Vernon

Histoire de Vernon

Vernon est une commune de Eure, en Normandie, qui compte 24 543 habitants. Le nom de la localité est mentionné sous les formes de Vernum entre 1027 et 1031 (Archives Seine-Maritime, 14 H 805), Vernun en 1190 (charte de Richard Cœur de Lion), Vernonensi (adjectif) entre 1029 et 1035 (Fauroux 80, 83), de Vernono en 1053 (Fauroux 130), de Vernone en 1060 (Fauroux 147), Vennon en 1377 (mandement de Charles V), Vernon-sur-Seine en 1828 (Louis Du Bois) et qui explique un certain nombre de terminaison en -on / -un dans la toponymie française. Cependant une formation fondée sur le suffixe celtique -o / -one est également possible comme pour les autres, si l’on exclut la forme de 1027-1031. Le premier élément Vern- représente la fixation toponymique du thème vern du gaulois *uerno- signifiant « aulne » cf.

français « aulne noir »; occitan vern « aulne »; breton gwern « aulne, marais »; irlandais fern « aulne ». Il se retrouve dans les nombreux composés et dérivés:, dont Verneuil-sur-Avre (Eure, Vernoilum vers 1030); Verneusses (Eure, Vernuciis 1050); Vernie (Sarthe, Vernigo 732 de *Vernicum); Vernou (Indre-et-Loire, Vernao de *Vernavum), mais aussi en emploi autonome, par exemple: Ver-sur-Mer (Calvados, Vernum 1066). Dérivé: Vernonnet (Vernoinel vers 1065) « petit Vernon », hameau sur la rive droite de Vernon

Le nom de Vernon signifie alors, soit « la plaine des aulnes » ou « la plaine marécageuse » par extension (sens aussi du breton gwern), soit « l’endroit planté d’aulnes », qualificatifs qui décrivent bien la géographie de Vernon, dont les plaines alentour étaient encore plantées de nombreux aulnes et marécageuses, avant le remplacement d’une partie de ces arbres par des peupliers hybrides et des travaux d’assèchement.

Vernon a une origine ancienne attestée par des vestiges préhistoriques, celtiques, gallo-romains et mérovingiens. Elle devient une ville militaire importante après la constitution du duché de Normandie. Les vestiges de l’important oppidum des Véliocasses sont situés à l’écart du site de l’actuelle Vernon sur un éperon rocheux de Vernonnet (rive droite de la Seine).
Des fouilles archéologiques ont mis en évidence trois phases distinctes dans la construction de son rempart: un murus gallicus, puis deux aménagements d’un rempart de type « Fécamp », dit aussi de type « belge ». Le site a semble-t-il été occupé dès le jusqu’au cours de l’époque gallo-romaine. On a trouvé les fragments d’une des plus anciennes cottes de mailles de facture celtique, comme à Ciumești et Pergame. La ville, mentionnée pour la première fois en l’an 750 par Pépin le Bref, sera ravagée par les Vikings en 845. Vernon devient un poste frontière à la suite du traité de Saint-Clair-sur-Epte entre Charles le Simple et Rollon. En 1045, Guillaume II de Normandie donne à son cousin Gui de Brionne son domaine de Vernon.

Sorti vainqueur de la bataille du Val-ès-Dunes, le même Guillaume transfère, en 1050, Vernon à Richard de Reviers qui dès lors se fait appeler Richard de Vernon. Ce dernier accompagnera Guillaume, en 1066, lors de sa conquête de l’Angleterre. Ville frontière en aval du confluent de la Seine et de l’Epte, entre le duché de Normandie et le royaume de France, à l’intersection des routes de Paris à Rouen et d’Évreux à Breteuil, elle est ceinte d’un premier rempart à l’époque de Guillaume le Conquérant. En 1052, la collégiale Notre-Dame de Vernon, détruite entre 1047 et 1050, est relevée de ses ruines par Guillaume de Vernon. C’est probablement à Vernon que naît, vers 1070, Adjutor de Vernon, fils de Jean comte de Vernon et de Rosamonde de Blaru, bienfaiteur de la ville, qui décèdera, en 1131, à Pressagny. En 1086, la ville subit les assauts de l’armée française, poussant Henri Beauclerc a faire édifier au début du une nouvelle enceinte, plus vaste et plus forte, qui s’appuie au nord-ouest sur le château, dans lequel en 1123, il fait ériger une tour carrée. Elle sera néanmoins prise d’assaut en 1139 par le roi, qui la conservera jusqu’en 1154. Restituée à la Normandie, la ville est reprise par Philippe Auguste en 1191, qui fait modifier les fortifications.

À la suite du traité de Gaillon, en 1195, Richard Cœur de Lion cède la ville au Capétien, qui est rattachée au domaine royal. Sous domination française, La ville est de nouveau renforcée comme la tour des archives (ou tour des seize chevaliers), gros donjon bâti par Philippe Auguste dans un angle du château afin de mieux surveiller la ville ou le château des Tourelles à Vernonnet de l’autre côté du fleuve dont il garde le pont, ruiné aujourd’hui, composé de vingt-cinq arches avec un tablier en pierre, qui prenait appui sur l’île du Talus. Des fortifications urbaines, détruites entre 1850 et 1870, il subsiste également la tour dite aux Farines ( 1140-1150), distante de de la tour des archives. Le tracé des fortifications est matérialisé aujourd’hui par les boulevards intérieurs: avenues Hugo, Gambetta, Thiers. Philippe Auguste, alors en difficulté face à Richard Cœur de Lion, défaite de Fréteval, bataille de Gisors, conclut une nouvelle trêve temporaire à Vernon en 1199. Le roi séjournera souvent à Vernon. Il s’y arrête trente-deux fois lors de ses déplacements en Normandie. En 1227, il décide la création de l’Hôtel-Dieu et devient patron de cet hôpital.

Au cours de la guerre de Cent Ans, la ville est le théâtre de nombreux et sanglants événements. En 1346, lors de sa chevauchée. Est signé le traité de Mantes au terme duquel cède le Vexin à. En 1356, Vernon est livrée au pillage des hommes du duc de Lancastre et des Navarrais. À la suite du traité de Londres du, la ville est cédée aux Anglo-Navarrais. À la suite de la bataille de Cocherel , qui voit la victoire de Du Guesclin sur Jean III de Grailly, Captal de Buch, ce dernier sera emprisonné dans le château de Vernon. Le a lieu la signature du traité de Vernon entre et Charles le Mauvais. Lors de la deuxième phase de la guerre de Cent Ans, la ville est conquise, en 1415, par les Anglais après le débarquement d’ qui redevient française, en 1449, à la suite des victoires du roi.

En 1452, la ville est choisie comme lieu de réunion des États de Normandie, et c’est à Vernon qu’en 1467, et Charles le Téméraire signent une trêve. traverse la Seine, septembre 1944.

Patrimoine religieux

La ville a veillé à l’architecture du centre, autour de la collégiale et de la tour des Archives qui ont survécu aux bombes, préservant ainsi son aspect médiéval. Vernon possède de nombreux châteaux éparpillés sur tout son territoire, de styles très différents. La construction de la mosquée Omar ibn al-Khattâb (2002) vient ajouter un édifice supplémentaire à la richesse religieuse de Vernon. L’îlot Pasteur, réalisation de 1948 par Henri Pottier et Jean Tessier, bénéficie du Label « Patrimoine du XXe siècle ». Construit dans le cadre du plan de Reconstruction, l’îlot Pasteur a été modifié par Jean Tessier et son fils en 1990 avec la création d’une galerie marchande en lieu et place des jardins.

L’idée originale de l’architecte était de fournir aux commerçants sinistrés par la guerre des boutiques avec logements à l’étage. La cour, centrale et très vaste, fut conçue pour les livraisons, permettant ainsi de dégager la circulation de la rue. Cette conception novatrice lui valut d’être considérée comme immeuble expérimental. Le décor en claustra rappelle certaines réalisations d’Auguste Perret (reconstruction du Havre).

Informations Clés

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Population

24.543 habitants

Région

Normandie

Département

Eure
(27)

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