe alors sa cinquième victoire dans la Grande Boucle, égalant ainsi le record de Jacques Anquetil. Il faudra attendre 2015 pour que le Tour de France revienne dans la commune lors de l’étape Muret-Rodez avec un départ réel donné à la sortie de Venerque, route du mont Saint-Charles. Toujours en 1974 est lancée la construction du tout-à-l’égout et de la station d’épuration.
Le 29 mai 1977 ont lieu des inondations qui vont être les plus importantes depuis les années 1950. En novembre 1980, il est décidé d’agrandir le pont sur l’Ariège qui est trop étroit pour la circulation devenue maintenant conséquente. Mais on doit pour cela démolir les parapets en brique et surtout les deux maisonnettes situées de part et d’autre de la chaussée, à l’extrémité du pont côté Le Vernet. Ces deux petits édifices très rares étaient les derniers témoins du paiement de l’octroi que l’on devait pour traverser le pont. Le progrès a eu raison de la conservation du patrimoine historique. Une décision curieuse quand on sait que deux ponts neufs avaient été construits peu de temps avant: l’un en amont à Grépiac, l’autre en aval à Clermont-le-Fort. La conséquence sera que la circulation sera certes plus facile mais surtout plus nombreuse, décuplant notamment celle des camions. Ces derniers passant au pied de l’église et rétrogradant en bas du clocher, produisent des vibrations qui contribuent à fragiliser le précieux édifice.
Ce problème est aujourd’hui amplifié par l’ouverture de la sortie d’autoroute à Nailloux qui a provoqué encore plus de trafic dans le village. De 2008 à 2014 seront réalisés L’introduction du bio dans l’élaboration des menus de la cantine, la mise en place d’une facturation à terme échu pour la restauration scolaire, la mise en service du nouveau foyer des jeunes à l’Ostalet, le transfert à des syndicats intercommunaux des compétences assainissement et eau potable, l’ouverture de la crèche, la participation à la création de la RNR (Réserve Naturelle Régionale), les travaux de restauration de l’église, un nouveau local pour les seniors en complément de la résidence sociale Jean Jaurès, l’aménagement paysager du parc Caucal, l’extension des vestiaires de la plaine sportive, la participation à l’élaboration du SCOT (Schéma de COhérence Territoriale) du PST (Pays Sud Toulousain), la réflexion sur l’évolution du POS vers un PLU.etc Sur la période 2014-2020, on notera plusieurs réalisations dont Les différents refus d’implantations d’antenne de téléphonie, la réalisation d’un nouveau schéma directeur du zonage de l’assainissement, la mise en service d’une nouvelle restauration scolaire, la transformation du Plan d’Occupation des Sols en Plan Local d’Urbanisme, la création d’une offre d’habitat social diversifiée avec un accès pour personnes en situation de handicap (Les Kakis), la finalisation de la fusion des deux intercommunalités du territoire, la création d’un Conseil des jeunes, l’acquisition communale de la zone protégée du Lac de La Tuilerie, la vente du local communal au Crédit Agricole, la mise en place du Plan Communal de Sauvegarde en cas d’accident majeur, la tarification sociale de la restauration scolaire, la mise en accessibilité des bâtiments publics pour les personnes à mobilité réduite, l’achat de véhicules électriques pour les services communaux, la diminution de la consommation énergétique de l’éclairage public, la création d’un Conseil Consultatif de Développement, la mise en place d’une couverture Santé Prévoyance pour le personnel communal, l’acquisition d’une réserve foncière communale sur le secteur Figeac, la création d’aides sociales pour l’accès aux activités sportives et culturelles en direction de la jeunesse, la rénovation de la voirie de Loup Saut avec son cheminement piéton, la réhabilitation du bâtiment de La Poste avec la création d’un logement d’urgence sociale, l’élaboration et le choix du projet architectural d’un Espace Socio Culturel, l’urbanisation de la route de La Trinité, la création d’un tourne à gauche route de Narbonne et élargissement du chemin de Ginesty pour le nouveau quartier des Vignes.etc.