Vénissieux

Histoire de Vénissieux

Vénissieux est une commune de Rhône, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui compte 66 363 habitants. L’origine étymologique de Vénissieux est ancienne, issue de la période gallo-romaine. Un légionnaire romain nommé Véniciès aurait possédé une grande ferme nommée Viniciacum: « la villa de Véniciès ». Suivent ensuite les variantes postérieures de Venicus, au VIIe siècle, Venici au XIIe siècle et Venecieu jusqu’au début du XVIIIe siècle.

Durant les temps modernes, le nom de la commune évolue de Vénissie (nom gravé sur la cloche de 1550 de l’église Saint-Germain), en Venißieu sur une carte de Cassini. En lyonnais, dialecte francoprovençal, son nom deviendra Vènissiœx. Le « x » présent à la fin du nom de la ville est caractéristique de la toponymie de l’aire linguistique francoprovençale.

Il ne se prononce pas à l’instar du « x » de Vaulx-en-Velin, Rillieux-la-Pape, Manissieux (quartier de Saint-Priest), Meximieux, Vassieux-en-Vercors, Chamonix, etc. D’autres villes de la région n’ont pas conservé leur « x » final, comme Meyzieu, Décines-Charpieu, Crémieu ou encore Ambérieu-en-Bugey. Enfin, une autre origine étymologique de Vénissieux, plus imagée, proviendrait de son vignoble qui passait jadis pour un cru fameux dès l’Antiquité: vinum, vineae, Véniciès, Viniciacum, Vénissieux; le décor était planté.

Des vignobles de consommation locale étaient particulièrement présents sur les pentes du plateau des Minguettes jusqu’au plateau des Grandes Terres, illustrés sur la carte de Cassini.

La plus vieille inhumation de Vénissieux a été trouvée en 1999, sous l’actuelle place de la Paix. Le squelette assez complet de cet homme est daté du Bronze final, entre 1490 et 1265 av. Des structures domestiques (des fossés, un foyer) ont été aussi retrouvées, attestant une occupation humaine à Vénissieux très ancienne. Mais la plus ancienne apparition de Vénissieux, ainsi que la connaissance de l’origine toponymique de la ville se situent dans le testament, probablement apocryphe, attribué à Ennemond, évêque de Lyon, dont le décès remonte à 657. Ce document mentionne la « Villa Véniciès », une grosse ferme gallo-romaine qui jadis aurait appartenu à un légionnaire romain nommé Véniciès. Ce soldat fut héritier de cette terre donnée par l’armée romaine à la suite de la conquête des Gaules. Après la chute de l’Empire romain, la ferme se situe dans le décor du prieuré de l’abbaye royale de Saint-Pierre-de-Lyon durant le haut Moyen Âge. Si l’on a jamais pu déterminer l’emplacement exact de cette ferme gallo-romaine, seuls quelques fragments de tuiles plates romaines (tegula) ont été retrouvés au sud du centre-ville, attestant d’une probable présence humaine durant l’Antiquité.

L’occupation reprend dès le Xe siècle, mais il faudra attendre le début du XIIIe siècle, pour voir dans l’actuel centre-ville l’élévation et l’implantation du château de Chandieu. L’alternat, au bénéfice ou au détriment du Dauphiné, est la règle des XVIe siècle et XVIIe siècle pour Vénissieux. Le Dauphiné perd Vénissieux en 1545, la recouvre en 1605 et, enfin, la cède à un certain M.Dugue, trésorier de France au Bureau de Lyon en 1649. En 1560, le célèbre peintre royal de portrait franco-hollandais du XVIe siècle, Corneille de Lyon, achète une maison modeste en briques et son terrain attenant dans l’actuelle rue du Château, elle deviendra sa maison de campagne. Tout le long du XVIIe siècle, le territoire du Moulin à Vent, devient une zone franche due à une décision de Louis XIV d’intégrer le faubourg de la Guillotière à la province du Lyonnais. La frontière avec la province du Dauphiné, se retrouve ainsi déplacée au Moulin à Vent. En quelques années de nombreux paysans, artisans, mais aussi des cabarets à la réputation parfois sulfureuse, s’installent dans le quartier pour profiter d’une justice et d’une règlementation plus souples qu’à Lyon. Vénissieux devient chef-lieu de canton en se détachant de Bron.

Et en 1790, la commune se retrouve en terre iséroise et compte à peine habitants. Le château de Chandieu, implanté au sud de l’actuelle place Léon-Sublet, est détruit à la fin du XVIIe siècle, cinq siècles après sa construction. L’Isère cède, par décret du 2, Vénissieux, Bron, Vaulx-en-Velin et Villeurbanne au département du Rhône. Aujourd’hui, le canton vénissian est mono-cellulaire. En février 1874, le Conseil municipal de Lyon annonce son intention d’annexer une bonne partie de la commune de Vénissieux: les secteurs de Parilly, Moulin à Vent et le quartier de Saint-Fons (qui n’était pas encore détaché de Vénissieux) sont visés. Villeurbanne et Caluire sont aussi dans le viseur du maire de Lyon de l’époque, Victor Augagneur. Le principal commanditaire pour l’agrandissement de Lyon a du faire face à lui, aux nombreuses réunions publiques, au député socialiste de la circonscription, Francis de Pressensé, ainsi qu’au conseil municipal de Vénissieux. Les trois parties prenantes rejettent unanimement ce projet.

Pourtant en 1905, la chambre des députés vota en faveur d’une annexion, mais Victor Augagneur devient gouverneur de l’Afrique équatoriale française et se désintéressa de la banlieue lyonnaise. À la fin du XIXe siècle, le hameau de Saint-Fons atteint le même niveau de population que le bourg de Vénissieux. À partir de 1885, le hameau industriel de 2 197 habitants et le centre agricole et commerçant de 2 283 habitants, n’avaient plus, ni les mêmes besoins ni les mêmes ambitions de développement. Des débats houleux opposent partisans de la séparation et partisans du maintien de l’unité communale. C’est le 21 mars 1888, que le Sénat vota un projet de loi déposé à la Chambre des députés en juin 1887, érigeant Saint-Fons en commune indépendante. Les derniers vestiges du plus ancien bâtiment de la ville, le château de Chandieu, ne voient pas se terminer le XIXe siècle. La dernière muraille est en effet détruite pour construire le presbytère de l’église, puis un lotissement de maisons, dont la maison commune; et enfin la nouvelle mairie. Ainsi, la rue du Château qui a repris l’ancien tracé de la muraille, termine sa boucle en offrant un second débouché sur la place Léon-Sublet.

Vu de haut, la boucle encercle l’église Saint-Germain. C’est la plus ancienne rue de Vénissieux. Inaugurée en janvier 1882 par Napoléon Sublet, dans un délai record, la nouvelle mairie s’impose aux côtés de l’église, avec ses 23 mètres de long, ses 4 niveaux et pas moins de 20 fenêtres sur sa façade principale. A son inauguration, ce fut la plus grande mairie de toute la banlieue lyonnaise. Elle comportait l’école des filles avec ses deux salles pouvant accueillir une centaine d’élèves, les locaux de la mairie et une bibliothèque. En pleine guerre, en 1915, Marius Berliet qui travaille, en qualité de mécanicien, à Monplaisir depuis 1897, étend une cité de qui porte son nom. Soixante ans après, sa firme compte vingt-et-un-mille emplois directs. Une vingtaine de pôles industriels complète le chantier Berliet.

Le 15 octobre 1918, toujours durant la Première Guerre mondiale, un incendie débute vers 18h30 dans un bâtiment à munitions situé dans le quartier de l’Arsenal (actuels rues Gabriel Péri et de la République). Rapidement, l’incendie se propage aux bâtiments de stockage qui explosèrent. On raconte que les habitants des environs aperçurent une immense boule de feu dans le ciel. Sur place, les dégâts matériels sont importants: une grande partie des bâtiments de la ville subissent des dommages et sur le plan patrimonial, les vitraux médiévaux de l’église Saint-Germain sont perdus à jamais. Cette explosion qui se fit entendre jusqu’à Roanne et au Valais suisse, provoqua la mort de deux personnes et blessa dix-sept pompiers. Quant aux milliers d’ouvriers, ils eurent la vie sauve grâce à l’heure à laquelle, l’incendie se déclencha, après la journée de travail. Au début du, Vénissieux se fait connaître grace à ses rosiéristes implantés dans les quartiers de Parilly et du Moulin à Vent. Parmi les noms connus: Joseph Pernet-Ducher, Joseph Schwartz ou Jean-Baptiste Croibier.

Ils ont contribué à faire naître une rose née à Vénissieux: la Vénissiane. Le square Pernet-Ducher, ainsi qu’une fresque de roses leur rendent aujourd’hui hommage. Au printemps 1936, les ouvriers des usines Berliet donnent le départ des grandes grèves de 1936 dans la région lyonnaise. Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville subit des bombardements à partir du mois de mars 1944, mais ce sont les 2, 25 et 26 mai 1944 qui resteront dans les mémoires. Ces jours-là, les bombardements anglo-américains détruisent la gare de triage, les usines épargnées des bombes du mois de mars, l’usine Berliet (qui fabriquait des gazogènes et des camions), les quartiers et les rues du Charréard, la rue Paul-Bert et une partie du Bourg sont endommagés. Un second bombardement à la fin du mois, touche les quartiers HLM de l’avenue de la République et de l’avenue de Pressensé, ainsi que les usines Descours & Cabaud à l’Arsenal. Ces bombardements causeront la mort d’une cinquantaine de personnes. Le 5 juin 1944, le maréchal Pétain de passage dans la région lyonnaise, visite Vénissieux durant une heure.

Il se rend aux usines Berliet où il est accueilli par Marius Berliet (condamné pour faits de collaboration après la Libération). Ensuite le dictateur visite les quartiers les plus touchés et est reçu avec les honneurs à l’ancienne mairie, située place Léon-Sublet par le maire nommé par le régime de Vichy, Marcel Juveneton. Deux ans plus tôt s’est déjà déroulé un épisode sombre de l’histoire vénissiane durant la Seconde guerre mondiale: un camp d’internement situé au 25-27 avenue de la République est créé le 26: internées seront transférées au camp de Drancy le 29 et feront partie du convoi n° 27. Le 2 septembre 1944, Vénissieux est libéré des nazis et fête sa libération. En 1948, Vénissieux ville martyre, reçoit par Max Lejeune, secrétaire d’Etat aux forces armées, la croix de guerre à l’étoile d’argent avec pour mention: « Une commune courageuse qui a apporté son aide efficace à la Résistance ». Pour répondre à la crise du logement, au rapatriement des personnes issues des anciennes colonies françaises, à l’accueil des personnes issues du regroupement familial, est décidée la construction des grands ensembles des Minguettes à partir des années 1960. Ces barres et ces tours entraînent le bouleversement physionomique et sociologique de l’ancien village, mais apportent un confort inégalé à l’époque avec ses logements spacieux et lumineux, équipés de sanitaires modernes. Rapidement, des services publics et des commerces s’installent au pied des immeubles.

Le 4 janvier 1966, à 8h50, deux sphères de GPL de la raffinerie de Feyzin explosent, provoquant la castastrophe de Feyzin, commune voisine de Vénissieux. La boule de feu atteint 250 mètres de diamètre et monte jusqu’à 400 mètres d’altitude. La catastrophe provoque 18 morts, 77 blessés et des dégâts importants sur les maisons situées dans les bas quartiers de Feyzin mais aussi à Vénissieux. Dès les premières heures, le maire de Vénissieux de l’époque, Marcel Houël se rend sur les lieux de la catastrophe et met à disposition les ressources de la ville. Des familles feyzinoises sont logées dans les préfabriqués du groupe scolaire Max-Barel et leurs enfants sont nourris gratuitement durant un mois, dans les cantines municipales. La ville intègre la communauté urbaine de Lyon le 1er. En septembre 1981, des incidents, notamment dans le quartier des Minguettes, sont parmi les premiers signes français des limites et dérives des quartiers de banlieue. Toujours aux Minguettes, durant l’été 1983, de rudes affrontements opposent policiers et jeunes.

Pendant les affrontements, Toumi Djaïda, le jeune président de l’association SOS Avenir Minguettes, est blessé par un policier et transporté d’urgence à l’hôpital. Rodéos, incendies de voitures, dégradations urbaines, courses poursuite avec la police, sont à nouveau filmés, largement repris dans la presse. Des habitants du quartier, dont le prêtre Christian Delorme et le pasteur Jean Costil, ont alors l’idée d’une longue marche, inspirée par Martin Luther King et Gandhi. Deux revendications principales: une carte de séjour de dix ans et le droit de vote pour les étrangers. Toutefois, selon un chercheur, Ces évènements sont à l’origine de la Marche pour l’égalité et contre le racisme. Au cours des années 90, Vénissieux se fait connaître grâce à son équipe masculine de handball, toujours active, qui devient championne de France de, remporte la Coupe de France et de nombreux succès sur la scène européenne. Toujours dans les années 1990, après des débats houleux, la ligne de métro parvient jusqu’à Vénissieux avec deux stations sur son territoire. Initialement la ligne devait arriver jusqu’au plateau des Minguettes.

Mais face au contexte difficile du quartier à l’époque, TCL recule. Le 11 février 1994, Simone Veil, en tant que ministre d’État, des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, sous la présidence de François Mitterrand, visite la commune, dans le cadre de son plan d’urgence. Elle s’attarde notamment dans le quartier Démocratie où une dizaine de tours vides d’habitants sont promises à la destruction. Quelques mois plus tard, le 11 octobre 1994, les dix tours du quartier Démocratie sont détruites par explosif. En 1997 est créé l’association Viniciacum, qui favorise la promotion de la connaissance de l’histoire méconnue de Vénissieux et de son patrimoine. Vénissieux est une ville qui revendique une assise populaire de son exécutif municipal, emmené par André Gerin, député-maire PCF, réélu lors des échéances de 2001 et 2002, puis aux élections législatives de juin 2007 et aux municipales de mars 2008. Il quitte ses fonctions de maire en 2009 pour Michèle Picard. Les années 2000 sont marquées par l’arrivée du tramway, qui relie le plateau des Minguettes au reste de la ville et de l’agglomération lyonnaise.

En novembre 2019, la ligne de tramway relie le quartier du Moulin à Vent aux quartiers de Gerland, Mermoz et hôpitaux Est. En 2005, les quartiers populaires s’embrasent durant les émeutes urbaines, mais elles sont moins médiatisées et moins violentes que celles se déroulant dans la banlieue parisienne. Le Grand Lyon disparait le 1, et laisse place à la collectivité territoriale de la métropole de Lyon.

Informations Clés

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Population

66.363 habitants

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Département

Rhône
(69)

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2 rue Président Herriot - 69200 Venissieux